‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 115 sur 143 · CHANT D OISEAUX · texte numérisé non relu

CHANT D OISEAUX

Quand nous chantons nos amours, Les vieux chênes sont-ils sourds ?

Non, sans doute.

Mais à leurs pieds, par bonheur, Dans l'ombre, un beau promeneur

Nous écoute,

On le devine à ses yeux, C'est un amant soucieux,

Las d'attendre.

Charmez, oiseaux, son ennui, Et trouvez un chant, pour lui,

Vif et tendre.

Battez de l'aile! on entend Deux soupirs, à chaque instant,

Se confondre.

Voici le bruit d'un baiser; 11 va, sans plus s'apaiser,

Vous répondre.

Chantez pour nous! chantez vos plus douces chansons, Mes frères les oiseaux, et battez-nous des ailes. Polissez le cristal de vos miroirs fidèles, Fontaines au flot pur près de qui nous passons.

Et vous, lancez à flots l'odeur qui nous enivre, Rosiers pleins de soleil, chèvrefeuille et jasmin ; Voici, les yeux baissés et sa main dans ma main, La reine de mon cœur qui consent à me suivre.

Unissez vos splendeurs pour nous faire un beau jour; Rayonnez, embaumez, chantez d'une voix tendre. S'il faut des cœurs émus pour savoir vous entendre, O Nature, en voici tout palpitants d'amour !

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