EE VENT DU CIEL
Passez, le vent du ciel emporte encor ce rêve. Toute paix, ici-bas, n'est qu'un moment de trêve.
L'amour habite ailleurs ; Nul n'a bâti son temple et fixé son extase. Partez, mais conservez le feu qui vous embrase
Pour un monde meilleur.
Je vous ramène à l'œuvre à qui Dieu vous envoie. Reprenez le fardeau, chacun sur votre voie;
Marchez-y sans remord.
Vous savez bien qu'un soir je dois venir encore Vous enlever tous deux vers- l'ineffable aurore,
Dans les bras de la mort.
Endormis et flottants sur mon souffle paisible, Vous vous réveillerez sur le faîte invisible
Par Dieu même habité; Là seulement, payé du prix de votre attente, Votre amour, dans les fleurs, pourra dresser sa tente
Et pour l'éternité.