‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 16 sur 143 · LES COU BEAUX · texte numérisé non relu

LES COU BEAUX

Voici l'hiver lugubre et son affreux cortège D'oiseaux noirs répandus sur son linceul de neige. Les corbeaux ont senti le parfum de la mort. Ils viennent, enhardis en leurs instincts funestes; De nos belles saisons ils dévorent les restes, Croassants et rongeurs, et pareils au remord.

Là, les débris sanglants du coursier plein d'audace Dont le vol idéal nous portait dans l'espace; Ici, le chien fidèle à son maître oublieux; Là, le cygne plaintif et la tendre colombe... Bien, corbeau! fais rouler sur cette fraîche tombe Ce crâne chauve et blanc dont tu crevas les yeux.

Hier, je vous pleurais; je désirais peut-être, O mes jeunes saisons, revoir vos jours si doux; Maintenant je dirais, si vous pouviez renaître : Fuyez, ô mes printemps! je ne veux plus de vous.

Je vous connais trop bien pour songer à revivre! Je sais trop à quel but mènent tous les chemins ; Je sais quel est le fond du vase où l'on s'enivre; Je sais, ô mes beaux jours ! quels sont vos lendemains.

Et toi, que viens-tu faire en ces mornes ténèbres, Image encor chérie et qu'en vain je veux fuir ? Je ne dois pas te voir à ces clartés funèbres; J'aime mieux t'oublier... Il faudrait te haïr?

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