LA CHAPELLE
Viens! sous l'arceau qui reste à la vieille chapelle, Sous cet abri qui tombe ainsi que les grands bois; Viens, dans l'ombre où l'esprit des aïeux te rappelle, Prie et pleure encore une fois.
Tu vas voir des autels se disperser la pierre ;
Ton Dieu n'a plus d'asile et fuit l'homme vainqueur ;
Si tu connais encor la soif de la prière,
Emporte ton Dieu dans ton cœur !
Ce chef-d'œuvre béni de l'artiste et du prêtre, Avec l'antique foi, demain, va s'écrouler. Pleure et frappe ton front ! car tes mains ont, peut-être, Aidé ce siècle à l'ébranler.
Mais puisque la douleur à nos pieds te ramène, Défends nos saints débris contre un passant moqueur ;
SYMPHONIE DES MORTS. IO9
Et, pour garder une âme à cette chair humaine, Emporte ton Dieu dans ton cœur !