S Y M P II O N* I F. D E S M O R T S
Ils ne revivront plus avec leurs yeux de flamme, Près de Jésus en croix saignant sous ces arceaux, Ressuscites, chez vous, par ces nobles pinceaux Qui prêtaient leurs couleurs à la beauté de l'âme.
Tes enfants n'auront plus la chère illusion De ce portrait sacré devant qui l'œil ruisselle ; Ta mère t'y sourit comme une vision, Et du feu de ton cœur t'y garde une étincelle.
Ils ne sont plus, tous ceux dont l'esprit souverain Pénétrait dans le marbre et le rendait sensible; Dont les doigts, en touchant ou la toile ou l'airain, Faisaient jaillir une âme et briller l'invisible!
Ils sont bien morts ! et nul n'a suivi leur sentier. Vers l'ignoble laideur l'homme se précipite ; L'esprit s'est retiré de la chair décrépite; Et, l'idéal absent, l'art est mort tout entier.
Ah ! c'est là, c'est encore une auguste ruine, Un grand culte expiré dont tu mènes le deuil, Une mort que ce temps nie en son fol orgueil. Dis adieu, pour toujours, à la beauté divine!