‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 7 sur 143 · LES ROSES · texte numérisé non relu

LES ROSES

Le soleil a bu dans la rose Les pleurs dont le matin l'arrose; Il enlève aux boutons charmants Le poids de leurs frais diamants.

Mille fleurs, heureuses d'éclore, S'ouvrent au feu qui les colore; Un zéphyr passe et fait larcin Des parfums cachés dans leur sein.

Il s'en va partout les répandre,

Ces parfums qui font le cœur tendre :

Avec lui l'enivrant poison

Vole aux deux bouts de l'horizon.

Il n'est au loin, sous la verdure, Une âme si fière et si dure Où l'amour, en sa folle ardeur, N'entre avec la subtile odeur.

Si tu ne veux qu'elle t'enivre, Il ne faut respirer ni vivre ; Il faut fuir l'odeur du rosier Et son poète au doux gosier.

Fuis cet air que l'été respire ; Fuis cette chanson qu'il soupire; Fuis vers ces monts toujours couverts Du neigeux manteau des hivers.

Pour vous, ô mon frère, ô mon maître !

J'abandonne, à jamais peut-être,

Ma mère et nos dieux offensés.

Je vais, dans mon idolâtrie,

Sans nom, sans autel, sans patrie...

Mais si tu m'aimes, c'est assez.

Le bonheur dont ta voix m'inonde Me paierait la perte d'un monde.

Ton regard ouvre au mien les cieux ; Si sa clarté m'était ravie, Je donnerais toute une vie Pour un seul éclair de tes yeux.

Vois le ciel, la mer qui flamboie; Entends ces oiseaux dans leur joie; Respire à flots l'air embaumé.

Goûtons ces splendeurs infinies.

Viens 1 la clef de ces harmonies, C'est l'amour, ô mon bien-aimé!

l::s symphonies.

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