E.Fouruer. Dystrophies veineuses. Pevue d'hygiène et de
médecine infantile, 1902.
arborescences sur toute la surface du crâne, d'autant plus visibles que les hérédo-syphilitiques ont souvent
une alopécie plus ou moins marquée.
Dans la plupart des cas, les veines ont le même volume des deux côtés du crâne, maisil peut se faire qu'il y aitune différence notable et que l’on n’en n’aperçoive d'un côté que quelques-unes, tandis qu’elles sont très
visibles de l’autre côté.
Volumineuses quand l’enfant est tranquille, elles augmentent beaucoup quand il crie, et la temporale « se gonfle à éclater » selon l’expression des parents.
Or la présence de grosses veines craniennes n’est pas d’une extrême rareté puisque nous l’ayons rencontré 14 fois sur 83 enfants qui présentaient des symptômes très nets de syphilis héréditaire, ce qui fait une
moyenne de 16 0/0.
Parmi ces 1% cas, 7 étaient des hydrocéphales, les autres avaient une tête dont le développement n’était pas exagéré et rien chez eux ne pouvait faire soupçonner une augmentation du liquide intra-ventriculaire.
Quand il y a hydrocéphalie, la dilatation des veines s’explique facilement par la gène de la circulation intracranienne causée par la pression du liquide ; mais on est obligé de reconnaître que dans la moitié des cas environ, elle est due à une autre cause que l’hydrocéphalie.
Cette cause est encore fort obscure. A. Fournier pensait à une malformation de la base du erâne gênant la
circulation de retour.
Pour E. Fournier (1), la cause en serait dans le reflux du sang dans la veine cave supérieure et la jugulaire externe par suite des cris et des efforts de succion, chez des individus héréditairement prédisposés aux varices du fait d’une faiblesse congénitale des parois vasculaires.
La syphilis agit-elle directement sur les veines en, produisant une lésion qui diminue la résistance de leurs parois à l’afflux sanguin, et cette lésion doit-elle être rangée parmi celles qui résultent de l’influence dystrophique de la syphilis ? Nous ne le pensons pas, car on peut se demander pourquoi elle serait toujours localisée aux seules veines du crâne, puisqu'on ne trouve rien de semblable sur les autres parties du corps.
La dilatation veineuse semble plutôt être une dilatation mécanique qui peut être due à deux causes : ou bien gène de la circulation externe du crâne par un obstacle siégeant sur le trajet de la jugulaire externe ou de la veine cave supérieure, d’où stase veineuse au-des-
sus de l’obstacle,ce qui est peu probable; ou bien gène
de la circulation de retour intra-cranienne due à l’obs-
truction des vaisseaux veineux. Le sang veineux ne pouvant s’écouler par la jugulaire interne, reflue par une voie détournée, au moyen des nombreuses anaslomoses qui font communiquer les deux circulations intra et extra-craniennes, dans les veines de la surface du crâne qui se trouvent ainsi gorgées de sang.
\Quant à la cause qui produit l’obstruction veineuse,