INTRODUCTION
La syphilis héréditaire est de toutes les maladies celle qui exige le diagnostic le plus précoce, aussi bien dans l'intérêt de l'enfant, que dans celui de son entourage.
Nous ne nous étendrons pas ici sur les dangers: de contamination que peut présenter une syphilis ignorée, les trop nombreux faits rapportés detousles côtés sont plus éloquents que toutes les considérations.
L'enfant qui porte tout à sa bouche, sème avec ses jouets la maladie parmi les autres enfants ; les grandes personnes elles-mêmes ne sont pas à l’abri de la contagion. Comment pourrait-on soupçonner ces petits êtres de porter en eux un tel danger, et qui pourrait se douter, en les embrassant, qu’il est en train de contracter cette terrible maladie que la croyance populaire regarde comme le privilège exclusif des débauchés.
Il n’est pas moins important pour l'enfant lui-même que le diagnostic soit précocement établi. Le traitement
aura d'autant plus d'efficacité qu’il aura été plus tôt ins-
titué et avant que lamalàadie ait excercé ses ravages sur l’organisme. R
D'autre part, si la maladie a été totalement ignorée, si l'enfant n’a subi aucun traitement, la syphilis peut évoluer insidieusement, sans manifester plus tard de symptômes révélateurs, et cet enfant devenu adulte, pourra lui-même donner naissance à des enfants entachés de syphilis, comme nous en avons vu récemmen un cas à la consultation de M. le D° Comby: |
Aussi, quand on songe aux conséquences que peut entraîner une syphilis méconnue, on ne peut s'empècher de reconnaître que l’on n’apportera jamais trop de soins à dépister cette maladie chez le nouveau-né ; te plus petit symptôme, le moindre stigmate peut avoir une importance capitale : e’est pourquoi nous nous proposons d'étudier quelques-uns de ces stigmates, en montrant leur importance au point de vue diagnostic.
Nous rechercherons d’abord quel est le facies véritablement caractéristique de la syphilis héréditaire.
Nous étudierons ensuite un autre stigmate de cette maladie qui a attiré l'attention des auteurs, il y a quel-. ques années, et sur la pathogénie duquel la lumière n'est pas encore complètement faite : nous voulons parler du développement exagéré de la circulation veineuse extra-cranienne.
Nous consacrerons enfin ladernière partie de ce travail
à l'étude des cris chez les enfants hérédo-syphilitiques.