COUR EE
De Ià est venue la notion de tuberculeux florides, et de tuberculeux gras. Il semblerait qu'il dût y avoir une opposition absolue entre ces deux termes phtüsiques et gras; cependant les tuberculeux à apparence de bonne santé ne sont pas rares. :
C'est ainsi que Laennec parle de tuberculeux ayant conservé leur embonpoint, Milcent et Grancher en ont rencontrés beaucoup. Sarda et Vires parlent de tuberculeux chez qui rien dans leur apparence ne décèle les lésions dont ils sont atteints. « Ce n’est certes pas sur leur figure qu'était inscrit le diagnostic ».
: Lemoine, de Lille, dans une leçon sur les tuberculeux gras, el son élève Martin, dans sa {hèse, ont insisté sur ces cas de tuberculoses torpides évoluant avec les apparences extérieures de parfaite santé, et ont montré combien un pareil aspect pouvait induire en erreur.
M. Carnot, qui a fait une élude très complète de cette question distingue entre les tuberculeux restés gras malgré l’évolution de leurs lésions, remarquables surtout par l'opposition de leur état général et de leurs. lésions locales, etles obèses tuberculeux chez qui la tuberculose a été la cause ou le point de départ de l'obésité. Ces derniers sont beaucoup moins fréquents que les précédents ; cependant, il en existe de nombreuses observaons dans la littérature médicale.
lo Les tuberculeux demeurés gras malgré leur tuberculose, sont pour M. Lemoine des arthritiques ou des scrofuleux, chez qui la tuberculose évolue très lentement: ils ne sont pas franch ement obèses mais de corpulencée moyenne.
« Les visages sont colorés, les chairs abondantes et fermes, ils ont de l’entrain et de la vigueur, en un mot tout ce qui paraït être le propre d’une santé parfaite. Lorsqu'ils se plaignent de tousser, et d’expectorer abon-
oi
damment, d'avoir parfois un peu de fièvre et des transpirations nocturnes; on est tenté, de prime abord, de repousser très loin l’idée de tuberculose ».
Et cependant, si l’on auseuite ces malades, on cons-
tate parfois des lésions très avancées.
M. Léon Bernard partage l'avis de M. Lemoine, ces tuberculeux florides sont le plus souvent des arthritiques. M. Dumarest pense qu'il s'agit presque toujours dans ces cas de certaines formes pleurogènes, or on sail la prédilection de ces formes pour le terrain arthritique.
2° Tuberculeux devenus obèses
S1 la tuberculose est généralement une maladie essentiellement cachectisante, elle n’en réalise cependant pas moins une forme très réelle d’obésité. Beaucoup de tuberculeux fatents sont devenus des obèses à embonpoint très exubérant, et cette obésité est survenue très
rapidement d’une façon « aiguë ».
Daremberg dit que chez les rhumatisants et les goutteux, la tuberculose, ou la rechute de tuberculose peut débuter par un engraissement trompeur. M. Carnot cite le cas d’un tuberculeux qui peu après une hémoptysie, el sans régime de suralimentation engraissa dans des proportions énormes, jusqu’à peser 120 kilogrammes.
Il paraîtrait qu'à certains concours agricoles les animaux primés pour leur engraissement exceptionnel ont réagi à la tuberculine et ont été trouvés porteurs de foyers tuberculeux ganglionnaires.
Expérimentalement, on a remarqué qu'autour des ganglions tuberculeux des animaux infectés, se trouve une gangue adipeuse assez épaisse, en relation évidente avec le foyer tuberculeux. Ces cas sont analogues aux préri-viscérites que l’on peut observer chez l'homme autour des ganglions des reins atteints de tuberculose.