L'AMAIGRISSEMENT ET L'OBÉSITÉ
L'amaigrissement est le symptôme sinon le plus constant, tout au moins le plus caractéristique de la tuberculose pulmonaire.
« Nous le considérons disent Barbier et Grarncher, quand il existe même atténué comme ayant une valeur de premier ordre ».
Cet amaigrissement porte surtout sur les muscles qui sont plus frappés de flaccidité ‘que d’atrophie; le tissus adipeux pouvant être relativement bien con-
servé. La peau est souvent facile à plisser sur les masses musculaires qui offrent à la pression une sensa-
tion molle. Les muscles qui, chez des sujets bien conformés sont saillants tels que le biceps et le triceps, dessinent à peine une vague saillie sous la peau.
Le degré d’embonpoint des téguments thoraciques est habituellement en rapport avec le reste’ du corps; cependant chez les tuberculeux, l'amaigrissement est plus niarqué encore sur le thorax que partout ailleurs.
Les joues sont très amincies et donnent souvent au tuberculeux une physionomie particulière qui le fait deviner; les pommeîtes sont très saillantes, et leur saillie est d'autant plus accentuée que les troubles vasomoteurs les congestionnent fréquemment surlout après les repas.
La recherche de la corpulence qui exprime le rapport entre le poids et la taille de l'individu est un aide précieux; pour peu que ce rapport soit inférieur au chiffre moyen, on a là un excellent soupçon de tuberculose. D'après les indications de M. Taïture, le poids exprimé en kilogs doit être égal au chiffre des centimètres de la taille au delà de un mètre; chez la femme, ce rapport doit être les 3/9.
Cependant, de la constatation de cette maigreur; il ne faut pas en déduire que le sujet est un tuberculeux latent. Il existe des individus parfaitement sains d’une maigreur habituelle que rien ne peut vaincre, et qui enterreront {ous leurs amis.
Ce qui importe, au point de vue du diagnostic du début vrai de la tuberculose pulmonaire, c’est l’amaigrissement rapide : le sujet était robuste il y a quelques mois et il a « fondu rapidement. » Cette constatation est certainement l’un des meilleurs signes de début, d'autant plus que l'appétit n’a guère diminué. On devra donc soumettre un sujet suspect à des pesées régulières. Dans les formes qui évoluent à de longs
eo
intervalles, pendant les périodes de rémission, le poids est stationnaire; il diminue au début de chaque poussée évolutive.
Le tuberculeux abortif conserve en général un embonpoint moyen, s’il le perd, il le retrouve facilement; le tuberculeux au début maigrit toujours et progressivement si un traitement approprié ne vient enrayer le processus de désassimilation.
M. Verdas Monténégro a observé une particularité intéressante : Chez un grand nombre de malades présentant des signes de tuberculose au début et sans la présence de bacilles dans les crachats, il a remarqué que le poids plus ou moins réduit qu'ils présentaient, par rapport au poids physiologique au moment de la première reconnaissance continuait à diminuer malgré le traitement, jusqu’au moment où le bacille de Koch faisait son apparition dans les crachats. À partir de cel instant, le poids allait en augmentant durant un certain temps.
On a proposé, au lieu de tenir compte de l’amaigrissement, de rechercher le poids spécifique des sujets suspects, car la différence du développement du squelette donne des différences individuelles de poids normaux.
Le poids spécifique serait pris à l’aide d’une balance romaine, le sujet étant dans un bain tiède et demeurant quelques secondes en expiration, son Intestin ayant été vidé au préalable.
Ce poids spécifique normal serait égal à 1,049.
Tuberculeux gras.
L'attention a été attirée à maintes reprises par plusieurs auteurs sur l’état florissant de certains tuberculeux, même cavitaires, et sur le paradoxe apparent de leur état général et de leur infection locale.