‹ Les symptômes et le diagnostic de la tuberculose pulmonaire dans sa période de début (chez l'adulte)Chapitre 6 sur 48 · FACIES, HABITUS, ASPECT EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

FACIES, HABITUS, ASPECT EXTÉRIEUR

Les signes tirés du facies, de l'habitus et de l'aspect extérieur constituent ce que les classiques appelaient les signes de la préluberculose. En réalité ce sont des signes de tuberculose latente ou de tuberculose atténuée et les malades qui les présentent sont bien davantage des tuberculeux prépulmonaires que des prétuberculeux.

Les anciens, et Arêlée en particulier, ont décrit avec soin la constitution spéciale « des tuberculosables ».

Cette constitution se reconnaît à la blancheur éclatante de la peau, à la rougeur vive des pommettes, à la longueur et à la gracilité du cou (cou de cygne), à l'étroitesse de la poitrine d'où suit la saillie des omoplates en forme d'ailes, à la longueur et à la gracilité des os des membres et du tronc, à la rapidité de la croissance, à l'amaigrissement général, à la transparence de la peau dont le réseau veineux est très marqué, à l’enfoncement des yeux entourés d’un cercle bleuâtre, à la douceur et à la langueur du regard; à la longueur des poils et surtout des cils, à la beauté des dents qui se carient facilement.

Ces sujets présentent une sorte de beauté morbide que les anciens traduisaient par ces mots « Tabidorum faciès amabilis » et qui les rend éminemment sympathiques.

La sobriété el la délicatesse de leurs mouvements en font des raffinés et leur donnent une certaine distinction. M. le professeur Landouzy a fait de ces tuberculeux latents une étude remarquable qui concorde exactement avec celle du père de la médecine, et dont l'accord for-

tuit est d'autant plus curieux que la traduction nouvelle et exacte d'Hippocrate n'a été donnée par M. Delpeuch que longtemps après le travail du Professeur de Paris dont nous extrayons la description suivante :

« Il existe un terrain humain qui se dénonce par certaines particularités d'extérieur, d’habitus et de facies : peau blanche, fine, transparente, marbrée de veinules, souvent tachetée de macules. Système pileux soyeux, de couleur rouge, rousse ou blonde tirant sur le roux, iris bleu, chairs molles, sueurs faciles, parfois odorantes, formes plulôt graciles et élégantes : c’est ce terrain que depuis longtemps nous appelons terrain vénitien.… La bacillose le frappe si communément, avec une préférence si marquée que, pour nous : toul vénilien dans les milieux parisiens est suspect de tuberculose. »

Cependant cette prédisposition des roux à la tuberculose est loin d’être absolue. Beddoe a étudié à Edimbourg la teinte des cheveux chez les tuberculeux et pour lui la proportion des roux est sensiblement la même chez les sujets sains, chez les phtisiques et chez les autres malades : Il n'existe donc pas dans ce pays de « proclivity » des roux à la phlisie.

M. Delpeuch distingue l’érythrisme généralisé et l'érythrisme partiel : les individus dont tous les poils, tête, aisselle, pubis,etc., sont roux, sont des exemplaires d'un type normal au même litre que les blonds et les bruns et ne deviennent pas plus phtisiques qu'eux.

Les seconds dont la tête est couverte de cheveux blonds, châtains ou bruns ont une barbe ou une moustache rousse. D'autres ont des cheveux bruns ou chälains ou les aisselles et le pubis, ou ce dernier seul, de couleur rousse.

Chez les femmes, l'érythrisme partiel se manifeste par le contraste d'une chevelure brune ou blonde et d'un

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