‹ Les Syndicats Ecclésiastiques: Etude sur leur Légalité et leurs CausesChapitre 3 sur 34 · LINGE · texte numérisé non relu

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N'est-ce pas, dans un autre domaine, une audace nouvelle d’accoupler aujourd’hui ces deux termes d'apparence contradictoire : syndicats et ecclésiastiques. D'une part une organisation qui évoque dans certains esprits la lutte des classes avec des souvenirs de grève en attendant des visions de révolution — d’autre part la hiérarchie de l'Eglise conservatrice de l’ordre ce qui souvent veut dire pour ces mêmes esprits : conservatrice de l’ « ordre établi » sans qu'ils osent se demander s’il ne serait pas dans l’ordre de faire régner plus de justice et plus de charité. C’est pour obtenir un peu plus de justice que les ecclésiastiques se sont syndiqués : la Société en France n’a plus pour eux la générosité d'antan. Sans doute, ils exercent une mission spirituelle ; il faut vivre cependant. Ils ont foi en la parole de Jésus-Christ assurant à l'Eglise la pérennité ; ils doivent aussi envisager humainement la continuité de leur apostolat par le recrutement. Ils professent le pardon des injures mais leur mission même exige l'intégrité de leur honneur, le respect de leurs droits.

Toute récente est la conception de faire concourir l’activité syndicale à ce triple objet : assistance, recrutement, défense du clergé. Il y a des réalisations qui donnent à notre étude des bases concrètes de discussion. Mais avant de montrer le droit syndical des ecclésiastiques, les ressources que la loi leur donne et de rappeler les limites qu'elle fixe à cette activité, il y a lieu, d’indiquer pourquoi il fut possible de les concevoir, autrement dit d'esquisser l’évolution de l’idée syndicale, et com-

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ment les nécessités de la vie difficile, de l’après-guerré surtout, ont amené en toute légalité et conformité avec la loi du 21 mars 1884, modifiée par celle du 12 mars

1920, la constitution de syndicats ecclésiastiques.

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