‹ Les Syndromes de la Linite PlastiqueChapitre 11 sur 17 · DIAGNOSTIC CLINIQUE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC CLINIQUE

En résumé, de ce que nous venons d'exposer, il résulte que le diagnostic de la linite plastique doit-être étudié dans deux ordres de circonstances cliniques.

Dans le premier cas la symptomatologie ne peut en aucune façon faire songer à la maladie de Brinlon, soit que, ce qui est très rare, il n'ait existé aucunr- trouble gastrique, soit que le tableau clinique fort vague ait surtout fait songer au cancer des faces. On note alors l'anorexie élective à l'égard des viandes, l'absence d'acide chlorhydrique libre dans le suc gastrique, la présence de sang en petite quantité dans les selles, rarement une hématémèse caractérisée, d'une façon très exceptionnelle une adénopathie constatée : nous n'avons trouvé que deux cas où ‘le ganglion de Troisier ail été signalé, une fois dans l'observation de Lyonnet, en 1897, l’autre dans celle de Cade publiée en 1911. La cachexie est généralement très prononcée.

Parfois il faut rechercher très soigneusement Îles signes du cancer, l'affection simulant une gastrite banale. On devra étudier la fonction pancréatique avec soin en vérifiant le degré de digestion des grais-

ses et des amidons, en recherchant les débris muscu-

Jaires dans les selles. Si la palpation révèle une indu-

ration gastrique, le diagnostic de néoplasme se précisera. On arrivera ainsi généralement à diagnostiquer le cancer gastrique. Mais quant à déterminer qu'il s’agit d’une forme squirrheuse de cette affection, cela semble à peu près impossible puisqu'il n'existe, à cet égard, aucun élément de diagnostic. Dans un autre groupe de circonstances cliniques, la symptomatologie fonctionnelle est riche, mais il s’agit, en somme, d'une symptomatologie d’emprunt. Il s’agit du syndrome pylorique, du syndrome pseudo-æsophagien de Soupault, où même d’un vrai syndrome œsophagien. Le syndrome pylorique

quand il est au complet, ne se distingue en rien de

celui que réalise un cancer du pylore. La confrontalion de ce syndrome avec les signes révélant un néoplasme et une tumeur perceptible ne fait qu'écarter l'idée de la linite plastique : Verreur avait été faite par Broca, en 1858. Il s’agit souvent, d’une linite localisée à la région pylorique. Là encore tout ce qu’on peut demander aux signes fonctionnels et physiques c'est de renseigner sur l'existence d’un cancer.

Quand il s’agit du syndrome de Soupault bien caractérisé, c'est-à-dire quand on note des signes fonctionnels de sténosé œsophagienne sans signes physiques de rétrécissement, on doit alors penser à la linite plastique. C’est seulement dans ce cas qu'on peut songer à faire un diagnostic différentiel purement clinique.

Le

Ep ee

Ehni et Loup, dans un article sur le diagnostic de la linite plastique généralisée, concluent que :

Une dysphagie précoce ;

Des vomissements sans effort ;

L’impossibilité d'introduire plus de 100 à 200 cm de liquide dans l'estomac, sont des signes qui doivent faire consdérer la linite

“plastique comme probable et que si à ce tableau se surajoutent des régurgitations et une tumeur dure, allongée transversalement d’un rebord costal à l’autre, on peut affirmer ce diagnostic.

Il est certain que lorsque ce tableau clinique est au complet, il paraît bien qu'il ne doive guère rester de. doute. Toutefois cela est rare : notre malade, porteur pourtant d’une linite absolument totale avec atteinte même de l'œsophage inférieur n'a jamais présents de signes œsophagiens nets, aucun vomissement n'a été constaté. On peut, à la réflexion, rattacher à la

dysphagie les sensations qui ont conduit le malade à ne s’alimenter que de substances liquides ou semiliquides ; mais c'est une dysphagie en quelque sorte latente et qui demanderait à être provoquée. Enfin, nous remarquerons que dans la seconde observation rapportée par Ehni et Loup eux-mêmes, on avait porté le diagnostic de sténose médio-gastrique.

Du reste, lors de la communication de Soupault, Mathieu avait attiré l'attention sur un point de première importance : c’est que les ‘affections très douloureuses de l’estomac : ulcère, cancer ou gastrite quelconque, peuvent donner lieu à un spasme œæso-

ho

phagien qui réalise un syndrome en tous points analogue puisqu'on y trouve essentiellement des signes fonctionnels de sténose en contradiction avec un Cathétérisme facile. Lors du gavage, l'intolérence peut même amener la régurgitation le long des parois de la sonde. À

Bruhl, dans la même séance, rapporte une observalion qui confirme fa remarque de Mathieu.

Donc, la constatation du syndrome de Soupault, pour peu qu'il soit un peu tronqué, oblige à un diagnostic différentiel difficile. S'il existe uneatteinte du cardia et de l’œsophage on trouvera des signes physiques de sténose ; le contraste caractéristique n’exisera plus et il faudra éliminer : 1° les rétrécissements de l’œsophage surtout ceux de nature néoplasiqui ; 2° les rétrécissements du cardia cancéreux ou non.

Quand le syndrome sera nel, sans signes physiques de sténose, on devra songer :

1° Au spasme des estomacs douloureux (Mathieu) ; - 2° Aux sténoses médio-gastriques cancéreuses ou cicatricielles (remarquons qu'une linite localisée aux parois de l'estomac réalise ce type anatomique).

Et encore, le plus souvent, le diagnostic ne sera que probable et comme le disait Rivet, ne pourra être affirmé: De fait, nous ne trouvons dans la littérature que le cas de Deguy où le diagnostic ait été fondé fermement sur des symptômes de cette nature.

Aussi bien, que la linite plastique simule un cancer du pylore, qu'elle donne lieu au syndrome plus

ht

net de pseudo-rétrécissement œsophagien ou qu'elle ne se révèle par aucun signe caractéristique, c'est à la radioscopie, comme l'avait dit Béclère à Soupault lors de sa communication, qu'il faut demander de préciser un diagnostic que les autres moyens d'ex: ploration ne permettent pas d'affirmer. L'insufflation, le cathétérisme, le gavage sont des moyens infidèles ; ils peuvent parfois être dangereux ou impossibles à pratiquer : le sang, constaté après tubage dans le liquide retiré chez notre malade, interdisait d'explorer la capacité gastrique de cette façon.

C’est que le diagnostic de la linite généralisée et à plus forte raison localisée est un diagnostic de radioscopie.

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