‹ Les Syndromes de la Linite PlastiqueChapitre 12 sur 17 · MIO · texte numérisé non relu

MIO

SYNDROMES.

RADIOSCOPIQUES

L'examen radioscopique d'un estomac normal renseigne sur sa situation, ses dimensions, sa mobilité, son élasticité, sa contractilité, l’état de ses orifices, la traversée plus ou moins rapide de sa cavité. Pratiquée avec soin et par des spécialistes, la radios: copie permet donc d'étudier précisément tout ce qui, dans l'estomac, est lésé par le processus de linite plastique.

Nous rappellerons, en effet, que ce qui caractérise essentiellement cette forme anatomique du cancer de l'estomac, c’est l’hypertrophie scléreuse de ses parois transformant l'organe en un tube rigide inextensible et incontractile. L'incontractilité est due à ce que le tissu scléreux dissocie le muscle et enserre les faisceaux musculaires ; ceci absolument net dans notre observation l’est également dans toutes celles que nous avons vues, pour peu que la partie histologique n'ait pas été négligée.

En voici quelques exemples pris au hasard :

OBSERVATION DE MEÉNARD (Résumé de l’autopsie)

Estomac rétracté, rigide, inextensible, orifices libres, parties initiales du duodénum et terminale de l’œsophage infiltrées, la cavité gastrique contient à peine un verre d’eau, la muqueuse fortement plissée semble intacte.

Histologie. — Dissociation de la muculeuse par du tissu fibreux.

OBSERVATION DE PETIBON (Thèse Paris 1895)

Analomie pathologique résumée :

Gros épaississement de la paroi stomacale, au cardia 2m d'épaisseur, rétrécissement de la partie inférieure de l’œsophage. ‘

) Au pyiore paroi épaisse d’un centimètre.

Le diaphragme et la valvule pylorique Ho rétractés

ainsi que le duodénum.

Histologie. — Hyperplasie conjonctive intense, dont la musculeuse. ,

Il est inutile de multiplier les exemples, il s’agit là d’une règle absolument générale, correspondant à la définition même de Brinton. ;

On doit donc s'attendre à trouver, au point de vue radioscopique, tout ce qui permettra de faire le diagnostic, puisque ce qui est le propré anatomique de la linite plastique est facilement exploré aujourd'hui sur l'écran du radiologue. On doit y retrouver le-défaut de contractilité, l’inextensibilité, la diminution

EN ee

de capacité de l'estomac et les lésions orificielles si elles existent.

Béclère répondant à Soupault, en 1902, montrait déjà que la radioscopie devait; bien mieux que tous les procédés employés alors, renseigner sur l’état de la paroi gastrique. Depuis, les notions se sont précisées el Béclère, en 1912, dans sn rapport au 25° Conorès de Chirurgie sur l'exploration radiologique, dans les affections chirurgicales de l'estomac et de l'intestin, trace l'étude” du syndrome radiologique de la linite plastique. :

Holznecht, en 1913, apporte au Congrès international de médecine de Londres, des conclusions idenliques basées sur des images analogues.

Malheureusement, on ne trouve ni dans ces communications, ni dans les traités de radiologie, d’observation complète. Les auteurs apportent dés clichés et des schémas mais ils ne présentent pas l’histoire clinique ou anatomique. Ceci ne nous à pas permis de résumer, comme nous l’eussions voulu, les faits particuliers qui leur ont servi.de base. Il eût été intéressant de les rapprocher de notre cas. Mais les conclusions de ces auteurs sont suffisamment précises pour se passer de cette illustration. Nous rapportons quand même plus loin quatre observations de Pimpanneau, recueillies par lui dans le service du Docteur Mathieu et qui correspondent exactement aux schémas de Béclère.

Voici, d’après Béclère, la description de l’image fournie sur l'écran, après ingeslion de bouillie bis-

muthée, par les petits estomacs rétractés sous l’influence de la linite plastique.

- 1° Image petite, allongée, de forme tubulaire, sans grosses irrégularités. Il n’existé pas de lacune correspondant à une lumeur circonscrite. On voil la cavité gastrique sous forme d’un tube plus où moins rétréci. La poche à air supérieure peut exister, mais

est très réduite,

2° L'image ne se modifie pas ou peu. On ne note dans les cas typiques aucüne contraction péristallique, quand elles existent elles sont très faibles ict ientes.

3° Au niveau du pylore on constate de l’insuffisance pylorique. La bouillie passe constamment, sans intermittence dans l'intestin dès que le bismuth arrive à l'orifice ; Ja bouillie va de suite remplir les anses grèles sous forme de taches sombres.

4° Au niveau de la partie supérieure, il existe souvent un certain degré de stase œsophagienne sans qu'il y ait, pour cela, de rétrécissement du cardia On voit, dans ces cas, l’œsophage se remplir à mesure que l’on verse la bouillie, mais la stase ne se prolonge pas ; l’image-n’'est pas étranglée au cardia, elle diminue au contraire progressivement à mesure que l'on va vers le pylore, si bien que l'estomac prend l’aspect d'une sorte de pipe.

Béclèrie insiste sur la valeur séméiologique de l'in-

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