CONSIDERATIONS GENERALES SUR L'ENSEMBLE DE CES MALADIES
L'étude pathogénique des affections précédentes nous permet, par une vue d'ensemble de ce sujet, de constater les progrès réalisés aujourd’hui.
Alors que jusqu’au siècle dernier on ignorait totalelement le mode de propagation de la fièvre jaune, nous devons aux nombreuses recherches des savants de multiples nations, à Carlos Finlay, aux Missions américaine, française, brésilienne, de connaître l’un des agents les plus actifs de la transmission de cette maladie et dont la destruction systématique a donné des résultats vraiment remarquables. Les recherches se poursuivant ont amené la découverte d’autres modes de contamination et le rôle, jusqu'ici passé inaperçu, de divers autres agents propagateurs et réceptifs du typhus amaril.
Ce nouvel apport à nos connaissances fait espérer que de nouvelles mesures prophylactiques vont s’ajouter à celles déjà en vigueur et que l’on réussira peutêtre à enrayer un fléau des plus redoutables.
Quant à la fièvre bilieuse hémoglobinurique, malgré la complexité apparente dè sa pathogénie, elle a fait également des progrès dans les résultats de sa thérapeutique.
Etant engendré par des causes différentes, chaque
ir'ge aspect clinique de cette maladie nécessite un traitement en rapport avec l’étiologie. |
Il n’est plus question de savoir si tel médicament ‘doit être prescrit ou proscrit chez les malades présentant ce syndrôme. Toute l’atteñtion doit être actuellement portée vers la recherche de la cause réelle de l'affection dont la découverte entraînera la médication ad hoc.
On s'éloigne donc de la conception des anciens auteurs pour lesquels cette maladie relevait toujours d’une même origine et, par suite, nécessitait la mise en œuvre de la même médication en présence de toutes ses manifestations.
Enfin, l'identification de la spirochétose ictérohémorragique a permis isoler cette affection du groupe obscur auquel elle appartenait primitivement. Elle est la preuve éclatante du résultat que permet d'obtenir expérimentation scientifique.
C’est, en effet, à ce procédé que nous devons la mise en évidence d’un germe pathogène parfaitement étudié de nos jours alors qu’il était encore inconnu il y a peu de temps.
Le but des études précédentes est de nous montrer le rôle important de la pathogénie au sujet des maladies. ES
Les théories modernes, reconnues présentement comme expliquant le mieux la genèse des phénomènes pathologiques que nous offre la nature ne doivent pas être considérées comme dogmatiques.
En apparence réelles aujourd'hui, elles peuvent être combattues et prouvées fausses demain (exemple du leptospira ictéroïides) pour céder la place à d’autres explications plus séduisantes.
RS De
Les faits s’accumulant, les expériences les contrôlant, la science s’acheminera aïnsi peu à peu vers la vérité.
Quant à la conclusion médicale, c’est que nous devons uniquement attacher de l'importance aux résultats pratiques vers lesquels nous entraînent les idées directrices et que nous devons juger de leur valeur en nous tenant simplement aux seuls avantages prophylactiques et thérapeutiques qui en sont la conséquence.