FIEVRE À VOMISSEMENTS NOIRS DES ENFANTS
(DIAGNOSTIC
‘Cette affection, éclatant dans certaines îles des Antilles et frappant exclusivement les enfants créoles, peut nous l'aire redouter une épidémie de fièvre jaune qui aurait, dans ces circonstances, une affinité spéciale pour les sujets jeunes, Een indemnes ceux qui onf ie de douze ans. |
Signalée pour la première fois par Saint-Vel, en 1868, cette étude fut reprise par Bérenger-Féraud en 1878 sous le nom dej « mauvaises fièvres des enfants ».
Gugsde, en 1891, publia un travail au sujet de vomissements noirs fébriles des enfants observés à la Guadeloupe. Enfin, en 1904 Perrot et en 1905 Viala ant cette question.
N'ayant trouvé aucun agent spécifique engendrant cette maladie, l'accord n’est pas fait quant à son étiologie. ’ Pour les uns, ce serait une forme tone de la fièvre jaune qui, évoluant chez des enfants partiellement immunisés par leur séjour dans le pays, présenterait ‘une manifestation différente de celles des sujets neufs.
D’ autres auteurs, se basant sur l'atteinte paludéenne fréquente" subie par les DA InAIAMES, veulent voir dans
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ces cas des accidents parapaludéens. Enfin, pour cerins, on est en présence d'une maladie autonome.
Quelle qu'en soit la pathogénie exacte, il importe tout d'abord de faire un diagnostic précis. RS A
L'enfant, bien portant jusqu'alors, est pris brusquement d'une forte poussée thermique. Sa peau est chaude, et très sèche: le pouls, rapide, bat irrégulièrement. La soif, très vive, ne peut pas être étanchée car les boissons ingérées sont aussitôt rejetées par les vomissements, en outre,sle petit malade présente une constipation opiniâtre.
Ce. début revêt donc la forme d'un embarras gastrique fébrile que lon pourrait ne ree comme banal. Mais le fait que l’enfant ne va pas à la selle doit attirer l'attention. On constate le lendemain une modification du faciès : pâleur extrême, nez pincé, globes oculaires rétractés; ce changement est accompagné du refroidissement des extrémités. En même temps, les vomissements, qui étaient alimentaires puis bilieux la veille, présentent à leur surface quelques stries noirâtres.
Une rémission passagère de tous les symptômes suit cette seconde phase : la température baisse, les vomissements cessent, la constipation cède aux médicaments, un. Calme relatif s’installe.
Mais bientôl, la fièvre se rallume, l'enfant est agité, en proie parfois à des accidents convulsifs et les vomissements réapparaissent sous un aspect nouveau qui rend le pronostic extrêmement sombre: ce sont des vomissements noirs, comme dans la fièvre jaune; des hémorragies intestinales, ne. tardent pas à les açccompagner. Lorsqu'on assiste à ce. stade de l’évolution. de. la maladie, la guérison est presque toujours impossible :
# EN ACA le petit malade, épuisé par ces pertes de sang, succombe au cours d’une .nouvelle hématémèse, saigné par ces nombreuses hémorragies.
Cette issue fatale n’est pas toujours ia règle, l'affection pouvant s'arrêter à l'une des périodes précédant le vomito negro; mais il ne faut cependant pas triompher, car les rechutes sont fréquentes si l'enfant ne change pas de pays et il peut être emporté lors d'une récidive.
Ainsi, cette ne ent uniquement aux €enfants créoles, semble vouloir leur faire payer un lourd tribut dacclimation, réservant de la sorte son emprise pour des organismes issus d'êtres nouveaux à ces côntrées. qu + :
Il est curieux de remarquer, en æffel, que: « ces fièvres ont atteint de préférence les enfants créoles de peau blanche, puis quelques enfants de couleur presque blanche. Les premiers ont fourni les trois-quarts des décès.
À la Trinidad, les mêmes fièvres à vomissements noirs furent observées et firent de nombreux ravages chez les enfants blancs de deux à meuf ans, épargnant le reste de la population et même les cer non acclimatés. » (Bérenger-Féraud: extrait du rapport du 3e trimestre 1859 de l'hôpital Saint-Pierre à la Martinique).
Nous voyons par conséquent que la fièvre à vomissements noirs respecte les petits indigènes. Cette maladie spéciale, avec son affinité élective, conserve le mystère de sa pathogénie et nous laisse encore actuellement désarmés devant ses manifestations. :