AVANT-PROPOS
Avec les temps modernes, la pathologie tropicale semble devoir enfin s'échapper du cadre isolé dans lequel l'avaient classé les anciens auteurs et paraît appelée à prendre un essor de plus en pins Soneide rable. : | La cause de cette ra Pre Bone Te Le. .peu d'intérêt que la métropole, : portait autrefois à l’étude d'affections dites « exotiques » et qui, par conséquent, ne paraissaient pas la menacer. Seuls, les médecins de la marine et les médecins coloniaux tentaient des incursions dans ce vaste domaine sans pouvoir compter, le plus souvent, sur aucun secours matériel ni moral, en butte à l'indifférence et parfois même à l'hostilité de ceux qui auraient dû les aider. Aussi, devons-nous saluer avec reconnaissance la mémoire de ces hardis précurseurs.
: Cette conception de l’innocuité des maladies tropicales, basée uniquement sur la distance considérable qui nous sépare: de leur terrain d'évolution, n’est plus actuellement une raison suffisante Dong se croire à l’abri de leur invasion. ::
Aujourd’hui, avec les: Les économiques. internat: ARR avec la facilité et la rapidité. des trans-
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ports, tant par voie de terre que sur mer et dans l'air, on assiste à un échange continuel d'individus d'origines Lrès diverses.
Ces relations de continent à continent sont de nature à modifier d’une façon complète la répartition géographique des maladies par suite de l'extrême variété de leur déplacement et de leur diffusion rapide à des milliers de kilomètres du foyer initial.
Ce lourd tribut de la vie moderne aggrave singulièrement les difficultés du rôle médical et la responsabilité du médecin vis-à-vis des populations qui lui sont confiées.
Alors qu'autrefois les grandes épidémies naissaient toujours dans les mêmes lieux et, de là, se propageaient au rythme lent des caravanes ou des voiliers, il était facile de. reconstituer le chemin parcouru par l’infection et, en re rnoMtant à l'origine, d'établir un diagnostic exact.
Actuellement, les difficultés se sont fortément accrues, Etant donné la célérité des -voyages maritimes el aériens, il est logique de penser que des malades en période d’incubation ont eu.le temps de débarquer avant que l'affection dont ils sont atteints se manifeste, propageant de la sorte à leur entourage une maladie que ceux-ci pourront également semer autour d'eux.
Nous assisterons à une éclosion de cas dans des lieux éloignés les uns des autres et n'ayant en apparence aucun y'apport entre eux et dont le point de départ sera impossible à déterminer.
Enfin, le transport rapide des germes pathogènes ou de leurs agents intermédiaires peut leur permettre une survie grâce à laquelle ils pourront trouver, dans un
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pays jusque-là indemne, des hôtes réceptifs qui seront à l’origine d'une endémie nouvelle pour cette contrée. Une preuve de cette assertion nous est fournie par une communication de la S.D:N. en avril 1931 qui signale, au sujet de la fièvre jaune, l'apparition de cas de typhus amaril ayant éclaté dans le continent asiatique alors qu’il en avait été préservé jusqu'ici.
Ces faits nouveaux doivent nous faire craindre la création de centres endémo-épidémiques autrefois inconnus et dont la virulence se révélera peut-3tre soudainement à nos yeux.
Ces modifications profondes apportées à la pathologie tropicale montrent tout l'intérêt qu’on doit lui porter et nécessitent la possession d’une connaissance précise des maladies exotiques.
Dans les pays chauds, ce qui importe avant tout, c’est de prévoir l’éclosion des épidémies particulièrement redoutables sous ces climats; aussi est-il indispensable, pour tenter de les étouffer dès leur début, d'éviter le doute dans lequel nous met un diagnostic hésitant afin de ne pas perdre un temps précieux pour lapplication des moyens de défense dont nous disposons.
On doit donc s'attacher à identifier précocement les sujets pouvant être la cause de pandémies meurtrières. Dans ce but. il nous semble qu'un moyen rationnel serait de limiter les recherches lorsqu'on est en présence de symptômes douteux. C’est alors que se présente l'utilité de grouper les affections tropicales par syndromes comme l'ont fait Blanchard et Toullec. De la sorte, le Champ d'investigation se trouve tout de suite réduit'à un ensemble dé maladies présentant les mêmes manifestations extérieures et parmi lesquelles il restera
à distinguer si le-cas présent s’identifie’ à-larmatadié la plus grave du syndrôme et nécessite l’application rigoureuse de mesures , prophylactiques . déterminées pour s'opposer à ‘sa propagation.
Nous basant sur ce principe: de lPutilité de relier les syndrômes entre eux, nous allons étudier les syndrômes ictéro-hémorragiques qui se prêtent : Dee ment à cette conception. à à ts
. Nous comprenons dans ce groupe les affections suivantes qui feront spécialement l’objet de notre étude :
Fièvre jaune EX AD
Fièvre bilieuse hémoglobinurique
Spirochétose ictéro-hémorragique
Paludisme (forme bilieuse)
Spirochétose ictérigène épidémique
Fièvre: à vomissements noirs des enfants de la Guadeloupe.
GENERALITES
Pour faire œuvre utile, il est nécessaire de connaître parfaitement le cycle évolutif des maladies afin de linterrompre suivant nos possibilités.
Ainsi, connaissant l’agent vecteur de l'infection, les mesures d'hygiène s’appliqueront à le détruire.
La plus belle preuve de l'efficacité d’une organisation sanitaire ainsi conçue est le résultat magnifique obtenu à Cuba dans Ia lutte contre le stégomyia fasciata, insecte transmetteur de la fièvre jaune, transformant de cette manière. grâce à l'application stricte d’un règlement basé sur l'étude des mœurs de ce moustique, un ancien foyer redoutable en un pays parfaitement /habitable actuellement.
De même, lorsque les recherches ont permis de découvrir le germe pathogène, la thérapeutique s'attaque à lui par le moyen de médicaments spécifiques, de sérums, de vaccins, se substituant de la sorte à la médicatior symptomatique usitée jusqu'alors à défaut de mieux.
Nous voyons donc que la protection de la collectivité repose sur la connaissance de la pathogénie qui entraînera des mesures prophylactiques et thérapeutiques raisonnées et sur celle de la clinique qui décidera de la nécessité de leur application.
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Nous appuyant sur ce qui précède, nous allons diviser notre étude en deux parties.
La première traitera de la discussion pathogénique des affections pour lesquelles elle n’est pas encore réglée. " : | Ass
La seconde se rapportera à l’aspect clinique des maladies au syndrôme en montrant la difficulté qui existe à les différencier les unes des autres.