‹ Les Syndromes Paralytique s GénérauxChapitre 13 sur 16 · ARE TN · texte numérisé non relu

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roÿyons que la Syphilis n’a pas été recherchée et dans son dernier livre (1906), Régis ne mentionne rien à leur étiolo-

gie. Cette rubrique même n'existe pas.

« On voit communément la paralysie générale et le tabes associés ». Mais, M. le professeur Fournier ne nous donne, à ce Sujet, aucun chiffre. MM. Mairet et Vires, sur 174 cas, ont vu cette association une fois. Sans nier le début tabétiforme de certaines paralysies générales, constatons que NOUS n'avons jamais rencontré cette association sur un ensemble de 242 observations.

Arrivons enfin à ce que Fournier appelle l'argument coup de massue et qu'il a réservé pour la bonne bouche. Nous voulons parler de la paralysie générale juvénile.

Nous ne connaissons pas le nombre des observations du professeur Fournier. Mais Régis nous en rapporte cing cas.

Dans les deux premiers, les parents étaient nettement syphilitiques. Dans le troisième, l'enfant fut traité comme ayant été contaminé par sa nourrice : dans le quatrième, la syphilis fut soupçonnée en raison d’une éruption suspecte.

Le cinquième cas est le dernier en date et c’est le seul dont j'ai pu lire l'observation en entier dans le n° o du Journal de Médecine de Bordeaux, 1900. Des renseignements fournis par Régis lui-même, il résulte que le père était fils de pellagreux et pellagreux lui-même et qu'il contracta la syphilis.

Nous aurions donc ici, ce que ne fit pas Régis, à tenir compte de deux facteurs : la pellagre et la syphilis. D'ailleurs, comme l'a dit fort bien le professeur Joffroy dans la séance du 11 avril 190$ (Académie de Médecine), « l'étude étiologique et pathogénique de la paralysie générale juvénilé où infantile est à reprendre et à compléter ; et il n’est pas possible actuellement de tirer de nos connaissances incomplètes sur ce sujet aucune conclusion établis-

sant la nature syphilitique de la paralysie générale juvénile. Sans doute l'hérédité joue ici le rôle capital, mais l’hérédité syphililique manque assez souvent et l'hérédité alcoolique (pour ne parler que de celle-là) semble devoir dans bien des cas intervenir d’une façon non douteuse ».

Nous signalons, du reste, nous-mème un cas de paralysie générale précoce, dont l'étiologie ne nous permet en aucune façon d'incriminer, ni au point de vue personnel ni au point de vue héréditaire, la syphilis (Observation de Bon... ).

Nous répondrons aux expériences de Krafft- É que la virulence spécifique de la matière employée n'a pas été scientifiquement établie, puisqu'on a négligé de faire des inoculations avec cette substance à des sujets témoins, c'est- à-dire à des sujets non syphilitiques.

Mais bien plus concluants sont les 25 cas environ (professeur Joffroy, 11 avril 1005) de paralytiques généraux contractant la vérole et observés seulement depuis 1903, époque où l'attention commença à être attirée de ce côté.

C'était au professeur Raymond qu'était échue la tâche particulièrement ardue de présenter les arguments anatomiques. Ses antagonistes furent les professeurs Lancereaux et Cornil. Ceux-ci dirent que la statistique ne pouvant constituer une méthode scientifique définitive, on devait s'appuyer sur la lésion et mieux encore, si on le pouvait, sur l'agent spécifique (depuis indiqué par Schaudinn).

Etendues, disséminées et superficielles dans la période secondaire, les lésions syphilitiques disparaissent, sans laisser de traces ; par contre, circonscrites et profondes, uniques ou multiples dans la période tertiaire, elles laissent constamment, à leur suite, des pertes de substance plus ou moins étendues. Dans tous les cas, ces lésions ont une tendance naturelle à la régression, c'est-à-dire que loin de se développer et de s’accroiître indéfiniment, elles finissent, au bout

Échos : :

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d'un certain temps, par subir une transformation granulograisseuse, qui prépare leur résorption et rend, par cela même, le produit syphilitique plus accessible que tous les autres à l’action réparatrice du mercure et de l’iodure de potassium.

Sont-ce bien là les lésions de la périencéphalite diffuse ? Nullement. Celles-ci, développées, en réalité, aux dépens de la névroglie comme celles de la syphilis, ne sont ni disséminées, ni circonscrites, mais bien continues ét étendues à l'ensemble du cerveau. Elles ont pour point de départ habituel les petits vaisseaux, au pourtour desquels apparaissent des cellules embryonnaires ; mais contrairement à ce qui a lieu dans les lésions syphilitiques, ces éléments, loin de subir un temps d'arrêt, lendent peu à peu vers une organisation définitive, sans jamais parvenir à une résorption naturelle. Ainsi les lésions de la paralysie générale et celles de la syphilis, n’ont ni les mêmes caractères, nila mème évolution, et par conséquent, il s'agit bien là de deux maladies distinctes qu’il est impossible de rattacher l'une à l’autre.

(Et ceci entre particulièrement dans les vues de notre maitre, le professeur Mairet, qui refuse mème au syndrome d'origine syphilitique le droit de porter le nom de paralysie générale, mais simplement de syphilis cérébrale à forme de paralysie générale).

. Le professeur Lancereaux ajoute : « Telle est, suivant nous, la conclusion logique qui découle, non pas de la statistique, qui ne peut rien prouver dans les sciences d'observation et d’expérimentation, mais bien de l'étude anatomique du malade ; de deux choses l’une, en effet : ou bien la périencéphalite diffuse, comme d’ailleurs le tabes, est syphilitique ou bien elle ne l’est pas. Si elle est syphilitique, elle doit l'être toujours ; autrement, 1l faut renoncer à lui attribuer

cette origine. »

À propos des observations du docteur Marchand {de Blois) dont le professeur Raymond tirait argument, M. Cornil déclara que le doëteur Marchand a simplement vu que les

lésions de la paralysie générale étaient plus marquées dans.

le fond des plis du cerveau qu'à la surface et qu’elles y offraient dés caractères se rapprochant des syphilomes. Mais il n'a pas affirmé que ce fussent des néo-formations syphilitiques. Personnellement, Cornil (dont personne ne peut nier la compétence en matière anatomo-pathologique) n'a jamais vu des lésions comparäbles aux gommes dans les autopsies des paralytiques UE

La question paraissait DES Le RU Fournier en a fait appel en prétendant qu'une mème affection n'était pas obligée d'avoir un type caractéristique de lésions. Et comine exemple, il a donné la syphilis qui faisait les lésions tabctiques et celles de la lewcoplasie. |

Mais c'est là un terrain d’hypothèses où il nous est difficile de le suivre ; la discussion ne deviendrait-elle pas alors de la paradiscussion ?

D'ailleurs le traitement nous fournit un dernier argument.

Le mercure ne guérit pas la ee générale. Il n’entravera pas son évolution progressive et fatale alors qu'il agira chez un paralytique général porteur de syphilomes mème tertiaires.

On peut donc conclure, et c'est là notre manière de voir, que la syphilis est une affection qui n’a rien de commun avec les syndromes paralytiques généraux.

Nous résumant brièvement, nous dirons avec Lancereaux :

1° Que les syndromes paralytiques généraux ne sont pas une manifestation de la syphilis, parce que les lésions, aujourd'hui bien connues, qui lui servent de substratum anatomique, es ni les caractères, ni surtout l'évolution des altérations syphilitiques.

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