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En Abyssinie, où l'on compte 80 pour 100 de syphilitiques, on ‘n’a jamais vu des cas de paralysie générale (docteur Goltzinger). l
Un de nos plus distingués médecins de marine, Jeanselme, qui connaît, aussi bien qu'un Français peut le connaître, l'Extrème-Orient, affirme que dans ces pays la paralysie générale est extrèmement rare ; et qu'il ne l'a pas où presque pas rencontrée en Birmanie, à Singapore, à Java.
Scheube arrive aux mêmes conclusions pour la Corée, Je Cachemire, la côte de Malabar, etc. | |
Après ces données, l'affirmation de Fournier que la paralysie générale n’est pas fréquente dans les pays à syphilis rare, n’a pas grande valeur.
De même celle où. il explique la rareté de la paralysie générale chez la femme par le peu de fréquence chez elle de la syphilis. Ici les chiffres manquent. Cependant, si Je m'en rapporte à ceux de ma statistique, je vois que j'y compte une lemme paralytique générale pour quatorze hommes paralytiques généraux. Je suis persuadé que pour 14 hommes Syphilitiques, il y a plus d’une femme dans le même cas.
Une autre preuve, ajoute Fournier, que la paralysie générale est syphilitique, c’est qu'elle est rare dans les campagnes, chez les ecclésiastiques et chez les religieux.
Nous ne connaissons pas, à ce point de vue, la statistique de M. Fournier qu'il a oublié de publier.
Mais dans la nôtre, les paralytiques généraux ruraux sont la forte majorité. S'il est vrai que les ruraux soient moins syphilisés que les citadins, et sur ce point nous ne pouvons mettre en doute l'opinion du professeur Fournier, c’est un argument qui se retournerait contre sa thèse.
J'en arrive aux ecclésiastiques et aux religieux, je dois avouer que ni mes maîtrés ni moi n'en avons rencontré un seul cas dans nos statistiques. Mais, est-ce bien pour la raison
qu'invoque le professeur Fournier ? je crois plutôt qu'ils doivent cet avantage à leur genre de vie. Et je crois {je ne fais ici qu'une simple hypothèse) que si l’on recherchait combien d'astronomes sont devenus paralytiques généraux, on trouverait un pourcentage aussi faible que celui des religieux. Chacun sait, en eflet, que les astronomes sont des gens réglés, que leur protession même enlève à l'âpreté et aux violences de la lutte pour la vie.
On nous objecte encore la fréquence bien plus considérable d'antécédents syphilitiques chez les paralytiques généraux que chez les autres aliénés. Mais cela est-il étonnant ? cette rareté de la syphilis ne résulte-t-elle pas plutôt de l’âge de ces sujets, de leur sexe, du milieu particulier dans lequel ils ont vécu ? C'est ce qui semble ressortir nettement de l’étiologie de toutes les affections mentales. |
Nous voyons, en effet, si nous les passons rapidement en revue que pour les maniaques, l'affection débute chez les tous jeunes gens et chez les femmes — que la lypémanie est une affection essentiellement féminine — que la manie-mélancolie, comme la manie simple, se rencontre chez les jeunes et chez les femmes.
Dans la confusion mentale, c'est encore le sexe faible qui domine ; avec, il est vrai, un fort contingent d'hommes d’un âge avancé. Mais s’est-on Jamais sérieusement occupé de savoir jusqu’à quel point la syphilis était la cause réelle de leur maladie ? Ce sont encore les femmes que nous rencontrons dans Îles psychoses systématisées progressives. Les dégénérés naissent dégénérés. A-t-on cherché la vérole dans les psychopathies des exo-intoxiqués ? Elle n’y a que aire ; de même que dans celles des auto-intoxications ou des infections aiguës ou chroniques. Mais sur ce dernier point, faisons une réserve ; nous y reviendrons dans un instant. Enfin dans les névroses (épilepsie, hystérie, chorée) nous
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