Les Synodes du Désert
E fynode provincial du Bas-Languedoc, affemblé le douzième mai mil fept cent cinquante & un, au nombre de neuf pafleurs de la province & deux des Hautes-Cévennes, onze propofants & trente-trois anciens, après avoir imploré le St-Nom de Dieu & avoir élu les «'modérateurs & les fecrétaires, il a été délibéré ce qui fuit :
Qu'à caufe des nouvelles afflictions qu'éprouvent nos églifes, il fera célébré un jeûne folennel le dixième juin prochain ; & les fidèles feront exhortés à jeûner & prier en particulier tout le temps de la perfécution^
I. Au mois de janvier et au mois de novembre lySo, avaient paru deux ordonnances, l'une complétant l'autre, qui attribuaient «au commandant, ou, en son absence, à l'intendant la connaissance des baptêmes et mariages qui seraient contractés devant les ministres de la religion prétendue réformée. » « Ce qu'il nous
Les députés des églifes de St-Quintin, Vauvert, Gallargues & Lunel feront appelés à leurs colloques refpedifs pour expofer les raifons qui les ont obligés de ne point fe rendre au fynode ; &, fuppofé qu'elles ne foient point trouvées valables, ils feront cenfurés au nom du fynode.
L'affemblée, renouvelant l'art. 1 1 du fynode dernier, ordonne que ceux qui y contreviendront feront fufpendus de la Ste-Cène, pendant iix mois ; & fils retombent, ils ne pourront être reçus à la Ste-Cène qu'au préalable ils n'aient rempli leur devoir à cet égard.
La compagnie, informée que pour porter les proteftants à faire baptifer leurs enfants dans l'Eglife romaine on prétexte que nous croyons le baptême adminiftré dans cette Eglife très-valide, elle déclare que, quand le baptême ferait tel, cependant les proteftants ne peuvent le faire recevoir à leurs entants fans fe fouiller : i"* parce que le baptême de l'Eglife romaine étant accompagné de cérémonies fuperftitieufes & étrangères à l'inftitution de Jéfus-Chrift, ceux qui font adminiftrer ce baptême à leurs enfants font cenfés adopter ces cérémonies; 2** parce que le baptême eft une adhérence à l'Eglife où on le reçoit, & qu'ainfi ceux qui regardent cette Eglife comme fuperftitieufe & idolâtre ne peuvent recourir à fon baptême, fans participer à fes fuperftitions Se à fon idolâtrie; 3° enfin parce que les réformés ne peuvent faire préfenter leurs enfants dans l'Eglife romaine, fans expofer les parrains Se les marraines à faire des ades d'hypocrifie & à fe rendre parjures.
L'affemblée, renouvelant l'art. 7 du fynode de notre province, tenu le trentième mars mil fept cent quarante-fix, & l'étendant, ordonne
faut, écrivait l'éveque d'Alais à l'intendant, c'est une Déclaration qui, en même temps qu'elle confirmera les premières, défendra aux protestants, pour l'avenir, de ne plus se marier hors de l'Eglise, ni faire baptiser leurs enfants au De'sert, et leur ordonnera, poit?' le passé^ de venir, dans un terme très-court, re'habiliter et recommencer leurs mariages et leurs baptêmes, — le tout, sous la condition d'être juges sans forme ni figure de procès.» Le nouvel intendant, Saint-Priest, fit donc enjoindre aux religionnaires de se rendre aux églises paroissiales et d'y conduire leurs enfants déjà baptisés, « afin qu'on pût leur suppléer les cérémonies de l'Eglise romaine. » Un délai de 1 5 jours leur était accordé pour obéir. Ils n'obéirent pas. Alors se déchaîna, pendant deux années, la persécution.
SYNODES PROVINCIAUX
que ceux qui auront époufé au Défert & feront baptifer leurs enfants à l'Eglife romaine feront fufpendus pour deux ans.
Les pafteurs, qui auront des églifes qui reftent devoir à M. Fayet, font exhortés à faire leur poflible pour le faire payer.
VIT
Il efl: enjoint aux églifes d'obferver exactement le 6° article du fynode national de 1748, conçu en ces termes : «Les fidèles font exhortés à ne [donner] créance aux mendiants que fur des lettres fignées des pafteurs ou d'autres perfonnes bien connues, &: à ne faire aucune collecte générale ou particulière, fans au préalable en avoir obtenu la permiffion du confiftoire. »
Sur la demande du député de l'églife de Sauffînes que la Lecques foit à l'avenir annexée à cette églife, il a été décidé que le colloque en ordonnera comme il le trouvera à propos.
Les pafteurs donneront dans le cours de l'année deux textes à leurs propofants, & ceux-ci, après les avoir traités, les expoferont devant le pafteur qui les leur aura donnés & tel autre qui fera choifi pour en juger
Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pierre Redonnel, paft. & modérat^-adjoint; Pierre Encontre, pafteur & fecrétaire; Pierre Puget, propofant & fecrélaire-adjoint.
I. Au sujet de ce synode, Rabaut écrivait à Antoine Court: «Il n'a pas été possible de faire consentir notre dernier synode à l'envoi d'aucun de nos proposants. Les églises veulent des assemblées et ne s'embarrassent pas du reste. A défaut de cela, les proposants demandent s'il ne serait pas possible qu'on leur accordât, pour acheter des livres, ce qui leur serait donné pendant le séjour qu'ils feraient au séminaire. Ils m'ont prié de faire cette proposition de leur part. A la première occasion, je ferai copier les articles du dernier synode pour vous les faire parvenir.
« On ne dit rien encore à ceux qui ont refusé de faire porter leurs enfants à l'Eglise romaine et dont le nombre est beaucoup plus grand que celui de
ceux qui l'ont fait dans mon église Nous parlerons du s[ynode] n[ational]
dans notre prochaine assemblée.» —• Mss. Court, n" i, t. XXIV, p. 534.
Synode des Hautes-Cévennes.
Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.
Le fynode des Hautes-Cévennes, affemblé le huitième juillet mil fept cent cinquante & un % auquel ont aiïifté MM. Jean Roux, Jean- Pierre Gabriac, Michel Teifîier, Jacques Gabriac, Henri Cavalier, Jean-Louis Gibert, Jean-Antoine Reuillet & Jean Martin, pafteurs de la fufdite province ; MM. Jean Pradel & Pierre Redonnel, pafteurs & députés de la province du Bas-Languedoc; cinq propofants &
I . Le pasteur Gabriac donne quelques de'tails comple'mentaires sur ce synode.
« Le 8 de ce mois, écrit-il à Antoine Court, nous tînmes notre synode. Tout s'y passa fort tranquillement, nos ennemis n'en furent point informe's; du moins, ils ne firent aucune démarche pour nous faire de peine; il y fut délibéré :
« i^' de célébrer un jeûne, le 17 d'octobre prochain;
«2° que les anciens ne décideraient point des affaires de l'église en l'absence du pasteur;
«3» que ceux d'entre les protestants qui feront baptiser des enfants dans l'Eglise romaine seront privés de la participation [au] sacrement de la Ste-Cène pendant une année ; que s'ils en font baptiser d'autres, ils seront exposés à la même peine pendant dix-huit mois; que ceux enfin qui feront baptiser leurs enfants par des prêtres, sans y être contraints, après les avoir fait baptiser par les ministres de notre religion, le seront pendant deux ans; jusqu'après ce temps, le consistoire jugera de leur repentance ;
«4'' que Messieurs Viala et du Cambon seront examines par cinq d'entre nous et reçus ministres, s'ils en sont jugés capables;
« 5" que Messieurs Vallat et Pic seraient aussi examinés pour être reçus proposants ;
o6<^ que M. Gibert serait libre d'aller là où il voudrait, pendant une année, conformément à sa demande.
« Le sujet sur lequel on raisonna beaucoup fut l'argent que nous vous envoyâmes, il y a environ trois ans. Comme vous nous disiez qu'il fallait incessamment vous envoyer cette somme, nous-mêmes l'empruntâmes de trois particuliers, avec promesse de la leur rendre au bout d'une année, dans l'espérance que les églises nous la rembourseraient. Depuis, nous avons fait tous nos efforts pour les y engager, sans qu'il nous ait été possible d'en retirer la moitié ; or, comme ces particuliers veulent absolument être payés sans délai, nous crûmes qu'il était nécessaire de le proposer à l'assemblée pour engager les églises, qui n'avaient point rempli leurs promesses, à le faire au plus tôt ; mais cette proposition ne fut pas de leur goût. Celle d'Alais répondit ouvertement qu'elle ne voulait point payer sa portion, que c'était en vain qu'on la l[ui] demandait; les autres ajoutèrent
SYNODES PROVINCIAUX
vingt & un anciens, députés de la part des fufdites églifes, — après avoir imploré le fecours de Dieu, l'affemblée a nommé à la pluralité des fuffrages MM. Jacques Gabriac pour modérateur, Jean Roux pour modérateur-adjoint, Jean-Pierre Gabriac pour fecrétaire, & Jean de Méjanelle du Cambon, propofant, pour fecrétaire-adjoint; après quoi, elle a délibéré les articles fuivants :
Que pour engager Dieu à détourner fes jugements de deffus nous & le porter à nous honorer de fa protedion, on célébrera un jeûne folennel dans toutes les églifes de cette province, le dix-feptième o6lobre prochain.
qu'il y avait trop de misères dans le pays, qu'il leur était impossible de remplir leur taxe, et tous s'accordèrent à dire que, puisque cet argent n'avait pas été employé à sa destination, qu'il ne servait à rien et qu'ils en avaient un pressant besoin: ils nous chargeaient de le retirer. Nous aurions fort souhaité qu'on l'eût laissé entre vos mains, parce que, connaissant votre zèle pour l'intérêt des églises sous la croix, nous sommes persuadés que vous l'auriez fait servir en des choses qui leur auraient été fort utiles. Si nous étions à même de payer les six ou sept cents francs qu'elles doivent, nous le ferions avec un vrai plaisir; mais ne pouvant retirer qu'avec peine ce qu'il faut pour notre entretien, nous ne pouvons que nous joindre à elles pour vous prier de nous renvoyer la susdite somme. Si, dans la suite, il se présente des occasions pour nous favoriser, nous serons toujours prompts à aider pour vous en saisir, et nous espérons que Dieu nous fera la grâce d'être mieux en état de le faire que nous ne le sommes présentement.
«Gabriac le jeune, modér. »
— Mss. Court, no i, t. XXIV, p. 608.
On trouve dans une lettre de Lacoste des détails sur un autre synode qui se réunit dans les Gévennes, le 14 et le i5 octobre lySi.
Synode des Cévennes du 14 octobre ij5j.
«L'on a tenu le synode de la province, le 14 et i5 du courant, dans lequel fut portée la proposition de me laisser fonctionner dans les églises de la province, proposition qui fut agréée de tous les députés en général, ce qui donna lieu à tous les pasteurs de sortir de l'assemblée pour se consulter là-dessus. Etant rentrés, ils proposèrent de me donner une lettre de recommandation auprès de vous. Monsieur, et de Messieurs les respectables amis de ce pays-là, pour me faire placer ailleurs, avec les frais de mon voyage, à mon refus de me faire subir les conditions qui furent imposées à Monsieur La Valette [David Vesson] par le synode qui le réhabilita, ajoutant qu'il ne reviendrait de ces dispositions à mon égard, ce qui me détermina à embrasser le premier parti avec beaucoup de plaisir
Voici l'article du synode à ce sujet :
«Art. 12. — Il a été délibéré sur les représentations de M. Lacoste que la «province lui ferait un don de 200 livres, et que Messieurs les pasteurs lui fourni- « raient une lettre de recommandation auprès de nos amis du pays étranger »
« Lacoste. »
— Mss. Court, n» i, t. XXIV, p. 944.
Ayant remarqué que certaines perfonnes ont violé l'art. 3 du fynode de cette province, tenu l'an mil fept cent cinquante, dans lequel il eft défendu de révéler le fecret des affemblées eccléfiaftiques, on en recommande de plus fort l'obfervation, fous peine de cenfures & même de fufpenfion fi le cas le requiert.
Ayant encore remarqué que certains confiftoires entreprennent de décider des affaires d'importance, comme de nommer, fufpendre, réhabiliter des anciens, faire des diftributions générales des deniers des pauvres, etc., en l'abfence de leurs pafteurs, l'affemblée leur enjoint de ne plus en agir de même & de fe conformer aux articles premier & fécond du chapitre v de la difcipline.
Conformément à la délibération prife dans les fynodes du Bas- Languedoc & des Hautes-Cévennes, tenus l'an mil fept cent quarantefîx, favoir : que ceux d'entre les proteftants qui feront baptifer leurs enfants dans l'Eglife romaine feront fufpendus, pendant une année, de la participation au facrement de la Ste-Gène que ceux qui, après
I. L'ordre intimé aux religionnaires de faire porter leurs enfants, baptisés au Désert, au prêtre de leur paroisse respective pour « leur administrer les cérémonies de l'Eglise,» les avait tout à la fois consternés et épouvantés. Quelquesuns avaient obéi, mais la plupart avaient nettement refusé; et il y avait eu aussitôt de terribles châtiments. L'intendant, ayant reçu des curés et des consuls la liste exacte des récalcitrants, avait donné ordre à ses agents de s'emparer de leur personne, et de traîner, de vive force, leurs enfants à l'église. Amendes, emprisonnements, rien n'avait été épargné pour arriver à un résultat. Saint-Priest écrivait à son subdélégué de Nîmes: «Je n'ai encore reçu (i3 août ijSi) de vous aucuns états des religionnaires de votre département, qui ont refusé d'envoyer à l'église leurs enfants. ... Je vous prie de m'envoyer tous les états que vous avez reçus, et ceux qui vous manquent au fur et mesure que vous les recevrez; observez en même temps de noter, autant qu'il sera possible, sur tous ces états les N. C. qu'il vous paraîtra convenable de faire arrêter par préférence et dont l'exemple pourra être capable de faire le plus d'impression. » Pendant ce temps, d'autres religionnaires, ne voulant ni obéir, ni se voir arracher leurs enfants, avaient quitté leurs maisons et s'étaient «mis aux champs.» Ils avaient tout abandonné, la culture de la terre et leurs récoltes : ils se cachaient au Désert. — C'est dans ces circonstances que le synode arrêtait ces art. 4 et 5, d'une si indomptable fermeté. — «Il est d'une extrême conséquence, écrivait Paul Rabaut, (Mss. Court, n'' i, t. XXIV, p. 352) qu'on tienne ferme dans une semblable conjoncture. Je vais dans le moment écrire à tous mes collègues pour leur donner avis de cette nouvelle, et les prier d'aller d'un lieu à l'autre pour affermir les gens.»
SYNODES PROVINCIAUX
avoir fait baptifer un ou plufieurs enfants dans l'Eglife proteftante, & qui en feront baptifer d'autres dans l'Eglife romaine feront expofés à la même peine pendant dix-huit mois ; que ceux enfin qui feront baptifer leurs enfants par les prêtres, après les avoir fait baptifer par les miniftres de notre fainte religion, le feront pendant le cours de deux années, & après le temps marqué, le confiftoire de leur églife jugera de leur repentance.
Plufieurs proteftants ayant fait rebaptifer leurs enfants dans l'Eglife romaine, alléguant pour excufer leur honteufe lâcheté qu'ils ont été menacés, amendés, emprifonnés, ne faifant point difficulté d'appeler cela force, l'affemblée, reconnailTant combien il y a d'illufion dans leurs excufes, elle déclare qu'on ne peut y avoir aucun égard, puifqu'à proprement parler on ne peut appeler force que l'action qui confifte à enlever avec une violence à laquelle il n'eft pas poffible de réfifter les enfants que Dieu leur avait donnés.
MM. François Viala^&Jean de Méjanelle du Cambon ayant demandé à être admis à l'examen, l'affemblée a jugé à propos de leur
I. François Viala, dit Dumont, ne doit pas être confondu avec le prédicant intrépide, Michel Viala, dit Germain, qui avait réorganisé le Haut-Languedoc, parcouru le Poitou et la Normandie, et qui, toujours prêt à courir où l'appelait un devoir, se trouvait en cette année lySi dans le Poitou, pour y travailler à la réorganisation des églises de cette province. Est-ce dans un synode ou dans un colloque que les pasteurs et les anciens du Poitou lui donnaient, le 19 juin 175 1, le certificat suivant ?
Certificat donné à M. Michel Viala.
« Nous pasteurs et anciens, soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra «que le sieur Michel Viala, dit Germain, ministre de J.-C, s'est très-bien conduit «dans les deux tournées qu'il a faites en Poitou, où il a fait un bien très-considé- « rable en y prêchant l'Evangile du Fils de Dieu, en y administrant les Saints- « Sacrements, en y exhortant le peuple à remplir leurs devoirs à tous égards, et en « y établissant l'ordre dans quelques endroits. Il aurait souhaité avec ardeur de « l'établir partout. Mais le grand pays qu'il avait à parcourir l'en empêcha; c'est ce « qui lui fit prendre le parti, pour ne pas laisser l'ouvrage imparfait, d'envoyer « d'autres ouvriers à sa place, afin de continuer une oeuvre si excellente et si bien « commencée. Enfin, il a fait tout ce qu'un fidèle pasteur doit faire pour de pauvres « brebis éparses. Sa grande piété, son grand zèle et son grand empressement pour «l'avancement de la gloire de Dieu fait que nous prenons la liberté de le recom- « mander à la protection et bienveillance des personnes à qui il pourra s'adresser.
« En Poitou, le 19e juin lySi. »
— Mss. de Vitré et de Melle.
accorder leur demande & leur ordination au St-Miniftère, fils en font jugés capables par MM. Jean Roux, Michel Teiffier, Jacques Gabriac, Henri Cavalier & Jean-Antoine Reuillet, pafteurs, qu'elle a nommés pour y procéder le plus tôt poiïible.
M. Jean-Louis Gibert, pafteur, ayant demandé fon congé pour une année, l'affemblée lui a accordé fa demande, fous la condition qu'il reviendra à la fin de la fufdite année, & qu'il apportera de bons témoignages de fa vie & mœurs de tous les endroits où il fera quelque féjour.
L'aflemblée a accordé à M. Louis Figuières, propofant, la fomme de cent cinquante livres par année.
Gabriac l'aîné, pafteur & fecrétaire.
Synodes provinciaux de 1752
Synode du Vivarais et Velay.
Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.
Aâes du fjnode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velay ^, tenu fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais, le dix-neuvième avril mil fept cent cinquante-deux, auquel ont ajfijîé trois pafieurs, le fecrétaire foiifjîgné & quator:{e anciens, députés def dites églifes.
PRÈS la lecture de la parole de Dieu, l'invocation de fon St-Nom & lecture faite des articles du fynode précédent, il a été arrêté ce qui fuit :
On renouvelle l'art. 8 du fynode provincial du premier mai 1741, qui porte que les députés du fynode ont été «priés de repréfenter à leurs confiftoires de porter, autant qu'il fera poffible, les [fidèles à donner une partie des charités qu'ils diftribuent après la mort de
I. On n'a pas les actes du synode du Bas-Languedoc de 1752. Faut-il croire qu'ils ont été égarés, ou que le synode ne pût être convoqué cette année ? Rabaut parle d'une réunion de «ses associés» qui se tint le 21 juin; mais s'agit-il d'un synode ? La persécution était terrible. « Elle se renforce de jour en jour, écrivait-il, ... on attaque tout à la fois les pasteurs, les assemblées, les baptêmes et les mariages...» François Bénézet, qui se préparait au ministère, fut pris au mois de janvier et subit le dernier supplice, le 27 mars. Le pasteur Molines, dit Fléchier. fut également pris, mais il abjura.
leurs parents aux pauvres qui n'ofent mendier; & afin que ces charités foient employées à propos, elles feront remifes aux anciens, qui, de concert avec les pafteurs, les donneront aux perlbnnes qu'ils jugeront en avoir le plus de befoin», & furtout à ceux qui foufîrent pour caufe de religion.
Ayant été repréfenté qu'en certains endroits, & principalement dans le Velay & aux environs de St-Agrève, il fe trouve quelques perfonnes qui avaient fait bénir leurs mariages par feu Jacques Guilhot & Jean Bernard, qui n'ont point été enregiftrés, & que les regiftres de feu Jacques Boyer, miniftre, & quelques-uns de feu Mathieu Morel ont été perdus, la compagnie exhorte les confiftoires de f 'informer qui font ceux qui ont reçu la bénédiction nuptiale par les fufnommés ; & lorfqu'il conftatera qu'ils l'en ont reçue, on dreffera un regiftre, afin qu'il ferve dans le befoin.
On exercera la difcipline dans toute fa rigueur contre ceux qui, après avoir palTé un contrat par main publique, demeurent enfemble fans avoir fait célébrer leur mariage félon les ufages de nos églifes.
Confidérant, d'un côté, le befoin que les églifes de cette province ont de pafteurs. Se de l'autre, les talents de M. Alexandre Vernet, les progrès qu'il a faits dans les fciences nécelTaires pour exercer le St-Miniftère, & la conduite chrétienne qu'il a toujours tenue pendant qu'il a été parmi nous, la compagnie le prie de fe difpofer à entrer au plus tôt aux épreuves pour être confacré au miniftère de l'Evangile & mis au nombre des pafteurs de ces églifes ; laquelle vocation ayant été acceptée par ledit M. Alexandre Vernet, il a été convenu que les pafteurs procéderont à fes examens, d'abord qu'ils en auront la commodité.
Peirot, pafteur & modérateur; Blachon, pafleur; CosTE, pafteur; Vernet, fecrétaire.
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SYNODES PROVINCIAUX
Synode du Haut- Languedoc.
Au nom de Dieu soit fait. Amen.
Nous, palpeurs & anciens des églifes réformées du Haut-Languedoc, Haute-Guyenne & Comté de Foix, affemblés en fynode provincial % le dix-huitième jour du mois d'août mil fept cent cinquantedeux, après avoir imploré la protection de Dieu & les lumières du St-Efprit, il fut nommé, à la pluralité des fuffrages, M. Corteiz, pafteur defdites églifes, pour modérateur; M. Sicard, pour modérateur-adjoint; & M. de Barmont, auffi pafteur defdites églifes, pour fecrétaire; après quoi, il a été délibéré ce qui fuit :
L'affemblée accorde avec plaifir à M. Pierre Corteiz, pafteur des églifes de cette province, la confirmation de Tatteftation qui lui fut accordée dans le fynode provincial tenu le 14^ janvier 1750; cependant, ce n'eft qu'avec un vif regret, par la crainte où elle eft d'être bientôt privée du miniftère de ce digne pafteur.
I . Lettre des églises réformées de Clairac, etc. . . à M. de Barmont.^ en date du 20 juiji 1^52.
« Les anciens des églises réformées sous la croix de Clairac, Longueville, Lafitte, Marsac, Duras et Fernand, à M. de Barmont, m[inistre] du St-Ev[angile.]
« Monsieur et très-honoré pasteur,
«Nous craignons avec raison que vous ne nous accusiez de négligence, pour avoir tant différé à vous accuser la réception des lettres que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire, à quelques-uns en particulier, et de celle que vous adressez aux fidèles de nos églises, en général ; nous pensons pourtant que vous connaissez suffisamment les sentiments de nos cœurs, pour imputer ce retardement à une juste cause, c'est-à-dire aux occupations inévitables de la saison.
« Recevez donc, s'il vous plaît, M[onsieur], nos très-humbles remercîments pour toutes les marques de bonté et d'affection dont vous nous honorez, et les protestations que nous vous faisons d'une éternelle reconnaissance. Non, nous ne perdrons jamais le souvenir de l'obligation singulière que nous vous avons tous. Nous n'entreprendrons pas de vous décrire l'effet que produit dans tous les cœurs la touchante et pathétique lettre pastorale que vous avez eu la charité de nous adresser, et à toutes nos églises en général : l'expression ne saurait y atteindre. Nous vous dirons seulement que bien peu ont eu assez de fermeté pour en écouter la lecture sans en répandre des larmes en abondance; on a sangloté, on a poussé mille soupirs, et fait autant de vœux pour vous et répétant sans cesse: « Le bon Dieu le conserve, et le bon Dieu nous le ramène ! Puissions-nous pratiquer ce
Confirmation de l'atteftation accordée à M. Pierre Corteiz neveu, pafteur, le 14^ janvier lyôo, jour du fynode provincial.
«Nous, pafteurs & anciens des églifes réformées du Hautce Languedoc, Haute-Guyenne & pays de Foix, etc. , affemblés en fynode « provincial, le 18^ jour du mois d'août mil fept cent cinquante-deux, «requis par M. Pierre Corteiz neveu, pafteur des églifes de cette pro- (( vince,de lui confirmer l'atteftation ci-de(rus,à lui accordée par notre «fynode provincial du 14^ janvier i 760, l'affemblée, édifiée de plus en « plus de la pureté de fa dodrine, de fon zèle infatigable, & de la fain- « teté de fes mœurs, après lui avoir exprimé le vif regret qu'elle a de fe «voir à la veille d'être privée d'un fi digne pafteur, lui accorde fa jufte « demande avec d'autant plus de raifon, que ledit pafteur a été expofé, « & l'eft encore, à la plus violente perfécution & aux périls les plus «éminents de la part des ennemis de la Vérité; car, outre les dangers
qu'il nous prescrit!» Et finalement, ces mêmes paroles sont parties d'un chacun: «Assurez-le bien de mon respect et priez-le, au nom de Dieu, d'avoir la charité de revenir. »
« C'est une chose merveilleuse que l'amendement qu'a opéré dans ces contrées le peu de séjour que vous y avez fait; et nous ne saurions assez déplorer le désordre et l'aveuglement dans lesquels nous avons vécu depuis l'affligeante et déplorable époque de la révocation de l'Edit de Nantes, non-seulement par rapport aux connaissances de l'esprit, mais aussi par rapport aux dispositions du cœur. En général, nous pouvons dire que nous avions oublié l'Etre suprême ; les plus sages d'entre nous n'étaient occupés que de leurs champs, de leurs vignes, ou de leur commerce, lisant à peine, ou du moins à la hâte, quelque chapitre de l'Ecriture sainte, le dimanche matin. Contents de s'abstenir du culte de l'Eglise romaine, ils se croyaient glorieusement distingués et suffisamment autorisés à prendre la qualité de chrétiens réformés, vivant néanmoins dans l'irréligion, et n'ayant, hélas ! la plupart de nous, que trop souvent fléchi les genoux devant l'idole, dans certaines circonstances de notre vie. De plus, y a-t-il quelqu'un des péchés et des vices, qui excluent du royaume des Cieux, qui ne régnât parmi ceux qui se paraient de ce beau nom de Réformé. Tirons le rideau sur cet affreux et trop mortifiant tableau, et fixons nos regards vers la miséricorde et la bonté de notre Créateur, qui peut-être, en considération de ce que son nom était encore réclamé dans ces contrées par quelques personnes vénérables, qui se rappelaient les salutaires instructions qu'elles avaient reçues de la bouche de ses ministres, nous a pardonnés, comme il aurait fait autrefois à Sodome, s'il s'y était trouvé dix justes. Grand Dieu ! si tu avais diff"éré d'avoir compassion, vivant dans l'impiété et incapables que nous étions d'entrer de nous-mêmes dans la carrière du Salut, l'accès au trône de la Grâce nous eût été interdit pour jamais.
«Grâces, Seigneur, te soient donc éternellement rendues, de ce qu'au moment que le souvenir d'avoir ouï prêcher ta sainte Parole dans ces contrées, allait se perdre, tu nous as envoyé l'un de tes serviteurs pour faire reluire ce sacré flambeau au milieu de nous! Fais, ô Dieu! que nous puissions dorénavant nous égayer à sa lumière, et achève, s'il te plaît, ton œuvre; et, après nous avoir par ta grâce donné
SYNODES PROVINCIAUX
« ordinaires annexés au miniftère fous la croix, il a été pendu deux fois «en effigie, comme appert par les jugements rendus par les intendants (( de Montpellier & d'Auch, pourfuivi plufieurs fois par des détache- (( ments de dragons, & recherché par des particuliers malintentionnés, « ce qui le met dans la néceffité indifpenfable de fe réfugier dans un (( pays de Liberté. Sur ces fondements, nous prions Dieu de le combler <( de fes grâces les plus précieufes & de le couvrir de fa protection «partout où la divine Providence le conduira.
« De notre alfemblée fynodale, de laquelle ledit palleur efl modé- «rateur, ce i8^ août 1752. Tous les pafteurs & députés dudit fynode <( fignés. ))
M. Viala, pafteur de ces églifes, ne nous ayant été prêté que pour une année feulement par la province des Hautes-Cévennes, ladite
le moyen d'éclairer nos esprits, veuille aussi, par l'efficace de ton St-Esprit, sanctifier nos cœurs ; donne-nous la force et la volonté de dépouiller, de crucifier notre vieil homme, afin que nous puissions être revêtus du nouveau, créés, selon Dieu, en justice et vraie sainteté !
«Telles sont, M[onsieur] et très-honoré pasteur, les dispositions qui nous animent aujourd'hui; comparez, s'il vous plaît, notre état avec celui où nous étions précédemment, et félicitez-vous d'avoir concouru, avec la grâce du Seigneur, à opérer un si précieux et si glorieux changement. Nous vous prions d'être bien persuadé que nous avons pour vous toute la reconnaissance qu'exige un tel bienfait, et que nous sommes pénétrés en votre faveur du plus vif sentiment d'amour, de respect et de vénération ; puissiez-vous un jour, après avoir glorieusement rempli le but pour lequel Dieu vous a mis en main le ministère de sa parole, être du nombre de ceux qui, pour avoir amené plusieurs enfants à la justice, reluiront comme le soleil au Royaume de leur Père ! Ces sentiments nous sont communs avec tous les membres qui composent le corps de nos églises, et nous leur devons ce témoignage, que la parole divine que vous leur avez prêchée n'a pas été une semence jetée auprès du chemin, puisqu'elle a produit un fruit considérable, qui se manifeste aux yeux de tous; aussi, tous vous désirent avec une ardeur inexprimable, et font sans cesse des vœux pour votre conservation et votre retour; vous êtes continuellement l'objet de notre plus cher souvenir et le sujet de nos conversations les plus délicieuses; on s'y rappelle avec plaisir jusqu'à la moindre parole que vous avez proférée parmi nous.
«Cependant, M[onsieur], quelque considérable que soit le bien que votre présence a produit dans ces contrées, c'est peu de chose, en comparaison de ce qu'il reste à faire; la vigne, que vous avez si heureusement plantée dans un fonds qui ne donnait aucun fruit, promet bien un revenu extraordinaire, moyennant qu'elle soit cultivée, car autrement elle retomberait infailliblement dans son premier état ; mais encore elle peut s'étendre de tous les côtés, et il reste une grande contenance à défricher, si bien que nous pouvons dire en quelque façon que l'ouvrage n'est qu'ébauché, car il se présente un travail immense; certainement la moisson est grande, mais nous n'avons point d'ouvriers. O Dieu ! sois ému de compassion envers nous, et envoie, s'il te plaît, des ouvriers en ta moisson.
province vient de lui écrire pour le prier de fe rendre auprès d'elle, fitôt que le temps de fon congé fera expiré; l'affemblée, très-édifiée du zèle de M. Viala & voyant avec regret qu'on le rappelle, charge M. de Barmont, pafteur defdites églifes, de folliciter cette province de nous l'accorder encore une année, fil ne fe peut au delà; ce à quoi M. Viala a eu la bonté de confentir.
Les arrêtés de nos fynodes concernant les baptêmes & les tapifferies du jour du Corpus ^ ayant été jufqu'à préfent très-mal obfervés, l'affemblée exhorte MM. les pafteurs à y tenir exactement la main, afin qu'ils foient mieux obfervés dans la fuite.
«Personne ne connaît mieux que vous, M[onsieur], la ne'cessité pressante où nous sommes d'avoir un pasteur; nos églises, qui ne font que de naître, ne sauraient subsister si elles en étaient destituées, et tel est notre état et notre façon de penser, que non-seulement nous ne pouvons nous en procurer que par votre moyen, mais que nous croirions nous faire un tort infini, et nous rendre coupables de la plus noire ingratitude, de nous adresser ailleurs ou même d'en recevoir que de votre main, quand bien [même] le cas se présenterait; aussi, nous flattons-nous, fondés sur la tendre affection que vous nous avez marquée, que vous mettrez en usage tous les moyens convenables pour nous procurer ce bonheur.
« Mais, Monsieur, la divine Providence vous ayant suscité pour rétablir l'ordre ecclésiastique dans ces contrées, dont il ne restait aucun vestige depuis près de 67 années, vous y avez formé des églises, qui vous chérissent comme le restaurateur de la vertu et de la piété: c'est votre ouvrage, c'est un bien qui vous appartient plus directement que tout autre de même nature. Ces chères églises vous réclament, vous prient, et vous sollicitent par les compassions de Dieu de vous unir vous-même à elles pour jamais. Nous nous joignons à elles pour vous faire la même prière. Pourriez-vous vous refuser à nos instances?
« Nous sommes trop convaincus aussi de la charité de Messieurs vos respectables collègues, et du zèle qui les anime pour la gloire et pour l'avancement du règne de notre commun Seigneur et Sauveur, pour craindre qu'ils s'y opposent ; et, s'il en est besoin, nous vous prions de leur exposer la nécessité où nous sommes d'avoir un pasteur; mais principalement faites leur savoir que nous les supplions, au nom de Dieu et de la part de nos églises, de vous accorder à nos vœux. Qu'ils daignent considérer que, ce serait donner la mort à ces églises naissantes, de les laisser sans pasteur, et les mortifier vivement que de leur en présenter un autre que celui qu'elles considèrent comme leur restaurateur.
«Enfin, nous vous demandons à Dieu et nous espérons qu'il disposera les esprits pour que vous nous soyez accordé, et qu'aussi il nous donnera la prudence et la sagesse nécessaires pour vous conserver sûrement, connaissant la disposition où nous sommes tous en général et chacun en particulier de perdre mille fois nos vies pour conserver la vôtre.
« Nous avons l'honneur d'être avec un profond respect. Monsieur et trèshonoré pasteur. Vos, etc » — Mss. de Puylaurcns et de Castres.
I. Quelques religionnaircs, lorsque les processions parcouraient les rues, ornaient leurs maisons et tapissaient leurs portes, pour ne pas se faire remarquer et ne point s'exposer aux tracasseries ou aux rigueurs de leurs ennemis habituels.
SYNODES PROVINCIAUX
Sur la propofition de M. Elios que la ceiïion qui lui fut faite, en commun avec M. Forets % du Périgord avec fes dépendances & le Bordelais, il y a plus de deux ans, lui fût confirmée, l'affemblée, ayant mûrement examiné ladite propofition, a trouvé que la ceffion en queftion était tombée en décrépitude par leur long retardement à venir fen mettre en poffeffion, par leur filence vis-à-vis de nous durant tout ce temps-là, & furtout omettant de nous écrire, comme ils devaient le faire, pendant que M. de Barmont défrichait l'Agenais, ce qu'ils n'ignoraient point, au moins l'un d'eux. Cependant, l'affemblée, en confidération de l'eftime qu'elle a conçue pour ledit M. Elios & des bonnes atteftations qu'il nous a exhibées, lui accorde tout ce qu'il avait demandé ci-devant, toutefois l'Agenais excepté, parce, d'un côté, qu'il a été défriché, comme il eft dit ci-deffus, par un pafteur des églifes du Haut-Languedoc, & de l'autre, que les anciens & fidèles du diftrid dudit Agenais ont demandé, par un acle authentique à nous notifié, d'être deffervis par un pafteur dudit Languedoc.
Concernant M. Forets, l'affemblée l'exclut entièrement de la province, par plufieurs bonnes raifons qu'elle n'a pas jugé à propos d'alléguer ici.
Quoique l'affemblée foit très-convaincue du défir fmcère qui anime M. Elios pour la paix & l'union qui doivent régner dans les églifes d'une même province, difpofitions qu'il nous amanifeftées, elle lui cède le diftrid ci-deffus, fous condition qu'il ne pourra f'y tenir des fynodes provinciaux, fans l'aveu d'une affemblée d'égale autorité, du confentement de laquelle feulement il lui fera libre de fe procurer des pafteurs dans le befoin.
Le diftrid: du Haut-Languedoc fera divifé en cinq quartiers : i'' Cadres, Puylaurens & Roquecourbe pour un quartier; 2^ Lacaune, les deux Viane, Lacaze, Berlats & Efpérauffe pour M. de Barmont;
C'est contre cette faiblesse, qu'ils traitaient comme une connivence, que les synodes s'élevaient. Par Corpus il faut entendre la Fête-Dieu. Encore en Italie et dans certaines parties du midi de la France, on désigne la Fête-Dieu sous le nom de fête du Corpus.