‹ Les Synodes du DésertChapitre 2 sur 36 · I. Son nom e'tait Paul Bosc · texte numérisé non relu

I. Son nom e'tait Paul Bosc

3"* Mazamet, St- Amans & Revel pour M. Viala;

4** enfin, Vabre, Caftelnau, Montredon & Réalmont pour M. Pajon qui doit inceffamment venir parmi nous, félon ce qu'il nous a écrit depuis peu : de quoi il ne peut fe difpenfer, vu les promeffes qu'il nous a faites ci-devant, les conditions fous lefquelles notre colloque général du 14!" mars ijbo lui a permis de fe faire confacrer dans le pays étranger, & enfin la néceffité que les églifes de fon quartier ont de fa préfence, lefquelles feront deifervies en commun jufqu'à fon arrivée par MM. Corteiz, de Barmont & Viala; & au cas que led[it] M. Pajon tardât trop à venir fe mettre en pofTeffion de fon quartier, M. Sicard eft prié de lui écrire pour le fommer, en l'autorité du fynode, de remplir fes engagements ; & les arrêtés, qui le concernent à ce fujet, lui feront communiqués dans ladite lettre.

M. Sicard, pafteur de ces églifes, eft prié d'aller deffervir le Montalbanais & l'Agenais, durant l'efpace de fix mois, & M. de Barmont, pafteur auffi de ces églifes, eft auffi prié de deffervir les églifes de la montagne.

Les confiftoires députeront aux colloques, & ceux-ci aux fynodes provinciaux.

Chaque diftrid députera feulement auxdits fynodes un pafteur & deux anciens.

On expédiera inceffamment à M. Elios, pafteur, les lettres & atteftations néceflaires pour f 'introduire dans fon diftricl à fa fatiffadion.

L'affemblée charge M. de Barmont d'écrire à M. Court pour lui envoyer copie de l'article ftatué à l'égard de M. Elios, afin qu'il ait la bonté de le communiquer aux illuftres amis de ce pays-là, & qu'il prenne la peine d'inftruire M. Forets de ce qui le concerne, comme aufti d'exhorter M. Dubeffet à fe contenir dans fes limites, fuppofé qu'il formât des prétentions fur le diftrid affedé à M. Elios.

L'affemblée entend par diftrièl :

i"* le Haut- Languedoc, un ;

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2"* Pays de Foix, deux ;

3° Montalbanais & Agenais, trois;

4" Périgord, fes dépendances & Bordelais, quatre;

5"" le Béarn.

Notre province comprend donc cinq diftricls.

Le fynode prochain fe tiendra dans le quartier de la montagne, parce que c'eft le lieu le plus propre à cet effet.

Ainfi a été conclu & arrêté les an & jour que deffus.

CoRTEiz, pafteur & modérateur; Sicard, pafteur & modérateuradjoint; Grenier de Barmont, pafteur & fecrétaire.

Lettres d'autorité accordées à M. Elios, pasteur.

Nous, pafteurs & anciens des églifes réformées du Haut-Languedoc, Haute-Guyenne, pays de Foix, etc., affemblés en fynode provincial, le i8^ jour du mois d'août 1762, requis par M. Elios, que nous avons reçu au nombre des pafteurs de cette province, de lui expédier des lettres d'autorité & de créance, en vertu defquelles il puifTe aifément & fans oppofition porter fon miniftère dans toute l'étendue du diftrict que nous lui avons cédé, qui comprend le Périgord, le Bordelais & leurs dépendances, toutefois l'Agenais excepté ; l'affemblée, édifiée de fon zèle & pleine d'eftime & d'affection pour lui, ayant vu les attellations honorables dont il eft muni, lui accorde avec plaifir fa demande. [Nous] exhortons tous les fidèles de ces lieux-là de le recevoir en qualité de vrai miniftre de l'Evangile & de l'aider de tout leur pouvoir dans les fondions périlleufes du faint emploi que le Seigneur lui a confié, & comme l'intérêt de leur falut le requiert; nous le recommandons de tout notre cœur à la protection divine, priant Dieu de répandre fur lui & fur fes pénibles travaux fes plus précieufes faveurs.

De notre affemblée fynodale, le 18® août 1752.

Lettre écrite par M. de Barmont au corps ecclésiastique des Hautes-Cévennes, pour le prier de nous accorder encore pour une année M. Viala.

Août 1752.

Meffieurs & très-honorés frères en Jéfus-Chrift Notre-Seigneur.

Notre très-cher [&] honoré frère, Monfieur Viala communiqua à notre fynode provincial, tenu le i8Mu courant, la lettre de rappel que vous lui avez écrite depuis peu de jours, pour l'engager à fe rendre auprès de vous, dans tout le mois d'odobre prochain. L'affemblée, remplie d'eftime & de vénération pour ce digne collègue, édifiée de fa vigilance, de la pureté de fa doctrine & de fon zèle, n'apprit qu'avec beaucoup de mortification les arrêtés de votre dernier fynode, qui tendent à nous priver du fecours de ce cher frère. Après avoir donné cours à fes juftes regrets, fondés fur la crainte de voir partir bientôt M. Viala, la compagnie en général, & chaque membre en particulier, le prefla, le follicita d'une manière touchante de fe joindre à nous pour vous fupplier de nous l'accorder encore pour quelque temps, ce qu'elle obtint; en conféquence fut conclu & arrêté à ce fujet l'article fuivant : «M. Viala, pafteur de ces églifes, ne «nous ayant été prêté par la province des Hautes-Cévennes que pour «une année feulement, ladite province vient de lui écrire pour le «prier de fe rendre au milieu d'elle, fitôt que le temps de fon congé «fera expiré; l'affemblée, très-édifiée du zèle dudit M. Viala & voyant «avec regret qu'on le rappelle, charge M. de Barmont, pafteur, de «folliciter ladite province de nous l'accorder encore au moins une «année, ce à quoi M. Viala a eu la bonté de confentir, fi les églifes «qui le réclament n'y oppofent rien.)) C'eft donc, Meffieurs & trèshonorés frères, au nom de notre alTemblée fynodale, m'en ayant chargé, que je viens vous prier, vous fupplier inftamment de vous rendre à nos prières, d'approuver que M. Viala, que nous chériffons de toute notre affeélion, refte encore quelque année dans ce climat, dans une églife qui ne verra jamais le départ de fon pafteur qu'avec la plus vive douleur. Vous le favez, Meffieurs & très-honorés frères, la chofe eft trop importante pour ne pas en conferver un fouvenir éternel, de tout temps votre province f'eft occupée avec plaifir à tendre aux églifes de la nôtre une main fecourable; c'eft à vous qu'elles font

SYNODES PROVINCIAUX. ig

redevables du long & heureux miniftère de notre ancien collègue, M. Viala; c'eft par une fuite de votre charité & de vos compaffions envers nos troupeaux qu'ils jouiffent déjà depuis nombre d'années de l'heureux fruit des travaux glorieux & infatigables de notre cher frère M. Gorteiz; & c'eft auffi à la même caufe qu'on doit attribuer les progrès confîdérables qui ont accompagné & accompagnent encore tous les jours le miniftère de notre digne frère, M. Viala. Prenez part à notre douleur, je vous en conjure, Meflîeurs & très-honorés frères. Notre corps eccléfiaftique, qui gémit encore au fouvenir du départ de MM. Viala, Olivier & Dunière, eft à la veille de foupirer à la vue du refuge de M. Gorteiz. Il va partir, c'en eft fait ; fa réfolution eft prife, les ades font expédiés : il n'attend qu'une commodité pour exécuter fon deffein ; privés de fon fecours, M. Pajon n'étant pas encore arrivé, fi vous nous refuftez la grâce que nous prenons la liberté de vous demander, nous refterions chargés, M. Dejean & moi, de tout le Haut-Languedoc, du pays de Foix, du Montalbanais & de l'Agenais; fuflîons-nous fix pafteurs, nous ne ferions pas fuffifants pour deffervir un fi vafte pays, dont le travail eft immenfe & l'éloignement d'un cercle à l'autre très-conftdérable ^ L'Agenais, que j'ai défriché, au moins en partie, en mars & avril dernier, nous preffe & nous follicite de lui accorder un pafteur, dont la préfence y ferait très-néceffaire. Le troupeau de M. Viala le conjure, au nom de Dieu, d'avoir compaffion de lui & de ne pas lui déchirer les entrailles en l'abandonnant, fil eft poffible de l'éviter.

Voilà notre état, Meffieurs & très-honorés frères, digne de vos foins charitables & de vos compaflîons. Les chères églifes, en faveur & au nom defquelles j'implore votre affiftance, me chargent de vous dire qu'étant en grande partie votre ouvrage, elles fe croyent autorifées, par les bienfaits dont vous les avez fouvent comblées, à dépofer dans votre fein leurs chagrins & leurs peines. Pourriez-vous, Meffieurs & très-honorés frères, refufer de vous rendre aux inftances d'une églife qui, en vous intéreffant de fi près, fe trouve dans une néceffité qui eft à fon comble, & à celles d'un corps qui, ayant l'honneur de vous être uni par les liens d'une même foi & d'une même efpérance, a auffi

I. «Je suis seul, écrivait de Barmont, parlant de l'Agenais, dans des climats où il y aurait de quoi occuper un grand nombre de chefs. Le Montalbanais est aussi sur mes bras. Quelle étendue de pays n'aurais-je pas défriché, si j'avais eu de quoi nourrir le pays conquis ! »

celui d'être pénétré de la plus vive reconnaiffance au fouvenir de toutes vos bontés ? Tout me perfuade que vous écouterez favorablement notre requête, & qu'en nous accordant, au moins pour une année, notre cher frère, M. Viala, vous allez nous fournir un nouveau & jufte fujet d'une éternelle gratitude.

Nous nous étions propofés de vous faire cette demande avant la tenue de votre f3^node; flattés qu'il ne f alTemblerait pas encore de quelques mois, nous efpérions d'y être à temps; jugez de notre furprife, en apprenant que vous rappeliez ce cher frère, en l'autorité de cette affemblée. Quelque refpedables qu'en foient les arrêtés , nous ofons nous promettre que vous aurez la bonté d'agir en forte qu'ils ne foient pas un obftacle au fuccès de nos prières. Je prie Dieu qu'il répande fes plus précieufes bénédidions fur vos perfonnes, & fur vos pénibles, mais glorieux travaux.

J'ai l'honneur d'être, avec les fentiments d'une eftime parfaite & d'un dévouement fmcère, Meffieurs & très-honorés frères en Jéfus- Chrift Notre-Seigneur, etc.

Synodes provinciaux de 1753

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

Aâes du Jynode du Bas-Languedoc, tenu le vingt -feptième feptembre mil fept cent cinquante-trois.

E fynode, aiïemblé au nombre de huitpafteurs, dix propofants & trente-fept anciens, députés des églifes, après avoir invoqué le fecours de Dieu & élu les modérateurs & les % fecrétaires fignés à la fin, a délibéré ce qui fuit:

On célébrera un jeûne folennel le huitième novembre prochain; &, fi ce jour était un jour de réjouilfance publique ordonné par Sa Majeflié, on tranfportera le jeûne à la huitaine fuivante'.

Il a été décidé, à la pluralité des fiiffrages, de recevoir Meflieurs Mathieu, Teiflier, Pierre Saufiine, François Sauflîne, Allègre, Lafon, Vincent, Guizot & Puget, propofants, au St-Minifi;ère, fils en font jugés capables par les examinateurs qu'on leur nommera.

A la pluralité des fuffrages, MM. Rabaut, Pradel, Defferre, Gibert & Redonnel ont été nommés pour examiner les candidats fufnommés.

I. La persécution s'était momentanément arrêtée. « Il y a quelques mois, écrivait Rabaut, que nous jouissons d'un très-grand calme dans toute la province du Languedoc. Nous prêchons, nous baptisons, nous marions sans aucun empêchement ; aussi nos assemblées sont-elles fort nombreuses. » — Collection E. Lloyd.

Il a été arrêté, à la pluralité des fuffrages, qu'à l'avenir le plus ancien des pafteurs de la province, qui n'aura jamais ordonné, impofera les mains aux candidats qu'on recevra au St-Miniftère.

Le fieur Jean Bétrine, ci-devant miniftre de cette province, ayant fupplié l'affemblée qu'il lui plût [de] le réhabiliter dans le St-Miniftère % le fynode, confidérant la grandeur, la vivacité & la longueur de fa pénitence, lui a accordé fa demande, non pour cette province, par refpe6t pour la difcipline qui le défend, mais pour celle qui le demandera. Et pour accélérer cette affaire, elle a chargé les cinq examinateurs qui viennent d'être nommés de le réordonner, dès qu'on lui adreffera fa vocation.

Sur le vieux différend qu'il y a entre les églifes de Luffan & du Bouquet au fujet de Vendras, la compagnie, juftement choquée de ce qu'il dure encore, donne pouvoir au colloque d'où elles dépendent d'en juger définitivement & de procéder jufques à la fufpenfion de la Ste-Cène contre ceux qui refuferontde fe foumettre à fon jugement.

Sur la propofition qui a été faite d'adoucir l'article d'un de nos fynodes qui fufpend de la Ste-Cène pour deux années ceux qui font rebaptifer leurs enfants dans l'Eglife romaine, l'affemblée, en retenant ledit article & en recommandant l'obfervation, laiffe à la prudence des confiftoires d'avoir égard à ceux qui donnent des marques non équivoques de repentance, comme à ceux qui auront été violentés, & d'abréger le temps de leur pénitence, fils le jugent expédient; mais elle entend qu'aucun ne foit difpenfé de faire réparation publique.

La compagnie, confidérant la grande profanation qui fe fait du jour du dimanche, a ordonné de faire lire dans les alfemblées religieufes le règlement fait au fynode national tenu à Loudun en 1659 2.

1. Bétrine avait été déposé au mois d'août 1747, ayant été accusé et convaincu d'avoir eu des relations avec une veuve. Il avait demandé lui-même sa déposition. « Une étoile est tombée du ciel de l'Eglise,» disait de lui Paul Rabaut.

2. «Cette même province (Bourgogne) remontra à l'assemblée qu'on était « très-peu soigneux, en plusieurs endroits de leur province, de sanctifier le saint

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L'aflemblée, ayant pris en confidération les bruits qui ont couru fur le compte du fieur Cofte ' & la condamnation qu'a prononcée contre lui le préfidial de Nîmes, a demandé au député de l'églife de Ners pourquoi cette églife n'avait pas fait des informations à ce fujet; & le député ayant répondu qu'elle en avait été empêchée par les troubles

«jour du dimanche, et que beaucoup de personnes s'occupaient, ce jour-là, «d'affaires temporelles, de jeux et de passe-temps, négligeant les exercices de la « piété, et ne tenant compte des ordonnances, et se laissant aller aux mauvais « exemples et à la dissolution. Sur quoi, cette assemblée étant touchée d'une douleur «très-vive de ce qu'on profanait un si saint jour, par où Ton provoquait la terrible «vengeance de Dieu sur les fils des hommes, elle exhorte tous les fidèles d'em- « ployer le jour de repos à l'accomplissement des saints devoirs de la piété et aux « sacrées fins pour lesquelles il avait été institué, en s'appliquant à tous les exercices « publics et particuliers de la Religion, surtout en lisant, entendant et méditant la « sacrée Parole de Dieu, et en priant; et à s'abstenir non-seulement de leurs travaux « ordinaires, mais aussi à ne point fréquenter de compagnie, à n'assister à aucune «assemblée, et à ne prendre pas de divertissements qui pussent distraire leurs « coeurs et leurs affections du culte de Dieu et de la dévotion que nous devons « surtout avoir pour le jour du Sabbat que Jésus-Christ lui-même a institué. Et il « fut enjoint à tous nos synodes provinciaux de faire tels canons sur ce sujet qu'ils « jugeraient les plus nécessaires et les plus convenables ; et on commanda à tous «les membres particuliers de nos églises de les observer consciencieusement et « religieusement. »

— Synode de Loudun^ chap. X, art. 4.

I. Au moment où les esprits étaient le plus excités par la rebaptisation des enfants et par la persécution qui durait depuis lySi, le samedi 11 août 1752, le pasteur Barthélémy Coste, accompagné de Defferre, rencontra sur sa route le prieur de Ners (Gard). Le prieur le menaça-t-il? Y eut-il provocation ou non? Un coup de fusil retentit et le prieur tomba de cheval, mortellement blessé. (2oste se cacha, et fut condamné, par contumace, à mort, le mois suivant, par le présidial de Nîmes. Un an après, il devint fou. Ses collègues, dès le début de cette triste affaire, l'avaient vivement engagé à s'expatrier. Il avait refusé. De là, de vives discussions. C'est à ce sujet que Paul Rabaut écrivait le i^i- octobre lySS. «Nous avons enfin tenu notre syn[ode] provincial le 27e du mois que nous finîmes hier. Tout s'y est passé fort tranquillement et avec assez de modération, grâce au Seigneur. Il paraît que les esprits s'adoucissent un peu et que le cas fâcheux où se trouve M. C[oste] a fait quelque impression. Nous passâmes un article au sujet de ce dernier, dont je vous rapportai la substance dans ma dernière lettre. Il n'y eut pas moyen de tirer meilleur parti de cette effaire, et il a fallu se contenter de ce peu pour conserver l'unité de l'esprit par le bien de la paix. » Finalement, Coste s'embarqua à Cette, le 24 décembre 1753, et fit voile pour la Hollande, et de là pour Londres. «Vous aurez sans doute reçu ma dernière lettre, écrivait encore Rabaut, dans laquelle je vous apprenais que M. Coste avait enfin mis à la voile, et je vous priais en même temps d'en donner avis à nos amis de Londres, afin qu'ils eussent la bonté de prendre soin de lui.» — Mss. Court, n« i, t. XXVI, p. 578 et XXVII, p. 35.

qui étaient alors dans le pays & par l'arrivée des troupes qui furvinrent tout de fuite, la compagnie lui a enjoint de faire les diligences à cet égard le plus tôt poffible.

La compagnie enjoint aux pafleurs & anciens de faire tous leurs efforts pour empêcher les fidèles de leurs troupeaux d'aller communier hors de leurs églifes, & de ne recevoir à la Ste-Cène aucune perfonne [qui ne foit] des lieux où le St-Miniftère efl exercé, à moins qu'ils ne foient pourvus d'un certificat de leurs pafleurs, ou, en leur abfence, de leurs anciens.

Le fynode, déplorant l'illufion de ceux qui ne fe rendent aux affemblées que les jours de communion, ordonne aux confifloires de les cenfurer & de les exclure de la Ste-Cène, fils ne défèrent à leurs exhortations.

Les fidèles ne pourront faire bénir leurs mariages par d'autres pafleurs que ceux de leurs églifes, à moins qu'ils n'ayent une permiffion d'eux, ou, en leur abfence, des anciens ^

La compagnie enjoint aux confifloires de faire obferver exaélement Tart. 9 du fynode de 1760 & le 3^ de celui de 1751, touchant ceux qui tendent les rues où paffe la procefïion, le jour appelé Fête- Dieu, fous peine des plus vives cenfures.

Sur ce que le fieur Fayet, miniflre, a dit lui être dû en arrérages par certaines églifes, la compagnie enjoint au colloque d'où elles reffortent d'en prendre connaiffance, tant pour les leur faire avouer

I. Le synode de Paris de i565 avait arrêté que «ceux qui viendront d'une « église en une autre, pour y être mariés, ne seront pas reçus, sans attestation « suffisante de l'église d'où ils partent, et les annonces se feront aux lieux où ils « seront résidents et connus. » Cette grave question de l'Etat-civil prime tout au i8« siècle. Les synodes ne cessent d'y revenir. Il leur fallait défendre les religionnaires contre leur désir bien naturel d'avoir un état civil régulier, — état civil qu'ils achetaient au prix d'une abjuration feinte, — et défendre en même temps les pasteurs, qui tenaient malgré les Edits un registre des mariages bénis par eux, contre les supercheries et les surprises de religionnaires peu scrupuleux.

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que pour en favoir les raifons, les leur faire acquitter fil eft poflible, ou bien en prendre des mémoires exads pour en informer le prochain fynode.

La compagnie exhorte & preffe fortement le fieur Rivière, propofant, de fe rendre auprès des malades qui l'appellent, pour les exhorter & les vifiter.

La compagnie, juftement indignée, en apprenant qu'il y a des fidèles qui infultent les anciens, lorfqu'ils vont collecter pour la taxe du miniftère, enjoint aux confiftoires de réprimer ceux qui font tombés ou tombent dans ce cas.

Les députés des églifes de Sommières & de Sauffines ayant fait part à l'afTemblée du différend qui efl furvenu entre elles, & la compagnie, pour le terminer, ayant propofé que celle de Sommières eût de cinq affemblées trois, les deux députés, par refped pour le fynode & par déférence pour fes confeils, ont acquiefcé au nom de leurs églifes.

Le fynode a confirmé la réfolution qui fut prife par les églifes de Montpellier & de Mauguio, favoir, que quand elles formeraient une feule afiemblée du côté de cette dernière, la collede qui fe ferait pour les pauvres fe partagerait en portions égales jufqu'à huit livres, mais lorfqu'elle excéderait cette fomme, l'églife de Mauguio n'aurait que quatre livres & celle de Montpellier le furplus; elle exhorte ces deux églifes à n'avoir plus de conteflation à ce fujet.

La vénérable affemblée, fêtant aperçue de l'abfence du député de l'églife de Ribaute, enjoint au colloque dont elle dépend de f informer des raifons de cette abfence, &, fil ne les juge pas fuffifantes, de lui adrelTer une cenfure.

Redonnel, pafteur & fecrétaire.

Synode des Hautes-Cévennes.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Le fynode des Hautes-Cévennes, étant affemblé le dix-feptième août mil fept cent cinquante-trois au nombre de huit pafteurs, quatre propofants & vingt-huit anciens, députés , après avoir imploré le fecours du Ciel, & nommé MM. Henry Cavalier, modérateur, & Jacques Gabriac, modérateur-adjoint, Jean Antoine Rieuffet, fecrétaire, & Louis Figuière, propofant, fecrétaire-adjoint, il a été conclu & délibéré les articles fuivants :

Qu'on célébrera un jeûne folennel dans toutes les églifes de cette province, le 21*^ odobre prochain.

M. Lafon, pafteur des églifes de Provence, ayant été chargé par une lettre de nos chers confeffeurs, qui font actuellement dans les galères de Toulon, de demander quelques fervices aux églifes de cette province pour fubvenir à leurs befoins, le fynode a chargé MM. les pafteurs, avec les confiftoires, chacun dans fon diftrid, d'exhorter les fidèles à les aflifter félon leurs moyens, & de faire parvenir l'argent qui fe lèvera entre les mains du pafteur de l'églife de Nîmes, duquel on exigera un reçu.

On enjoint à tous les pafteurs & à tous les confiftoires de cette province que les fidèles fe tiennent dans les affemblées religieufes d'une manière décente, conformément aux art. i & 2 du chap. x de notre difcipline articles qui portent, l'un de fléchir les genoux

I. «On corrigera l'irrévérence qui s'aperçoit en plusieurs, lorsqu'ils sont pré- « sents aux prières publiques ou domestiques, de ne se découvrir point la tête et « de ne fléchir pas les genoux : chose qui répugne à la piété, qui donne soupçon « d'orgueil, et qui peut scandaliser les bons. C'est pourquoi les pasteurs seront « avertis, comme aussi les anciens et les chefs de famille, de veiller soigneusement «à ce que, durant lesdites prières, chacun, sans exception ou acception de

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lorfqu'on fadrefle à Dieu par la prière, & l'autre qu'on aura la tête découverte lorfqu'on chantera les louanges du Seigneur; à quoi l'on ajoute qu'on fe tiendra debout.

Les fidèles qui mangeront, qui boiront, ou qui auront des commerces familiers, fous quelque prétexte que ce foit, avec les perfonnes excommuniées feront cenfurées vivement; Si fils perfiftent, ils feront fufpendus jufqu'à ce qu'ils auront difcontinué.

On avertira les fidèles de ne rendre à ceux qui dorénavant viendront à faire bénir leurs mariages ou baptifer leurs enfants par les prêtres de l'Eglife romaine aucune des vifites ufitées en pareil cas; & fi, après en avoir été avertis, ils tombent dans cette faute, ils feront fufpendus de la communion.

Lorfque ceux qui auront été fufpendus de la communion voudront y être admis, ils feront obligés d'en avertir leur pafi:eur & leur confifi:oire, & f'en tenir à leur décifion.

Le temps de la fufpenfion de ceux qu'on aura retranchés de la Ste-Cène ne fera compté que du moment même que leur fufpenfion aura été prononcée.

A l'égard des plaintes portées contre M. du Cambon, pafteur, par Jean Couvet, héritier de feu M. Couvet, ancien prédicateur % l'on

«personnes, donne par ces marques extérieures témoignage de l'humilité de son « cœur et de l'hommage qu'il fait à Dieu : si ce n'est que quelqu'un soit empêché « de le faire par maladie ou autrement, dont le jugement sera laissé au témoignage « de sa propre conscience. »

— «Les assemblées des fidèles étant aussi ordonnées pour chanter les «louanges de Dieu, et pour se consoler et se fortifier par l'usage des psaumes, « tous seront avertis d'en porter dans les assemblées ; et ceux qui, par mépris, «négligeront d'en avoir, seront censurés, comme aussi ceux qui ne se découvrent « tandis qu'on chante, tant au commencement qu'à la fin de l'action, et même «durant la célébration des sacrements.»

— Discipline ecclésiastique des églises réformées de France. Chap. X, art. i et 2. I. Jean Couvet était l'un des sept prédicants qui assistèrent au premier synode

qu'avait convoqué Antoine Court, le 21 août 171 5.

a trouvé à propos de nommer deux miniftres pour examiner ces plaintes; & ces deux miniftres feront ceux qui defferviront les diftriéls de Saumane ' & de Moiffac. Ils appelleront les fufdits MM. du Cambon & Couvet devant le confiftoire qu'ils jugeront à propos.

On permet à M. Dugas de fe faire recevoir dans le pays étranger, pourvu que ce foit dans le courant de cette année ; mais au cas qu'il ne peut pas, on lui enjoint de revenir le plus tôt poffible.

On écrira à M. Viala, pafteur dans la Guyenne, afin qu'il ait à fe rendre parmi nous pour y exercer fon miniftère.

On laiffera libre M. Gibert, pafteur, ou pour revenir dans notre province, ou pour refter encore cette année dans les églifes du Poitou ^ ; & on lui écrira en conféquence.

Sur la propofition qui a été portée ft on devait laifTer communier les perfonnes qui fréquentent les catholiques romains dans les vues de contracter mariage avec eux, on a répondu que non.

On accorde à M. Teiffier, pafteur, un congé pour une année, fous la condition qu'il deffervira le diftrid défigné à M. Viala, pafteur, jufqu'à ce qu'il fera de retour.

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