XL VII
Conformément à l'art. i3 du dernier fynode provincial des Baffes- Cévennes, les deniers du miniftère qui fe collederont dans les églifes du Rouergue ferviront à défrayer l'églife de St-Jean-de-Gardonnenque
i5. — Messieurs les anciens exhorteront incessamment tous les membres de leurs districts à se conformer aux art. i3 et 14, contenus ci-dessus, dont il leur sera fait lecture, afin qu'ils n'en ignorent ; de plus, on les prémunira contre les calomnies que certains ennemis de l'union et de la paix répandent ici contre quelques anciens, et surtout contre le pasteur, ennemis qu'on tâchera de découvrir pour les traiter comme ils le méritent, et pour s'en garder.
Copie de la lettre écrite par M. le pasteur de Barmont au synode national dernier, en date du 18 avril iy56.
«Messieurs, mes très-honorés et très-respectables frères en J.-C.
« Il y a environ une année que je suis exactement informé, soit par l'attention de M. Paul et par celle de quelques amis de Nîmes, de tout ce qui se passe d'intéressant sur l'affaire importante et délicate qui vous assemble. Les pièces que j'ai en main, en me faisant connaître les différents ressorts de cette fameuse négociation, ses commencements et ses progrès, ne me laissent pas ignorer le nom, le crédit, le zèle de l'illustre protecteur. Je combats depuis trop longtemps par mes soupirs et mes prières en faveur de la paix de Sion désolée pour n'avoir pas appris avec plus de plaisir que de reconnaissance, s'il est possible, des nouvelles si consolantes. Heureux, si le Seigneur, touché de nos maux et de nos misères, était déjà descendu pour nous délivrer ! Ma joie serait beaucoup plus parfaite, si ce grand objet de nos désirs communs était moins éloigné.
«C'est pour le rapprocher, Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères, que vous cédez avec tant d'empressement à l'invitation de l'illustre rapporteur, en convoquant, sous la protection de Dieu, votre auguste tribunal. C'est son intention, c'est la vôtre. Cette union de volonté en démontre autant l'utilité que l'importance des matières qui y seront discutées et mises en délibération. Vous avez prévu, vous avez décidé que dans le cas présent on ne pouvait travailler efficacement au plus grand bien de toutes les églises protestantes du royaume, accélérer le succès de nos espérances, qu'en établissant entre ces églises le plus parfait concert et des correspondances mutuelles. Votre respectable tribunal, qui fut de tout temps le centre de l'union et de la paix, le défenseur souverain de la foi, et l'appui de la vérité, peut seul les unir par les liens les plus étroits, et poser les fondements solides d'un concert, d'une correspondance si utile et si nécessaire.
« Si je sentais moins mes obligations, ma dépendance et le prix de l'honneur que vous me faites. Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères, en m'invitant à votre auguste assemblée, je serais moins pénétré de douleur en me voyant hors d'état de m'y rendre et de déférer à vos ordres.
« Quoique je sois incapable de vous être d'aucun secours et de contribuer au bien de la cause commune autrement que par mes vœux, ne gémirai-je pas dans le fond de mon cœur d'être retenu ici malgré moi ? Que de motifs m'engagent à déplorer ma situation présente ! L'ambition de serrer les nœuds de la confédération, l'honneur de vous connaître personnellement, le désir de vous donner par ma présence une preuve de ma soumission, le bonheur de profiter de vos sages avis, celui de vous convaincre de vive voix de mon zèle à les mettre en exécution
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des avances qu'elle a faites pour la province des Baffes-Cévennes; & au cas que ces deniers ne puffent être colleclés, ce fera à ladite province à faire le rembourfement.
et de concourir avec vous, sous les auspices de vos directions, à la paix de l'héritage du Seigneur, sont autant d'avantages dont la privation me remplit d'amertume.
«Je proteste ici sincèrement devant Dieu et devant vous. Messieurs mes trèshonorés et très-respectables frères, que mon absence est absolument involontaire, et que nombre de raisons la rendent ne'cessaire contre mon inclination. Dieu, dont la sagesse dispense les biens et les maux, me visite dans ses compassions d'une manière particulière, depuis environ le lo du mois dernier, par une vive douleur dans les reins et dans le bas-ventre, qui, provenant sans doute d'un excès de travail et de ple'nitude, me donne une langueur d'estomac, un mal de tête, un dégoût et une faiblesse extrêmes. Le désordre de ma lettre, que je puis à peine dicter à un ami de confiance, vous en convaincra assez. J'ai usé et use encore à présent des remèdes; mon chirurgien m'assure que je ne puis entreprendre aucun voyage qu'aux risques de périr en chemin. Je n'allègue pas ces raisons. Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères , quelque fortes qu'elles soient, comme une excuse légitime. Résolu de m'exposer à tout, elles auraient fait peu d'impression sur moi, et ne m'auraient pas empêché de partir si j'avais eu de député, ou seulement un guide. J'atteste à votre auguste assemblée synodale la vérité de tout ce que la lettre des anciens d'ici contient à ce sujet.
«C'est beaucoup moins sur le triste état de ma santé et sur le défaut de député ou de guide que sur votre charité, que je me fonde en implorant ce support et la clémence de votre respectable assemblée. Daignez entrer dans mon état, je vous en supplie. Messieurs mes très-honorés frères, et me faire ressentir les tendres effets de cette bonté et de cette douceur vraiment chrétienne qui ont de tout temps dicté à nos pères les décrets de leurs tribunaux, ceux des vôtres, et qui formeront à jamais l'aimable caractère des ambassadeurs du fils de Dieu, tels que vous. Mes maux et mon affliction seraient à leur comble, si j'avais le malheur de m'attirer votre disgrâce et de perdre, ou en tout ou en partie, l'honneur de votre protection que je réclame avec les sentiments d'un respect profond.
« Ces sentiments, l'espérance que j'ai que le St-Esprit présidera à votre auguste assemblée, les lumières, la sagesse, la prudence des vénérables membres qui la composent et mon devoir sont, Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères, des garants assurés de ma soumission parfaite, et pour le présent et pour l'avenir, aux actes et décrets qui émaneront de votre respectable tribunal. En m'y conformant, lorsqu'ils me seront connus, ce que je désire ardemment, je ne ferai que réduire en actes les dispositions soumises qui m'animent, dans lesquelles je persévérerai tout le temps que Dieu me fera la grâce de dépendre de votre auguste assemblée et par conséquent de m'employer au service des églises persécutées ou libres de ce royaume.
«J'apprends, Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères, que le corps des anciens d'ici, qui a voulu se faire l'honneur de vous écrire, a celui de vous informer de l'état présent des églises de ce climat, et de l'établissement du comité. Daignez donc, je vous en supplie, me dispenser d'y rien ajouter, si ce n'est que je consens de bon cœur à rester dans le sein de ces églises naissantes, si vous daignez leur accorder la confirmation qu'il a l'honneur de vous demander et qu'il me fait la grâce de désirer. Le comité d'ici entre avec un vif empressement dans tout ce qui a pour objet le succès de la grande affaire; celui que j'ai dressé à
La province des Baffes-Cévennes eft chargée de la convocation du prochain fynode national, comme auffi d'indiquer le jeûne général, fi les circonftances le demandent, & qu'elle en foit requife par les provinces.
Ainfî conclu Se arrêté ce jourd'hui dixième mai mil fept cent cinquante-fix.
Pierre Peirot, pafteur & modérateur.
Paul Rabaut, paft. & modérateur-adjoint.
Jean Pradel, pafteur & fecrétaire.
Jean Roux, pafteur & fecrétaire-adjoint.
quelque distance d'ici est aussi animé des mêmes sentiments: ils sont l'un et l'autre très-disposés et très en état de concourir à une heureuse réussite.
« Je supplie très-humblement votre auguste assemblée synodale de me permettre de terminer ici mes réflexions. Mon état, puisque le Seigneur le veut, ne me permet pas de continuer, quoique j'eusse résolu de déposer dans votre sein charitable nombre de plaintes que je crois très-justes, et de supplier votre r[espectable] ass[emblée] d'avoir la bonté d'en connaître, quoique occupée de plus grands objets.
«Les églises du Haut-Languedoc, celles du Montalb[anais] et Agenais,dont les pasteurs et quelques anciens me condamnent sans m'entendre, sans égard pour mes lettres, et sont tantôt mes accusateurs et tantôt mes juges, ne m'accuseront pas, je pense, d'avoir mangé le leur; les premiers me doivent les honoraires de six mois depuis 1752; les seconds, ceux d'autant depuis mars 1752; et celle de l'Agenais une partie de ceux de 1754. Malgré mes besoins et mes plaintes réitérées, soit auprès des pasteurs, soit auprès des anciens, soit enfin en colloque, je n'ai pu jusqu'ici en être payé. Je ne vous dissimulerai pas. Messieurs mes très-honorés et très-r[espectables] frères, que je vois arriver à grands pas ce triste temps, dans lequel je serai forcé, à mon grand regret, de quitter pour le bien de la paix les églises persécutées, pour l'amour desquelles j'ai souvent refusé, à votre exemple, les avantages qu'on m'offre dans l'étranger. En priant ardemment l'Etre suprême de vous conserver très-précieusement et de présider dans toutes vos délibérations, daignez m'accorder, au nom de Dieu, le secours tout puissant de vos saintes prières. Plein de vénération pour vos dignes personnes et d'un respect profond pour votre auguste assemblée, j'ai l'honneur d'être avec les sentiments de la plus parfaite soumission, Messieurs mes très-honorés et très-respectables frères, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
«Grenier de Barmont.»
— Mss. de Bordeaux.
SYNODE NATIONAL
Rôle des ministres, proposants et étudiants de France dressé par ordre du synode national de lySô.
Hautes-Cévennes.
Pajîeurs. — MM. Jean Roux, Jean Pierre Gabriac, Henry Cavalier, Jacques Gabriac, Jean Méjanelle [du Cambon], Jean Martin. Propojants. — MM. Jean Rouvière, Jean Pic, Louis Vallat. Etudiants. — MM. Bourbon, Pierredon.
Saintonge.
Pajîeurs. — MM. Jean Louis Gibert, Pierre Dugas. Propojants. — MM. Louis Figuières, Etienne Gibert. Etudiant. — M. Taluchaud.
Vivarais.
Pajîeurs. — MM. Pierre Peirot, Jean Blachon, François Cofte, Alexandre Vernet.
Propojant. — M. Jean Maurin.
Etudiant. — M. Pierre Fauriel.
Bas-Languedoc.
Pajîeurs. — MM. Paul Rabaut, Simon Gibert, Jean Pradel, Pierre Redonnel, Louis Fayet, Pierre Encontre, Henry Baftide, Pierre Sauffine, François Sauffine, Jean Guizot. Pierre Allègre, Jean Pierre Lafon, Paul Vincent, Jacques Mathieu.
Propojants. — MM. Teiffier, Puget, Thérond, Pierre Paris.
Haut-Languedoc.
Pajîeurs. — MM. Jean Sicard, Grenier de Barmont, Jacques Sol, François Viala, Paul Lafon.
Propojants. — MM. DuvaK Rochette. Armand,
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Provence.
Pajîeiirs. — MM. Jean Bétrine, Rolland.
Propqfant. — M. Jofeph Picard.
Dauphiné.
Pajîeiirs. — MM. Pierre Rozan, François Defcourt, Alex. Ranc. Propofants. — MM. Marcel, Béranger.
Pajîeiirs. — MM. Jacques Boyer, Gral, Jean Gai, Paul Dalgue, Paul Marazel, Jean Journet, David Veffon, Marc Portai, Ducros. Propofaîît. — M. Gai.
Pafteurs. — MM. Jean Godefroy, Louis Campredon.
Mémoire du nombre des étudiants que les provinces ont envoyé au séminaire depuis 1748 jusqu'en lySô, et du temps qu'ils y ont resté.
MM. Gibert, i an.
Durantis, 2 ans, i mois.
Dugas, 5 ans.
Pic, 2 ans, 7 mois, 8 jours.
Vallat, 2 ans, 7 mois, 8 jours.
Basses-Cévennes.
Poitou.
Pajîeur. — M. Moynier.
Normandie.
Hautes-Cévennes.
SYNODE NATIONAL
Basses-Cévennes.
MM. Rampon, i an.
Ducros, I an.
Journet, i an.
Teiffier, i an.
Julien, I an.
Campredon, 3 ans.
Chabran, 3 ans.
Soulier, 2 ans. Gai, 2 ans, 7 mois, 8 jours.
Noguier, 2 ans, 7 mois, 8 jours.
Haut-Languedoc.
MM. de Barmont, 2 ans.
Pajon, 3 ans, 10 mois.
Delille, 3 ans.
Armand, 2 ans, 9 mois.
Duval, I an, 9 mois.
Vivarais.
M. Maurin, 4 ans, 5 mois, 8 jours.
Dauphiné.
MM. Olivier, 3 ans, i mois.
Béranger, 2 ans, 5 mois.
Bas-Languedoc.
MM. Puget, I an.
Paris, 3 ans, i mois, 8 jours.
Picard, 3 ans, i mois, 8 jours.
Saintonge.
M. Etienne Gibert, 10 mois.
io8 LES SYNODES DU DÉSERT.
Poitou.
MM. Moynier, i an.
Defchamps
Normandie.
M. Merlin, qui avait été prêté à ladite province 7 ans, demeura au féminaire, 2 ans, 6 mois.
Synodes provinciaux de 1757.
Synode du Bas- Languedoc.
Au nom de Dieu. Amen.
E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défertfous la pro tection divine depuis le dix-huitième mai mil fept cent cinquante-fept jufqu'aujourd'hui vingtième du même mois, lauquel ont affiflé feize pafteurs de la province, deux des Hautes-Cévennes, deux des Baffes & quarante & un députés des églifes, après avoir imploré les lumières du St-Efprit & élu, à la pluralité des fuffrages: pour modérateur M. Paul Rabaut, pafteur; pour modérateur-adjoint, M. Jean Pradel, pafteur; pour fecrétaire, M. Pierre Encontre, pafteur, & pour fecrétaire-adjoint, M. Pierre Redonnel, pafteur, a délibéré ce qui fuit :
Vu les circonftances préfentes, toute l'affemblée, animée d'un même efprit, a cru devoir protefter, & protefte en effet qu'elle veut perfévérer toujours dans les fentiments de foumiffion, de zèle & de fidélité dus à Sa Majefté % fuivant la parole de Dieu.
Pour donner à nos refpeclables fupérieurs des preuves du défir que nous avons de leur plaire en fécondant les vues de bonté qu'ils
I. Le 5 janvier lySj, Damiens avait frappé Louis XV d'un coup de canif et l'avait légèrement blessé.
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ont pour nous, & nous conformer à ce qu'ils ont paru exiger, il a été arrêté que les affemblées fe feront avec toute la circonfpedion & la prudence poffible^
Pendant les circonftances préfentes, on n'admettra point de pafteurs étrangers dans la province, c'eft-à-dire qu'ils ne foient français d'origine, & pour ainfi dire naturalifés par le long féjour qu'ils auraient fait en France.
A caufe de l'extrême corruption qui règne, des malheurs qui continuent à défoler nos églifes, & de la guerre qui a affligé l'Europe, & afin d'obtenir du Tout-PuifTant qu'il lui plaife veiller de plus en plus pour la confervation de la facrée perfonne de Sa Majefté, il fera célébré dans toute la province un jeûne folennel le 3 août prochain 2.
Ledure ayant été faite des ades du fynode national dernier, l'affemblée a déclaré f'y foumettre.
On fera ledure publique & on prefTera fortement l'obfervation de l'art. 9 dudit fynode national qui, touché d'une vive douleur du peu de foin qu'on remarque en diverfes provinces de fandifier les jours du dimanche, & voulant faire cefler toute profanation de ces jours facrés, recommande l'obfervation du règlement fait à ce fujet au fynode national tenu à Loudun, en mil fix cent cinquante-neuf, lequel pour détourner les jugements de Dieu que f'attirent les profanateurs, exhorte tous les fidèles à employer les faints jours à la fin à laquelle ils font deflinés, en f adonnant aux exercices de piété publics & particuliers, à la prière, à l'ouïe Se ledure de la parole de Dieu, en f'abflenant religieufement, non-feulement du travail ordinaire, mais principalement defdites compagnies & divertiffements qui peuvent détourner les efprits du fervice divin & de la dévotion à quoi nous fommes obligés particulièrement en ces jours-là.
1 . Il s'agit des anciennes négociations de Rabaut avec le Prince de Conti.
2. En avril, le mare'chal duc de Richelieu s'était emparé de Port-Mahon, et avait investi le fort Saint-Philippe. C'est la guerre de sept ans qui commençait.
vn.
Conformément à l'art. lo du même dernier fynode national, on tiendra dans toutes les communautés un regiftre exact de tous les baptêmes & mariages du Défert, & pour ceux qui font déjà faits, les confiftoires feront tout ce qui dépendra d'eux pour en procurer l'enregiftrement. Ils enregiftreront auiïi les mortuaires félon leurs dates, tant pour le paffé que pour l'avenir.
vin.
En conféquence de l'art. 1 1 du fynode national fufdit, la compagnie a chargé M. Paul Rabaut d'écrire à M. Defferre, M. Jean Pradel à M. Lafon, & M. Pierre Encontre à M. Bétrine, pour les prier de donner à la province une copie des mariages qu'ils y ont bénis & des baptêmes qu'ils y ont adminiftrés.
La compagnie, informée que le colloque de l'Agenais n'a pas rempli la commiiïion que lui donna le fufdit fynode national de faire imprimer La difcipline eccléjîajîique avec les objervations & les conformités de M. de Larroque, a arrêté d'écrire audit colloque pour le prier de {'expliquer fil ne veut pas faire travailler à cette impreffion; & au cas qu'il y renonce, qu'il foit écrit à toutes les provinces pour leur propofer que, fi elles y acquiefcent, la nôtre fe chargera de cet important ouvrage, aux mêmes conditions qu'il aurait été commis au fufdit colloque.
Qu'en exécution de l'art. 23 du fufdit fynode national, il fera accordé quatre cents liv. pour l'entretien des minières non mariés.
Les confiftoires, qui n'ont pas encore fait la collecte qui fut recommandée en faveur de nos pauvres frères qui gémiffent fur les galères, font exhortés à y travailler inceffamment ; & tant ceux-ci que les autres qui ont déjà rempli ce devoir, feront tenir le provenu de cette collede au confiftoire de Nîmes, lequel, par fes pafteurs, fournira des reçus des fommes qui lui feront remifes, & les fera parvenir à leur deftination.
Il a été arrêté qu'on lira dans les affemblées religieufes & qu'on recommandera fortement l'obfervation de l'art. 26 du même fynode
national, conçu en ces termes : « L'affemblée, apprenant que dans les «provinces il y a plufieurs perfonnes qui, en prêtant de l'argent, «exigent un intérêt exceffif, enjoint aux pafteurs d'exhorter leurs «troupeaux à fabftenir d'une telle pratique & recommande à tous les «particuliers l'obfervation de l'art. 22 du chap. xiv de la difcipline. »
xm.
Il a été réfolu de faire des repréfentations au fynode national prochain fur les art. 17 & 29 du national dernier.
Par rapport au différend furvenu entre la province des Baffes- Cévennes Se la nôtre au fujet d'Atuech % les deux provinces n'ayant pu raccommoder, l'affaire a été renvoyée au prochain fynode des Hautes-Cévennes ; & en attendant, les chofes demeureront dans l'état où elles font & les fidèles qui fe trouvent fur les limites de la province feront exhortés à vivre en bonne paix & concorde.
A l'unanimité des voix, a été établi un féminaire pour y former des jeunes gens au St-Miniftère. M. Puget, palleur, a été élu pour le diriger, & tous les députés fe font engagés, au nom de leurs églifes, à fournir, pour l'entretien des féminariftes, proportionnellement à ce qu'elles font taxées pour celui du miniftère ^.
Pour marquer le cas que l'affemblée fait de l'emploi de directeur du féminaire, elle a arrêté que celui qui en fera chargé jouira d'une penfion plus confidérable que les autres pafteurs, & l'a fixée pour M. Puget à cinq cents livres.
Meffieurs Paul Rabaut & Jean Pradel vifiteront le féminaire deux fois dans cette année pour examiner, de concert avec M. le directeur, la piété & les progrès des féminariftes, & pourront exclure ceux en qui ils ne trouveront pas les qualités requifes de l'efprit & du cœur.