‹ Les Synodes du DésertChapitre 9 sur 36 · A Lausanne · texte numérisé non relu

A Lausanne

2. «Au moyen des jeunes gens qui se présenteraient, écrivait en lySS Paul Rabaut à Antoine Court, on pourrait faire une pépinière pour ainsi dire de ministres qu'on répandrait selon le besoin dans les différentes provinces où il en manquerait.» (Mss. Court, n» i, t. XXVI, p. 462.) Court et Rabaut partageaient en cela la même opinion, mais tous leurs amis n'étaient pas d'accord avec eux.

SYNODE NATIONAL

En répondant à la queftion de la province de Saintonge, qui demande fi l'on doit interdire tout commerce civil avec les excommuniés, la compagnie déclare qu'on doit feulement défendre tout commerce familier avec ces pécheurs fcandaleux.

Ceux d'entre les proteftants, qui enlèveront ou feront enlever des enfants de leurs parents & amis pour les faire baptifer dans l'Eglife romaine, feront fufpendus de la communion pour deux ans Se obligés enfuite de faire une réparation publique ; mais, en cas de maladie dangereufe, il fera permis à leurs confîftoires d'abréger le temps de leur pénitence.

S'il furvenait quelque différend entre les miniflres, ils f'abftiendront d'en porter leurs plaintes à nos amis du pays étranger ; Se ceux qui contreviendront à cette défenfe feront cenfurés.

Les miniftres font chargés de recommander aux fidèles de fe pourvoir de bons livres, mais il leur eft très-expreffément défendu d'en vendre pour leur profit particulier.

xvni.

La difcipline eccléfiaftique avec fes obfervations &:les conformités de M. de Larroque fera imprimée en bon papier & beaux caradères, & chaque province fe charge d'en prendre un nombre d'exemplaires, favoir :

La province des Hautes-Cévennes .... 80

La province du Bas-Languedoc 200

La province des Bafles-Cévennes 80

La province du Dauphiné 60

La province de Provence 12

La province de Saintonge 60

La province du Haut-Languedoc 200

La province du Vivarais 60

La province du Poitou 48

Pour accélérer l'exécution de l'article ci-deffus, la compagnie donne commiflion au colloque de l'Agenais de faire choix d'un imprimeur, &, après avoir convenu avec lui du prix de l'impreffion, d'en donner avis aux provinces, qui, par la pluralité des fuffrages, autoriferont ou fufpendront la convention.

Les anciens & diacres affemblés, qui n'auront point de pafleur à leur tête, ne pourront élire de modérateur ni décerner aucune peine canonique contre les pécheurs, encore moins contre leurs collègues.

Vu le peu de foin qu'ont eu certaines provinces de ne mettre que des chofes importantes dans leurs mémoires pour le fynode national, la compagnie recommande l'obfervation de l'art. 6 du chap. ix de la difcipline eccléfiaftique.

xxn.

Conformément à l'art. 3 du. chap. ix de notre difcipline, les lettres & mémoires des députés au fynode national feront fîgnés par le modérateur & le fcribe des fynodes provinciaux qui les enverront; à faute de quoi, on n'y aura aucun égard.

xxm.

Les députés des provinces ayant tour à tour fait rapport de ce que chacune fournit pour l'entretien de fes pafteurs, la compagnie exhorte celles de ces provinces, dont les pafteurs fouhaiteront une augmentation, de leur accorder pour le moins quatre cents livres par an.

Le fynode, touché des fouffrances de nos chers frères confeffeurs fur les galères & de celles des autres captifs pour caufe de religion. Se très-édifié de leur conftance, les recommande inftamment aux prières & à la charité des fidèles.

On a approuvé & confirmé l'art. 8 du dernier fynode des Hautes- Cévennes, conçu en ces termes: « L'afTemblée, informée que cer- « tains proteftants, par un fcrupule mal fondé, font baptifer leurs

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«enfants dans l'Eglife romaine, quand ils font en danger de mort, (c a trouvé leur conduite extrêmement blâmable à cet égard; elle les «exhorte à ne plus tomber dans de pareilles fautes, fous quelque « prétexte que ce foit, fous peine d'être pourfuivis félon la rigueur de « la difcipline. »

L'afTemblée, apprenant que dans les provinces il y a plufieurs perfonnes qui, en prêtant de l'argent, exigent un intérêt exceffif, enjoint aux pafteurs d'exhorter leurs troupeaux de f'abftenir de cette odieufe pratique & recommande à tous les particuliers l'obfervation de l'art. 22 du chap. XIV de la difcipline concernant l'ufure.

Les députés du Bas-Languedoc ayant propofé d'ériger en province le Rouergue avec les églifes de Bédarieux, Fougères & Graiffeffac, à condition que le corps des pafteurs dudit Bas-Languedoc donnera un pafteur & le corps des pafteurs des BafTes-Cévennes en fournira un autre pour le fervice de cette nouvelle province, la compagnie approuve & confirme ladite propofition dans toutes fes parties.

Les Hautes & BafTes-Cévennes continueront à former deux provinces & cependant entretiendront entre elles la plus parfaite union.

A la réquifition des députés des Hautes-Cévennes, la compagnie donne & unit à la province du Bas-Languedoc le quartier qui comprend Saint-Ambroix, Pierremale, Les Vans, Lagorce, Vallon, Salavas, Avejan & Saint-Jean-de-Maruéjols.

Les provinces du Vivarais & Dauphiné font chargées de procurer des pafteurs à l'églife de Lyon & fes annexes.

Les députés des églifes de Provence ayant demandé que leur province foit jointe à une autre, la compagnie ne trouvant pas à propos d'accorder leur demande, les renvoie en cas de différend à quelqu'une des provinces voifînes, conformément à ce que la difcipline ordonne.

Lefdits députés de Provence ayant encore expofé le befoin qu'elle aurait d'un miniftre ou d'un propofant, la compagnie lui donne le fieur Jofeph Picard, étudiant au féminaire.

La même province de Provence jouira du droit dont jouiffent les autres provinces d'envoyer des étudiants au féminaire.

L'ami, à qui certaines perfonnes ont envoyé une fomme, la renverra, quand il en fera requis.

Sur les plaintes portées par les députés du Haut-Languedoc, d'une part, & l'appel de M. Grenier de Barmont, avec la demande de Meffieurs les anciens de l'églife de Bordeaux, d'autre part', la compagnie a jugé que, dans trois mois, ledit M. de Barmont ira fubir la

Colloque du Bordelais du 28 juin ij56.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous, pasteurs et anciens des églises réformées de B[ordeaux], assemblés en colloque au Désert en Guyenne, ce 28 juin lySô, déclarons qu'après l'invocation du St-Nom de Dieu et après avoir procédé à l'élection d'un modérateur et d'un secrétaire, suivant la discipline, nous avons conclu et arrêté d'un commun accord les articles suivants :

1. — La compagnie, désirant contribuer de tout son pouvoir à l'édification de l'Eglise, et très-flattée de se conformer aux justes demandes de M. Court, souscrit avec plaisir pour cent exemplaires de l'Histoire des Camisards.

2. — L'acte, faisant foi de la réception de M. Grenier de Barmont au St- Ministère dans l'Académie de Lausanne, sera inséré mot à mot dans la première feuille du présent registre par la main de Monsieur le secrétaire.

3. — A l'avenir Messieurs les anciens qui ne se rendront pas en colloque, à moins qu'ils n'en fussent empêchés par des raisons légitimes, seront poursuivis suivant les lois de la discipline.

4. — L'assemblée, surprise de ce que deux de nos anciens ont manqué de se rendre en colloque pendant deux fois, prie le pasteur de leur en demander la raison, en présence de deux anciens.

5. — Pour un cas particulier le pasteur parlera incessamment à un ami particulier, en présence de son ancien.

6. — Le pasteur remerciera de la part de tout le corps, par la voie de Monsieur le Représentant, Messieurs les illustres directeurs du séminaire de la protection qu'ils ont la bonté d'accorder à ces églises naissantes, et principalement de ce qu'ils daignent leur offrir des places pour leurs étudiants. Il priera Monsieur le Représentant d'être persuadé que les églises d'ici, quoique très-maltraitées par ceux qui devraient les protéger, concourront toujours au bien de la cause commune.

SYNODE NATIONAL. gi

cenfure décernée contre lui par le lynode provincial du Haut-Languedoc, qu'il continuera à dépendre de ladite province, & fera cependant cédé à l'églife de Bordeaux pour une année qui prendra fon commencement le jour de l'exécution des articles premier & fécond du dernier fynode de fa province, & qu'au furplus on lui écrira une lettre pour l'exhorter à fe mieux conformer à l'ordre de la difcipline, à l'avenir.

Monfieur Louis Campredon n'eft pas approuvé d'avoir difpofé de fon miniftère en faveur de la province de Normandie, fans en avoir obtenu l'agrément de la province des BafTes-Cévennes ; mais parce que cette dernière ne l'a pas rappelé comme elle était en droit de le faire & qu'il paraît d^ailleurs que ledit M. Louis Campredon a exercé fon miniftère avec beaucoup de fruit dans ladite province de Normandie, l'affemblée le lui affecle & fait des vœux très-ardents pour le fuccès de fa nouvelle miffion.

7. — Vu ce temps d'oppression et les dangers éminents qui nous environnent, notre position étant beaucoup plus critique que celle de presque toutes les autres e'glises du Royaume, nos églises ne ressortiront d'aucun s[yno]de p[rovinci]al. Dans des temps plus heureux elles se feront un devoir d'en dépendre, mais conformément à la discipline de nos pères, chap. VIII, art. i5.

8. — Etant informés que les députés du H.-Lang. avaient pris au s. n. la qualité de députés du B[ordelais], la compagnie ne peut qu'en être très-surprise, puisqu'ils se sont donné ladite qualité sans aucun fondement. Cela est démontré par les observations suivantes: i^ni en temps de persécution, ni en temps de liberté, nous n'avons jamais fait corps avec eux; 2° avant la révocation de l'Edit de Nantes nos églises n'ont jamais relevé de leur s. pr., comme appert par la discipline, chap. VIII, art. 1 5 ; 3^ ils ne peuvent, sans excéder les bornes de leur autorité, nous incorporer dans leur province, à moins qu'ils n'eussent notre consentement ; 40 nous déclarons ne l'avoir jamais donné, ni de vive voix ni par écrit, soit avant soit après l'établissement de nos églises ; 5° ils ne sauraient se prévaloir de notre lettre écrite en mars dernier puisqu'ils ont déclaré par acte synodal qu'ils n'y ont aucun égard, et d'ailleurs cette lettre ne contient rien qui puisse nous lier avec eux; 6° nous n'avons jamais envoyé de députés dans leurs s. prov. et par conséquent nous ne pouvons y avoir pris aucun engagement. Enfin, y fussions-nous liés, ce à quoi nous aurions pu consentir si la paix avait dicté leurs délibérations, leur conduite tant à notre égard, à celui de nos églises qu'à celui de notre pasteur, pourrait nous fournir des motifs suffisants pour travailler à nous en détacher. De là, nous concluons que nous n'avons fait ni ne voulons faire corps avec eux jusqu'à relever de leur s. p'., et que c'est^mal à propos que les députés de la province du H.-Lang. ont pris la qualité de députés du B[ordelais], qualité que nous désapprouvons. Nous passons sous silence l'éloignement des lieux, la nature de nos occupations, les circonstances critiques qui nous environnent, les dangers des lieux où il faudrait passer, etc. On écrira incessamment à ce sujet à un des secrétaires du dernier s[ynode] n[ational].

La province du Béarn fe trouvant fans miniftre, celle des Baffes- Cévennes lui prêtera pour deux ans M. Jean Journet, pafteur.

xxxvm.

L'affemblée, prenant en confidération l'appel de M. Dugas, paft[eur], & répondant favorablement à la demande des députés de la province de Saintonge & Périgord, accorde pour trois ans ledit M. Dugas à cette province.

9. — Messieurs les anciens enverront sans retard à Monsieur le Représentant une copie de la lettre qu'ils ont écrite au s. n., qui sera accompagnée d'une autre dans laquelle on témoignera sa surprise du peu d'égard qu'on a eu pour leur lettre dans le dernier s^e ; qu'on aurait cru que des églises telles que les nôtres, qui à peine se forment, méritaient d'être traitées bien différemment. On y suppliera M. Court et par son canal Messieurs les illustres amis de prendre en considération nos églises, qui ne semblent sortir des malheurs passés et se relever de leur ruine, que pour être en butte, de même que leur pasteur, aux coups les plus inattendus de la part de ceux qui par état devraient les défendre. On réclamera justement leur puissante protection, afin qu'elles soient desservies par notre pasteur, le seul qui ait pu les dresser, n'étant nullement dans le dessein d'en prendre un autre, ni du royaume ni d'ailleurs, à son préjudice. Quelle loi, quel tribunal pourrait nous y forcer ? Ne faut-il pas que l'Eglise approuve le pasteur, et le pasteur l'Eglise ? N'est-ce pas là le langage de l'équité et de la discipline ? Fût-il jamais plus nécessaire de l'écouter que sous l'oppression ? Nous espérons que si nos vénérables amis daignent écrire au corps ecclésiastique de la province du H.-Lang. et au modérateur du s[ynode] n[ational] dernier, que ces tribunaux revêtiront des sentiments plus pacifiques.

10. — Gomme l'envie et la calomnie s'efforcent de répandre des nuages sur la réputation de M. Grenier de Barmont, notre pasteur, et que leurs traits sont glorieusement repoussés par son zèle, sa conduite, et les témoignages honorables qu'on lui rend dans l'Académie de Lausanne, où il a fait ses études et où il a été reçu, la compagnie, désirant faire connaître ces témoignages à la postérité, enjoint au secrétaire de les coucher, au moins en partie, au bas de cet article, et d'y joindre une copie de la lettre écrite au s[ynode] n[ational] dernier par le corps des anciens des églises d'ici.

Extraits des lettres de Monsieur le Représentant, écrites en différents temps à M. Grenier de Barmont:

«Lausanne, ce 24 novembre lySi.

«Que votre ministère doit être d'un puissant secours à tant de familles « éplorées ! Quel ne doit pas être votre zèle et votre activité pour leur con- « solation ! Quels ne doivent pas être vos soins pour les animer à la persé- «vérance et pour leur faire remporter un triomphe qui les comblera de gloire «et qui leur acquerra le droit de prétendre à la glorieuse rémunération, à « cette rémunération si souvent promise dans nos saints livres, et si propre «à nous faire oublier les croix attachées à la profession de l'Evangile, et à « nous dédommager des pertes que nous aurons souffertes pour cette sainte «profession. Il me semble vous voir courir de lieu en lieu, consolant

SYNODE NATIONAL

XXXEX.

Les députés de la province de Normandie ayant demandé le fieur Antoine Gai, propofant, ont été renvoyés à la province des Balïes- Cévennes, à qui ce propofant appartient, & qui aura tel égard qu'elle jugera à propos à la demande defdits députés.

«les uns, fortifiant les autres, les encourageant tous à la pratique de leurs « devoirs, leur disant à tous : «Aujourd'hui plus que jamais le royaume des Cieux

«est forcé, il n'y a que les voleurs qui le ravissent» Ainsi se conduit

« un ze'lé et fidèle ministre qui, comme vous Têtes, Monsieur, est toujours plus « pénétré de la grandeur et de l'importance de ses devoirs, à qui le salut d'un « troupeau pour lequel il se sacrifie tous les jours tient vivement au cœur, qui «ne trouve ni repos ni relâche que lorsqu'il voit ses chères brebis marcher « d'un pas égal dans les routes qui conduisent au bercail, et du bercail aux « célestes pâturages. Puissent des soins si pieux, si remplis de zèle, et d'une « si tendre sollicitude, être accompagnés de ces consolants effets qui remplissent «l'âme d'un fidèle ministre de joie et de ravissement dans l'exercice de ses «pénibles mais nobles fonctions de son ministère!.... Ceci me paraît digne de «la plus haute considération et il ne manquera pas sans doute de vous le « paraître aussi ; si cela est, que n'y a-t-il pas à espérer de votre zèle ? Celui « de nos amis ne se dément point en faveur de ceux qui, comme vous, Monsieur «et très-honoré frère, consacrent tous les jours leurs veilles, leurs travaux et « leur vie même au salut de brebis rachetées par le souverain pasteur. »

— Du même: «Lausanne, août 1752. Monsieur et très-honoré frère, je dois « vous féliciter des heureux succès des travaux de six semaines. Je le fais aussi «avec toute l'effusion de cœur possible. Ils vont être le sujet d'un grand en- « couragement dans l'exercice du ministère pénible, plein de dangers, mais «glorieux. Avec quelle satisfaction ne vois-je pas aussi le noble plan que vous «vous proposez! Quelle gloire pour vous, si, par des soins redoublés, vous « pouviez parvenir à remettre sur pied tant de belles églises qu'il y avait autre-

« fois dans le canton qui remplit votre cœur d'une si sensible joie ! Vous

«avez commencé, Monsieur et très-honoré frère, de tenter une si noble entre- « prise. Le Seigneur, qui marchait avec vous, qui voyait d'un œil d'approbation « votre dessein, a commencé d'y répandre ses plus précieuses bénédictions

«.... Allez donc. Monsieur et très-honoré frère, réveiller la foi, rétablir « le culte, ranimer le zèle et démontrer à vos auditeurs que, sans le culte public, «la religion s'éteint et la piété périt.. . Je ne saurais qu'applaudir à tout ce que «vous avez déjà fait dans une œuvre aussi excellente . . . Veuille celui qui dresse «les mains au combat et les doigts à la bataille, tenir cher comme la prunelle « de l'œil le fidèle pasteur qui, au péril de tout ce qu'il a de plus précieux, va « rallumer au milieu d'eux le salutaire flambeau de l'Evangile, réparer les brèches « que la violence, la tiédeur, la longueur du temps ont faites à la foi et à la «piété! Veuille-t-il être autour de lui comme un mur d'airain et répandre à «pleines mains et de plus en plus ses bénédictions sur ses saints travaux.»

— Du même: «Lausanne, 17 mars 1754. Monsieur et très-honoré frère, je « reçus en son temps votre lettre du 3 août dernier : L'arrivée du chevalier, que « vous m'y annonciez et que j'attendais à chaque instant, m'empêcha de répondre « à cette obligeante lettre. Vous me disiez tant de bien dudit chevalier, que mon «impatience de le voir et l'embrasser. . . et lui prouver le cas que je faisais de « tout ce qui m'était adressé de votre part, était extrême ... Je reçus ensuite votre

Le fynode enjoint très-expreffément à la province de Saintonge de fe conformer aux règlements de la difcipline eccléfiaftiquc & aux actes des fynodes nationaux des églifes réformées de France.

« lettre du 20 décembre, qui me remplit d'admiration et de la plus vive joie. Je « n'eusse pas manqué de vous le témoigner, si je n'avais souhaité en même temps « pouvoir vous dire quelque chose d'assuré sur le succès qu'aurait eu mon em- « pressement à vous procurer quelque ouvrier habile pour l'excellente œuvre à « laquelle vous vous occupez avec tant de dignité, de zèle et de fruit . . . Mais « que ne ferais-je pas pour vous marquer la sensible joie qu'excitent dans mon « âme vos rapides et ravissants progrès, pour vous tirer de peine ? Mais de quels « termes pourrai-je me servir pour vous exprimer même la plus petite partie de « cette vive joie ? Tous sont au-dessous, même les plus énergiques.

« . . . , Une vaste contrée, autrefois un des plus beaux fleurons des églises « qui se rendirent célèbres dans tout le monde réformé .... trop longtemps en « friche ; richement cultivée, de valeureux athlètes, . . . prêts à tout faire pour « seconder les généreux efforts d'un zélé serviteur de Dieu ! . . . A ces événements, «qui ne serait transporté de joie et d'admiration? Je le répète, mon âme en est « comme inondée, et vous pouvez être assuré que celle de nos amis ne le cède « point à la mienne. Tous ceux à qui j'ai fait part de ces événements en ont été « ravis, et ils ne cessent de bénir celui qui fait fleurir et prospérer les plans et « les travaux que les apôtres et les Apollos plantent et arrosent.

« Quelle gloire pour les montagnes de la C... d'avoir dressé et élevé deux

«vaillants champions tels que vous, Monsieur et très-honoré frère, et le digne «sujet dont je parle (M. Pajon), qui ne se proposent pas moins que de répandre «la bonne odeur de l'Evangile en cent lieux divers! Bien loin de se plaindre, «ces heureuses m[ont.] n'ont-elles pas lieu de se féliciter, et peuvent-elles être « véritablement attachées aux grands intérêts de la cause commune, et ne pas se « réjouir avec leur commun Maître, lorsque, aux succès merveilleux de la pre- « mière mission de ses disciples, il lui semblait voir Satan tomber du Ciel comme « un éclair ? »

— Du même : « Lausanne, 25 juin 1755. On a fort applaudi à la conduite sage «et modérée que nous avons tenue à l'égard de M. Sol: c'est par là que l'on « se fait chérir et respecter, et qu'on prouve qu'on est véritablement le disciple « de Jésus-Christ, qui était la douceur même, et c'est par là aussi qu'on marche « sur les traces du grand apôtre des Gentils, qui, sans s'embarrasser par qui «l'Evangile était annoncé, se réjouissait toutes les fois qu'il apprenait que quel-

« qu'un le faisait Veuille le Seigneur répandre sans cesse sa bénédiction sur

« vos travaux continuels et vous donner le plaisir de les voir efficaces.

— Du fils de M. le Représentant, ministre ainsi que le père. «16 octobre lySS. «■Je recevrai toujours avec une très-grande reconnaissance toutes les marques « d'amitié que vous voudrez bien me faire la grâce de me donner. Soyez sûr d'un « parfait retour Je m'estimerais fort heureux d'avoir quelque occasion à vous « manifester toute l'étendue de ma bonne volonté et de mon attachement. Nous « attendons avec impatience de vos nouvelles et de celles de l'état des affaires : «votre nouvel établissement, B[ordeaux], nous intéresse fort, et nous prions « ardemment le Seigneur de répandre sa bénédiction sur tous vos pieux travaux. »

— Du même: «28 mars 1756. Ce que vous me dites sur le succès de votre « entreprise n>c fait beaucoup de plaisir. Gomme vous l'observez fort bien, on

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Sur les plaintes portées par les députés de la province de Saintonge contre les anciens de la ville de Cognac au fujet d'une collecle, la compagnie, manquant des moyens pour éclaircir ces plaintes, charge

«a besoin dans ces circonstances et [de] beaucoup de prudence et d'un grand « ménagement. Il faut disputer le terrain pied à pied ; par là on gagne aujour- « d'hui un pouce, et demain un autre, et au bout de quelque temps on est tout « étonné des progrès que l'on a faits. Nous ne doutons pas que vos efforts, « secondés du secours du Ciel que nous implorons sans cesse sur eux, n'aient « un succès des plus heureux et des plus consolants. Nous en avons informé tous (des illustres amis qui prennent part aux masures de Sion; ils ont les yeux « attachés sur vous; ils vous animent à la lutte et ils attendent avec impatience « les suites de votre généreuse entreprise. »

— Du même: «Lausanne, 5 juin lySô. Monsieur et très-cher frère, votre « dernière lettre, mais sans date, nous est parvenue, et nous y répondons inces- « samment. Toutes les tavernes, que vous nous y marquez éprouver, nous font « une véritable peine, et nous sommes très-affligés du découragement dans lequel « il paraît que vous ont jeté ces tavernes .... N'en ayant d'autre connaissance « que celle que vous nous en donnez, nous ne saurions comment y remédier : « nous attendrons donc avec impatience les lettres que vous nous annoncez « de la part d'un respectable corps sur ces affligeantes matières et les éclair- « cissements que vous nous faites espérer; et vous devez être persuadé. Monsieur, «que nous ne négligerons rien de tout ce qui sera en notre pouvoir pour «adoucir votre situation, vous soutenir et vous encourager. Il serait fâcheux, « il serait bien affligeant que des divisions intestines vinssent renverser des éta- « blissements si beaux, qui ont tant coûté à former, et qui jusqu'ici ont échappé « aux recherches les plus exactes d'un ennemi actif et violent ; mais plus nous « admirons l'établissement que vous conduisez avec tant de prudence, et qui nous « paraît prendre tous les jours de plus profondes racines, plus nous applau- « dissons à cet amour que vous avez pour la paix et qui vous engagerait à aban- « donner pour toujours des lieux où elle ne régnerait pas, plus aussi désirons-nous « ardemm.ent que vous ne pensiez pas à quitter des lieux qui ont un aussi grand « besoin de votre ministère. Faudrait-il que des églises que vous avez enfantées « au Seigneur, qui vous ont reçues avec empressement, et qui vous causent tant « de satisfaction par la manière dont elles répondent aux soins avec lesquels vous « les cultivez, fussent privées de votre ministère et fussent en souffrance, parce « qu'il y aura des personnes qui verront avec chagrin ces établissements ou qui « croiront que vous avez peut-être manqué à quelque point de discipline ? N'y « a-t-il point de milieu entre des partis aussi extrêmes? Nous sommes persuadés que « votre grande piété et votre affection pour les héritages du Seigneur vous feront « trouver ce milieu et vous porteront plutôt à souffrir patiemment quelque chose « de la part des hommes que de laisser ces héritages en souffrance. Il n'est point 0 nouveau de voir les personnes qui, comme vous, Monsieur et très-cher frère, « sont sur un théâtre élevé, de les voir, dis-je, exposées aux préventions de ceux «mêmes qu'elles servent; mais leur grand cœur, au-dessus de l'ingratitude ou de «leur envie, continue à les servir malgré eux-mêmes. Convaincus, ou que leur «persévérance au bien fondra ces cœurs d'acier, ou que le Dieu qu'ils servent « et dont ils cherchent à avancer la gloire, leur accordera la justice et la récom- « pense que leur ont refusée des hommes faux estimateurs du mérite, ou peu sen-

M. Dugas, pafteur, de procéder à l'information des faits fur lefquels elles roulent, de concert avec trois anciens, qu'il prendra d'autant de confiftoires voifins, & donne pouvoir à lui Se au colloque de ladite province d'en juger définitivement.

« sibles aux services des autres, — dans une telle persuasion, rien ne les détourne «de leurs plans, ni les persécutions du dehors, ni les injustices du dedans.»

Copie de la lettre de Messieurs les anciens des Eglises réformées de 5[ordeaux], écrite au s[ynode] n[ational] dernier, en date du i8 avril ij56.

« Messieurs nos très-honorés frères,

« Depuis l'établissement de nos églises, nous n'avons cessé de recevoir de M. Théophile (P. Rabaut) et des membres du comité du s[ynode] n[ational] des preuves de la confiance la plus parfaite; leur attention à nous faire part de tout ce qui s'est passé de plus intéressant, nous pénètre de la plus vive reconnaissance, et nous fait désirer avec ardeur, non-seulement de resserrer encore plus étroitement, s'il est possible, les nœuds qui nous lient avec ces Messieurs, mais aussi de nous unir de la manière la plus intime avec les autres é[glises] et comités du Royaume.

«C'est pour cimenter cette union si nécessaire, nos très-h[onorés] fr[ères], que vous avez jugé à propos de convoquer un s[ynode] n[ational] comme étant le moyen le plus propre à établir des correspondances réciproques pour se communiquer mutuellement tout ce qui pourra intéresser les égl[ises] du Royaume en général, et chacune d'elles en particulier, afin que toutes ensemble puissent travailler de concert au même but. Nous protestons ici à votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale] que nous entrons avec avidité dans des vues si sages et si avantageuses à la cause commune, persuadés qu'elles s'accordent parfaitement au zèle dont nous sommes animés pour l'avancement du règne de notre sauveur J.-C. et à la fidélité que nous devons à la personne sacrée de Sa Majesté.

« L'importance des affaires qui doivent être agitées à votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale], le désir que nous avons de connaître personnellement les membres qui doivent composer une si vénérable assemblée et de célébrer avec eux ce repas de charité que notre divin Sauveur a institué en mémoire de sa mort, et en signe de la communion que les fidèles ont avec lui, sont autant d'avantages dont la privation pénètre nos cœurs de la plus vive amertume.

«Nous supplions très-respectueusement ra[uguste] a[ssembléej de recevoir nos excuses avec cette même charité qui est le grand caractère de notre sainte religion et avec les sentiments dont l'Apôtre des Gentils était animé, lorsqu'il se faisait tout à tous pour voir si en quelque sorte il pourrait en gagner quelques-uns.

«Aussitôt que M. André Grenier de Barmont eut reçu la lettre de M. Théophile qui l'invite à se rendre avec un député à votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale], il appela quelques membres du corps ec[clésiastique] pour la leur communiquer. Ils furent d'avis comme lui de s'y rendre malgré ses indispositions; et en conséquence il fit réponse qu'il ne manquerait pas de se trouver au lieu indiqué; peu de jours après, il se trouva mieux, il assembla tout le corps ec[clésiastique] en c[olloque], il nous fit lecture de cette lettre, et après être demeuré d'accord de procéder à l'élection d'un député pour accompagner n[otre] p[asteur] et représenter nos é[glises] à votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale], les voix se réunirent pour un des membres du comité, qui se serait déterminé d'accepter l'honneur qu'on lui faisait, si la tenue de ce s[ynode] n[ational] n'était pas aussi publique. En cette ville, un nombre infini de personnes qui devraient l'ignorer, savent ou

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Meiïieurs Jean Louis Gibert, Jean Sicard, Jacques Sol, François Viala & Pierre Dugas, pafleurs, procéderont à l'examen de M. Figuières; & fils le trouvent capable, ils l'inftalleront au St-Miniftère pour la province de Saintonge & Périgord.

du moins assignent le jour auquel l'ouverture doit s'en faire. Ce particulier qui fait beaucoup de sensation ici s'est excusé et a représenté que s'absenter dans cette circonstance, et afficher qu'il était parti pour se rendre au synode était une même chose, qu'il s'exposerait évidemment ainsi que n[otre] p[asteur], et a prié l'assemblée de jeter les yeux sur quelque autre; quelques instances qu'on ait faites auprès de plusieurs, il n'y a pas eu moyen de déterminer personne à accepter cet emploi: les uns se sont défendus sur leur insuffisance, d'autres en alléguant que les affaires de leur commerce ne leur permettaient pas de s'absenter, et ceux qui auraient été le plus en état de nous représenter à une si vénér. assemb. ont allégué les raisons de celui qui avait été élu le premier. Ce contre-temps (qui est occasionné par l'indiscrétion de certains particuliers qui ont été informés de la tenue du synode par des lettres qu'ils ont reçues d'une ville voisine du lieu où il doit se tenir), nous vous le réciterons, n[os] très-h[onorés} fr[ères], nous plonge dans la plus grande amertume. M. de Barmont, qui est dans les remèdes, n'étant pas encore remis de sa dernière maladie, n'a cependant cessé de prier et solliciter ceux qu'il connaît capables de remplir cet emploi, de l'accompagner. Toutes ses représentations ont été inutiles et il partage avec nous la douleur de ne pouvoir pas se rendre à une a[ssemb]. où tant de raisons nous font désirer d'assister. Elle serait extrême cette douleur, s'il ne nous restait la consolation d'espérer que votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale] voudra bien user d'indulgence en faveur de nos é[glises] naissantes, et en acceptant nos excuses, nous considérer comme des membres qui se feront toujours gloire d'être étroitement unis au corps.

« C'est avec ces sentiments que nous prenons la liberté de supplier très-humblement votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale] de nous faire parvenir la copie des actes ou arrêtés qui auront été passés ou pris, ou de nous indiquer les moyens de nous les procurer, étant dans la ferme résolution de nous y conformer en tous points, nous soumettant d'avance de la manière la plus solennelle à tous les actes et décrets de votre respectable a[ssemblée], promettant de concourir de tout notre pouvoir à la réussite de l'importante affaire pour laquelle vous êtes assemblés.

«Souffrez, nos très-h[onorés] fr[ères], que nous mettions ici succinctement sous vos yeux la situation dans laquelle nous nous trouvons, puisque nous ne pouvons avoir l'honneur de le faire par le moyen de nos députés. Il y a environ vingt mois qu'une violente persécution obligea un digne pasteur de s'absenter des é[glises] d'un district voisin qu'il avait défriché et d^ se réfugier en cette ville, où il arriva dangereusement malade. Aussitôt qu'il fut convalescent, le zèle qui l'anime pour la gloire de Dieu et l'avancement du règne de J. C. ne lui permit pas de rester oisif dans une ville qui lui parut par bien d'endroits être en état de concourir à l'avantage de la cause commune. Le peu de succès qu'avaient eu d'autres pasteurs que le même zèle avait attirés ici, quantité d'obstacles qui semblaient s'opposer à l'établissement d'aucun culte, tels que sont le défaut de même peuple dans la ville et dans nos campagnes, les tribunaux de justice dont cette même ville est remplie, moins à craindre par leur nombre que par la vigilance des membres qui les composent à faire observer les Edits et Déclarations rendus contre nous, auraient sans

Les députés de la province du Dauphiné demandant quelle eft la conduite qu'on doit tenir envers une femme qui f'eft féparée de fon mari & refufe de fe joindre avec lui, il a été décidé que, fi cette femme continue dans fon refus, elle fera pourfuivie félon la rigueur de la difcipline.

doute découragé un pasteur moins zélé et plus timide que le nôtre. Pour vaincre ces obstacles, qui ont été insurmontables pour ses prédécesseurs, il a tenu une route différente. Il chercha d'abord à s'insinuer dans l'esprit de ceux qu'on lui représenta pour être le plus en état de l'aider dans une entreprise si louable ; il parvint à leur faire goûter le plan qu'il avait dressé, dicté par le zèle et la prudence même, à l'observation duquel nous devons, après la bénédiction du Tout- Puissant, l'établissement de vingt sociétés, dans lesquelles alternativement la parole de Dieu nous est annoncée dans toute sa pureté. Les sacrements, tels que J. C. les a institués, y sont administrés, l'ordre ec[clésiastique] y est établi, la discipline exercée. Enfin nous avons la consolation de voir les riches et les pauvres, les grands et les petits, s'empresser à donner gloire à Dieu.

« Le succès du ministère de notre past[eur] n'est point borné au nombre des sociétés déjà établies, plusieurs fidèles désirant d'en former de nouvelles, cherchent à se procurer des domestiques non suspects, pour augmenter le nombre des retraites et celui des maisons où l'on puisse s'assembler; ces mouvements nous font espérer de les voir multiplier de plus en plus, et avec l'aide de Dieu, nous nous flattons qu'il y aura bien peu de protestants en cette ville qui n'y soient admis dans peu de temps.

«Vous participez sans doute à notre joie, nos très-h[onorés] f[rères], vous vous réjouissez [avec le] Seigneur de voir joindre de jour en jour à l'Eglise des gens pour être sauvés. C'est le but de votre ministère, généreux athlètes qui ne faites cas de rien, pas même de votre vie, pourvu que vous acheviez avec joie la course qui vous est proposée ; c'est aussi le but de vos soins, nos chers compagnons, qui coopérez avec ces vénérables personnages à l'avancement du règne de notre Sauveur et au salut de vos frères. Redoublons tous nos efforts pour une œuvre si sainte et attendons avec patience la récompense promise à ceux qui en auront amené plusieurs à la justice.

«Nous l'avons déjà dit, nos très-h[onorés] f[rères], après le secours du Très- Haut, qui est grand en force et puissant en moyens, nous devons à la saine doctrine, à la pureté de la morale et à la prudence de M. Grenier de Barmont, l'établissement de nos égl[ises]. Il a su gagner notre confiance, et nous osons le dire, elle ne fut jamais plus réciproque entre un pasteur et un troupeau: le succès du ministère est bien équivoque si une cordiale affection ne les unit les uns aux autres. C'est de cette union et de concert que nous attendons les plus heureux succès de son ministère, s'il plaît à votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale] de le confirmer pour notre pasteur; nous prenons la liberté de vous en prier trèsinstamment; sa présence au milieu de nous est aussi nécessaire qu'elle fût jamais. Outre le soin que demandent de lui les sociétés déjà établies et celles qu'il se promet d'établir encore, il a à s'opposer aux progrès d'un fanatique, arrivé depuis peu du pays étranger qui s'efforce de faire des prosélytes parmi nous, en répandant les erreurs pernicieuses des Moraves. Dès l'année 1753, quantité de personnes avaient embrassé cette secte; M. de Barmont en a ramené plusieurs dans la bonne voie par sa douceur et sa patience, et il travaillait à désabuser les autres, lorsque

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Sur les repréfentations & les demandes faites par M. Court au fujet des dépenfes auxquelles il a été expofé pour les biens de nos églifes, l'affemblée prie Meiïieurs les illuftres économes de mander à ce digne Repréfentant l'indemnifation qu'ils jugeront convenable.

ce nouveau missionnaire est venu mettre des entraves au prompt succès qu'il avait lieu d'espérer. Un obstacle, aussi imprévu qu'il peut devenir funeste, exige de lui un redoublement d'attention à munir les esprits qu'il a déjà ramenés, et à de'truire dans les autres les impressions que pourraient faire les séductions de ce fanatique ; nous le croyons très-propre à remplir cet objet et nous ne doutons nullement qu'avec l'aide de Dieu et la connaissance qu'il a de ces esprits faibles, il ne parvienne à faire perdre tout espoir au fanatique de faire le moindre progrès, et à l'obliger à se retirer à peu près comme il est venu. Ce sont, Messieurs et très-h[onorés] f[rères], les motifs qui nous portent à vous supplier derechef de ne pas nous refuser la grâce que nous vous demandons de le confirmer pour notre pasteur. Nous l'attendons de votre zèle, cette grâce; elle fait l'objet des désirs ardents du corps des anciens en particulier et de toute l'église en général, et nous sommes persuadés qu'il le souhaite lui-même ardemment. Flattés de l'obtenir de votre bonté, que nous vous disions que son absence pourrait entraîner la perte de nos églises. Plus l'attachement que nous avons pour notre pasteur est grand, plus nous nous sentons obligés de le justifier. Nous le croyons parfaitement innocent de ce dont il a été accusé au s[ynode] du Haut-Languedoc, tenu le 2 3 mars dernier, et nous supplions votre a[uguste] a[ssemblée] s[ynodale] de rapporter les quatre chefs d'accusation pour lesquels il a été condamné à une censure, et de faire quelques succinctes observations pour mettre votre vénérable assemblée plus en état d'en juger, si du moins elle daigne en connaître, comme nous l'attendons de son zèle pour le bien de nos églises.

« Premier chef : il n'a pas déféré à l'arrêté du colloque du Haut-Languedoc, tenu le i6 janvier 1754, par lequel on l'appelle.

«M. de Barmont était alors occupé à défricher les églises de l'Agenais, qui s'assemblaient en colloque comme celles du Haut-Languedoc, ainsi qu'il paraît par celui qui y fut assemblé le 10 février suivant, par lequel il fut dressé un acte qui, en infirmant la demande de celui du Haut-Languedoc, approuve en tout ledit pasteur de ne s'être pas rendu, et fait insérer dans ses registres la lettre écrite à ce sujet à M. Dejean et l'extrait de sa réponse, par laquelle Monsieur Dejean marque qu'il avait prévu que M. de Barmont ne pourrait pas quitter les égl[ises] de l'Agenais; qu'il avait été mandé contre son opinion, étant d'avis, dit-il, « qu'on vous écrivît qu'au cas que vos affaires ne vous permissent pas de venir, vous donnassiez votre approbation pour qu'on se procurât des sujets d'ailleurs. » Si le colloque du Haut-Languedoc pouvait faire venir des sujets d'ailleurs pour desservir les é[glises] de Cas[tres] M. Dejean n'avait-il pas raison de ne mander M. de Barmont qu'au cas qu'il pût quitter des églises qu'il était à même d'établir, et celui-ci n'était-il pas fondé de ne pas les abandonner? Il est surprenant, d'ailleurs, qu'après plus de deux années de silence, on fasse un grief au pasteur de ce que le colloque de l'Agenais, qui ne peut être subordonné à un autre colloque, n'a pas voulu déférer à celui du Haut-Languedoc. Il en donne la raison dans celui du 10 février : «Vu, est-il dit, que le pouvoir de changer les pasteurs n'appartient qu'aux synodes provinciaux et nationaux, suivant l'art. 3o du chap. ICI' de la discipline.»

La compagnie, informée que M. Court a reçu plufieurs étudiants au féminaire fur des recommandations particulières, elle l'avertit de n'en plus recevoir à l'avenir qui ne foient envoyés par les provinces.

« Second chef : le peu solidité des raisons qu'il allègue pour ne pas se rendre au synode provincial.

« Peut-on, M[essieurs] et très-h[onorés] fr[ères], en alle'guer de plus fort[e]s que [celle] de la maladie ? M. de Barmont était attaqué d'une violente douleur aux reins qui ne l'abandonne pas depuis plusieurs mois ; elle était alors si vive qu'il lui aurait été impossible de supporter le cheval, ni pas une voiture. Il l'a écrit, et nous l'avons confirmé par notre lettre écrite à ce s[ynode] ; nous ne voyons pas une raison qui ait pu faire suspecter notre sincérité à cette assemblée.

«Troisième chef: pour avoir abandonné son troupeau de l'Agenais.

«Pour taxer son pasteur d'avoir abandonné son troupeau, il faut nécessairement qu'il lui en ait été assigné un; celui de l'Agenais ne l'a jamais été à M. de Barmont: cela est démontré par le premier chef d'accusation rapporté ci-dessus, puisqu'il est constant que si ce troupeau avait été assigné à ce pasteur, le colloque du Haut-Languedoc du 6 (le i5) janvier 1754, qui n'avait reçu aucune plainte de l'un ni de l'autre, ne pouvait pas exiger que ce même pasteur quittât son troupeau pour aller exercer son ministère auprès d'un autre, si celui, au milieu duquel il se trouvait, lui avait été assigné suivant les règles de la discipline : il n'y a que les synodes provinciaux ou les n[ationaux] qui puissent avoir ce droit, encore faut-il que ce soit pour de fortes raisons. M. de Barmont n'a jamais été attaché aux églises de l'Agenais que par les liens de son affection. Il est vrai qu'étant tombé en rechute d'une fièvre putride qui faillit le coucher dans le tombeau, il les quitta en juillet 1754, accompagné d'un ancien, à l'approche des dragons, sollicité par les provinciaux bourgeois, par plusieurs anciens, et par le défaut de retraites. Ces motifs sont assez puissants pour rendre sa retraite légitime; les persécutions qu'on a exercées dans ce district la justifient pleinement.

« Quatrième chef : il a résisté à la sommation desdites églises de l'Agenais.

« Nous tirons le rideau sur les motifs de cette sommation ; lorsqu'elle fut faite, on savait très-bien qu'il n'était pas possible que M. de Barmont pût y déférer; les dragons remplissaient le pays et étaient logés chez les protestants; ils ne cessaient nuit et jour de faire des patrouilles; son signalement était entre leurs mains; le sénéchal d'Agen instruisait sa procédure et celle de 486 décrétés; il fut condamné à mort par une sentence de ce tribunal, confirmée par arrêt du parlement qui ordonne de l'afficher à Agen. Etait-il de la prudence que dans de pareilles circonstances un pasteur, qu'on cherchait si soigneusement, se rendît dans un aussi petit district où il aurait même été moralement impossible de trouver les retraites nécessaires ? N'était-il pas plus convenable que ces églises acceptassent l'offre de M. Dugas, qui, depuis le mois d'août 1754, leur offrait son ministère qu'[elles] acceptèrent enfin ; et trouvant à remplacer ce qu'elles avaient perdu, ne devaient-elles pas se réjouir des progrès que ce pasteur faisait au milieu de nous, surtout dès lors que tant d'autres y avaient échoué.

«Ce sont là, nos très-honorés frères, les raisons que nous avons cru devoir mettre sous vos yeux pour la justification d'un pasteur que nous croyons trèsinnocent, auquel nous sommes extrêmement attachés; nous souhait[er]ions que

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lOI

L'églife de St-Jean-de-Gardonnenque, après avoir rendu des bons témoignages à fon pafteur, ayant demandé d'être féparce de la province des Baffes-Cévennes pour faire corps avec celle des Hautes, elle a été renvoyée au fynode de fa province.

vous les trouviez aussi solides qu'elles sont sincères; nous ne saurions dissimuler à votre a[uguste] a[ssemblée] que nous sommes surpris et affligés d'un pareil traitement contre un pasteur qui a si glorieusement étendu les bornes du régne du Christ, dans un temps d'oppression. Doit-on s'arrêter sur de si légers sujets ? Daignez, nous vous en conjurons encore, le confirmer pour desservir nos églises qu'il a si heureusement plantées. Nous serions au comble de nos vœux si vous nous accordez cette grâce, qui ne peut tourner qu'à l'avantage commun de toutes les églises, au bien de notre comité dont il est le président, par la disposition où il est, ainsi que nous tous, de concourir avec vous au plus parfait concert, et à l'heureux succès de l'affaire qui vous assemble.

« Nous faisons les vœux les plus ardents pour qu'il plaise au Seigneur de vous conserver précieusement. Puisse son St-Esprit présider à votre auguste assemblée et être le guide de toutes vos délibérations !

«Nous avons l'honneur d'être, avec les sentiments du plus profond respect et de la plus parfaite soumission, Messieurs et très-honorés frères, vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.

«Signés à l'original: Les anciens des é[glises] réformées de Bordeaux.»

11. — Le pasteur adressera aussi de son côté à M. le Représentant une copie de sa lettre envoyée audit s[ynode] n[ational]. Il y joindra ses raisons de justification dont M. le digne Représentant aura, s['il] l[ui] p[laît], la bonté de donner connaissance aux respectables protecteurs. Ces deux pièces seront de plus insérées dans nos registres par la main du secrétaire à la fin du premier colloque.

12. — S'il est des anciens qui aient appelé M. Gibert, ou par eux-mêmes, ou par d'autres, ou par écrit, ou qu'ils l'aient fait opérer dans nos églises ou fourni les moyens, la compagnie les désapprouve hautement et leur enjoint expressément de se mieux comporter à l'avenir sous peine, s'ils y contreviennent, d'être exclus pour toujours du corps ecclésiastique par le présent acte, sans qu'il soit nécessaire d'en prononcer d'autre; ils seront de plus poursuivis comme troublant l'ordre et l'union de l'église.

13. — Les membres de nos sociétés, qui à l'avenir réclameront ou accepteront d'autre minist[ère] que celui du pasteur de nos églises pour quelque fonction pastorale comme baptêmes, mariages, prédication et autres, seront dès la première fois suspendus du St-Sacrement de la Cène, et traités comme rebelles à l'ordre ecclésiastique Néanmoins la compagnie fait grâce, pour cette fois, à ceux d'entre eux qui ont imprudemment fait ces démarches contre les règles de prudence que nous observons dans pareil cas.

14. — En cas que notre pasteur fût absent ou malade, on ne pourra en appeler un autre, ni accepter les offres ou les services de ceux qui pourraient passer ici, qu'en vertu du consentement unanime de tout le corps des anciens tant de la ville que des faubourgs. La discipline y est formelle. Quiconque contreviendra à cet arrêté sera poursuivi comme il est porté dans les deux articles précédents ; on infligera les mêmes peines à ceux des membres de nos églises qui, contre l'ordre, la discipline et les droits du corps ecclésiastique, pourraient traîner pour introduire ici d'autre pasteur pendant le séjour de celui que nous avons.

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