I . Commune du canton de La Voulte. (Ardèche
fâmes à Dieu en faveur de fon Oint, les adions de grâces que nous lui rendîmes étaient des plus convenables. Dans quel gouffre de malheurs n'aurions-nous pas été plongés, fi Dieu, touché de compaffion pour fon peuple, n'avait pas confervé par les merveilles de la Providence le plus grand & le meilleur des Rois ! Pour lui en rendre nos jufles adions de grâces & implorer avec plus de fuccès les bénédictions pour le Roi & pour le royaume, il a été réfolu que toutes les églifes de cette province célébreront un jour de jeûne & d'humiliation extraordinaire, qu'on a fixé au i5^ mai prochain ^
Plufieurs églifes ayant jufqu'à préfent négligé de foufcrire à l'entretien du miniflère, il a été réfolu que, pour prévenir cette négligence & pour mettre MM. les anciens à l'abri de toutfoupçon, chacun d'eux fera au plus tôt la lifle des fidèles de fon diftrid:, & qu'on les taxera à raifon de leurs facultés.
Peirot, modérateur; Blachon, pafteur; Coste, pafleur; Vernet, pafleur & fecrétaire.
I. Dans le Vivarais, les religionnaires jouissaient depuis quelque temps d'une tranquillité relative. «Nos troupes, écrivait Peirot le 21 mai 1757, ne font aucune sortie; il paraît qu'on nous tient ce qu'on nous a promis; de notre côté, nous nous conduisons, autant qu'il dépend de nous, selon ce qu'il fut convenu. Notre requête est partie; mais elle n'aura pu être arrivée avant l'exécution de l'exécrable Damiens. » — Mss. Rabaut.
SYNODES PROVINCIAUX
Synode du Vivarais et Velay.
Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.
Aâes du fyjiode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velay y ajjemhlé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais, les dix-huitième & dix-neuvième oâtobre mil fept cent cinquante-fepty auquel ont ajfifîé quatre pajleurs & dix anciens, députés def dites églifes.
Après la Ie6lure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit:
Le nommé M..ac fera fommé de la part de l'affemblée de rendre l'argent qu'il peut avoir entre les mains & en particulier la fomme de 5o liv. que l'églife d'A... avait donnée pour l'entretien du miniftère, à faute de quoi on exercera contre lui la difcipline.
M. Peirot ayant communiqué à l'affemblée une lettre de M. Fauriel, dit Laffagne, dans laquelle il prie qu'on le reçoive au nombre des étudiants de cette province, elle lui accorde avec plaifir fa demande & charge un des pafteurs d'écrire aux vénérables diredeurs du féminaire pour le recommander à leurs foins & recevoir leur témoignage fur fa conduite.
Un des pafteurs écrira à l'églife d'A.... pour en exhorter les membres à témoigner plus de fermeté à l'occafion du baptême de leurs enfants & à fe conduire d'une façon plus édifiante qu'ils ne l'ont fait jufqu'à préfent, fous peine de fe voir traités fuivant la rigueur de la difcipline.
Le fieur P... des Q..., de la paroifle de Boffres, & la demoifelle M..., de la paroiffe de Gluiras, ayant fait depuis quelque temps des
démarches pour obtenir la bénédiclion de leur mariage dans TEglife romaine, l'affemblée a décidé qu'on les exhortera vivement à ceffer d'aller à la meffe, & la mère de ladite demoifelle à f'y oppofer de tout fon pouvoir; à faute de quoi, on exercera contre eux les lois de la difcipline.
On adreffera de la part des églifes une vocation à M. Maurin, & Ton priera MM. les vénérables directeurs du féminaire de lui impofer les mains, fils l'en jugent capable.
Sur les plaintes portées par le fîeur Jacques Gros, au fujet d'une convention faite entre lui & M. Cofte, dans laquelle ledit fieur Gros fe croit léfé & dont il demande la caffation, & l'offre faite par M. Gofte, par un défir de paix & par refped pour la vénérable affemblée, de céder audit fieur Gros la fomme de mille liv. de ce qu'il pourrait prétendre, en conféquence de cette convention, ou de f en départir moyennant la fomme de treize cents liv. pour les frais qu'il a expofés dans les voyages qu'il a faits à ce fujet, — la compagnie, défirant faire là-defTus de plus amples informations, a renvoyé fa décifion à un fynode qui f'affemblera au mois de mars de l'année prochaine. En attendant, elle a cru devoir fufpendre, comme elle fufpend, ledit M. Gofte, Se lui interdire les fondions de fon miniftère.
Peirot, modérateur; Blachon, pafteur; Vernet, pafteur & fecrétaire.
SYNODES PROVINCIAUX
Synode du Haut- Languedoc.
Au nom de Dieu. Amen.
Nous, pafteurs & anciens des églifes réformées du Haut-Languedoc % Haute-Guyenne, Montalbanais, Agenais, Comté de Foix, Bordelais, affemblés en fynode provincial le vingtième avril mil fept cent cinquante-fept, après avoir imploré la protection de Dieu & les lumières du St-Efprit, il fut nommé à la pluralité des fuffrages M. Sicard, pafteur, pour modérateur; M. Sol modérateur-adjoint; M. Viala fecrétaire; après quoi, il a été délibéré ce qui fuit :
Sur la proportion agitée en fynode, fi Meffieurs les pafteurs changerai[en]t de quartier d'un fynode provincial à l'autre, il a été convenu que ledit changement aurait lieu à commencer de cette année.
Il a été délibéré par l'affemblée fynodale qu'il y aurait une correfpondance entre tous les quartiers refpectifs de cette province, dont le pafteur & deux anciens de chaque diftri6t feront chargés.
M. Sicard, pafteur, ayant demandé de faire paffer M. Jean-Jacques Crebeflac, fon élève, dans le pays étranger pour y perfedionner fes
Colloque du Haut-Languedoc du 77 avril l'jSj.
Au nom de Dieu. Amen/ I. Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque le 17 avril 17 57, après avoir imploré la protection de Dieu et les lumières de son St-Esprit, ont été nommés, à la pluralité des suffrages, M. Sicard pour modérateur, et M. Sompairac pour secrétaire; après, a été délibéré ce qui suit :
1. — En conséquence des avis que M. Elios nous a donnés de la convocation du synode provincial, l'assemblée a nommé pour député M. Sicard, pasteur, et MM. Sabrier et Sompairac, le premier, ancien de Téglise de Lacaune, et le second de celle de Roquecourbe.
2. — Le peu de temps, que nous avons eu depuis les avis de la tenue du synode jusqu'au jour fixé pour le départ des députés, ne nous permettant point de réfléchir assez mûrement sur plusieurs matières importantes; d'ailleurs, n'étant point instruit de celles qui doivent être traitées dans ledit synode, le colloque prie
études & jouir du bénéfice annexé aux étudiants de cette province, fa demande a été accordée par le vénérable fynode, à condition que ledit étudiant viendra exercer fon miniftère dans le fein de fes églifes; & en conféquence, on a chargé le correfpondant de cette province d'en donner avis à M. le Repréfentant des églifes de France.
L'aflemblée fynodale a de plus accordé audit fleur Jean-Jacques Crebeflac la fomme de trois cent foixante-dix liv. pour faire fon voyage, de laquelle dite fomme le Haut-Languedoc & le Comté de Foix donneront cent onze liv., favoir le Comté de Foix trente-fept liv. & le Haut-Languedoc foixante-quatorze ; le Montalbanais, le Bordelais & Agenais feront le refte de ladite fomme par égale portion, ce qui fait quatre-vingt-flx liv., fix fols, huit deniers pour chacun de ces trois endroits ci-deffus nommés.
M. André Grenier de Barmont, furnommé Dubofc, n'ayant point déféré aux art. i & 2 du fynode provincial du 2 3^ mars lyôô, confirmé par l'art. 35 du vénérable fynode national, tenu le 4^ mai de la fufdite année, ayant d'ailleurs écrit une lettre par laquelle il témoigne manifeftement qu'il fe fouftrait de l'obéifi'ance due aux tribunaux eccléfiaftiques, la vénérable affemblée, pénétrée de la plus vive douleur d'une conduite fi irrégulière & fi contraire au bien de l'Eglife, fe voit obligée de le dépofer de fa charge, comme elle le fait par le préfent arrêté, fe conformant en cela à l'art. 47 du premier chapitre de la difcipline eccléfîaftique des Eglifes réformées de France, portant
très-instamment la vénérable assemblée de prévenir, à l'avenir, de semblables inconvénients, en exhortant ceux qui seront chargés de la convocation de se conformer aux art. 12 et 14 du dernier synode provincial.
3. — Messieurs nos confrères du Bas-Languedoc nous ayant écrit plusieurs lettres pour nous solliciter à fournir quelques secours pour le bien de l'Eglise, après avoir pesé et examiné les raisons, et les ayant trouvées justes, a acccordé leur demande et exhorte M[essieurs] les anciens de procéder incessamment à la levée desdits secours.
4. — L'assemblée, voyant la nécessité urgente où se trouvent les églises du Haut-Languedoc d'un plus grand nombre de pasteurs, charge ses députés au synode de représenter à la vénérable assemblée le besoin que nous aurions qu'elle donnât ses soins pour nous en procurer quelqu'un.
Ainsi a été conclu et arrêté les jour et an que dessus.
SiCARD, pasteur et modérateur; A. Sompairac, secrétaire. Mss. de Puylaurens et de Castres.
SYNODES PROVINCIAUX
que tout miniftre qui fe rendra coupable de rébellion contre l'ordre eccléfîaftique, fera dépofé, & [à l'art.] 5o du même chapitre qui défère le droit au fynode provincial de juger de différents crimes dont le miniftre pourrait fe rendre coupable, de même qu'à l'art. 32 du chap. V de ladite difcipline qui porte que tout pafteur & ancien, venant à rompre l'union de l'Eglife ou émouvant contention fur la difcipline, fera dès lors fufpendu par le colloque pour être procédé plus outre au fynode provincial ou national. Et vu fes propres lettres & les papiers portant grief contre lui qui nous ont été remis par les députés de l'églife de Bordeaux, nous, pafteurs & anciens du Haut- Languedoc, Haute-Guyenne, Comté de Foix, Agenais & Bordelais, députés en fynode provincial, déclarons le fieur Grenier de Barmont, furnommé Dubofc, indigne d'exercer le St-Miniftère, donnons auffi avis à nos frères en Chrift de ne plus le regarder comme miniftre fous peine d'encourir eux-mêmes les rigueurs de la difcipline.
Après les lettres écrites par M. A. Grenier de Barmont, furnommé Dubofc, qui nous ont été produites par Meffieurs les députés de l'églife de Bordeaux, de même que les papiers portant plainte contre ledit fieur André Grenier de Barmont pour être préfentés au refpedtable fynode provincial, afin d'}^ être examinés & pris en conûdération, le vénérable fynode a délibéré que, conformément à l'art. 1 1 du chap. IX de la difcipline des Eglifes réformées de France, lefdites lettres & papiers feront remis en entier, en la forme qu'ils ont été préfentés entre les mains des députés de la province, à qui le droit de convoquer le prochain fynode appartiendra; lefdites lettres & papiers font au nombre de treize pièces paraphées par notre fecrétaire.
vn.
Touchant la demande que le quartier du Montalbanais avait faite, par l'organe de fon pafteur, aux églifes du Haut-Agenais de vouloir contribuer pour la fomme de mille liv. à l'élargiffement de quatre de leurs confelTeurs qui font fur les galères, pour fait de religion, l'intention de quelques âmes charitables, qui avai[en]t déjà contribué à cette œuvre pieufe, étant de parachever en feuls l'ouvrage, ledit quartier de Montalbanais, rempli de la reconnaiflance la plus étendue, remercie les églifes de l'Agenais de ce qu'elles avai[en]t bien voulu entrer dans le plan qui leur fut préfenté touchant cette affaire.
Vin.
L'affemblée, voyant la néceffité urgente où fe trouvent les églifes de cette province d'un plus grand nombre de pafteurs, a chargé M. Sicard, pafteur, d'aller, accompagné d'un ancien, dans les provinces des Hautes-Cévennes <Sc Bas-Languedoc pour les prier de vouloir bien nous en donner quelques-uns en prêt; — lefquels députés feront le voyage aux frais & dépens de la province.
Suivant l'art. 33 du premier ch[apitre] de la difcipline eccléfiaftique des Eg[lifes] réformées de France, qui déclare que tous les miniftres, qui auront été cédés en prêt à une autre province, rentreront en la jouiffance des églifes defquelles ils feront partis, du moment de l'expiration du prêt, le refpedable fynode provincial, fatiffait & reconnaiffant des fervices de M. Viala, pafteur, appartenant aux Cévennes, a délibéré que ladite province ferait juftement priée de vouloir, touchée de nos befoins, prolonger fon congé. En conféquence d'un tel arrêté, on a chargé M. Sicard, modérateur, de leur écrire à ce fujet.
Vu le mémoire du fieur Tauron, habitant de Fernand, en Agenais, préfenté au vénérable fynode provincial, il a été convenu que l'affaire ferait renvoyée comme de droit devant le colloque.
M. Viala ne nous ayant pas donné de plus grandes lumières fur les affaires de M. Boucharel, l'affemblée a trouvé à propos de le continuer dans fa charge d'ancien.
La vénérable affemblée aftigne les quartiers du Haut-Languedoc & Comté de Foix à MM. Sicard & Armand, lorfque ce dernier fera confacré, le Montalbanais à M. Lafon, le Haut-Agenais à M. Viala, & le Bordelais à M. Sol, pafteurs.
xm.
Il a été arrêté que M. Armand, notre candidat, n'ayant pu être confacré au fynode, vu fon indifpofition, recevrait l'impofition des mains le plus tôt poftible, & que pour cet effet MM. Viala, Lafon & Sicard, pafteurs, fe rendront dans le Haut-Languedoc pour procéder à ladite confécration.
SYNODES PROVINCIAUX
La vénérable affemblée a nommé M. Lafon, pafteur, avec un adjoint à fon choix, pour faire part aux différents quartiers de cette province des nouvelles relatives au gouvernement des églifes.
M. Sol, pafteur, ayant demandé à l'affemblée une atteftation ou lettre d'envoi, fa demande lui a été accordée, confignée dans la forme ci-deffous :
« Nous, pafteurs & anciens des églifes réformées du Haut-Langue- «doc, Haute-Guyenne, Comté de Foix, Agenais & Bordelais, affem- <( blés en fynode provincial le 20® avril 1767, M. Sol, pafteur, en confé- (cquence de fon changement de quartier, nous ayant demandé une « atteftation qui fît foi de fes bonne vie & mœurs, de même que de la c( faine doctrine qu'il a prêchée pendant le temps qu'il a deffervi le (( quartier du Montalbanais, après nous en être exactement informés « avec Meflieurs les députés dudit quartier, qui ont dit n'avoir qu'a fe «louer tant de fa doctrine, de fa conduite que fes vie & mœurs, c'eft «pourquoi nous lui accordons le préfent acte & exhortons les fidèles « des églifes de Bordeaux, où il doit exercer fon miniftère, conformé- «ment à l'arrêté du préfent fynode, à le regarder comme leur digne «pafteur. Nous prions l'Etre fuprême de le couvrir toujours de fa « puifl'ante protection. ))
La vénérable affemblée a chargé le quartier du Haut-Agenais de convoquer le prochain fynode provincial & d'en donner avis aux diftrids refpeétifs de cette province.
xvn.
En conféquence de l'art. 14 du préfent fynode, il a été arrêté que MefTieurs les pafteurs des différents quartiers de cette province donneraient avis de ce qui fe pafferait de nouveau, touchant les affaires de l'Eglife, à M. Lafon.
Ainfi a été conclu & arrêté le 21'' jour du mois d'avril 1757.
SiCARD, pafteur & modérateur; J. Q. Sol, pafteur & modérateur-adjoini ; F. Viala, pafteur & fecrétaire.
Synode du Béarn'.
Au nom de Dieu soit fait. Amen.
Les églifes du Béarn, airemblées fous les yeux de Dieu ce trentième décembre mil fept cent cinquante-fept, après avoir imploré le fecours du St-Efprit, ont délibéré ce qui fuit :
Que Meffieurs Defferre & Journet, pafteurs, defferviront alternativement, trois mois chacun, le quartier d'Orthez, & trois mois chacun, le quartier de Salies.
Que les églifes, qui fe trouveront fans prédication le dimanche, Meffieurs les anciens auront foin d'affembler les fidèles, chacun dans fon diftriét, autant qu'il fera poffible, & d'y lire la parole de Dieu, faire réciter le catéchifme aux enfants, comme auffi de recueillir les deniers des pauvres à la fin de l'exercice.
I. Voilà le premier synode du Béarn. Déjà, dans la première moitié du siècle quelques prédicants avaient fait des «ouvertures» dans cette province. Le i5 mai 1753, Paul Rabaut écrivait à Court : « Une personne de confiance, que je connais très-particulièrement et qui vient du Béarn, me dit que le zèle des protestants de ce pays-là se réveille, qu'un jeune homme, nommé Olivier, qui vient d'Angleterre, y fait les fonctions de proposant, et que les fidèles demandent avec le plus vif empressement un ministre; qu'on l'a prié très-instamment de ne rien négliger pour en amener un. Vous sentez, Monsieur mon tout cher ami, combien il serait important de répondre à la demande de ces fidèles, non-seulement pour leur utilité particulière, mais aussi pour le bien de la cause commune. N'auriez-vous pas quelque sujet qui eût assez de zèle, de prudence et de capacité pour faire cette bonne œuvre ? Agissez de votre côté, et je travaillerai du mien pour procurer quelqu'un. » (Mss. Court, n** i, t. XXVI, p. 271). Cet Olivier n'était pas Jean Loire, dit Olivier, qui, malade, avait pris le parti de demander, en 1751, «son congé aux églises.» — «Je crains fort, répondit Court, que l'Olivier venu d'Angleterre ne soit crû dans un terroir bien moins avantageux. Ne serait-ce pas ce jeune fanfaron qui ne court qu'après les pistoles, né à Brignon ou aux environs, et qui fit des siennes en Provence, il y a déjà quelques années. . . Prenez un peu langue auprès de la personne qui vous en a parlé ; et, s'il le faut, pour avoir des
SYNODES PROVINCIAUX
Qu'aucun ancien ne pourra, en feul, diftribuer les deniers des pauvres que de l'avis du confiftoire dont il eft membre.
Que lorfque le bien général des églifes exigera de faire certaines dépenfes indifpenfables, chacune fera obligée d'y entrer pour fa portion, furtout après qu'elle aura été confultée fur le cas qui exige lefdites dépenfes, & non autrement.
informations plus exactes, qu'il ait la bonté d'écrire sur les lieux mêmes pour avoir toutes celles qu'il pourra se procurer. Il ne faut rien omettre pour démasquer les maîtres fripons. Ils font un mal qu'on ne saurait trop pre'venir (Mss. Court n» 7, t. XIII, p. 140 — Juin lySS). — «J'écrirai, répliqua Rabaut, à l'ami du Béarn, car il était parti lorsque je reçus votre lettre, qu'il serait à souhaiter qu'on pût y envoyer quelqu'un.» — Au commencement de lySS, la place n'était pas encore prise en Béarn. A cette date pre'cisément, le pasteur Defferre, dit Montagni, cherchait à porter son ministère dans une autre province que le Bas-Languedoc. «Vous, Monsieur et cher ami, écrivait Rabaut à Court à son sujet, qui connaissez tous les allants et aboutissants du royaume, ne pourriezvous pas le placer dans quelque province?» (Mss. Court, n'' i, t. XXVIII, p. 78.) Antoine Court répondit aussitôt que s'il était tenté d'aller faire quelque découverte en Béarn, ce serait peut-être le mieux. «Vous savez vous-même que là se prépare une moisson qui n'attend depuis longtemps que la faucille d'un ouvrier zélé, prudent et habile.» (n*' 7, t. XIII, p. 29. — i^i- mars 1755.) Defferre partit. Il fut accueilli avec une rare faveur. «Sa dernière lettre m'apprend, écrivait Rabaut, (oct. 175 5) que son commerce va de mieux en mieux: il a tenu des assemblées de 6000 personnes. Grand nombre de papistes ne vont plus à la messe. Les prêtres et les moines jettent feu et flamme. Cependant tout est fort tranquille.» En mai 1756, le synode national envoya le pasteur Jean Journet en Béarn (Art. 37), et celui-ci arriva dans la province à la fin de février 1757. Mais déjà, quelques mois avant son arrivée, le 17 oct. 1756, Defferre avait essayé de jeter les premières bases de la réorganisation générale du Béarn. «Le 17 du mois d'octobre 1756, lit-on, de l'ordre de M. Defferre-Montagni, ministre du St-Evangile, nous fûmes assemblés dans la maison Magret de Bérenx, — les sieurs de Labourdette Segalas de Baure, Lagardère, Labourdette, Serignacq tanneurs et Bareigts d'Orthez, avec eux certains habitants de Salies et d'Athos, — pour y former une espèce de consistoire aux fins des assemblées qui se feront dans chaque lieu où l'on est. Les sieurs Lagardère, Labourdette, Serignacq, anciens pour Orthez et le sieur Bareigts pour diacre, pour recevoir les aumônes qui se feront pour les pauvres et pour les distribuer, de l'ordre du consistoire, à ceux que l'on jugera en avoir besoin. Le nombre des anciens s'étant trouvé insuffisant, on nomma quelques jours plus tard les sieurs de Camu, de Maury et de Peytin pour Orthez, et Bessouat et Lacourège pour Castetarbe.» — C'est dans ces circonstances que, le 3o décembre 1737, s'ouvrit le premier synode provincial.
Que dans chaque églife, les anciens feront foigneux d'exhorter les fidèles dans les affemblées de fe tenir d'une manière décente & édifiante.
Que l'églife d'Orthez aura, dans chaque tournée que le pafteur fera dans Ied[it] quartier, deux alTemblées, & le quartier de Salles, qui comprend Baigts, Bérenx, Arthès, Lagor, Maflacq, Arance, Mont, Gouze, Biron, n'en aura qu'une.
Les églifes ayant été requifes par M. Etienne Defferre, pafteur, de lui accorder un certificat qui faffe foi [tant] de la doctrine qu'il a prêchée, que de la conduite qu'il a tenue pendant le féjour qu'il a fait au milieu d'elles, n'ont pu fe refufer à lui accorder une demande fi jufte, & qu'il a méritée par fes travaux & par fon mérite perfonnel.
Il a été convenu qu'on donnera à MM. Defferre & de Journet, pafteurs, mille liv. à chacun pour leurs honoraires, pour l'année lyôy.
Les églifes ont été taxées à payer chacune ce qui fuit :
L'églife d'Orthez 6io #
L'églife de Caftetarbe 70 )>
L'églife de Salies 480 »
L'églife de Bellocq 200 »
L'églife de Labaftide 50»
L'églife d'Athos 40 »
L'églife de Sauveterre 80 »
Les églifes de Caftagnède, de Caffaber & Carreffe . 70 »
Le hameau de Lahontan 3o »
L'églife de Bérenx 36 »
L'églife de Puyôo & Ramous 65 »
L'églife de Baigts 36 »
L'églife de Salles 70 »
L'églife d'Ozenx & Monteftrucq 30»
L'églife de Viellenave 24 »
SYNODES PROVINCIAUX. 129
Les églifes de Maflacq, Lagor, Sarpourenx & Biron . 80 #
Lendreffe & Arance 36 »
Gouze & Mont 36 »
Arthès 36 )>
Pontacq, Nay, Pau & fes annexes 100 »
Fait & arrêté ce jourd'hui 3o*' décembre lyôy.
Jean Journet, pafteur & fecrétaire.