‹ Les Synodes du DésertChapitre 13 sur 36 · PAUL RABAUT · texte numérisé non relu

PAUL RABAUT

M. Cavalier, dit Latour, pafteur, ayant demandé au nom des anciens de Téglife d'Alais fi l'appel qu'ils ont interjeté au fynode national des art. 2, 6 & 8, du fynode provincial des Hautes-Cévennes, tenu le 19^ avril dernier, doit empêcher la publication ^l'exécution des fufdits articles jufques à ce que le fynode national en ait décidé, la compagnie a répondu que ces articles doivent être publiés & exécutés nonobftant l'appel, conformément à l'art. 1 8 du chap. v de la difcipline.

La compagnie, confidérant que le grand nombre des députés, en augmentant les frais des églifes, augmente auffi les peines & les incommodités des anciens & des fidèles des environs des lieux où fe tiennent les fynodes, &: furtout le danger que court cette affemblée, elle a décidé qu'à l'avenir il ne fera envoyé qu'un de chaque églife.

Les députés des églifes de Lunel, Marfillargues & Gallargues ont, du confentement du fynode, convenu que le pafteur qui les deffervira fera autant d'aliemblées à Marfillargues Se à St-Laurent qu'à Lunel & Gallargues ; & cette première & fon annexe paieront pour l'entretien du miniftre autant que les deux autres, & pareillement Gallargues autant que Lunel, en diminuant Lunel Sl augmentant Gallargues, ainû qu'il le faudra pour former la fufdite égalité.

Sur l'appel que le confiftoire de l'églife de Junas a fait au préfent fynode de l'accommodement fait, il y a quelque temps, entre lui & celui de l'églife de Sommières, confirmé par deux colloques, portant que toutes les fois que les deux églifes f 'affembleront dans celle de Junas, celle de Sommières retirera un quart de la collecte des deniers

d'Albret avaient vu recommencer les dragonnades. Le maréchal de Thomond, qui commandait en Guyenne, avait interdit (12 oct. lySy) à toutes personnes «de se trouver ensemble en plus grand nombre que celui de cinq, non-seulement dans les endroits suspects, mais même dans les chemins. » Logements de soldats, autoda-fé de livres, condamnations aux galères, emprisonnements, rebaptisation des enfants, rien n'était épargné. « Dieu veuille avoir pitié de nous, écrivait le pasteur François, dit Germain ; aujourd'hui on a fait venir des lettres de cachet, et on a commencé à arrêter nos meilleurs associés... ; on menace de faire enlever les filles pour [les] mettre dans les couvents, de sorte qu'en toute manière notre sort ne saurait être guère plus déplorable qu'il l'est depuis bien de temps. » — Mss. Rabaut. (mai 1758.)

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des pauvres & celle de Junas tout le refte, — la compagnie a confirmé le jugement defdits colloques, & elle exhorte l'églife de Junas à approcher fes affemblées, autant qu'elle le pourra, de celles de Sommières, & cette dernière de ne pas abufer de fon droit.

Le fynode, craignant de f'expofer en continuant fes féances, a cru devoir fe féparer, & cependant, voulant que les affaires fe finiffent, il a délibéré que le plus tôt poffible, les pafteurs f'affembleront avec un député de chaque colloque, & que cette affemblée terminera tout ce qui refte à faire, avec autant d'autorité que le fynode lui-même.

Les pafteurs & les députés de l'ordre des anciens fêtant affemblés le 17^ du fufdit mois & an pour reprendre les délibérations, après avoir imploré les lumières du St-Efprit, ont arrêté ce qui fuit :

La demande faite en faveur de M. Pierre Paris que l'affemblée voulût bien le relever de l'article d'un de nos fynodes qui l'exclut du fervice des églifes de cette province, la compagnie, le relevant en effet de ladite exclufion, a délibéré qu'au cas [où] il voulût fe deftiner pour le fervice de nos églifes, il viendra y exercer les fondions de propofant pendant neuf mois; après quoi, il pourra être examiné & reçu au St-Miniftère, fil en efl jugé capable.

Ledure faite d'une lettre que M. Picard, miniftre, a écrite au fynode en date du 28^ avril dernier, la compagnie a ordonné que cette lettre fera mife en liaffe ; Se ne pouvant accorder fa demande, elle a chargé Meiïieurs de la table de lui en écrire les raifons.

Meffieurs Paul Rabaut & Redonnel, pafteurs, ont été nommés députés au prochain fynode national, & Meffieurs Jean Pradel & Pierre Encontre, pafteurs, pour fubftituts. Ont encore été élus pour députés au prochain fynode provincial des Hautes-Cévennes, Meffieurs Baftide & Allègre, pafteurs, & pour fubftituts, Meffieurs Encontre & Pierre Sauffme, auffi pafteurs. Enfin ont été nommés pour députés au fynode provincial des Baffes-Cévennes, Meffieurs Puget & Vincent, pafteurs, & pour fubftituts, Meffieurs Guizot & Pierre Sauffme, auffi pafteurs.

L'aflemblée a chargé Meffieurs les députés au fynode national de demander:

1° que les églifes de Pierremale & des Vans foient féparées de notre province & jointes à celles des Hautes-Gévennes, comme elles l'avaient toujours été jufqu'au dernier fynode national;

2" Que l'art. 17 du même national foit modifié, en forte que les innocents ne puiffent pas être confondus avec les coupables;

3^ L'exécution des art. 7 & 18 du même national concernant, l'un les cantiques facrés, & l'autre l'impreflîon de la difcipline eccléfiaftique ;

4*" S'il ne ferait pas à propos d'examiner pourquoi en certaines provinces il y a fi peu de pafteurs, & d'où vient qu'on y fait fi peu d'afTemblées ^

Qu'à l'avenir toutes les églifes contribueront aux dépenfes qui fe feront pour les profélytes néceffiteux.

Ainfi conclu & arrêté les jours & an que defTus.

Paul Rabaut, pafleur & modérât»'; Pradel, paftï- & modérat'-adjoint; Encontre, pafleur & fecrétaire; Redonnel, pafti" & fecrét^'^-adjoint.

I. C'est une allusion au Poitou. On verra plus loin que le septième synode national s'émut de la situation de cette province et qu'il lui fit offrir (Art. 14) le ministère du pasteur Sol, dit Elios.

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Synode des Hautes-Cévennes.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Le fynode des Hautes-Cévennes, [étant] alTemblé le douzième & le treizième juillet mil fept cent cinquante-huit, auquel ont affifté MM. Jean Roux, Jean-Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Henri Cavalier, Jean Martin, Jean Méjanelle du Cambon, & Pierre Vallat, pafteurs de la province; M. André Baftide, pafteur, député de la province du Bas-Languedoc; M. Jean Louis Gibert, pafteur des églifes de Saintonge% & M. Louis Figuières, miniftre; deux propofants & vingttrois anciens, députés par les églifes, — après avoir imploré le fecours de Dieu & nommé M. Jean Roux modérateur, Jean-Pierre Gabriac modérateur-adjoint, Henri Cavalier fecrétaire & Jean Méjanelle du Cambon fecrétaire-adjoint, on a conclu & arrêté les articles fuivants :

L'affemblée fynodale, ayant examiné les articles du colloque d'Alais tenu le cinquième du courant, vu le jugement, contenu dans le premier, portant dépofition de tous les anciens de ladite églife d'Alais, l'injondion qui leur y eft faite de ne plus fe mêler des affaires qui regardent le gouvernement de l'Eglife, lu [le] mémoire dont il y eft parlé & entendu toutes les raifons qui ont donné lieu à ce jugement, elle le confirme, & approuve la conduite que ledit colloque a tenue fur toute cette affaire qui eft exprimée en fubftance dans les cinq premiers articles. Elle ordonne de plus auxdits Meffieurs dépofés de remettre inceffamment aux anciens de ladite ville nouvellement élus dans cette charge, conformément à l'arrêté dudit colloque, les deniers des pauvres & ceux du miniftère qu'ils ont entre leurs mains. Outre cela, le fynode a décidé que lefdits Meffieurs dépofés, ainfi que tous ceux de leur ville ou autres endroits de la province qui favorifent ou qui

I. Le 14 juillet lySô, J. L. Gibert avait été condamné, par contumace, à être pendu par l'intendant de La Rochelle.

pourraient favorifer dans la fuite leur rébellion à l'ordre établi dans nos églifes, & le fchifme qu'ils femblent travailler à y introduire, feront fufpendus de la participation au facrement de la Ste-Cène & ne feront reçus à la paix de l'Eglife qu'après avoir donné publiquement des marques d'une fmcère repentance fur toute la conduite qu'ils ont tenue, & réparé, autant qu'il fera poffible, lefcandale qu'ils ont donné à l'Eglife & les imputations calomnieufes qu'ils font aux pafleurs dans l'écrit dont il eft parlé ci-deffus.

Uart. 6 dudit colloque d'Alais ayant renvoyé au fynode l'examen & le jugement d'un manufcrit intitulé : Conte Cévenols, l'affemblée, l'ayant lu & examiné, l'a trouvé diffamatoire & calomnieux; mais, comme ce qui fait l'objet de ce libelle intérefle non-feulement les dignes pafleurs qu'on y a en vue, mais encore tous les miniftres & toutes les églifes du royaume, elle a délibéré qu'on prierait le prochain fynode national d'examiner auffi ledit écrit, & d'impofer à M. Trélis fils, de la ville d'Alais, qui a avoué en être l'auteur, la peine qu'on croira qu'il mérite.

L'affemblée, ayant entendu le rapport qui a été fait fur la conduite que MM. les anciens de l'églife de St-André-de-Valborgne ont tenue & lu l'art, i^*" du colloque dudit St-André qui les dépofe tous de leur charge d'anciens pour caufe de rébellion opiniâtre à l'ordre eccléfiaftique, à l'exception d'un feul qui a déclaré n'y avoir aucune part, & de deux autres qui fêtaient d'abord joints aux premiers, mais qui ayant enfuite reconnu leur faute & donné des marques de repentance, n'ont été que fufpendus de leur charge pour quinze jours feulement, — la compagnie les a déboutés de leur appel & confirme le jugement dudit colloque; elle enjoint de plus à M. le pafteur du quartier de cenfurer vivement lefdits MM. rebelles fur les imputations calomnieufes qu'ils ont faites à MM. les pafleurs, concernant les délibérations qui fe prennent dans nos fynodes provinciaux. Celui-ci ordonne, outre cela, que lefdits MM. anciens dépofés & autres perfonnes qui perfévéreront dans leur rébellion feront fufpendus de la participation au facrement de la Ste-Cène, & ne feront reçus à la paix de l'Eglife qu'après avoir donné publiquement des marques d'une fincère repentance & réparé, autant qu'il fera poffible, le fcandale qu'ils ont donné

SYNODES PROVINCIAUX. iSy

à l'Eglife, ainfî que le fynode l'a déjà décidé fur un cas à peu près femblable exprimé ci-deffus, article premier.

M. Pic, propofant de nos églifes, les ayant ci-devant indifpofées pendant fon féjour au féminaire,furtoutpar fon refus d'obéir aux fommations de fe rendre parmi elles qui lui avaient été faites de la part de plufieurs fynodes & par une lettre qu'il adreffa à celui du quatrième mai de l'année dernière, — fêtant enfin rendu dans celui-ci, il lui a été permis d'expofer en détail les raifons de juftification qu'il croyait avoir par devers lui. L'alTemblée, après les avoir entendues & mûrement examinées, a trouvé qu'il y en avait quelques-unes qui diminuaient à certains égards fa faute, mais qu'elles étaient bien éloignées de le difculper entièrement; en conféquence, il a été décidé ce qui fuit : i" que ledit M. Pic ferait fortement cenfuré fur divers fujets dont il a été trouvé blâmable, principalement fur fa défobéilTance à nos arrêtés fynodaux; 2" qu'il en témoignerait fa repentance à l'affemblée & promettrait de fe conformer déformais à l'ordre établi dans nos églifes; 3^ qu'il écrira une lettre à MM. les vénérables directeurs du féminaire avec prière de la communiquer aux amis de leur voifmage, dans laquelle il déclarera que reconnaiffant préfentement qu'il avait donné de juftes fujets de plainte à nos fynodes, & qu'ils étaient fondés à procéder contre lui, ainfi qu'ils ont fait, il efl très-fâché de n'avoir pas fuivi les confeils que ces refpedables MM. amis & directeurs dudit féminaire lui donnaient de déférer auxdites fommations; 4^ que cette lettre fera remife à MM. Jean Roux & Jean Pierre Gabriac, pafteurs, pour l'examiner & lui donner cours; 5° que c'eft à ces conditions feulement & dans l'efpérance que ledit M. Pic les remplira, ainfi qu'il f'y engage, qu'on raye par cet arrêté l'art. 5 dudit fynode du quatrième mai mil fept cent cinquante-fept, drefle contre lui, & qu'on lui permet d'exercer dans nos églifes la charge de propofant jufques au prochain fynode qui jugera du temps où on pourra l'admettre aux examens; 6" enfin, que, vu fon humilité, fa foumifTion & fes befoins, on priera nos refpedables amis de lui accorder la penfion de féminarifte, pendant tout le temps dont ils l'en avaient privé à la prière dudit fynode de l'année dernière.

On rayera l'art. 4 du colloque de St-Michel-de-Dèze, tenu le douzième du courant, portant dépofition de la charge de trois anciens

pour avoir appliqué mal à propos à M. Jacques Gabriac, leur pafteur, d'avoir fait prévaloir la voix de fept à plus de trente, dans une lettre où ce pafteur n'eft cependant point nommé ; & l'on exhorte fortement tous ceux qui ont affifté audit colloque de mieux pefer à l'avenir les chofes fur lefquelles ils feront appelés à juger.

L'affemblée, pénétrée d'une vive douleur d'apprendre que certains proteftants de la communauté de St-Michel-de-Dèze ont figné une délibération où l'on déclare qu'on ignorait qu'un homme fût mort, fâchant qu'il l'était en effet, & faifant droit à l'appel de quatre anciens de l'églife du Collet-de-Dèze fur le jugement que leur colloque, tenu le deuxième du courant, a rendu fur cette affaire, elle a décidé : que tous ceux d'entre lefdits proteftants, qui font dans le cas d'avoir figné ou approuvé ladite délibération, feront fufpendus de la Ste-Cène jufques à ce qu'ils auront donné des marques d'une fincère repentance, & réparé publiquement le fcandale qu'ils ont donné à l'églife; qu'outre cela, ceux des anciens qui ont eu part à cette affaire, feront dépofés de leur charge ; 3^ qu'à l'égard des frais, qui ont été faits contre les héritiers du défunt à l'occafion de fa cote de la capitation qui a donné lieu à ladite délibération, l'on reconnaît que fi cette cote était légitimement due, ces frais doivent être fupportés par lefdits héritiers, mais que, comme la chofe n'eft pas bien claire, on charge M. le pafteur du quartier, ou le premier qui officiera dans l'églife dudit St-Michel, de fommer ceux qui ont figné ladite délibération de bien fonder leur confcience, & fils reconnaiffent que leur fauffe déclaration ait occafionné ces frais, d'en faire reftitution, — fauf à eux d'avoir recours pour le rembourfement d'une partie defdits frais auprès des proteftants qui ont approuvé la délibération dont il f'agit, quoiqu'ils ne l'ayent pas fignée.

On] confirme l'art. 2 du colloque du Collet-de-Dèze, tenu le deuxième du courant, concernant le rembourfement de certains frais qui font dus à diverfes perfonnes pour des voyages faits à des fynodes précédents; & la compagnie déboute de leur appel ceux qui Vont fait à ce fujet.

L'affemblée déboute aufli les anciens de l'églife d'Alais, qui furent dépofés dans le colloque du cinquième du courant, de l'appel

SYNODES PROVINCIAUX. i3g

qu'ils avaient fait le trentième avril dernier fur l'art. 2 du dernier fynode de la province, concernant les préféances dans les afTemblées fynodales.

La compagnie, confidérant que la Cour a toujours pris ombrage & blâmé nos affemblées religieufes tenues en rafe campagne, a réfolu de fe procurer des maifons dans tous les endroits, afin que les fidèles puiflent y rendre à Dieu leur culte public & éviter les affemblées nombreufes & trop éclatantes qui caufent ledit ombrage, ce que la difette de pafteurs n'avait encore pu prévenir ; & quoique l'on foit perfuadé que cet arrangement multipliera beaucoup leurs occupations, ils ne laiffent pas de f 'y prêter avec plaifir, dans l'efpérance que ce fera un moyen d'adoucir leur trifte état & celui de leur troupeau; cependant, fi contre leur attente & celle des églifes qui leur font confiées l'on continue à nous vexer & à criminalifer notre conduite auprès du Gouvernement, l'affemblée fynodale juge convenable & néceffaire de charger MM. les pafl;eurs de ne plus exhorter les fidèles à demeurer dans le royaume, mais de leur faire entrevoir les malheurs qui les menacent, & l'obligation où ils font, pour fe mettre à l'abri des tentations auxquelles la perfécution expofe, d'obéir à ce précepte de J[éfus]-Chrift. «Si l'on vous perfécute dans une ville fuyez dans une autre. )>

Le fynode, autant qu'il eft en fon pouvoir, prie & autorife M. Gibert, pafteur, de faire choix des maifons qu'il conviendra de prendre dans les différents endroits delà province poury affembler les fidèles; & fuppofé qu'il foit néceffaire de pourvoir au fervice de ces églifes, les pafteurs auront foin de le faire, & dans ce cas ils defferviront alternativement le quartier de celui qui fera le voyage, à moins que M. Martin, pafteur, ne p[uiffe] f 'en charger avec le fecours d'un propofant.

On a nommé à la pluralité des fuffrages MM. Jean-Pierre Gabriac & Henri Cavalier, pafteurs, pour affifter au prochain fynode national; & au cas que ces députés, ou par maladie ou par quelqu'autre accident, ne p[uiffent] fe rendre audit fynode, MM. Jean Roux & Jean Méjanelle du Cambon, pafteurs, tiendront leur place. La compagnie a auffi donné pouvoir auxdits pafteurs de nommer, conjointement avec leurs collègues, deux députés d'entre MM. les

anciens de cette province qu'ils croiront les plus propres pour aiïifter auffi audit futur fynode national, & deux fubftituts pour tenir leurs places, fuppofé que les deux qui feront nommés les premiers ne puifTent point faire leur voyage.

L'afTemblée a chargé MM. fes députés audit fynode national : i"* de déclarer que notre province ne peut point reprendre, ni en tout, ni en partie le quartier du Vivarais, dont le dernier fynode national nous déchargea, en nous ôtant un de nos pafteurs qui delTervait ledit quartier ; 2*^ de demander que toutes les provinces fe conforment, autant qu'il fera poffible, à la délibération que nous avons prife, concernant les maifons d'oraifon; y de propofer auffi que toutes les provinces, mais principalement celles du Bas-Languedoc, Baffes & Hautes-Cévennes, foient à l'avenir plus uniformes dans l'exercice de la difcipline qu'elles ne l'ont été jufques ici, furtout à l'égard de ceux qui fe marient à l'Eglife romaine, qui y font baptifer leurs enfants, ou qui décorent le devant de leurs maifons le jour qu'on appelle la Fête-Dieu.

M. Roux deffervira Lozère, Caftagnols, Chamborigaud, Génolhac, St-Andéol & Penens, le quartier du Caftanet, de la Côte, de Lherm de la paroiffe du Collet, le mas Soubeyran & le refte de la paroiffe de St-Michel jufques à La Rivière.

On a joint au quartier de M. Méjanelle du Cambon, St-Frézal [de Ventelon] & St- Privât [de Vallongue] & Rabies % Caffagnas & la haute partie de St-André-de-Lancize , bien entendu qu'à chaque vifite il ne fera obligé de convoquer qu'une feule allemblée à vingt bouches pour les deux dits endroits.

L'églife de Caffagnas, ainfi que la haute partie de St-André-de- Lancize, a été jointe au quartier de M. Vallat.

On a retranché du quartier de M. Gabriac le jeune St-Andéol, les lieux du Caftanet, de Lherm, de la Côte, paroiffe du Collet, du mas Soubeyran, paroiffe de St-Michel & le mafage des environs jufques à La Rivière 2.

1. On lit: Relvauché; mais ce doit être Rabiès qui dépend de St-Privat, ou La Roche qui dépend de St-André-de-Lancize.

2. En général, ces communes et hameaux appartiennent aux cantons de St-Germain-de-Calberte, de Pont-de-Montvert, de Barre (Lozère).

SYNODES PROVINCIAUX. 141

Il n'a point été fait de changement dans les quartiers de MM. Gabriac l'ainé & Cavalier.

M. Pic deflervira les églifes de Meyrueis, de Florac, de St-Sauveur, de Vebron, des Ronfles, de Bafl'urels, de St-André-de-Valborgne, de St-Marcel, de Saumane, & il fera pendant le courant de l'année trois affemblées pour l'églife d'Alais, & M. Gabriac l'aîné d'eux.

M. Bourbon deflervira les communautés de MoifTac, de Ste-Croix, de Gabriac, de Molezon, du Pompidou, de Barre, de St-Julien, de Lafalle, de Grizac, de Cafl'agnas, de St-Germain, de St-Martin-de- Lanfucle, de St-André-de-Lancize, de St- Privât & de St-Frézal^

M. Pierredon deflervira les quartiers de MM. Roux, Gabriac le jeune & Cavalier.

On a nommé MM. Roux & Cavalier, pafleurs, pour aflifl:er au prochain fynode du Bas-Languedoc, Se député aufli MM. du Cambon & Vallat, pafleurs, pour celui des Bafl'es-Cévennes.

L'afl*emblée charge M. Cavalier, pafteur, de lire en chaire, à l'endroit où f'afl'emble ordinairement l'églife d'Alais, les art. i & 2 du préfent fynode.

Elle charge aufli M. Roux, pafl;eur, de lire le fixième dans la première afTemblée qu'il convoquera à la place de Condelle, & le feptième aux anciens du Collet-de-Dèze, affemblés en conflftoire.

M. Gabriac, pafteur, lira dans le colloque des églifes de fon quartier l'article cinquième.

M. Vallat, pafteur, eft chargé de lire en chaire dans l'églife de St-André-de-Valborgne l'article troiflème.

Ainfl a été conclu Se arrêté lefdits jours 12® & juillet lySS.

Roux, pafteur & modérateur; Gabriac, l'aîné, pafteur & modérateur-adjoint; Cavalier, pafteur & fecrétaire.

I. Communes et hameaux des cantons de Florac et Barre (Lozère); de St-André-de-Valborgne (Gard); de Barre, de Pont-de-Montvert et de St-Germainde-Calberte (Lozère).

Synode du Vivarais et Velay.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du fynode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velay, ajjemhlé fous la proteBion divine au Déjert, dans le Haut- Vivarais, le vingt-neuvième mars mil Jept cent cinquante-huit, auquel ont ajjîjié trois pajîeurs & treize anciens, députés dejdites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit :

M. Cofte ayant paru devant l'affemblée & déclaré qu'il renonce à la convention paffée entre lui & le fîeur Jacques Gros, la compagnie, fatiffaite de fa démiffion & édifiée de l'humilité & repentance qu'il a fait paraître, a trouvé bon de ne chercher pas là-defTus de plus grands éclairciffements. Elle lève la fufpenfion prononcée contre lui & lui permet de reprendre fes fondions comme ci-devant, lui défendant d'entreprendre dans la fuite rien de fembiable & l'exhortant à fentir toute la dignité de fon miniftère & à f'en occuper uniquement.

Peirot, modérateur; Blachon, pafteur; Coste, pafteur; Vernet, pafteur & fecrétaire.

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SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Vivarais et Velay.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Ades du fynode propincial des églifes réformées du Vivarais & Velay, ajfemblé fous la proteâioji divine au Défert, dans le Haiit- Vivarais, le quinzième août mil fept cent cinquante-huit, auquel ont afjijié quatre pajîeurs & huit anciens, députés defdites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit :

La compagnie, ayant reçu avis qu'un fynode national doit faffembler dans peu de temps, fi le Seigneur le permet, a député

MM. Jean Blachon & Alexandre Vernet, pafteurs, & MM. L... &

anciens, pour y affifler avec plein pouvoir au nom & en l'autorité defdites églifes de cette province & pour y délibérer, d'un commun accord avec MM. les autres députés, fur toutes les matières qui y feront traitées, conformément à la parole de Dieu & à la difcipline des églifes réformées de ce royaume, & aux inftrudions qu'elle leur a données, promettant de f'y conformer autant qu'il fera en fon pouvoir.

M. Cofte ayant demandé à l'affemblée un congé de trois mois pour aller vaquer à fes affaires particulières, elle lui accorde fa demande & fait des vœux en fa faveur.

J. Blachon, modérateur; Peirot, pafteur; Coste pafleur; Vernet, pafteur & fecrétaire.

Synode du Haut- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes du Haut-Languedoc, Comté de Foix, Montalbanais, Haut-Agenais & Bordelais, affemblées en fynode provincial, en la perfonne de leurs pafteurs & anciens, dans le Montalbanais, le dixhuitième août mil fept cent cinquante-huit % après l'invocation du St-Nom de Dieu, ont délibéré les articles fuivants, favoir :

M. Sicard a été nommé à la pluralité des voix pour modérateur ; M. Lafon pour modérateur-adjoint; M. Viala pour fecrétaire, & M. Sol pour fecrétaire-adjoint.

Colloque du Haut-Languedoc du. 7 août iy58.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous les pasteurs et anciens des églises du Haut-Languedoc, assemblés en colloque le 7 août 1768, après avoir imploré la favorable assistance de l'Esprit de Dieu, ont été nommés à la pluralité des voix M. Sicard pour modérateur, M. Armand pour modérateur-adjoint et M. Verne't secrétaire; après, a été arrêté ce qui suit :

1. — MM. Viala et Lafon, pasteurs, nous ayant donné avis de la tenue du prochain synode, en conséquence ont été députés, à la pluralité des suffrages, MM. Julien et de Maisons, le premier ancien de l'église de Vabre et le second de l'église de Puylaurens.

2. — Le présent besoin que nous avons des pasteurs dans ce pays, le colloque supplie de nouveau la vénérable assemblée synodale d'avoir égard aux besoins et de ne rien négliger pour nous les fournir.

3. — Le colloque voyant avec surprise que les représentations, qui furent faites dans le dernier synode sur ce qu'on avait trop différé de l'instruire du temps auquel cette vénérable assemblée devait se tenir, n'ont pas eu leur effet, continue de nouveau à faire les mêmes plaintes, et prie instamment le synode de vouloir, à l'avenir, l'informer plus exactement et plus à l'avance du temps de sa teneur, comme aussi des principales matières qui doivent y être traitées, afin qu'il eût le temps d'y réfléchir et de s'y préparer convenablement.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur; Gardes, [dit] Armand, pasteur, modérateuradjoint; Vernet, secrétaire.

— Mss. de Puylaurens et de Castres.

Sur la demande qu'a faite l'églife de Bordeaux, en la perfonne de fon pafteur & de fes députés, de fe démembrer de cette province pour fe joindre à celle du Périgord, la compagnie a délibéré que, vu l'appel interjeté par M. Grenier de Barmont, dit Dubofc, & le litige qui fubfifte actuellement, ladite compagnie a renvoyé examen de cette demande jufqu' après la définition de l'affaire dudit fieur Grenier de Barmont, de quoi lefdits députés de Bordeaux ont déclaré leur appel au prochain fynode national.

Pareille demande ayant été faite par les députés de l'Agenais, la compagnie n'a pas jugé à propos de l'accorder ^

M. Sol, pafleur, ayant demandé au vénérable fynode fon congé, l'afTemblée, après avoir mûrement pefé fa demande, le lui accorda, fous condition qu'il continuera fon miniflère dans cette province jufqu' après la tenue du prochain fynode national.

(c Nous, pafleurs & anciens des églifes réformées du Haut-Lan- (fguedoc, Haute-Guyenne, Comté de Foix, Bordelais & Agenais, «affemblés en fynode provincial, le 18^ jour du mois d'août lyôS, «requis par M. Jacques Sol, furnommé Elios, pafleur defdites églifes, «de lui expédier un acte de congé, nous lui accordons à regret fa « demande, à condition qu'il demeurera toutefois attaché à notre corps, « jufqu'après la tenue du prochain fynode national; déclarons de plus « que, pendant qu'il a fait corps avec nous, fa doctrine nous a toujours «paru pure& fa conduite édifiante. Nous le recommandons à la grâce «de Dieu, & à la bienveillance des fidèles à qui il f'adrefTera.

« De notre affemblée fynodale, le jour & an que defTus : Sicard, «pafteur & modérateur; Lafon, pafteur & modérateur-adjoint; Viala, «pafleur & fecrétaire; J. Gardes, pafleur.»

Vu les lettres d'avis que la province des Baffes-Cévennes nous a données concernant la convocation du fynode national, la compagnie a député unanimement MM. Dejean & Lafon, pafteurs, & MM. Mingard & Bagel, anciens, & au défaut du dernier, M. de Laprade, ancien.

I. On verra plus loin que l'Agenais ne tarda pas à avoir ses synodes particuliers.

Vu le befoin urgent que la province éprouve de fujets dans fon fein, la compagnie, convaincue de la fageffe & du zèle de MM. les pafteurs, leur donne l'option d'appeler ceux d'entre les propofants que ladite province a dans l'étranger, & qu'il fera jugé à propos pour fervir dans les églifes en cette qualité.

Sur la queftion propofée par l'églife de Vabre, en Haut-Languedoc, fi les pafteurs peuvent fufpendre de la communion les proteftants, qui, par l'ordre des magiftrats & pour éviter la perfécution, font tapiffer le devant de leurs maifons dans le temps de la procefQon que les G. R. appellent du Corpus, la compagnie a délibéré que, le cas ayant été déjà décidé par le fynode national, il n'appartient, par cette raifon, qu'au fynode national de changer à cette décifion; c'eft pourquoi ladite propofition a été renvoyée au fynode national prochain.

Sur la propofition faite fi les pafteurs doivent fe relâcher de la févérité de l'art. 27 de la difcipline qui prononce la fufpenfîon de la Ste-Cène contre ceux qui, malgré les avertiflements charitables, f'obftinent à fréquenter les danfes&les fpedacles, fous prétexte qu'ils voyent ces amufements indifférents, la compagnie a délibéré que les art. 27 & 28 du dernier chapitre de la difcipline feraient obfervés dans leur entier, jufqu'à ce que le fynode national en aura autrement décidé.

Les pièces concernant M. Grenier de Barmont, dit Dubofc, que le quartier de l'Agenais avait en dépôt, en vertu du dernier fynode provincial, nous ont été remifes à l'exception d'une feule, qui f'eft égarée fans favoir comment; lefquelles douze pièces ont été remifes aux députés nommés pour le prochain fynode national, de même que l'ade d'appel dudit fieur Barmont audit fynode national ^

L'affemblée a chargé MM. les pafteurs du Haut-Languedoc de deffervir à l'alternative les églifes [du] Gomté de Foix.

I. Il s'agit des démêlés de Grenier de Barmont avec le pasteur Jacques Sol; le synode national de 1758 (Art. 9, 10, ii, 12 et i3) allait y mettre fin.

SYNODES PROVINCIAUX. 14

MM. Sicard, Viala & Lafon, pafteurs, ayant été chargés par le dernier fynode provincial de procéder à la confécration de M. Jean Gardes, farnommé Armand, au St-Miniftère, ils remplirent leur commiffion, le 22^ mai lySy, publiquement & conformément aux ufages des églifes réformées de France, de quoi lui a été accordé acte en la forme qui fuit :

«Nous, pafteurs des églifes réformées du Haut-Languedoc, « Guyenne & Comté de Foix, fouffignés, certifions & atteftons à tous «ceux qu'il appartiendra qu'en conféquence de la commiffion dont «nous avait chargés notre fynode provincial, tenu dans le Montalba- «nais le 20^ & le 21^ avril de l'an lyôy, nous avons impofé les mains «& reçu au St-Miniftère M. Jean Gardes, furnommé Armand, dans «une affemblée publique, convoquée à cet effet, dans le Haut-Lan- «guedoc, le 22^ mai de la fufdite année, & fuivant l'ufage établi dans « les églifes réformées de France. Nous prions Dieu de le combler de «plus en plus des dons & des lumières de fon St-Efprit, & de le tenir «toujours fous fa puifTante protedion : Sicard, pafteur & modérateur- « adjoint ; Viala, pafteur & fecrétaire ; Sol, pafteur & fecrétaire-adjoint. »

L'églife de Bordeaux ayant demandé à la vénérable affemblée, qu'au cas que la demande qu'elle doit faire au fynode national prochain d'être féparée de cette province lui foit refufée, que ladite province lui accorde un pafteur, le fynode provincial y a acquiefcé.

xm.

Suppofé que M. Grenier de Barmont, dit Dubofc, foit rétabli par le prochain fynode national, la compagnie a jugé d'une voix unanime que, vu les expreffions défavantageufes que fes procédés ont produites dans le fein de nos églifes, il ne peut pas exercer fon miniftère avec fruit & édification dans cette province; c'eft pourquoi elle prie le vénérable fynode national de ne pas nous le donner pour pafteur.

Ainfi conclu & arrêté le jour & an que deffus.

Sicard, pafteur & modérateur; Lafon, pafteur & modérateuradjoint; Viala, pafteur & fecrétaire; Sol, pafteur & fecrétaireadjoint; Gardes, pafteur.

Synode du Béarn.

Les églifes de la province de Béarn, affemblées fous les yeux de Dieu en fynode, ce dix-feptième juillet mil fept cent cinquante-huit % au nombre de vingt-fîx anciens, après avoir imploré le fecours du St-Efprit, ont délibéré ce qui fuit :

Colloque de Saintonge des i et 2 décembre ijSS.

* Au nom de Dieu. Amen.

I. Les églises de la côte de Saintonge, savoir : Marennes, Arthouan, Souhe, la Tremblade, Avallon, Paterre, Mornac, Breuillet, Royan, St-Palais, le Pouyeau, Didonne, Gozes, Gemozac, Pons, Jonzac, Mortagne et St-Fort, assemblées en colloque, le i et le 2 de'cembre lySS, assistées de MM. Jean-Louis Gibert et Etienne Gibert, pasteurs desdites églises, et d'un ancien député de chaque église, après avoir imploré le secours de Dieu, ont délibéré ce qui suit :

1. — Le colloque, ayant trouvé à propos de régler une heure pour l'exercice public des dimanches et fêtes, enjoint à chaque église de le commencer à neuf heures, pour ceux qui en feront deux, et à dix heures, pour ceux qui n'en feront qu'un, et cela pendant l'hiver, — et l'été, à huit heures, pour toutes les églises.

2. — Gomme on a jugé nécessaire pour l'édification des fidèles de faire choix des lectures qui doivent se faire dans les exercices publics, le colloque charge les anciens de chaque consistoire de convenir entre eux, huit jours à l'avance, et de faire choix des chapitres de l'Ecriture sainte, des sermons et prières qui doivent être lus, comme aussi des psaumes convenables qui doivent se chanter auxdits exercices.

3. — Vu qu'il peut souvent s'approcher de la communion des personnes qui en sont indignes, si les anciens n'y tiennent la main, et que, lorsque l'on va communier de son église dans une autre, les anciens de cette église ne s'y trouv[e]nt pas très-souvent pour les en empêcher, c'est pourquoi on juge convenable de déclarer aux fidèles qu'ils ne seront reçus à la communion que dans l'église dont ils sont membres, sans une attestation du pasteur du quartier ou des anciens.

4. — A l'avenir, on ne bénira point de mariage sans que les bans aient été publiés, conformément à l'art. 17 du chap. XIII de notre discipline.

5. — On a trouvé convenable de notifier aux fidèles l'art. 18 du chap. XI de notre discipline, pour qu'à l'avenir il soit observé. Le voici mot à mot : « Les « baptêmes seront enregistrés et soigneusement gardés en l'église, avec les noms «des pères et mères et parrains et marraines des enfants baptisés; et seront les «pères et parrains tenus d'apporter un billet dans lequel seront contenus les noms «de l'enfant, des père et mère, parrain et marraine d'icelui; et sera mis le jour « de la nativité. »

6. — On continuera le registre général avec la même exactitude, afin d'y pouvoir avoir recours, en cas que quelqu'église perdît son registre particulier; et chaque église fournira pour cet effet un mémoire exact des baptêmes et mariages; et ledit registre sera sur le papier commun, les particuliers étant en papier timbré conformément à l'ordonnance du Roi.

7. — A l'avenir chaque église n'enverra qu'un seul député aux colloques.

SYNODES PROVINCIAUX

Les églifes n'ayant que deux pafteurs ' ont délibéré, en attendant que Dieu leur en accorde un plus grand nombre, qu'ils préfideront par tour dans les affemblées fynodales.

L'affemblée a nommé pour modérateur le fieur Defferre, pafteur, & pour fecrétaire le fieur de Montefquin, ancien de l'églife d'Ozenx.

8. — Sur la demande du sieur Laur...., le colloque, du consentement du député de l'église de Cozes et des autres anciens présents, l'établit lecteur, de même que les sieurs Alery et La Rente, — bien entendu qu'ils se conformeront à l'art. 2 du présent colloque.

9. — On juge convenable, touchant les différends d'Avallon, de représenter aux deux parties qu'on a trouvé trop de vivacité de part et d'autre, et on exhorte un chacun à oublier tout ce qui s'est passé jusqu'à présent, et que les choses soient remises sur l'ancien pied, savoir que M. Busserand soit remis pour lecteur, conjointement avec Messieurs du consistoire, — bien entendu qu'il se conformera à l'art. 2 dudit colloque.

10. — Après avoir écouté et pesé mûrement différents griefs portés par quelques églises contre M. Solier, pasteur des églises de l'Angoumois, quoique absent, on a jugé convenable et nécessaire de prier ledit M. Solier de suspendre l'exercice de ses fonctions dans les églises qui composent le colloque, jusqu'à ce qu'il en ait été ordonné autrement par le prochain synode provincial, ou par les susdites églises.

11. — Quant aux plaintes portées par les anciens de l'église de Paterre, concernant le banc de la dame Busserand, laquelle a son domicile dans la paroisse de

qui est de l'arrondissement de l'église de Paterre, il a été réglé par le

colloque que le banc en question sera remis dans ladite église, au même lieu où il avait déjà été placé, trouvant en même temps convenable que ladite dame livre aux anciens de l'église susnommée la somme de 24 liv., sans y comprendre les 12 liv. qu'elle a données pour l'église d'Avallon.

12. — La proposition ayant été faite de régler ce que chaque église doit fournir pour les honoraires de Messieurs les pasteurs au nombre de trois, on a chargé Marennes à 400 liv., Arthouan à 1 5o liv., Souhe à 1 5o liv., la Tremblade à 400 liv., Avallon à 25o liv., Paterre à 200 liv., Mornac à i5o liv., Breuillet à 60 liv., Royan et St-Palais à 3oo liv.. Le Pouyeau à 120 liv., Didonne à 100 liv., Cozes à 200 liv., Gemozac à i5o liv., Mortagne à 80 liv., St-Fort à 60 liv., Pons à 200 liv., Jonzac à 33o liv.

13. — On charge chaque église de tenir un registre exact de recettes et mise des deniers, provenant des charités et collectes, lequel sera vérifié tous les six mois pour le moins.

14. — Comme les anciens sont pour diriger l'église, le colloque ordonne aux fidèles de se soumettre à leur direction et de les respecter s'ils ne veulent être regardés comme rebelles à l'ordre, sauf à eux, s'ils avaient des plaintes particulières à faire contre eux, de les communiquer à qui de droit.

15. — On recommande à toutes les églises un secret inviolable sur toutes les affaires nous concernant, et que chaque particulier se conduise avec une intelU-

L'affemblée a nommé, pour affifter en qualité de députés au prochain fynode national, le fieur Jean Journet, pafteur de la province des Baffes-Cévennes, qui nous a été prêté par le fynode national tenu dans les Hautes-Cévennes l'an lyôô, & le fieur de Labourdette Ségalas, ancien de l'églife de Salles-Mongifcard.

L'affemblée, en confirmant l'article du dernier fynode, tenu le 3o^ décembre lyôy, qui porte que, dans les églifes qui fe trouveront fans prédication le dimanche, Meffieurs les anciens auront foin d'affembler les fidèles, chacun dans fon diflrid, autant qu'il fera poffible, & d'y lire la parole de Dieu, faire réciter le catéchifme aux enfants, comme auffi d'y recueillir les deniers des pauvres à la fin de l'exercice, — en recommande très-exprelTément l'obfervation & exhorte tous les fidèles, par les compaffions de Dieu, de f'y conformer religieufement, fous peine [que] ceux qui, après diverfes exhortations à eux faites au nom de Jéfus-Ghrift, fe montreront rebelles contre l'ordre, feront pourfuivis félon la difcipline jufqu'à la fufpenfion de la Ste-Cène.

L'affemblée, déplorant la faibleffe, la lâcheté de plufîeurs fidèles qui, pour éviter certaines peines, tapiffent le devant de leurs maifons, balayent les rues ou les jonchent de rameaux, le jour de la fête du Sacrement de l'Eglife romaine, ce qui eft déférer à la créature les hommages extérieurs & religieux qui n'appartiennent qu'au Créateur, leur recommande l'obfervation des articles des fynodes tenus à Charenton, l'un l'an i63i & l'autre en 1644, de même que l'article du fynode national tenu dans les Hautes-Cévennes l'an 1748, dont lec-

gence intime, de plus qu'il y ait une parfaite union entre tous les consistoires, une correspondance amiable, un support fraternel, et s'aider mutuellement de leurs avis selon la charité qui nous est recommandée dans l'Evangile, à seule fin que tous ensemble nous puissions attirer la protection du Tout-Puissant. Amen.

Les susdits articles ayant été relus à l'assemblée, elle les a unanimement approuvés et promet de tenir la main à ce qu'ils soient observés dans toutes les églises qui composent [le colloque], et après en avoir fait deux originaux et passé par les censures charitables, chacun s'est retiré. Les pasteurs et le secrétaire l'ont signé pour l'assemblée.

GiBERT, pasteur; Gibert jeune, pasteur; Plantier, secrétaire des églises.

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