XV
L'art. 12 du dernier fynode provincial étant fujet à des inconvénients, la préfente affemblée l'a annulé, & elle ordonne qu'on fuivra, à l'égard de l'examen du pafteur & des anciens, l'ordre de la difcipline.
Ainfi conclu & arrêté le 14^ juillet 1763.
Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafteur & modérateur-adjoint; P[ierre] Encontre, pafteur & fecrétaire; S[imon] Gibert, fecrétaire-adjoint.
SYNODES PROVINCIAUX
Synode des Hautes-Cévennes.
Au nom de Dieu soit fait. Amen.
Le fynode des Hautes-Cévennes, [étant] aflemblé fous laprotedion divine, les fixième & feptième avril mil fept cent foixante-trois, auquel ont aflifté Meffieurs Jean Roux, Jean-Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Henri Cavalier, Jean Méjanelle du Cambon, Charles Bourbon & Pierre Pierredon, payeurs de la province, avec vingt & un anciens, députés par les églifes, après avoir imploré le fecours de Dieu & nommé Meffieurs Jean Méjanelle du Cambon modérateur; Jean- Pierre Gabriac modérateur-adjoint; Henri Cavalier fecrétaire, & Pierre Pierredon fecrétaire-adjoint, — on a arrêté ce qui fuit :
Que, pour détourner les jugements de Dieu, & f'attirer fa protection & fes faveurs, toutes les églifes de la province célébreront un jeûne folennel le 2 5® feptembre prochain, fuppofé que le fynode national n'en indique point avant ce jour-là.
L'églife de Bordeaux ayant adreffé une vocation à M. Henri Cavalier, dit Latour% pafteur de la province, le 2^ juillet 1762, & très-inftamment follicité l'affemblée par des lettres qui y ont été lues de le lui accorder par un congé, quelque défir qu'on eût de le retenir, on n'a pu que fe rendre aux fortes raifons qu'il a alléguées, fans preffants motifs, qui l'ont déterminé à accepter cette vocation ; en conféquence, l'on a fatiffait, quoique avec un vif regret, à fes défirs, à ceux de cette églife de Bordeaux qui réclame fon miniftère. Tous les pafteurs & toutes les églifes de la province, notamment celles qui ont été confiées à fes foins dans l'efpace d'environ quinze années, fe font un plaifir & un devoir de lui rendre les témoignages les plus avanta-
I. Il était également surnommé Chalon, et c'est de ce surnom qu'il signe plusieurs lettres adressées à P. Rabaut, où précisément il parle du désir qu'il a de quitter l'église d'Alais qu'il desservait, et des objections, et des difficultés qu'on soulevait, pour l'empêcher de réaliser son dessein.
geux, tant fur fa dodrine, que fur fa vie, en adreffant au Ciel les vœux les plus ardents pour le fuccès de fa nouvelle miffion.
On enjoint à MM. les anciens de ne porter aucune propofition en colloque, fans qu'au préalable elle n'ait été examinée & couchée par écrit dans les confiftoires, & en préfence des pafteurs refpedifs de chaque quartier.
On leur enjoint auffi de rendre compte au moins une fois par année des deniers du miniftère & des pauvres, en confiftoire & fous les yeux de quelques fidèles.
Tous les confîftoires font fortement exhortés de tenir des regiftres exaéls des baptêmes, des mariages, conformément aux décifions des fynodes nationaux fur ce fujet, & de faire rapport aux colloques & fynodes provinciaux fi ceux de leurs pafteurs font bien en règle.
Les églifes ayant unanimement demandé l'exécution de l'art. 4 du fynode dernier, concernant les extraits des regiftres des baptêmes & mariages de chaque communauté dans des cahiers féparés, MM. les pafteurs font priés de répondre le plus tôt poflible à leurs défirs à cet égard, tant pour eux que pour les pafteurs morts & abfents, dont ils ont les regiftres en leur difpofition.
Les églifes de la province ont témoigné par la bouche de leurs députés à cette alfemblée que, très-contentées & édifiées de leurs pafteurs refpedifs, elles fouhaitaient la continuation de leur miniftère.
MM. les pafteurs ayant fait fubir un examen à MM. Molines & Samuel & rapporté à l'afTemblée qu'ils les croyaient en bon état d'exercer avec fruit & édification la charge de propofant, elle a unanimement confenti qu'ils en fuftent dès à préfent revêtus, & qu'ils en touchaffent les honoraires à la St-Michel prochaine.
SYNODES PROVINCIAUX
Les églifes, fenfibles aux foins que M. Gabriac feft donnés jufqu'ici pour former des fujets en leur faveur, lui en ont demandé la continuation, & fe font engagées à le défrayer à chaque fynode des dépenfes qu'il aura faites à cet égard.
Quoiqu'on ait délibéré à la pluralité des fuffrages de MM. les anciens qu'il était permis à un colloque de refufer d'inférer dans fes ades l'appel au fynode provincial qu'un pafteur y aurait interjeté, il n'eft aucun pafteur qui foit dans l'idée que ce refus foit bien fondé, fil feft trouvé fix députés qui ont été du même avis.
Tous les membres du fynode, informés des pénibles foins que fe donnent nos illuftres & refpedables amis du pays étranger en faveur des églifes de fon reft'ort, & pénétrés à ce fujet de la plus vive reconnaiffance, ont unanimement délibéré de la leur témoigner par une lettre de remercîments qui leur fera écrite à l'ifTue & au nom de l'afl'emblée.
xn.
MM. les pafteurs ayant déclaré qu'ils fouhaiteraient qu'on leur fournît à l'avenir de quoi pourvoir eux-mêmes à leur entretien dans quelques maifons particulières de leurs diftrids refpedifs, MM. les anciens, ayant entendu leurs raifons, ont trouvé leur demande jufte & bien fondée, à la pluralité de 17 voix contre 4. Cependant elle a été rejetée par le plus grand nombre, fous prétexte que leurs églifes ne pourraient pas fupporter avec leur taxe ordinaire une telle augmentation. Ce qui n'empêchera pourtant point celles qui font en état de fournir à cette dépenfe de prendre l'arrangement dont il f'agit.
M, Roux deffervira les églifes qui compofent les communautés de Genolhac, Chamborigaud, Concoules & Vialas ;
MM. Gabriac l'aîné & Pierredon defferviront tour à tour dans le courant de l'année, pendant trois mois chacun, les églifes qui compofent la ville d'Alais & les communautés de St-Sébaftien, St-Jeandu-Pin, Souftelle, Cendras & St-Paul-Lacofte, aufli bien que celles
qui compofent la ville de Florac & les communautés de la Salle- Montvaillant, Cocurés, Bedoués, Grizac, Fraiffinet-de-Lozère, Frugères & le haut de la paroiffe de St-Maurice;
M. Gabriac le jeune deffervira les églifes qui compofent les communautés de Blannaves, Laval, la Melouze, St-Martin-des-Boubaux, St-Etienne depuis la montagne de Vieille Morte jufqu'au Pont de Brujent, St-Michel, St-Hilair,e [de Lavit], le Collet, St-Andéol, St-Frézal, St-Privat & la partie baffe de la paroiffe de St-Maurice [de Ventalon] ;
M. du Gambon deffervira les églifes qui compofent les communautés de St-Martin-de-Conconac , Saumane, Moiffac, Ste-Croix, Gabriac, St-Martin-de-Lanfufcle, St-Germain-de-Calberte, la partie baffe de St-André-de-Lancize & la rivière de St-Etienne ;
M. Vallat deffervira les églifes qui compofent les communautés de Vébron, le mandement de Rouffes, St-Laurent [de Trêves], Barre, les Balmes, le Bouquet...., St-Julien [d'Arpaon], Caffagnas, la partie haute de St-André-de-Lancize ;
M. Bourbon deffervira les églifes qui compofent la ville de Meyrueis & les communautés de Gatuzières, St-Martin-de-Gamprelade, Pompidou, Molezon, St-André-de-Valborgne & St-Marcel-de-Fonffouilloufe
M. Vallat, pafteur de la province, ayant déclaré dans le colloque de Florac que fon peu de fanté ne lui permettait pas de deffervir en feul le quartier qui lui ferait affedé, l'affemblée fynodale lui a unanimement accordé lefervice d'un propofant, à l'exception de fix affemblées pour le quartier de M. Bourbon. M. Gabriac l'aîné pourra, avec la même reftridion, difpofer du fervice de l'autre.
Ceux d'entre les pafteurs qui ont été déchargés de certaines églifes retireront la moitié de la taxe qui y fera impofée à la St-Michel prochaine, & celles dont ils ont été chargés leur payeront auffi la moitié de la leur.
Un ancien de l'églifc des Plantiers, préfent à un fynode de la province tenu le 'z"" juillet 1760, ayant écrit à M. du Cambon, pafteur,
I. On doit lire (p. 140) au lieu de «vingt bouches» Vimbouches, village de la commune de St-Frczal de Ventalon.
SYNODES PROVINCIAUX
le 9® février dernier, qu'il fe rappelait que lui & tous fes collègues avaient dit à une perfonne des chofes contraires à un arrêté qui y fut pris, — l'afTemblée, inftruite que l'auteur de cette imputation calomnieufe fen était rétradé Se excufé dans un colloque, fe contente de charger M. Bourbon, pafteur, de déclarer en chaire dans ladite églife ce qui feft pafTé à ce fujet pour la juftifîcation de Meiïieurs les pafteurs.
Sur la queftion propofée pour favoir fi un pafteur doit refufer de bénir le mariage d'un homme qui avait été marié avec une fille avant l'âge de puberté, fous prétexte qu'il n'a point cohabité avec elle & que rOfhcial a rendu les parties libres, la compagnie a jugé à propos de renvoyer ladécifion d'un cas fi délicat au prochain fynode national, & elle charge fes députés à cette affemblée de fe munir, en attendant, de toutes les pièces nécelTaires à ce fujet.
xvm.
Quelques particuliers de l'églife de Meyrueis ayant fait rapport aux anciens qu'on les accufait de pervertir les deniers du miniftère, ils font fommés de défigner en plein confiftoire ou en préfence de deux ou trois de fes membres les auteurs de cette calomnie, afin qu'on les y fafie paraître pour faire devant un certain nombre de fidèles une réparation dont le pafteur fera publiquement part à ladite églife, afin que Meffieurs les anciens foient juftifiés authentiquement.
Certains membres du confiftoire de St-Sébaftien ayant fait propofer au fynode de permettre que les affemblées religieufes qui fe tiendront à l'avenir dans leur églife foient convoquées tour à tour dans trois endroits différents, on n'a pas jugé convenable de rien innover à l'ufage établi depuis plufieurs années dans ladite églife fur le fujet dont il f'agit.
On ne changera rien non plus à cet égard par rapport aux églifes du Collet, de St-Michel & de St-Andéol, mais on y tiendra le même nombre d'affemblées qu'auparavant & aux places accoutumées.
Un particulier de la campagne de Meyrueis ayant demandé, par un mémoire, quelque afi'emblée en faveur des fidèles de fon endroit &
des environs, on a rejeté cette pièce comme n'ayant point été préfentée en colloque; mais on exhorte cependant le confiftoire dudit Meyrueis de pourvoir au fervice de ces fidèles d'une manière convenable.
Il fera impofé fur les églifes de la province pour l'année courante, qui écherra à la St-Michel prochaine, trois mille fix cent une
livres, favoir :
pour fept pafteurs à 400 liv 2800 #
pour le fervice de fix mois de M. Latour 200 »
pour deux propofants à 1 10 liv 220 »
pour frais à faire au fynode national à 25 liv. par quartier. 176 »
pour dépenfes imprévues 140 »
pour port de lettres 42 »
pour partie de la penfion viagère accordée à la veuve d'un
pafteur 24 »
36oi »
De laquelle fomme totale de 36oi livres
le quartier de M. Roux paiera 446 -H-
Ceux de MM. Gabriac l'aîné & Pierredon, ou la
demi-paye des églifes dont ils ont été chargés . . i23i » 2 f
Celui de M. Gabriac le jeune 474 w 7 »
Celui de M. du Cambon 474 w 7 »
Celui de M. Vallat 474 » 7 »
Celui de M. Bourbon 5oi » 17 »
36oi » o »
Meiïieurs les anciens de l'églife de St-André-de-Valborgne ayant
employé 62 liv. de leur taxe de l'année dernière à un ufage différent de celui qui eft prefcritpar l'art. 21 du fynode des i2*& i3® mai 1762, on a délibéré qu'ils doivent être cenfurés & rembourfer néceffairement ladite fomme.
Cette province a député au prochain fynode national, d'entre les pafteurs, MM. du Cambon & Roux, & à leur défaut, MM. Gabriac l'aîné & Bourbon, & d'entre les anciens, MM. F..., de l'églife d'Alais
SYNODES PROVINCIAUX
& N..., de celle de St-Julien, & à leur défaut, MM. C..., de l'églife St-Marcel, & B..., de celle de Meyrueis.
Lefdits députés font chargés de prier cette vénérable aflemblée:
1° d'enjoindre à tous les pafteurs du royaume de tenir en leur particulier des regiflres des baptêmes & mariages, outre ceux que chaque églife doit garder par devers elle ;
'2P d'ordonner aux églifes d'être uniformes fur les temps que leurs anciens choififTent pour recueillir les deniers des pauvres dans les affemblées religieufes ;
3** de recommander aux provinces l'exécution des art. 28 & 29 du fynode national de l'année lyôS, concernant les étudiants qu'elles envoient au féminaire ;
4" de délibérer fi dans chaque province on doit tenir les colloques par députés, conformément à l'art. 3 du fynode tenu dans celle-ci, les i^"" & 2^ juillet 1761 ;
5° de ne pas joindre à ladite province la petite églife de Peyremale ^ ;
6^ d'accorder à l'églife d'AIais le territoire de la dépendance [du château] d'Avennes & du hameau de Valz pour y tenir fes affemblées religieufes ;
7° de décider le cas dont il eft fait mention ci-defTus, art. 17.
Ainfi a été conclu & arrêté dans notre affemblée fynodale, lefdits jours 6^ & 7^ avril 1763.
MÉJANELLE DU Cambon, pafleur & modérateur; Gabriac aîné, pafteur & modérateur-adjoint ; Cavalier, pafteur & fecrétaire ; PiERREDON, pafteur & fecrétaire-adjoint.
I. Petite commune du canton de Bessèges (Gard), dont il est souvent question, parce que les pasteurs du Bas-Languedoc couraient de nombreux périls pour s'y rendre, et parfois improprement écrite Pierremale.
Synode du Haut- Languedoc.
Au nom de Dieu. Amen.
Les églifes réformées du Haut- Languedoc ^ , Haut & Bas- Comté de Foix, affemblées en fynode provincial fous la protedion de Dieu, le vingt-quatrième mars mil fept cent foixante-trois, auquel ont affifté en qualité de députés MM. Sicard, Gardes & Sicard le jeune, pafteurs, avec fix anciens, & cela pour le Haut-Languedoc & [le] Haut & Bas-Comté ; MM. Lafon Se Crebeffac, pafteurs, avec quatre anciens, lefquels, après l'invocation du St-Nom de Dieu, ont délibéré & arrêté ce qui fuit :
L'affemblée a nommé, à la pluralité des voix, M. Lafon, pafteur, pour modérateur, & M. Sicard, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune pour fecrétaire, & M. Crebeflac, pafteur, pour fecrétaire-adjoint.
Sur la propofition que les églifes [du] Haut & Bas-Comté de Foix ont faite fi on pouvait fe difpenfer de tapiffer le devant des maifons, le jour appelé la Fête-Dieu, l'aft'emblée les renvoie à l'art. 18 du fynode national tenu en 1768 & aux décifions de la difcipline.
Ayant appris que dans les églifes de Saverdun Se Mazères il y avait des perfonnes qui toléraient que leurs enfants aillent à la meffe, l'affemblée, juftement indignée d'une telle conduite, les exhorte à ne
I. Sur le Montalbanais, on a une lettre du mois de décembre lyôS qui contient quelques détails intéressants : «Nous jouissons ici, Dieu merci, y est-il dit, d'une tranquillité parfaite. La campagne s'assemble dans des lieux fixes et en plein jour tous les dimanches, ce qui est au su de tous, magistrats et autres, de même que les faubourgs de Montauban. Pour ce qui est des villes, on s'y assemble aussi régulièrement tous les dimanches, à l'entrée de la nuit, dans des lieux loués et affectés ad hoc. Nos baptêmes et mariages ne souffrent plus d'obstacles. Point d'enlèvement d'enfants. Ainsi nous aurions mauvaise grâce de nous plaindre des procédés actuels des Puissances et magistrats établis sur nous.» Mss. Rabaut, III, B. p. 274.
SYNODES PROVINCIAUX
plus le faire dans la fuite, fous quelque prétexte que ce foit, fous peine d'être fufpendus de la communion '.
Les députés [du] Haut & Bas-Comté de Foix ont repréfenté que M. Figuières, miniflre, fans aucun égard à ce qui fut ftatué contre lui dans notre dernier fynode provincial du i8^ février 1762, continuait de troubler leurs églifes, foit en y fomentant de nouvelles divisons, foit en y exerçant fon miniftère, foit en f'y conduifant d'une manière fcandaleufe. Vu l'art. 2 dudit fynode & plufieurs pièces qu'ils ont produites, & entendu lefdits députés tant à ce fujet que fur la citation légale qu'ils lui ont faite de fe trouver au préfent fynode, à laquelle il n'a point déféré^ & lefdits députés retirés, la matière mife en délibération par M. le modérateur-adjoint, il a été unanimement décidé que M. Figuières eft blâmable ; ce faifant, il lui eft fait inhibition & défenfes d'exercer fon miniftère dans aucune des églifes de cette province, fous quelque caufe ni prétexte que ce foit, à peine d'être dépofé , & au furplus il eft enjoint aux anciens des églifes dudit Haut & Bas-Comté de tenir la main à l'exécution du préfent arrêté, êc aux fidèles de f'y conformer, fous peine contre les anciens d'être dépofés de leur charge & les fidèles d'être fufpendus de la communion.
Vu la lettre de furfis pour le fynode national, qu'on a reçue au point qu'on allait ouvrir les féances, il a été délibéré d'écrire inceffamment à la province du Bas-Languedoc pour la prier d'en accélérer la tenue.
I. Les anciens de Mazères avaient établi une école protestante dans leur maison d'oraison. Le clergé connut la chose, et la dénonça au marquis de Gudannes qui commandait dans le comté de Foix. Il manda les deux instituteurs. — « On m'a écrit de toutes parts, leur dit-il, que vous aviez dressé une école protestante. Huit lettres que voilà m'ont fait des plaintes à ce sujet. J'en ai tous les jours les oreilles rebattues. J'ai voulu savoir de vous-mêmes si le fait était vrai. — Ils répondirent que oui. — Eh bien, reprit M. de Gudannes, je vous ordonne de discontinuer cette école; instruisez vos enfants chacun dans vos maisons; mais n'allez pas affronter les ignorantins; on m'a écrit que votre école est vis-à-vis la leur; cela n'est pas bien.... Vous êtes attachés à votre religion; vous voulez la transmettre à vos enfants; cela est bien raisonnable; mais instruisez-les dans vos maisons et non dans une école publique.» — Mss. Rabaut (janvier lyôS).
L'affemblée a nommé à la pluralité des voix pour afîifter au prochain fynode national, en qualité de députés, MM. Sicard & Sicard le jeune, pafleurs, & pour leurs fubftituts MM. Lafon & Gardes, aufTi pafteurs; MM. Roffelotis & Pomier, anciens, & pour leurs fubftituts MM. Lopie & Cofte, auffi anciens.
MM. Etienne Faure, furnommé Gerfon, & Louis Bonifas, furnommé Laroque, originaires du Haut-Languedoc, & étudiants dans ladite province, ayant demandé à la vénérable affemblée l'agrément d'aller au féminaire pour y perfe6lionner leurs connaiffances, elle leur accorde leur demande, fous la condition que quand ils feront appelés, ils viendront deffervir les églifes de cette province, conformément à la promefTe qu'ils viennent d'en faire ; en conféquence, on écrira à nos illuftres amis du pays étranger pour les prier de les admettre audit féminaire, & de les faire jouir des avantages qui en font une fuite, en daignant leur accorder l'honneur de leur proteélion.
Les députés au prochain fynode national prieront la vénérable alfemblée de vouloir accorder quelque fecours à Madame la veuve de
S , de l'églife des Bordes, en Comté de Foix, vu que ce quartier fe
trouve dans l'impoffibilité de pourvoir à fes befoins.
Il a été arrêté que le prochain fynode provincial fe tiendra dans [le] Comté de Foix.
Ainfi conclu & arrêté le mars 1763.
Lafon, pafteur & modérateur; Sicard, pafteur & modérateuradjoint ; Sicard le jeune, pafteur & fecrétaire ; Crebessac, pafteur & fecrétaire-adjoint.
Synode du Béarn.
Au nom de Dieu. Amen.
Les églifes du Béarn, affemblées fous le bon plaifir de Dieu au Défert, le dixième mars mil fept cent foixante-trois, au nombre de deux pafteurs & vingt-deux anciens, après l'invocation du St-Nom de Dieu, on a élu, à la pluralité des fuffrages, le fieur Etienne DefFerre, pafteur, pour modérateur, & pour modérateur-adjoint le fieur Jean Journet, pafteur, & pour fecrétaire D. L...., ancien de l'églife de Salies.
La proportion ayant été faite à l'affemblée fynodale, laquelle repréfente toutes les églifes de la province, par Monfieur DefFerre, pafteur, de vouloir agréer un enfant que Dieu lui a donné pour le préfenter au St-Baptême, l'affemblée, en acceptant unanimement ladite propofition, a nommé D. L... ., a[ncien] de l'églife de Salies, pour le préfenter au nom de la province.
A l'égard des fidèles qui refufent de payer aux pafteurs ce qu'ils avaient accoutumé de leur payer pour leurs honoraires, quoiqu'ils foient en pouvoir de le faire, l'affemblée, déplorant leur ingratitude, les exhorte à remplir leur devoir à cet égard ; & fils refufent de fe foumettre à l'autorité de la difcipline, les fufpend de la Ste-Cène.
L'églife de Caftagnède fera jointe déformais avec l'églife de Labaftide, qui payeront pour leur portion, favoir : celle de Labaftide 40 liv., & celle de Caftagnède, 6 liv. pour la fienne.
L'églife de Carreffe avec celle de Caffaber ne formeront qu'une feule églife, à raifon de leur petit nombre, & payeront entre toutes les deux 45 liv., favoir : Carreffe, 25 liv., Se Caffaber, 20 liv.
On f'eft aperçu qu'il règne dans nos affemblées religieufes, pendant la ledure de l'Ecriture fainte, du chant des pfaumes & de la récitation du catéchifme, beaucoup d'irrévérence & d'indévotion. L'alfemblée, vivement pénétrée de cet abus, exhorte & conjure les fidèles de fen corriger' ; elle charge les pafteurs de cenfurer vivement ceux qui fe comporteront indécemment à l'avenir, pendant qu'on célèbre nos faints exercices.
Conformément à l'art. p[remier], qui porte que la province fe charge de l'enfant que Dieu a donné à M. Defferre, pafteur, [elle] a été baptifée dans l'alfemblée par led[it] fieur Etienne Defferre, miniftre de Jéfus-Chrift, & a été préfentée au baptême au nom des églifes de la province par D. L. ancien de l'églife de Salies, & a été nommée Elifabeth, née le 21^ novembre dernier, fille légitime dud[it] fieur Etienne Defferre & de demoifelle Elifabeth Imbert.
Fait & arrêté lefd[its] jour Se an que deffus.
Defferre, p»' & modérateur; Journet, modérateur-adjoint; L., fecrétaire.
I . Le synode était sévère. Court de Gébelin, qui parcourut le Béarn quelques mois plus tard, au mois de septembre, écrivait: «J'étais toujours de plus en plus étonné de la politesse des Béarnais, de leur savoir-vivre, de la bonté de leur caractère, de leur ardeur pour la religion et de tout ce qu'ils ont souffert pour elle avant les ministres, et de leur lumière sur cet article; des mères élevant elles-mêmes leurs enfants avec un succès étonnant; et ces enfants répondant dans ces assemblées avec un empressement des plus vifs et à l'envi. On y est sept heures dans ces assemblées, sans impatience, avec plaisir; il est donc tard quand on en revient, et on finit le reste du jour d'une manière qui leur fait beaucoup d'honneur ; aussi les catholiques respectent dans ce pays à présent les réformés et les aiment; le parlement lui-même a beaucoup de penchant pour eux.» — Mss. Rabaut II, B. septembre 1763.)
Synode de Saintonge;, Angoumois, Périgord, Bordelais et Agenais.
Au nom de Dieu. Amen.
Aâes du fjnode provincial de Saintonge, Angoumois, Bordelais, Périgord, Haut & Bas-Agenais, tenu les dix-huitième, dix-neuvième & vingt & unième mars, mil fept cent foixante-troisK
Les églifes de Saintonge, Angoumois, Bordelais, Périgord, Haut & Bas-Agenais, affemblées en fynode fous la protection du Seigneur, le dix-huitième, dix-neuvième & vingf & unième mars mil fept cent foixante-trois , après avoir imploré l'illumination de l'Efprit faint, ont délibéré ce qui fuit :
On a nommé, à la pluralité des fuffrages, Meffieurs Dugas pour modérateur; Viala, dit Germain, pour modérateur-adjoint; Etienne Gibert pour fecrétaire, & Solier pour fecrétaire-adjoint, tous pafteurs de la province.
Colloque de Saintonge et Angoumois du 24 février ij63.
Au nom de Dieu. Amen.
I. Le colloque des églises de Saintonge et Angoumois, assemblé le 24 février 1763, après avoir imploré le secours du St-Esprit, a délibéré ce qui suit :
1. — A la pluralité des suffrages, on a élu, M. Dugas, pasteur, pour modérateur; M. Martin, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Jarousseau, pasteur, pour secrétaire, et M. Richard, ancien, pour secrétaire-adjoint.
2. — M. Gibert l'aîné, ayant pris le parti de s'expatrier, sans demander et obtenir son congé des églises, contre ce qui est prescrit par le chap. i^r de la discipline, art. 22, la compagnie a décidé qu'il ne lui sera plus permis d'y revenir pour y exercer son ministère, qu'au préalable il n'en ait obtenu le consentement desdites églises.
3. — Sur la proposition qui a été faite si l'on devait chercher à éclaircir plus particulièrement les bruits qui se sont répandus en le public contre M. Gibert l'aîné, au sujet de l'enfant dont la fille de chambre de Madame de la Porte, de Gémozac, accoucha, le mois de juillet dernier, l'assemblée est d'avis que, vu l'expatriation dudit sieur Gibert, il n'est pas à propos d'entrer dans cette discussion.
4. — Vu l'heureuse tolérance que notre bien-aimé Monarque daigne nous accorder depuis quelques années au sujet de la profession extérieure de notre sainte
M. Renouleau, pafteur, ayant été taxé par plufieurs perfonnes de la ville de Tonneins d'avoir qualifié M. Viala, pafteur, d'indolent & M. Dupuy la Lande^ propofant, d'entêté, lefdites accufations ayant été affirmées par ferment, ledit M. Renouleau n''a pas voulu contredire une pareille autorité ; en conféquence, quoi qu'il ait dit ne fe rappeler pas de f'être fervi de ces termes, il confent de paffer condamnation, & a témoigné de la mortification, foit defdits termes, foit des reproches trop vifs qu'il a faits aux fufdites perfonnes, & les prie de les oublier.
religion, et l'espérance où nous sommes qu'il nous continuera les mêmes bontés, desquelles nous travaillons de plus en plus à nous rendre dignes par notre zèle à son service et par notre attachement inviolable pour notre chère patrie, — le colloque improuve et blâme très-fortement la conduite de M. Gibert l'aîné, ainsi que celle de ceux qui, à sa sollicitation ont donné dans son sens, jusqu'à vouloir s'expatrier avec lui, persuadés que l'on ne doit prendre ce parti que lorsque l'on se trouve dans le cas dont parle notre Sauveur, quand il dit: «Lorsque l'on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre », ou lorsqu'on a de justes sujets de craindre qu'on le sera dans la suite.
5. — Le nommé Sérisier nous ayant manifesté qu'il n'était plus dans le dessein de continuer ses études, il a été décidé que l'on ne lui payerait plus dès aujourd'hui la pension que les églises lui faisaient dans cette vue, et qu'en conséquence l'on en informerait incessamment M. de Riollet qui payait cette pension, afin qu'il ne le fasse plus.
6. — On donne pouvoir à MM. les pasteurs de convoquer le synode provincial prochain, d'en déterminer le temps et le lieu, et d'en informer les députés qui doivent^y assister.
7. — On a nommé à la pluralité des suffrages pour assister en qualité de députés au prochain synode provincial avec MM. les pasteurs: pour le quartier de l'Angoumois, M. Laffond, de St-Genis, et pour son substitut M. Voix Fombelle, de St-Preuil; pour le quartier de Royan, M, Thomas dudit lieu, et pour son substitut M. Lambert, de St-Fort; pour le quartier de La Tremblade,M. Richard, d'Etaule, et pour son substitut M. Daunis, de Puyraveau ; pour le quartier de Marennes, M. Roulleau, de St-Fort, et pour son substitut M. Ficgallet, de St-Jean d'Angle.
8. — A l'avenir, les colloques ne seront composés que des pasteurs et de deux anciens de chacun de leurs quartiers respectifs.
9. — L'assemblée, pénétrée de douleur d'apprendre que dans bien des endroits la jeunesse s'est livrée, pendant le carnaval dernier, à des excès au sujet de la danse et des plaisirs mondains, exhorte et enjoint aux pasteurs et aux anciens, ainsi qu'aux pères et aux mères de tenir la main pour que pareils excès n'aient plus lieu, et surtout pour réprimer toute sorte de mascarades.
10. — La compagnie, informée qu'il y a dans quelques églises des anciens qui négligent de se rendre aux assemblées consistoriales, ainsi que de remplir les devoirs essentiels de leur charge, leur enjoint de mieux s'en acquitter à l'avenir ; faute de quoi, leurs consistoires procéderont contre eux suivant l'exigence du cas.
11. — Sur le rapport qui a été fait que plusieurs personnes faisant profession
SYNODES PROVINCIAUX
Sur la demande qui a été faite de la part des fidèles du quartier de Nérac d'être annexés au colloque du Haut-Agenais & deflervis proportionnellement au nombre de pafteurs de ces diftrids, l'airemblée, approuvant cette demande, l'accorde dans fon entier.
Sur l'avis de la prochaine tenue du fynode national, on a nommé pour y affifter, en qualité de députés de cette province, d'entre les
de notre sainte religion ne se rendent aux exercices religieux que lorsqu'il y a un prédicateur, et que bien d'autres ne se comportent pas dans la maison de Dieu avec décence et d'une manière relative aux sentiments de respect et de vénération qu'on doit avoir pour tout ce qui regarde le culte divin, l'assemblée, pénétré de douleur à ce sujet, exhorte et enjoint les pasteurs et les anciens de faire tout leur possible pour prévenir ces irrégularités et ces abus.
12. — L'assemblée, informée que dans plusieurs églises les registres de baptêmes et de mariages ne sont pas signés régulièrement par les pasteurs qui ont officié, enjoint aux consistoires des églises de faire en sorte de remédier incessamment à cet inconvénient, en faisant signer [par] chacun des pasteurs qui sont actuellement dans le pays les articles qui les concernent; et à l'égard de ceux dont les pasteurs sont morts ou absents, on charge le pasteur de chaque quartier de donner à ces articles la plus grande authenticité dont ils seront susceptibles.
13. — La compagnie enjoint tant aux anciens qu'aux fidèles de se conformer à l'art. 5 du chap. X de la discipline, qui porte que, pour prévenir toutes sortes de superstitions, on doit s'abstenir de faire aucune prière ou prédication ou aumônes publiques à l'occasion des enterrements.
14. — Comme il peut être essentiel en bien des occasions d'avoir un registre mortuaire, le colloque est d'avis que, dans chaque église, on en tienne un sur papier timbré; et on exhorte pour cet effet tous les fidèles chefs de famille de remettre exactement chacun à l'ancien de son quartier un état de ceux de sa famille qui viendront à décéder, où il sera fait mention du jour de leur mort, de leur nom, âge, qualité, etc., lequel registre sera signé à chaque article de deux témoins, autant que faire se pourra.
15. — Vu les circonstances actuelles, la compagnie ne peut point avoir égard à la demande de l'église de La Tremblade, exprimée dans les art. 2 et 3 de son mémoire, tendant à se procurer un pasteur pour elle seule, ou conjointement avec les églises d'Avallon et Paterre.
16. — L'assemblée autorise M. Daunis, de Puyraveau, de retirer le plus tôt qu'il pourra le restant de la somme de 600 liv. que quelques églises avaient prêtées à M. de Riollet, sauf audit sieur Daunis, après avoir reçu ladite somme, d'en faire compte au marc la livre aux églises qui l'ont fournie, suivant l'état qu'elles en produiront.
17. — Chaque pasteur recevra les honoraires de toutes les églises de son quartier suivant leur taxe ordinaire ; bien entendu qu'ils remettront le surplus de 1000 liv. qui leur ont été assignées à chacun, savoir M. Martin à M. Guédon; M. Jarousseau à M. Decourt; M. Solier à M. Roulleau et M. Dugas à M. Delongueville, lesquels dépositaires seront tenus d'en rendre compte, ainsi qu'il en sera délibéré par qui il appartiendra.
pafteurs, MM. Dugas&Gibert jeune; pour leurs fubftituts, MM. Martin & Viala; d'entre les anciens M. Gerbet, de la ville de Bergerac, & M. Laffon, de St-Genis, & pour leurs fubftituts M. Delbech, d'Iffigeac, & M. Richard, d'Etaulle.
L'églife de Bordeaux ayant expofé le befoin qu'elle a de deux pafteurs pour fa defferte, la compagnie lui donne le pouvoir d'adreffer une vocation à M. Cavalier, dit Latour, pafteur dans les Hautes- Cévennes, & charge fes députés au prochain fynode de prier cette vénérable affemblée de l'accorder aux demandes de cette églife ^
18. — M. Jarousseau ayant exposé et fait voir qu'il se trouve lésé de 5o liv. pour satisfaire ses honoraires, et que M. Gibert l'aîné s'en trouverait 60 liv. plus que sa taxe, on autorise ledit sieur Jarousseau de s'en faire faire compte par ledit sieur Gibert.
19. — Sur les fortes représentations qui ont été faites par les députés de Jonzac touchant les pertes considérables que cette église a supportées jusqu'à aujourd'hui au sujet de la religion, la compagnie la décharge d'un tiers de sa taxe des honoraires, jusqu'à ce qu'on puisse se procurer un cinquième pasteur.
20. — On recommande l'observation de l'art. 17 du colloque du i5 avril 1761 à toutes les églises, et notamment à celle de Souhe et du Port-des-Barques qui ne l'ont pas observé avec exactitude jusqu'à présent ; à défaut de quoi, ils seront censurés.
21. — Les églises d'Avallon, Pons, Mortagne et St-Fort ont remboursé à M. Dugas chacune 3 liv., pour la portion des avances qu'il avait faites à l'acquite des églises de Saintonge en général, selon qu'elles ont été taxées au dernier synode au sujet de la pension de Mad[ame] veuve Bétrine pour l'année 1762.
22. — M. le modérateur écrira à M. Etienne Gibert pour savoir s'il nous a expédié les 3o exemplaires de la Discipline qui nous revenaient, et à qui il les a adressés.
23. — Le député du quartier de La Tremblade au prochain synode représentera à cette assemblée le besoin où se trouve le sieur Jacques Dumas, étudiant au séminaire, pour qu'elle y ait égard.
24. — MM. les pasteurs, ou anciens en leur absence, feront à la tête de leurs églises la lecture des art. 4, 9, 1 1, 1 3 et 19 du présent colloque, et en recommanderont l'observation.
25. — L'église de Mornac, avec son pasteur, est chargée de la convocation du colloque prochain.
Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.
Dugas, pasteur et modérateur; Martin, pasteur et modérateur-adjoint; Jarousseau, pasteur et secrétaire; Richard, ancien et secrétaire-adjoint.
— Mss. de Jarnac.
I. C'est à cette demande que, sans s'engager. Cavalier répondit, (Sept. 1763), qu'il était touché des sollicitations dont il était l'objet et qu'il ferait tout son possible pour y répondre. — Mss. de Bordeaux.
SYNODES PROVINCIAUX. 298
Leséglifesdu Haut-Agenais ayant repréfenté que, dans différents temps, elles avaient contribué pour l'entretien de plufieurs féminariftes aduellement pafteurs dans le Haut-Languedoc, la prochaine affemblée fynodale nationale fera priée d'y avoir égard & d'ordonner qu'il foit cédé aux fufdites églifes, en conféquence de la demande qu'elles en font, un defdits pafteurs, ou qu'on les indemnife de ce qu'elles ont avancé pour cet objet.
Les députés au fynode national font chargés de communiquer à cette vénérable affemblée les art. 8 & 9 du fynode de cette province, affemblée le i^'' & 2^ juillet 1760 ; les art. 3, 17, 20 & 24 de celui qui fe tint le 2^ & 3^ juin 1761, & les art. 10 & 17 du fynode de ladite province, affemblé le 29^ & 3o^ avril 1762; ils la prieront de les prendre en confîdération.
Les dépenfes que feront les députés au prochain fynode (f. n.), pour remplir leur miffion, feront réparties fur toutes les églifes de la province au marc la livre,à raifon des honoraires que chaque quartier paye à fes pafteurs.
M. Picard, pafteur, ayant demandé fon congé à la province dans le fynode provincial tenu le i"" & le 3^ juillet 1761, requérant en même temps la nomination d'un commiffariat pour examiner fes raifons qu'il ne trouvait pas à propos de confier à toute l'afTemblée, fa demande lui fut accordée; les commiffaires, en conformité de leur plein pouvoir &du congé que ledit M. Picard avait obtenu des églifes du Périgord qui lui étaient affedées, lui permirent de remplir les engagements qu'il avait pris en fon particulier avec l'églife de La Rochelle, & lui enjoignirent de fe trouver au prochain fynode de la province lors de la tenue de ladite affemblée; ledit M. Picard f'excufa de f'y trouver, fous prétexte que fon comité ne l'avait pas trouvé à propos; en conféquence de cette rébellion contre l'ordre de ladite affemblée fynodale du 29® & 3o® avril 1762 cenfura fa conduite comme contraire à la difcipline & lui enjoignit de fe rendre dans les églifes du Périgord, dont les députés requirent le miniftère, & MM. les modérateurs furent chargés de l'exhorter de fe foumettre à
cette délibération ; mais ledit fieur Picard n'a eu aucun égard, ni à l'invitation qui lui a été faite par M. Dugas, pafteur de la province, de fe trouver à la préfente affemblée. Comme une telle conduite eft diamétralement contraire à l'ordre, & que ledit M. Picard n'a point eu d'égard aux fommations de la province, la compagnie, ne voulant pas procéder contre lui félon la rigueur de la difcipline, par la crainte de multiplier les violations, prie le prochain fynode n[ational] d'en connaître & d'en juger.
Les églifes du Périgord ayant requis le miniftère de M. Dugas, pafteur, l'affemblée n'a pas cru devoir condefcendre à leur demande.
Les députés du Périgord ont protefté contre le préfent article & en appellent au prochain f[ynode] n[ational].
Les Meffieurs Dupuy, propofants, feront admis aux examens au commencement de juillet prochain, pour être enfuite confacrés, fils font trouvés compétents pour cela. Se on leur permet de refter jufqu'alors dans le quartier qu'ils trouveront à propos, fans être aftreints à aucune fondion de leur charge.
MM. Dugas, Martin, Solier, Gibert jeune, Jarouffeau, Renouleau & Boutiton, pafteurs, font chargés des examens des MM. Dupuy ainfi que de leur convidion,de même que de leur affigner un quartier à chacun jufqu'au fynode provincial prochain.
Le f[ynode] n[ational] prochain fera prié d'afligner deux pafteurs aux églifes du Périgord, vu l'extrême befoin où elles fe trouvent & la difficulté qu'il y a pour les pourvoir dans la préfente affemblée; on autorife pour cet effet les députés à faire les repréfentations convenables à ce fujet.
XÏV.
Il eft licite aux anciens de faire la collede pour les pauvres & de publier les bans dans les fociétés religieufes, quoiqu'il ne f'y trouve point de pafteurs.
SYNODES PROVINCIAUX
M. Liard, féminarifte, fera admis au nombre des propofants de la province, au cas que MM. du comité de Laufanne rendent un témoignage avantageux de fes mœurs & de fa capacité.
Sur la demande des députés du Périgord qu'on rembourfât à leur quartier [les] avances qu'il a faites en faveur de M, Dupuy la Lande pendant fon féjour au féminaire, l'afTemblée refufe d'y avoir égard, vu que, il ledit fieur Dupuy ne doit pas être affedlé aux églifes du Périgord, il refte dans la province qui les pourvoira de pafteurs proportionnellement au nombre de fujets qu'elle a dans fon fein.
M. Lanne, dit Dubois % de la ville de Bayonne, fêtant rendu dans la préfente affemblée & ayant demandé qu'on examinât les pièces dont
Colloque de l'Agenais du 3 mai ijôS.
Au St-Nom de Dieu.
Les églises de Tonneins-Dessous, St-Germain, Puch, Monheurt, Grateloup en Agenais, assistées des fidèles, notables et autres, s'y étant joints par leurs de'putés les fidèles du quartier de Nérac en Condomois, assemblées ce jourd'hui, trois mai mil sept cent soixante-trois, sous la protection du Seigneur, y ont délibéré ce qui suit :
I. — Savoir que le sieur Dubois, proposant au St-Ministère, actuellement dans la présente assemblée, sera envoyé dans l'étranger, pour y être consacré au St-Ministère, et que le voyage et toutes les dépenses pour lui et pour les personnes qui l'accompagneront seront faites aux frais communs desdites églises. (Fait et arrêté au Désert ledit jour et an que dessus.) Pour revenir desservir les susdites églises, et le tout de son consentement, comme il constate par sa signature et son approbation.
De plus, il est convenu que ledit sieur Dubois, à son arrivée, après sa consécration, sera présenté au plus prochain synode pour y recevoir la main d'association ; au refus dudit synode, lesdites églises déclarent se séparer totalement dudit tribunal.
Dubois; Metge, ancien; Henry Arthaud, ancien et secrétaire; PoMARÈDE, ancien; Bergereau, ancien; Couzin, diacre; Lagrange Ranquetan, ancien de l'église de Puch; Estaubes, ancien de St-Germain; Tillet, ancien de Monheurt; Du BouRDiEu; Demichel, ancien de Grateloup; Lafreneste; Beaujon; Gimet; Catuffe; Vidouze; Labenne de Pelousan; Bergereau; Fournie jeune; Toulouze; Rigaud; Pomarède; Rolland jeûne; Boscasde Catuffe; Aubié ; Jaunet; Passet; Brethon; Laperche aîné; Noguès; Des Barat; Dupouy David petit; Danza; Des Barat aîné; Dupouy; Sourbé; Pallix; Montet; Mensa aîné; Montet; Bréau ; Metge; Taurou, député de Nérac; Arthaud neveu.
— Collection Marquis-Sébie.
2g6 LES SYNODES DU DÉSERT.
il eft muni pour fe juftifier de plufieurs imputations à fa charge, fa demande lui a été accordée ; il a produit en fa faveur un témoignage authentique de Laufanne du 5^ avril 1761, un autre femblable du fynode du Béarn, aiîemblé le 19® mars 1762, ainfi que plufieurs atteftations de fraîche date de quelques anciens de ladite province. On lui a oppofé plufieurs lettres poftérieures aux deux premiers témoignages
Colloque de l'Agenais du 5 octobre i'j63.
Au St-Nom de Dieu.
Les églises de Tonneins-Dessous, Grateloup, Puch, Monheurt en Agenais, assemblées ce jourd'hui, cinq octobre mil sept cent soixante-trois, assistées des notables d'entre les fidèles et les chefs des consistoires, pour prendre en considération le résultat de la précédente délibération de l'autre part écrite, ont délibéré ce qui suit, savoir :
1. — Qu'en conséquence de ladite délibération, M. Lanne, dit Dubois, s'étant transporté dans l'étranger pour se faire consacrer au St-Ministère, il l'aurait été en effet, suivant l'acte qu'il en a rapporté et duquel, tous ceux qui composent cette assemblée, ont pris communication, daté de Cothen dans le pays d'Anhalt, en Haute-Saxe, du seize août mil sept cent soixante-trois, signée : P. Lorient, V. D. M. et prédicateur de la Cour du prince d'Anhalt-Cothen, et D. Dubuy, gouverneur des pages de Son Altesse Sérénissime, Monseigneur le prince régnant d'Anhalt, et J. Coairehourcq, député des églises de la province du Béarn, et J. Corbun, député des églises de Tonneins, et plus bas par ordre des églises avec sceau et armes en cire rouge.
2. — En conséquence de quoi, ladite assemblée a délibéré par pluralité des voix que mondit sieur Lanne, dit Dubois, restera pour desservir lesdites églises, et qu'il sera prié de ce faire, et qu'il sera pourvu incessamment au remboursement des avances qui ont été faites, tant pour son voyage dans l'étranger que pour son séjour et retour ensemble pour de celui qui l'a accompagné dans son voyage.
Et attendu qu'il n'y a ici présent aucun député des églises de Nérac, il a été aussi délibéré qu'ils seront sous bref délai priés de vouloir bien accéder à la présente délibération, qui leur sera à cet effet communiquée; leurs églises devant être également desservies par mondit sieur Dubois.
3. — Il a été de plus délibéré que, suivant ce qui fut résolu, la dernière assemblée, il sera, le plus tôt que faire se pourra, demandé la tenue d'un synode, afin que M. Dubois y soit présenté pour y recevoir la main d'association, le tout relativement à la précédente délibération.
Fait et arrêté les an, mois et jour susdits.
Laperche aîné; Beaujon; Fauché jeune; Brethon;
Arthaud; Labarthe; Fournie jeune; Sourbé;
H. Frellé; Galup; Bertrand; Toulouze; Petit;
Jammes; Dupouy; Dupuy; Bergereau; Laporte;
Metge; Baire; M. Sarrust; Montet; Paul
Couzin; Jean Sibadie; Aubié; Passet fils aîné;
Mensa; Jorry; Dupray; V. Lartigue; Demichel;
Couzin; Ladeux ; Metge; Henry Arthaud;
Lafreneste; Bergereau; Dupouy; Tillet.
— Collection Marquis-Sébie.
SYNODES PROVINCIAUX. 297
ci-defTus indiqués, qui le noirciffent de crimes odieux. Il a nié tous les faits allégués dans lefdites lettres & donné des raifons de récufation contre ceux qui les ont écrites ; l'affemblée, ne voulant porter aucun jugement déhnitif que fur des preuves de la dernière évidence, charge M. le fecrétaire de prendre les informations les plus exades auprès de MM. du comité de Laufanne, & prie ces refpedables amis d'avoir la bonté de fe prêter à ces éclairciffements ; en attendant, la compagnie enjoint de la manière la plus expreffe audit fieur Dubois de n'exercer aucune fondion de chaire ou autre qui ait trait au St-Miniftère, fous quelque prétexte que ce foit, & au cas que ledit fleur Dubois puilTe réuffir à fe juflifier, on confent qu'il foit accordé aux fidèles du quartier de Nérac, conformément à leur demande. Les pafteurs examinateurs de MM. Dupuy jugeront de la fuffifance des éclairciflements qu'on aura à ce fujet*.
M. Taurou, député des fidèles de Nérac, ayant requis le rembourfement de i56 liv. que ce quartier avait remifes au confiftoire de Clairac pour les honoraires de M. Grenier, dit Dubofc, ci-devant pafteur du Haut-Agenais, alléguant pour raifon que les pafteurs dudit quartier du Haut-Agenais n'ont fait aucune vifite chez eux jufqu'aujourd'hui, l'aflemblée ne trouve point cette demande jufte, attendu que lefdits fidèles ont profité dans divers temps, foit pour baptêmes, mariages, ou aflemblées religieufes, [du] miniftère defdits pafteurs.
L'églife de Tonneins-Deffous nous ayant député un de fes membres pour porter des plaintes contre M. Viala, pafteur du Haut- Agenais, il a été jugé néceffaire de renvoyer l'examen des plaintes de ladite églife & de la juftification dudit M. Viala à un commiffariat, vu que les parties foutiennent des faits contradidoires qu'on ne peut vérifier que fur les lieux; en conféquence, l'affemblée a nommé pour
I. C'étaient les commencements de divisions qui agitèrent, pendant de longues années, les églises de l'Agenais et même celles du Béarn où Lanne comptait quelques partisans. Bien qu'elles n'offrent peu d'intérêt, la correspondance des pasteurs du Désert est pleine du bruit de ces dissensions, dont l'histoire n'a à se préoccuper que pour montrer quelles passions, même en face de l'ennemi commun, soulevait dans ce petit monde de persécutés le sentiment tenace de leurs droits et de leur indépendance individuelle.
examiner cette affaire Meffieurs Dugas & Gibert, Jean, pafteurs, avec MM. Gibert & Laffon, anciens, & leur donne pouvoir d'en connaître & décider définitivement.
M. Viala^ pafleur, efl prié de fufpendre fes fondions paflorales jufqu'à ce qu'il fe foit pleinement juflifié de tout ce qu'on lui impute, de laquelle juftification les commiffaires nommés à l'article précédent jugeront.
Les anciens de l'églife de Tonneins-Deffous, & ceux qui fe font joints à eux, ayant fait prêcher M. Lanne, dit Dubois, contre ce que prefcrit la difcipline Se contre la défenfe particulière qui leur en avait été faite par M. Viala, ayant aufTi fufpendu ledit M. Viala des fondions de fon miniftère fans appeler aucun pafleur voifm, contre ce qui efl prefcrit par la difcipline, l'affemblée, à caufe de tous ces griefs, les cenfure fortement en la perfonne de leur député, les fufpend de leur charge & laifTe aux commiffaires nommés pour examiner les accufations portées contre M. Viala la liberté de les réhabiliter ou de leur infliger de plus grandes peines, fils trouvent que le cas y échoit.
Le député des anciens de Tonneins-Deffous a dit interjeter appel au prochain fynode national de tout ce qui a été délibéré dans la préfente affemblée le concernant.
xxm.
Les fidèles dépendant de cette province font exhortés & même enjoints à former des fociétés religieufes tous les dimanches, quoiqu'ils n'aient point de pafleurs. Ils obferveront de f'affembler de jour par préférence, & les anciens font fommés d'y tenir la main ^
I. Le 3o septembre de cette même année, le parlement de Bordeaux rendit un arrêt qui ordonnait de raser une maison d'oraison où se rendaient les protestants d'Eymet, en Périgord, et qui condamnait à 1000 écus d'amende ceux qui à l'avenir loueraient ou vendraient des maisons aux protestants, pour y tenir leurs assemblées. « La Saintonge, écrivait cependant le pasteur Gibert, est toujours souverainement tranquille. » Comme on demandait au premier président Le Berthon, pourquoi le parlement de Bordeaux avait rendu cet arrêt contre le temple d'Eymet, il répondit qu'on «n'avait pas pu faire autrement, par certaines raisons; mais qu'il n'en fallait augurer rien de funeste.»
SYNODES PROVINCIAUX. 299
Sur la demande des églifes du Périgord, on charge les députés au fynode national de prier cette vénérable affemblée de ftatuer fur l'art. 28 de notre Confeiïion de foi au fujet du baptême des enfants proteftants aux églifes romaines.
Le fynode national prochain fera prié de décider quel confeil on doit donner à une femme réformée qui, fêtant mariée avec un catholique romain, l'empêche de pratiquer les devoirs que la religion prefcrit.
Le colloque du Haut-Agenais eft chargé de la convocation du prochain fynode provincial.
Ainfi conclu & arrêté ledit jour & an que deffus.
DuGAs, pafteur & modérateur; Viala, pafteur & modérateuradjoint; GiBERT jeune, pafteur & fecrétaire ; Solier, pafteur & fecrétaire-adjoint.