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VUI

Vu le refus que les églifes de Lourmarin & de la Vallée, en Provence, font de payer à M. Puget, pafteur, les honoraires de trois mois qui lui furent accordés l'année dernière pour faire des remèdes, ils lui feront payés par la province.

Ayant été propofé à l'affemblée fil était permis de bénir le mariage d'entre un homme & fon arrière-nièce, il a été répondu que non, conformément au chap. xvni, ver. 17 du livre du Lévitique, la décifion de la difcipline, chap. xm, art. 11, & du fynode national de Vitré, i583.

La matière des tentures ayant de nouveau été mife fur le tapis, la compagnie, après la difcufTion du fujet, confirme les règlements faits par nos précédents fynodes, qui fufpendent de la participation de la Ste-Cène ceux qui ornent le devant de leurs maifons le jour de la Fête-Dieu, & exhorte les pafleurs de f'y conformer, malgré les clameurs des proteflants relâchés. M. Jean Roux, notre cher frère, pafleur des Hautes-Cévennes, nous ayant expofé la conduite qu'il tient dans fon diflrid contre lefdits décorateurs, elle a été hautement approuvée &. trouvée conforme à celle des pafteurs de cette province.

Le colloque de Montpellier ayant demandé fil était abfolument néceffaire de tenir des affemblées colloquales dans l'intervalle d'un lynode à l'autre, fans qu'il y ait des affaires qui les requièrent, il a été répondu que non.

Sur la demande faite par l'églife de St-Geniès, concernant les fêtes folennelles, le pafteur du quartier eft autorifé par cette affemblée à prendre les arrangements qu'il trouvera convenables, fans que perfonne ait le droit de fe plaindre à cet égard.

Pour prévenir les troubles & obvier aux autres grands inconvénients qui réfulteraient de la demande de l'églife de Nîmes & des prétentions refpedlives de MM. Vincent & Puget, pafteurs, la compagnie, après avoir mûrement réfléchi fur les moyens d'y remédier, a délibéré à la pluralité des fuffrages que M. Paul Rabaut, pafteur, & un propofant feraient feuls affe6lés à cette églife pour cette année, le préfent arrêté ayant été pris en l'abfence de M. Paul Rabaut, qui avait prié l'alTemblée de lui permettre de fortir & de n'y avoir aucune part.

M. Vincent, pafteur, ayant requis qu'ade fût paffé de la déclaration que MM. les députés de l'églife de Nîmes ont faite, portant qu'ils n'avaient aucune plainte à faire contre lui, ni à l'égard de la doôlrine, ni à l'égard des mœurs, l'alfemblée a répondu avec plaifir à la demande.

Sur les repréfentations du confiftoire de l'églife de Nîmes, tendant à la faire décharger d'une partie de fa taxe du miniftère, la compagnie, confidérant que d'autres églifes ont fait la même demande, charge les pafteurs & anciens qui feront la répartition des importions de la province d'avoir égard aux moyens refpedifs des églifes qui la compofent, d'y procéder félon leurs lumières & leur équité.

L'églife de Junas fera partagée en deux, dont l'une fera compofée de Junas & Aujargues, & l'autre de Congeniès & Aubais; la première

SYNODES PROVINCIAUX. 223

fera du colloque de Sommières, & la dernière du colloque de Maffillargues.

xvn.

L'églife de Boucoiran fera déformais du colloque de Nîmes. Ainfi conclu & arrêté les jours & an ci-deffus.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafteur & modérateur- adjoint ; Bastide, pafteur & fecrétaire ; GuizoT, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synode des Hautes-Cévennes.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Le fynode des Hautes-Cévennes, affemblé fous la protection divine les premier & deuxième juillet mil fept cent foixante-un, auquel ont aflifté Meffieurs Jean Roux, Jean Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Henri Cavalier, Jean Mejanelle du Cambon, Pierre Vallat & Jean Pic, pafteurs de la province; Meiïieurs André Baflide & Pierre Puget, pafteurs de la province^du Bas-Languedoc; Meffieurs Paul Marazel & Paul Dalgue, pafteurs de la provinces des Bafles-Cévennes ; vingtcinq anciens députés par les églifes, — après avoir imploré le fecours de Dieu & nommé Meffieurs Henri Cavalier modérateur ; Jacques Gabriac modérateur-adjoint; Jean Pic fecrétaire & Jean Mejanelle du Cambon fecrétaire-adjoint, on a conclu & arrêté ce qui fuit :

Que toutes les églifes de la province f'humilieront extraordinairement en la préfence de Dieu, & que pour tâcher de fléchir fon courroux, qui efl depuis longtemps li juftement allumé contre elles, il fera célébré un jeûne folennel le vingt-cinquième octobre prochain, conformément à la délibération qui en a été prife dans le fynode du Bas- Languedoc & des Baffes-Cévennes.

La province du Haut-Languedoc ayant fait prier la nôtre de lui accorder un pafteur à titre de prêt pour une année, on aurait fort fouhaité de pouvoir répondre favorablement à fa demande; mais le preffant befoin que nous avons de tous ceux qui font aduellement parmi nous, nous empêche de fatiffaire à cet égard fon défir & le nôtre.

Sur la propofition du colloque de Lozère & conformément à la difcipline & a l'ufage établi depuis plufieurs années dans les provinces du Bas-Languedoc & des Baffes Cévennes, il a été délibéré que toutes les églifes de la nôtre feront partagées en trois colloques

Le premier fera compofé des églifes fuivantes & leurs annexes : Alais, St-Sébaftien, St-Paul-Lacofte, Blannaves, St -Martin -des- Boubaux, Le Collet-de-Dèze, St-Michel-de-Dèze, Genolhac, Gaftagnols & St-Frézal.

Le fécond, de celles de St-Germain-de-Calberte, Ste-Croix-de- Vallée-Françaife, Moiffac, St-Martin-de-Gorconac, St-André-de-Valborgne, St-Marcel-de-Fonfouilloufe, St -Martin- de - Gamprelade & St-Flour-du-Pompidou.

Le troifième, de celles de Meyrueis, Florac, Lozère, St-Julien, Gaffagnas, Barre, Vébron & le mandement de Rouffes.

Et dans chacun defdits colloques, il fe trouvera trois pafteurs & douze anciens députés par les confifloires de fon reffort, autant qu'il fera poffible d'y en envoyer un pareil nombre.

L'affemblée [étant] informée que la Difcipline eccléjîajîiqiœ avec les objervaiions & les conformités de Monfieur de Larroque avait été imprimée, & que la province eft chargée par le fynode national de mil fept cent cinquante-fix d'en prendre huitante exemplaires, il a été décidé que le diftricl de chaque pafteur en fera inceffamment retirer à fes frais douze à l'exception de celui de Monfieur Roux qu'on a repréfenté ne pouvoir en prendre que huit. Meflieurs les pafteurs font fortement exhortés de faire en forte que leurs confiftoires refpedifs faffent à ce fujet toute la diligence poffible, pour les raifons qui ont été allégués en préfence de tous les députés.

SYNODES PROVINCIAUX

Divers colloques ayant fait repréfenter que la reddition des comptes des deniers des pauvres & de ceux du miniftère qui fe faifait chaque année dans les colloques, en vertu de l'art. 9 du fynode de mil fept cent quarante-neuf, emportait fouvent un temps confidérable, qui manquait enfuite pour traiter des autres affaires qui font du reffort defdits colloques, — & fupplié la compagnie de permettre que cette reddition fe faffe à l'avenir dans les confiftoires, en préfence des principaux membres de chaque églife que l'on jugera à propos d'inviter à f 'y trouver, on a acquiefcé unanimement à cette proportion.

Le fynode a approuvé & confirmé le jugement rendu dans l'art. 9 du colloque d'Alais, tenu le feizième juin dernier, & ordonne au confifloire de ladite églife de le mettre en exécution à moins que les perfonnes, impliquées dans la malheureufe & affligeante affaire qui a donné lieu à ce jugement, ne fe rendent aux nouvelles exhortations qui leur feront inceffamment adreffées.

VIT

La fufdite églife d'Alais ayant fupplié l'affemblée dans l'art. 4 de fon colloque dudit jour, feizième juin dernier, d'ordonner qu'elle fera déformais delfervie par Monfieur le palleur du diftricl, à proportion de fa taxe du miniftère, il a été unanimement délibéré que la moitié des affemblées qui fe tiendront dans ledit diftrid fe feront en faveur de ladite églife, y compris celles des jours de fêtes folennelles, un quart pour celle de St-Sébaftien, & l'autre quart pour celle de St-Paul- Lacofte.

Meffieurs Gabriac l'aîné & Vallat, pafteurs, ayant produit un écrit où il eft fait mention de certains articles qui furent réfolus dans le confiftoire de Meyrueis le même jour que le colloque de ladite églife & des autres qui lui font annexées avait été convoqué, — mais auquel la pluie empêcha les anciens de ces de'-niers de fe rendre, — ces articles néanmoins arrêtés, portant d'un côté que ladite églife eft contente & très-édifiée du miniftère de Meftieurs fefdits pafteurs & demandant cependant, d'un autre côté, au fynode qu'un des deux circulât avec le pafteur de St-André-de-Valborgne, la compagnie a trouvé qu'il y avait une contradidion manifefte dans la demande de

ladite églife, puifqu'après avoir témoigné être latiffaite de fefdits pafteurs, elle a demandé l'alternative de l'un ou de l'autre avec celui dudit St-André, ce qui a paru marquer un certain mécontentement de ces deux refpedables & dignes pafleurs & qui a déterminé ces derniers à demander d'être déchargés de la defferte de ladite églife. Le fynode, prenant en confidération les raifons qu'ils ont alléguées, leur a accordé leur demande, & il a enjoint aux anciens dudit confîftoire d'obferver à l'avenir plus de régularité & d'exaditude dans l'ordre qui doit être fuivi.

Lefdits Meffieurs Gabriac Se Vallat, ci-devant pafleurs de ladite églife de Meyrueis, fêtant plaints qu'elle ne les avait fatiffaits qu'en partie, touchant leurs honoraires de l'année échue à la St-Michel dernière, l'affemblée lui enjoint de f'exécuter inceflamment, pour que lefdits Meffieurs touchent au pluftôt ce qui leur eft dû, & de faire compter auffi à M. Rouvière, ancien propofant, 22 liv. que M. Martin, pafteur, lui avait déléguées fur elle en l'année mil fept cent cinquante-huit.

M. Pic, pafteur, follicité par la compagnie de fe charger de la defferte de ladite églife de Meyrueis, il a confenti qu'elle fût jointe à celles qu'il deffervait l'année dernière, à condition que MM. Sabatier & Roche, propofants, feraient affeêlés à fon diftrid pendant fix mois chacun ; ce qui lui a été accordé.

Toutes les autres églifes de la province ayant témoigné être contentes & édifiées du miniftère de leurs pafleurs & en ayant demandé la continuation, il n'a été fait de changement dans aucun quartier que celui qui efl énoncé dans l'article précédent.

La taxe du miniflère & autres importions échéant à la St-Michel de chaque année, tous les confifloires font fortement exhortés de prendre les précautions néceffaires pour fe mettre en état de la payer audit terme.

Un député du diflriél de M. Gabriac l'aîné ayant repréfenté que les difciples de ce pafteur l'expofaient fouvent à certaines dépenfes, &

qu'il conviendrait que toutes les églifes de la province y eulfent quelque égard, la juftice de cette propofition ayant été unanimement reconnue par tous les membres de l'affemblée, on aurait fort fouhaité de trouver dans les églifes des moyens de donner à ce digne pafteur de[s] témoignages de reconnailTance proportionnés aux foins qu'il fe donne depuis longtemps pour leur procurer de bons fujets ; & elle Ta prié d'accepter i5o liv., qui feront réparties par égales portions dans les fept départements de Mefïieurs les pafteurs& payées à laSt-Michel prochaine.

M. Roux, pafteur, n'ayant pu, à caufe de fon âge, fe chaiger que de deux ou trois églifes qui ne font pas en état de payer leur contingent de toutes les importions, il a été arrêté qu'elles ne payeront, pour l'année qui écherra à la St-Michel prochaine, que 442 liv., favoir : 400 liv. pour les honoraires dudit pafteur, 22 liv. pour le feptième de i5o liv. mentionnées dans l'article précédent, & 20 liv. pour le feptième des 144 liv. impofées pour les dépenfes imprévues.

Uéglife de Florac ayant requis l'affemblée de la difpenfer de [ne] faire à l'avenir bourfe commune, touchant les deniers des pauvres, qu'avec les villages de la Salle, Montvaillant &: de la Valette, cette demande lui a été accordée.

Le député de l'églife de Lozère ayant demandé que la taxe du miniftère qu'elle paye ordinairement fût diminuée, il n'a pas été jugé à propos de lui accorder fa demande ; feulement il a été réfolu qu'au temps de l'impofition M. le pafteur du quartier affemblera les anciens & principaux fidèles de ladite églife 6c que ladite taxe fera exactement répartie félon les moyens & facultés de chacun.

Il fera impofé dans les églifes de la province pour l'année courante qui écherra à la St-Michel prochaine, 0490 liv., favoir :

Pour Meffieurs les pafteurs au nombre de fept

à raifon de 400 liv. pour chacun .... 2800 #

Pour trois propofants 33o

Pour M. Gabriac l'aîné , . • ibo »

Pour les dépenfes imprévues i44#

Pour partie de la rente viagère accordée à la veuve d'un pafteur par le dernier fynode

national 24 )>

Pour port de lettres 42 »

de laquelle fomme totale de 8490 liv., le quartier de M. Roux en payera 442 liv., chacun des autres 5o8 liv.

xvm.

Meffieurs Gabriac l'aîné & du Cambon, pafteurs, affifteront en qualité de députés de nos églifes au prochain fynode de celles du Bas-Languedoc & Meffieurs Cavalier & Pic, auffi pafteurs, à celui de la province des Bafles-Cévennes.

Ainfi conclu & arrêté en fynode, lefdits jours 2^ juillet 1761.

Cavalier, pafteur & modérateur; Gabriac, pafteur & modérateur-adjoint; Pic, pafteur & fecrétaire.

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SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Vivarais et Velay.

Au nom de Dieu. Amen.

Ades du fjnode provincial des églifes réformées dit Vivarais & Velay, ajfemblé fous la proteâion divine au Déjert, dans le Haut- Vivarais, le quinzième d'avril mil fept cent foixante & un, auquel ont ajjifté trois pajleurs & dix anciens, députés dejdites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit :

L'affemblée a vu avec plaifir les témoignages qui ont été donnés à M. Fauriel, dit Laffaigne, par les vénérables diredeurs du féminaire. En conféquence, elle le reçoit au nombre des propofants de cette province; elle lui permet de prêcher en cette qualité & fait bien des vœux en fa faveur.

Peirot, pafteur-modérateur; Vernet, pafteur & fecréf^; J. Blachon, pafteur.

^St

Synode du Haut- Languedoc'.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes du Haut-Languedoc, Montalbanais, Comté de Foix & Agenais, affemblées en fynode provincial le troifîème juin mil fept cent foixante & un, dans le quartier de Montauban, auquel ont affifté, en qualité de députés, MM. Sicard, Gardes & Sicard le jeune, pafteurs du Haut-Languedoc, avec deux anciens chacun; M. Lafon, pafteur du Montalbanais, avec deux anciens ; MM. Viala & Rochette, pafteurs de l'Agenais, avec deux anciens, & M. Figuières, pafteur d[u] Comté de Foix, avec deux anciens; lefquels, après l'invocation du St-Nom de Dieu, ont délibéré & arrêté ce qui fuit :

L'afTemblée a nommé à la pluralité des voix M. Sicard, pafteur, pour modérateur, & M. Viala, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Gardes, pafteur, pour fecrétaire, & M. Rochette, pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

I . Sous ce titre : « Précis du synode tenu dans le Montalbanais le 3« juin 1 76 1 », il existe une autre version qui complète certains articles de ce synode.

Synode du Montalbanais du 3 juin lyôi.

M. Dejean, [Sicard], modérateur; M. Viala, adjoint; MM. Armand et La Rochette, secrétaires.

Après la prière et autres formalités requises, le sieur Lafon s'étant levé, [a] demandé d'être libéré des églises du Montalbanais, et en même temps [il] a supplié la vénérable compagnie de lui procurer place pour exercer son ministère. La compagnie, vu le consentement desdites églises, a accordé au sieur Lafon sa libération.

Sur la plainte faite par certains anciens d[u] Haut-Comté de Foix, que le sieur P^iguières, sans aucun sujet ni aucune formalité, les avait déposés et proclamés pour lancer contre eux l'excommunication, la compagnie, ayant examiné le tout, a trouvé que le sieur Figuières avait tort et a arrêté que lesdits anciens seront rétablis en leur charge, et que ladite proclamation ou excommunication serait nulle et de nul effet.

Sur ce que le sieur Figuières, accompagné des députés d[u] Bas-Comté, ayant demandé à la compagnie un adjoint pour lui aider à desservir les églises d[u] Comté, la compagnie a arrêté que le sieur Lafon desservirait les églises d[u] Haut-Comté et le sieur Figuières l[e] Bas, et que lesdites églises n'auraient rien

SYNODES PROVINCIAUX

La vénérable compagnie a trouvé à propos d'atfeder à l'avenir les églifes d[u] Bas-Comté de Foix à M. Figuières, pafteur, pour les delTervir, & lefdites églifes formeront un colloque à part.

en commun, mais que l[e] Bas-Comté aurait son colloque et l[e] Haut le sien à part.

Sur les repre'sentations faites par les de'pute's des e'glises d'Agenais d'être de'membrées de la province, vu l'éloignement, et que cela leur cause de grands frais pour les voyages qu'il faut faire pour aller aux synodes, et demandent en outre la continuation du ministère des sieurs Viala et La Rochette, — la compagnie a déclaré que la demande desdites églises d'Agenais, touchant leur démembrement de cette province, est juste; elle le leur accorde avec la continuation du ministère du sieur Viala tant seulement, et elle a arrêté que le sieur La Rochette resterait pour desservir les églises du Montalbanais.

Sur la demande faite par les députés des églises de Montauban d'avoir un ministre en leur particulier pour desservir tant seulement dans la ville et non pour la campagne, la compagnie leur a répondu que, s'ils voulaient consentir à être démembrés du corps de cette province, alors il leur serait permis de se pourvoir des ministres comme ils aviseraient, non autrement; lesquels, après quelques contestations, ont acquiescé à être démembrés, tant pour eux que pour le Montalbanais. Arrêté qu'on paierait à la v[euve] de M. Bétrine la pension de 24 liv. que la province lui fait tous les ans, avec trois années des arrérages qui lui sont dus.

Sur ce qu'on a écrit du pays étranger à M. Armand qu'il y avait actuellement sous presse deux cents exemplaires de la Discipline ecclésiastique avec de nouvelles annotations, la compagnie avait arrêté qu'elle s'engageait à en prendre un pour chaque consistoire de la province.

Colloque du Haut-Languedoc du 6 mai ij6i.

Nous, pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque ce sixième mai mil sept cent soixante et un, après avoir imploré l'assistance de Dieu et les lumières du St-Esprit, avons arrêté ce qui suit :

1. — L'assemblée a nommé d'une voix unanime M. Sicard, pasteur, pour modérateur, et M. Gardes, pasteur, pour secrétaire.

2. — Plusieurs motifs donnant lieu à la tenue d'un synode provincial incessamment, suivant l'avis qui en a été donné, il a été unanimement député pour y aller et avoir voix popositive et délibérative M. S., anc[ien] de l'église de R., et M. Manias ou R., anc[ien] de la même église, pour substitut; M. T., anc[ien] de l'éghse de P., et M. J., anc[ien] de la même église, pour substitut; M. J., anc[ien] de l'église de V., et M. C, anc[ien] de la même église, pour substitut; M. G., anc[ien] de l'église de la C, et M. C, pour substitut; M. Mar., anc[ien] de l'église d'Esp., et M. R., et P., pour substituts.

3. — Comme il a été décerné des amendes contre les fidèles de plusieurs églises de la montagne, il sera présenté requête par le ministère d'un procureur à Mgr le commandant en décharge de ces amendes.

4. — L'église de Réalmont prétendant que l'honoraire de 90 liv. qu'elle est taxée pour MM. les pasteurs n'est pas payé en entier par les fidèles, cette taxe a été modérée et réduite à 40 liv. chaque année à l'avenir.

Ainsi a été conclu et arrêté au Désert les an et jour que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur ; Gardes, pasteur et secrétaire.

Les anciens d[u] Haut-Comté de Foix, qui ont e'té dépofés de leur charge & proclamés à ce fujet, font relevés de ces proclamations & feront rétablis dans leur charge d'ancien; & fera fait ledure du préfent article en chaire partout où befoin fera.

Colloque du Haut-Languedoc du 3i août ijGi.

Nous, pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque le trente et unième août mil sept cent soixante et un, après avoir imploré l'assistance de Dieu et les lumières du St-Esprit, avons délibéré et arrêté ce qui suit :

1. — L'assemblée a nommé, à la pluralité des suffrages, M. Sicard, pasteur, pour modérateur, M. Gardes pour modérateur-adjoint, M. Sicard le jeune pour secrétaire, et M. Marc P., ancien, pour secrétaire-adjoint.

2. — Que les églises de Lacaune, Gijounet, Viane et Lacaze composeront à l'avenir un colloque; celles d'Espérausses, Vabre, Ferrières et Castelnau un autre; celles de Castres, Réalmont, Roquecourbe et Montredon un autre; et celles de Revel, Puylaurens, Mazamet, Saint-Amans et Anglès un autre.

3. — Sur la proposition faite de régler l'honoraire de MM. Sicard, Gardes et Sicard le jeune, ministres, qui desservent les églises, et de taxer les églises par égalité, il a été unanimement délibéré qu'il sera payé à l'avenir à chacun la somme de 5oo liv. annuellement, et que l'église de

Lacaune demeure taxée et paiera pour sa quotité,

chaque année, la somme de i lo #

Gijounet 6o »

Viane 8o »

Lacaze 35 »

Espérausses 37 »

Castelnau 5 1 »

Ferrières 40 »

Vabre 122»

Montredon 100 »

Roquecourbe io3 »

Réalmont 54 »

Castres 220 »

Puylaurens 100 »

Revel 1 1 3 »

Mazamet i63 »

St-Amans 112»

i5oo//-

4. — Comme il y a plusieurs membres des églises qui éludent de participer au paiement des honoraires de MM. les pasteurs, il a été délibéré, qu'à l'avenir tous ceux qui ne paieront point ce que MM. les anciens auront trouvé à propos qu'ils baillent seront arrêtés et suspendus de la communion conformément à la discipline. Ainsi a été conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur; J. Gardes, pasteur et modérateur-adjoint; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire; Pomier, ancien et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

SYNODES PROVINCIAUX

M. Lafon, pafteur, qui deffert le Montalbanais, ayant demande de changer de quartier, l'afTemblée, ayant égard à fa demande, lui affede les églifes d[u] Haut-Comté de Foix pour les deffervir, qui formeront un colloque.

Les églifes compofant le quartier de l'Agenais ayant demandé de nouveau d'être démembrées de cette province, pour être annexées à la province du Périgord, Bordeaux & Saintonge, l'afTemblée leur a accordé le démembrement defdites églifes, & fur la demande qu'elles ont faite de MM. Viala & François Rochette, pafleurs, la compagnie leur a accordé feulement M. François Viala, pafteur, pour les deffervir.

Le fynode affigne le quartier du Montalbanais à M. François Rochette, pafteur, pour le deffervir'.

Les députés des églifes du Haut-Languedoc ont repréfenté que leur quartier étant fort éloigné de celui du Montalbanais & y ayant beaucoup de difficultés dans les trajets que MM. les pafteurs & anciens font fouvent obligés de faire pour fe rendre aux fynodes, il conviendrait que lefdites églifes du Haut-Languedoc fiffent feules corps de province, furtout étant fort confidérables & d'une vafte étendue; en conféquence, ils requièrent que le quartier dudit Montalbanais foit féparé d'eux & qu'ils faffent corps à part. Sur quoi, l'affemblée, tout confldéré, faifant droit fur leur demande, déclare qu'à l'avenir lefdites églifes du Haut-Languedoc demeureront féparées de celles compofant le quartier du Montalbanais & que lefdites églifes du Haut-Languedoc feront corps de province avec les églifes d[u] Comté de Foix.

I. Dans la nuit du i3 septembre 1761, Rochette fut pris, près de Caussade. Condamné par le parlement de Toulouse à être pendu, il subit le martyre avec une merveilleuse fermeté, le 19 février 1762. Il avait 26 ans. Après lui, furent décapités, sur l'échafaud dressé sur la place du Salin, trois gentilshommes verriers, les trois frères Grenier, Grenier de Commel, Grenier de Sarradou, Grenier de Lourmade, convaincus d'avoir voulu enlever Rochette de la prison de Caussade. Lorsque le plus jeune des frères, Grenier de Lourmade, alla se placer sur le billot ensanglanté, le bourreau lui dit: «Vous venez de voir périr vos frères, changez pour ne pas périr comme eux. « Lourmade lui répondit : « Fais ton devoir ! »

Vin.

Les quartiers du Montalbanais ' &: d[u] Comté de Foix demeureront féparés.

Les églifes du Haut-Languedoc &d[u] Comté de Foix demeurent chargées de payer chaque année 9 liv. pour la penfion de la veuve Bétrine, & les quartiers du Montalbanais, Agenais & Bordeaux fupporteront le furplus de la penfion par égale portion.

Il ne pourra être envoyé à l'avenir au féminaire aucun afpirant au St-Miniftère qu'il ne foit préalablement examiné par deux pafteurs.

Enfin, M. Fageau, qui a été envoyé au féminaire, eft afîedé aux églifes du Montalbanais.

Ainfi a été conclu & arrêté les an & jour que delTus.

SiCARD, pafteur & modérateur; François Viala, pafleur & modérateur - adjoint ; Gardes, pafteur & fecrétaire; François Rochette, pafteur & fecrétaire-adjoint.

I. Les motifs pour lesquels le Montalbanais fut distrait du synode du Haut- Languedoc sont exposés dans l'article précédent et plus haut (p. 23 1) dans le Précis qu'on a donné de ce même synode. Il paraît certain que le Quercy eut, dès les années suivantes, ses synodes particuliers. Mais les registres ou les manuscrits originaux qui contiennent leurs actes sont perdus; on ne possède les synodes du Montalbanais qu'à dater de l'année 1772. C'est une lacune de onze années, ajoutée à tant d'autres que l'on constate, sans que l'on conserve l'espoir de pouvoir arriver à la combler.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode de Saintonge, Angoumois, Périgord et Bordelais.

Aâes du ffnode provincial de Saintonge, Angoumois, Périgord & Bordeaux, tenu les deuxième & troijîème juin mil fept cent foixante & un^.

Les églifes de Saintonge, Angoumois, Périgord & Bordeaux, affemblées en fynode fous la protedion divine les deuxième & troifième juin mil fept cent foixante & un, auquel ont affifté en qualité de pafteurs députés MM. Dugas, Sol, Martin, Picard & Gibert jeune, & MM. Jarouffeau, Renouleau & Boutiton, miniftres; MM. de Longueville, Guibert, Guédon, Allard, Laffargue, Rabaud & Serveffier, anciens, députés defdites églifes, après avoir imploré le fecours de Dieu, ont délibéré ce qui fuit:

Conformément à l'ufage, on a élu à la pluralité des voix M. Dugas, pafteur, pour modérateur, & M. Sol, pafteur, pour modérateuradjoint; M. Martin, pafteur, pour fecrétaire, & M. Picard, pafteur, pour fecrétaire-ad joint.

Colloque de Saintonge et Angoumois du i5 avril ijGi.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Le colloque des églises de la Saintonge et Angoumois, assemblé en les personnes de leurs pasteurs et anciens, le i5 d'avril L761, après avoir imploré le secours du St-Esprit et élu à la pluralité des suffrages M. Dugas pour modérateur, M. Plantier ayant fait l'office de secrétaire, a délibéré et arrêté ce qui suit :

1. — En conséquence de la vocation que le synode dernier adressa à M. Martin, pasteur, ledit sieur s'étant rendu dans le sein de nos églises au commencement de janvier dernier, le colloque l'agrège au nombre de ses pasteurs, et fait des vœux pour le succès de son ministère.

2. — Pour défrayer M. Martin de la dépense qu'il a faite pour se rendre dans nos églises, les députés de chacune desdites églises lui ont compté 3 liv.

3. — La compagnie confirme la vocation qui a été adressée à MM. Renouleau et Jarousseau pour être reçus au St-Ministère au nom des églises et pour leur service.

En vertu de la lettre qui nous a été adreffée par M. Polier de Bottens, pafteur de Laufanne & membre du comité qui dirige notre féminaire en Suiffe, en date du 7^ mai dernier, qui fait foi des bonnes vie & mœurs, capacité & réception au St-Miniflère de MM. Jean JaroufTeau, Renouleau & Boutiton, le fynode les reconnaît pour minières & les admet au nombre des pafteurs de cette province, exhortant les fidèles de les recevoir en cette qualité.

4. — Supposé que lesdits sieurs Renouleau et Jarousseau reviennent du séminaire sans être reçus ministres, ceux qui seront appelés à les consacrer leur feront subir les examens tels qu'ils jugeront à propos, sans avoir égard à ceux qu'ils auront pu subir dans ledit séminaire.

5. — On a élu à la pluralité des suffrages, pour assister avec MM. les pasteurs en qualité de députés au prochain synode provincial, MM. L., de LaTremblade et G., de NieuUe, et à leur défaut MM. G., de Vaux et B., de Gemozac.

6. — Afin que le nombre des députés au susdit synode soit complet, on charge les églises de l'Angoumois d'élire incessamment un de leurs anciens pour y assister.

7. — Le colloque, prenant un vif intérêt à l'état des églises du Périgord, souhaiterait de pouvoir leur accorder actuellement un pasteur, conformément à la demande qu'elles en font dans leur lettre du 2 5 janvier 1761, signée par MM. Picard, pasteur, et Sol, pasteur; mais il ne se peut, attendu que ceux de son ressort ne sont pas mêmes suffisants pour la desserte des églises de son arrondissement. Cependant il consent qu'un des étudiants qui sont sur le point de revenir et être reçus ministres, soit prêté auxdites églises de Périgord, pour tout le temps que le synode prochain jugera à propos de fixer.

8. — L'assemblée confirme l'art. 10 du colloque du 29 juillet dernier, concernant un formulaire de prières pour le culte public adopté à l'état de nos églises, et charge de nouveau M. Dugas, pasteur, de travailler incessamment à son exécution.

9. — Les vues que le colloque du 1 1 novembre 1769 a eues de passer l'art. 2 de ses actes étant remplies, on est d'avis qu'on n'aura plus d'égards audit article, et qu'on se conformera à l'avenir à l'usage de toutes les églises protestantes au sujet du Symbole des Apôtres, qui est de le répéter à la suite de la prière qui se fait après le sermon.

10. — Les députés au premier synode provincial demanderont que ledit synode passe un article pour qu'il soit proposé au premier synode national qui se tiendra, que l'étendue de la province de Saintonge soit telle qu'elle était avant la révocation de l'Edit de Nantes.

11. — Le colloque charge M. Dugas d'écrire au consistoire de La Rochelle, pour l'inviter à envoyer un député au prochain synode de cette province, et de l'informer pour cet effet du temps et du lieu dudit synode.

12. — Tant pour la commodité des pasteurs que pour le bien des églises, on a jugé à propos d'affecter provisionnellement à chacun un quartier déterminé, qu'il desservira pendant quatre mois consécutifs, à commencer aujourd'hui, au bout duquel temps chaque pasteur changera de quartier, savoir: celui de l'Angoumois passera dans celui de Marennes et La Tremblade, et ce dernier dans celui de Royan ; lesquels quartiers ont été réglés de la manière qui suit :

Les cinq églises de l'Angoumois, Pons et Gemozac, en formeront un ;

SYNODES PROVINCIAUX

Le fynode prend en confidération la demande des églifes de Saintonge, exprimée dans l'art. lo de leur dernier colloque, tenu le iS*" avril dernier, portant qu'il fera propofé au prochain fynode national que l'étendue de la province de Saintonge foit telle qu'elle était avant la révocation de l'édit de Nantes, — pourvu toutefois que les circonftances foient plus favorables qu'elles ne le font aujourd'hui, & qu'il y ait un nombre fuffifant de pafteurs pour deffervir les quartiers démembrés.

St-Savinien, l'île de Ré, le Port-des-Barques, la Pimplière, Laumône, Luzac, Souhe, La Tremblade et Avallon en formeront un second;

Paterre, Mornac, Breuillet, St-Palais, Royan, le Pouyeau, Didonne, Meschers, Cozes, Mortagne et St-Fort le troisième.

1 3. — Par rapport à Tordre que MM. les pasteurs observeront dans cette circulation, il a été convenu que M. Martin, après avoir desservi le quartier d'Angoumois pendant les quatre premiers mois, passera dans celui de Marennes et La Tremblade, et M. Solier dans celui de Royan, et M. Dugas dans celui d'Angoumois, — ainsi alternativement jusqu'à nouvel ordre.

14. — A l'avenir, les honoraires de MM. les pasteurs commenceront à courir le premier de janvier de chaque année, lequel règlement a commencé ledit jour premier janvier dernier; et ils leur seront payés, moitié à la St-Jean et moitié à Noël; seront tenus lesdits pasteurs, pour être payés, de présenter aux consistoires un consentement par écrit de leurs coll[oq]ues respectifs.

15. — Les députés au prochain synode notifieront à l'église de Bordeaux qu'elle ait à se pourvoir, si elle le peut, hors de la province d'un pasteur pour sa desserte; les nôtres ne peuvent s'empêcher, vu leur pressant besoin, de rappeler, ainsi qu'elles le rappellent maintenant, M. Etienne Gibert, après qu'il aura passé le temps fixé par le dernier fynode desdites églises.

lô. — Quoique le colloque laisse la liberté à de certains fidèles de Marennes de se fixer à l'église de la Pimplière ou à celle de Laumône, ainsi qu'ils le jugeront à propos, à cause des raisons que cesdits fidèles peuvent avoir, et auxquelles on a égard, cependant on les exhorte à se fixer à celle de Laumône, la chose étant plus conforme à la discipline.

17. — Tous les consistoires rendront compte des deniers, soit des pauvres, soit du ministère, selon la discipline, deux fois par an, savoir au mois de juin et de décembre, en présence du pasteur du quartier et des notables de chaque église, qui seront prévenus à ce sujet.

18. — Le député de l'église de La Tremblade ayant expliqué les intentions de ladite église au sujet du mémoire qui donna lieu au colloque du 19 juillet 1759, de passer l'art. 2 du colloque à la présente assemblée, on est convenu que ledit article demeure comme non avenu.

Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.

Dugas, pasteur et modérateur; Plantier, ancien et secrétaire. — Collection Boulineau.

Colloque de Saintonge et Angoumois du 16 juin lyOï.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Les églises de Saintonge et Angoumois assemblées en colloque sous la protection divine le 16 de juin 1761, auquel ont assisté MM. Solier, Martin, Dugas,

On annule l'art 1 5 du colloque des églifes de Saintonge, tenu le avril dernier, comme contraire aux droits des autres églifes, de

même que le terme de prêt dont il eft fait mention dans l'art. 7 du

même colloque.

L'églife de Bordeaux demandant la continuation du miniftère de M. Etienne Gibert, pafteur, la compagnie le lui accorde.

Jarousseau et Etienne Gibert, pasteurs, vingt-cinq anciens, députe's desdites églises, après avoir imploré le secours divin, ont délibéré ce qui suit :

1. — Selon la coutume, on a élu, à la pluralité des suffrages, M. Martin, pasteur, pour modérateur, et M. Dugas, pasteur, pour modérateur-adjoint, et M. Plantier, ancien, pour secrétaire.

2. — MM. les députés au synode provincial dernier ont communiqué à l'assemblée les actes du synode.

3. — MM. les modérateurs et secrétaire du dernier synode ont produit un mémoire par lequel on voit que M. Dupuy l'aîné témoigna le lendemain de ladite assemblée qu'il était fâché de la conduite qu'il avait tenue dans ledit synode, et dont il est fait mention dans l'art. 10; outre cette démarche et le désir qu'il a témoigné de nouveau de reprendre ses études, on est d'avis qu'on ne doit point y avoir égard.

4. — En vertu de l'art. 8 du dernier synode, qui porte que le présent colloque fixera un quartier à M. Dupuy jeune, on lui assigne celui des églises de Saintonge et Angoumois jusqu'au prochain synode, lesquelles il desservira alternativement sans partialité ; elles lui fourniront pour ses appointements la somme de 3oo liv. pour une année, à commencer de ce jour, — laquelle somme lesdites églises lui paieront par égale portion.

5. — Ayant fait la lecture dudit article à M. Dupuy, il a dit qu'il ne pouvait s'y soumettre par des raisons qu'il a alléguées, auxquelles l'assemblée lui a accordé là demande qu'il a faite qu'il lui fût permis de retourner en Périgord.

6. — Les églises de Mornac, le Pouyeau, Marennes, Paterre, La Tremblade, Breuillet, Royan, Cozes ont payé chacune 3 liv. pour remplir l'objet porté dans l'art. 26 du dernier synode provincial, concernant Mad[ame] Bétrine.

7. — Que MM. les députés au prochain synode national demanderont si la province du Bas-Languedoc n'est pas obligée de fournir la pension qu'on a assignée à Mad[ame] Bétrine, en considération des bons services que feu M. Bétrine lui a rendus en qualité de pasteur.

8. — Que M. Gibert l'aîné, ancien pasteur des églises de Saintonge et Angoumois, quoique absent, aura le quart des honoraires de la demi-année 1761, que se percevra à la St-Jean, sans préjudice de sa quote-part pour l'avenir.

9. — M. Jarousseau, pasteur, circulera avec le pasteur du quartier de Royan jusqu'à nouvel ordre, auquel on joint dès aujourd'hui les églises de La Tremblade, Avallon, Gemozac et Pons.

10. — M. Etienne Gibert ayant demandé que le colloque permît à M. Dugas, pasteur, d'aller desservir l'église de Bordeaux, pendant le temps qu'il resterait dans le voyage qu'il va entreprendre, l'assemblée n'a pas trouvé à propos de répondre favorablement à ses désirs.

SYNODES PROVINCIAUX. 289

Sur la demande faite par les églifes du Périgord, comment on doit procéder contre ceux qui continuent de faire bénir leurs mariages Si baptifer leurs enfants dans TEglifc romaine, l'affemblée, ne pouvant que condamner une telle conduite comme très-criminelle, déclare ceux qui fen rendent coupables dignes non-feulement d'âpre cenfure, mais encore de toutes autres peines que MM. les pafteurs & anciens aviferont.

II. — MM. les anciens, de'putés au présent colloque, ont souscrit pour 28 exemplaires de la feuille qu'on se propose de faire imprimer, concernant les protestants du royaume.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Martin, pasteur et modérateur; Dugas, pasteur et modérateur-adjoint; Plantier, ancien et secrétaire. — Collection Boulineau.

Colloque de Saintonge et Angoumois du 16 et ij décembre lyôi.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églises de Saintonge et Angoumois, assemblées en colloque les 16 et 17 décembre 1761, après avoir imploré le secours de Dieu et procédé à la nomination d'un président et d'un secrétaire, on a délibéré ce qui suit :

1. — Les consistoires observeront à l'avenir dans les lettres d'envoi de leurs députés aux colloques et synodes, de ne faire mention dans icelles, ni du jour, ni du lieu que lesdits colloques et synodes se tiendront.

2. — Sur les représentations faites par plusieurs églises, la compagnie exhorte les fidèles à déférer aux représentations qui leur seront faites par Messieurs les anciens sous peine de vives censures ; sauf auxdits fidèles à se pourvoir devant le pasteur, pour qu'il décide sur le cas dont il sera question.

3. — L'assemblée, affligée d'apprendre que plusieurs fidèles ne [se] font aucune peine de vendre ou acheter le jour du dimanche, exhorte ceux qui sont dans le cas de s'en abstenir désormais; enjoint en outre aux consistoires d'y tenir la main, de faire à ce sujet toutes les répréhensions nécessaires, et de suspendre de la communion ceux qui refuseront d'y déférer.

4. — Ceux d'entre les fidèles qui refuseront de participer aux charges et frais que les églises sont obligées de faire pour se soutenir, seront vivement censurés, et les consistoires sont chargés de procéder contre eux, conformément à la discipline.

5. — A l'avenir, on assemblera régulièrement deux colloques par année, le premier au commencement de mai, et le second au commencement de septembre; cependant, s'il survient des affaires importantes qui demandent d'avancer ou de retarder ce temps-là, l'église et le pasteur, qui seront chargés de le convoquer, pourront y avoir égard, en informant exactement les autres églises de ce changement et des raisons qui l'occasionnent.

6. — La compagnie, ayant égard aux services que M. Gibert l'aîné a rendus aux églises et à ceux qu'il peut leur rendre encore, juge à propos que pour lui en faciliter les moyens il circule dans toutes, en qualité de pasteur, avec le droit d'y exercer la discipline, ainsi que le pasteur qui sera fixé pour en faire plus particulièrement la desserte ; bien entendu que l'un et l'autre agiront de concert.

Comme MM. les anciens font dans une obligation plus étroite de f 'acquitter de tous les devoirs que la religion nous impofe, & de contribuer parleur exemple à l'édification publique, la compagnie efl d'avis que, fuppofé qu'il fen trouvât parmi eux qui vinffent à tomber dans l'un ou l'autre cas défignés dans le fufdit art. 6, ils foient promptement dépofés de leur charge d'ancien.

7. — Pour la plus grande commodité des pasteurs, et pour le bien des églises, il a été décidé, conclu et arrêté que lesdits pasteurs, excepté M. Gibert l'aîné, n'observeront plus la circulation réglée par l'art. 12 du colloque du i5 avril dernier, mais qu'ils auront désormais chacun un quartier fixe, lesquels quartiers ont été réglés de la manière qui suit:

St-Savinien, le Port-des-Barques, Souhe, Luzac, Marennes et Mornac formeront celui de M. Solier.

La Tremblade, la Pimplière, Avallon, Paterre, Breuillet, le Pouyeau, et St-Palais, celui de M. Dugas.

Les cinq églises de l'Angoumois avec celle de Jonzac, celui de M. Martin.

Royan, Didonne, Meschers, Gozes, Mortagne, St-Fort, Gemozac et Pons celui de M. Jarousseau; et à l'égard de l'ile de Ré, il a été convenu que M. Martin y ferait une ronde par année, et qu'elle serait d'ailleurs desservie alternativement par MM. Solier et Dugas.

8. — M. Martin, s'étant opposé à la fixation des quartiers, a demandé que son opposition fût couchée par écrit, se soumettant cependant à la susdite décision, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.

9. — Messieurs les pasteurs percevront la demi-année des honoraires qui écherra à la fin du présent mois, ainsi qu'à l'avenir de la manière suivante, savoir :

M. Solier: l'ile de Ré, le Port-des-Barques, Marennes et Luzac, et il remettra 8 liv. par an à M. Gibert.

M. Dugas : La Tremblade, Avallon, Paterre et le Pouyeau.

M. Martin: Jonzac, et dans les églises d'Angoumois 670 liv. par an; et le restant de la taxe desdites églises d'Angoumois sera payé à M. Gibert.

M. Jarousseau : Mornac, Breuillet, Royan, St-Palais, Gozes, Mortagne et Pons, et il remettra 42 liv. par an à M. Gibert.

M. Gibert: Gemozac, la Pimplière, St-Fort, St-Savinien, Meschers, Didonne et tous les restes dont il est fait mention dans le présent article.

10. — Pour que Messieurs les pasteurs aient chacun 1000 liv. d'honoraires par an, l'assemblée a décidé que l'église du Pouyeau paiera à l'avenir i3o liv., celle de Meschers 75 liv., celle de Didonne 75 liv., celle de St-Palais iio liv., celle de Marennes 208 liv., et celle de la Pimplière 120 liv.

11. — L'assemblée, ayant pris en considération les arrêtés du colloque des églises de l'Agenais, par lesquels elles se déclarent membres de notre province ecclésiastique en vertu du consentement que notre synode du i^- et 2 juillet 1760 a donné à leur jonction, de même que la lettre gracieuse qu'elles nous ont écrite en conséquence en date du i 5 septembre dernier, par laquelle elles nous demandent du secours, l'assemblée, dis-je, accorde à M. Gibert, selon ses désirs, la liberté d'aller visiter lesdites églises, ou de tenir la place d'un des pasteurs du Périgord, supposé que celui-ci veuille bien aller dans lesdites églises, et que celles du Périgord y consentent.

SYNODES PROVINCIAUX

M. Dupuy l'aîné ayant déclaré qu'il fe défiflait de la réfolution qu'il avait prife d'abandonner fes études & le delîein où il eft de les reprendre pour parvenir au St-Miniftère, l'affemblée voit avec plaifir fes difpofitions à cet égard; elle charge en conféquence M. Dugas d'écrire au plus tôt aux diredeurs du féminaire pour les prier de nous informer de la vie, mœurs & capacité qu'ils ont reconnues chez ledit

12. — Le colloque consent que M. Riollet s'acquitte de la somme de 600 liv. dont il est redevable envers les églises, en payant la pension du nommé Sérisier, actuellement à Pons, étudiant, pour parvenir au St-Ministère pour le service des églises de la province ; et supposé que, lorsque ledit Sérisier quittera Pons, ladite somme ne soit point acquittée en entier, ledit M. de Riollet remettra le restant, selon qu'il lui sera indiqué par les églises assemblées en colloque.

13. — La compagnie, prenant toute la part possible à la détention de M. le pasteur Rochette, et autres personnes prisonnières avec lui, et n'ayant rien plus à cœur que de contribuer à leur donner la liberté, elle charge MM. les anciens de faire incessamment une collecte qui sera employée, s'il est nécessaire, à cette fin, laquelle collecte sera envoyée au plus tôt à M. Etienne Gibert, pasteur à Bordeaux, afin que ce dernier la fasse parvenir à sa destination, si le cas y échoit.

14. — A l'égard de la demande de la plus grande partie des anciens de l'église de Jonzac, qui porte que les lecteurs que M. Martin, de concert avec lesdits anciens, avait établis pour le service de ladite église soient continués, la compagnie est d'avis de ne point rétablir aujourd'hui lesdits lecteurs dans leur charge, mais de laisser à la prudence du pasteur et des anciens de ladite église de les réhabiliter, lorsqu'ils le jugeront à propos.

15. — L'assemblée, prenant en considération les sentiments de repentance que M. Dupuy l'aîné nous a témoignés au sujet de la conduite qu'il tint au dernier synode de cette province, à la prière qu'il nous a faite d'avoir égard à ses sentiments, et de lui accorder en conséquence notre suffrage pour qu'il puisse continuer ses études et parvenir au St-Ministère, s'il en est jugé capable, — a été d'avis qu'on n'ait pas d'égard à la délibération du colloque du 16 juin dernier, (art. 3,) le concernant, et qu'il soit admis au nombre des proposants de la province, aux conditions toutefois que les témoignages qu'il pourra se procurer de Messieurs les directeurs du séminaire seront tels qu'ils doivent être; — lesquels témoignages seront examinés par MM. Dugas, Martin et Jarousseau, pasteurs, avec MM. Guibert, de Rommefort, Dubois et Gautier, anciens, qu'on a nommés pour cet effet, et qui en rendront compte au prochain synode. Bien entendu néanmoins que ce qu'ils décideront aura son effet, dès l'instant de la décision.

16. — Sur la plainte des églises de Marennes et la Pimplière contre M. Dupuy jeune, au sujet d'une application personnelle que ledit Dupuy a faite en prêchant dans lesdites églises, le colloque, après l'avoir interrogé et lu attentivement ladite application, telle qu'il nous a déclaré avec sincérité l'avoir prêchée, a trouvé que ce n'était point à lui à s'exprimer de la sorte, — en rendant cependant justice à ses intentions et à la saine morale que ladite application renferme. Nous le blâmons de l'avoir faite ; de la justice duquel blâme ledit sieur Dupuy est convenu, et a demandé excuse à ceux que son discours pouvait avoir offensés, en les personnes de M. Solier et députés de l'église de Marennes.

17. — Conformément à la discipline, les proposants et étudiants ne devant

fieur Dupuy pendant fon féjour au féminaire; & fur les bons témoignages qui lui feront expédiés, le colloque de Saintonge le réhabilitera au nombre des propofants de la province ; le même colloque lui aiïignera, ainfi qu'à M. fon frère, les quartiers de la province où ils devront refier jufqu'au prochain fynode provincial, à la décifion duquel ils fe foumettront.

exercer les fonctions du St-Ministère que de l'aveu et consentement des pasteurs, ceux de cette province seront tenus à l'avenir de communiquer à quelqu'un d'eux les discours qu'ils voudront prêcher.

18. — Les églises en général, ayant été édifiées de la conduite de M. Dupuy jeune et de ses prédications pendant la tournée qu'il a faite, elles lui assignent son séjour parmi elles, en sa qualité de proposant jusqu'au prochain synode, sans avoir égard à l'art. 4 du précédent colloque; on promet à M. son frère d'y rester aussi jusqu'à ce temps-là.

19. — Il a été délibéré à la pluralité des suffrages que l'art. 4 du dernier colloque qui assigne 3oo liv. à M. Dupuy le jeune par année sera exécuté, et que chaque église lui payera sa portion au marc la livre, qui revient a 6 pour 100, conformément à sa taxe.

20. — On est d'avis pour plusieurs considérations qu'il n'est pas nécessaire d'indiquer que les proposants et étudiants qui prêchent dans les quartiers s'abstiendront de mettre la robe à l'avenir.

21. — Le quartier de l'Angoumois est chargé de convoquer le synode prochain Dour la fin du mois d'avril, et de donner exactement avis du jour et du lieu qu'il choisira aux colloques respectifs qui doivent composer ledit synode.

22. — On a élu à la pluralité des suffrages, pour assister avec Messieurs les pasteurs au susdit synode, en qualité de députés d'entre les anciens, MM. de Rommefort, Broussard, de Pons, Lambert, Guibert et Dubois, et pour leurs substituts, MM. Dupuy, Thomas, de Royan, Longueville, Adrien l'aîné et Guillorit, auxquels députés le colloque donne pleins pouvoirs de proposer et opiner selon l'usage, promettant de nous soumettre et de faire exécuter de notre mieux tout ce qui sera délibéré.

23. — A l'unanimité des suffrages, on a élu M. Dugas, pasteur actuaire, pour les églises qui composent le présent colloque.

Ainsi conclu et arrêté lesdits jours et an que dessus.

Dugas, pasteur et modérateur; Gibert, pasteur et secrétaire. — Collection Boulineau.

Statuts des Comitants de La Rochelle du 11 septembre ij6i.

Commissaires: MM. Rasteau; Bonfils; Gast; Rossal.

1. — Conformément à la délibération de l'assemblée générale du 1 1 septembre 1761, le comité sera composé à l'avenir de quatorze membres, et ce nombre ne pourra être diminué ou augmenté que par une délibération rendue dans une assemblée générale, c'est-à-dire dans une assemblée composée de tous les comitants anciens et actuels.

2. — Conformément à la délibération de l'assemblée générale du 1 1 septembre 1 761, il y aura parmi les quatorze membres du comité six comitants perpétuels et huit comitants alternatifs.

SYNODES PROVINCIAUX

Comme il eft néceffaire que les églifes connaiffent les fujets qui fe dévouent à leur fervice, & que cette connaiffance ne peut même qu'être utile auxdits fujets, la compagnie renvoie au fynode provincial la décifion de là demande qu'ont faite lefdits MM. Dupuy, concernant leurs épreuves pour être confacrés.

3. — ■ Les six comitants perpétuels ne cesseront d'être membres du comité que par décès, ou par démission volontaire, ou par destitution. A l'égard du décès, le comitant perpétuel que la mort enlèvera ne sera remplacé qu'à l'assemblée générale qui se tiendra une fois l'an, comme il sera dit ci-après. A l'égard de la démission volontaire, elle ne pourra être acceptée que pour bonnes et suffisantes raisons, dont l'assemblée générale, qui se tiendra une fois l'an, jugera de la validité. A l'égard de la destitution, elle ne pourra avoir lieu que pour des cas graves et bien constatés, lesquels cas ne pourront être examinés que dans l'assemblée générale qui se tiendra une fois l'an, ou dans une assemblée générale extraordinaire tenue à cette effet, et il faudra plus des deux tiers des voix pour prononcer validement la destitution.

4. — Les huit comitants alternatifs occuperont la place de comitant pendant deux ans ; après lequel temps ils seront remerciés de leurs soins et de leurs travaux, et il sera procédé à leur remplacement dans l'assemblée générale qui se tiendra une fois l'an.

5. — Les huit comitants alternatifs ne cesseront d'être membres du comité pendant les deux années de leur charge que par décès, ou par démission volontaire, ou par destitution ; et à ces trois égards, il sera procédé à leur remplacement de la même manière qu'il a été prescrit pour les comitants perpétuels dans l'art. 3.

6. — On [n'jélira pour comitants que des personnes d'une conduite irréprochable, âgées au moins de vingt-cinq ans, qui ayent une connaissance approfondie de la Religion, qui en pratiquent les devoirs avec soin, qui ayent un zèle éclairé et prudent, qui soient discrètes, et qui se comportent en toute affaire comme de vrais disciples de Jésus-Christ.

7. — Le comité tiendra des assemblées ordinaires le premier mercredi de chaque mois, et tous les membres seront invités de s'y trouver, et ne pourront en être exemptés que par maladie, ou absence de domicile.

8. — Toutes les séances s'ouvriront par l'invocation du nom de Dieu, et le président prononcera cette formule : Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait les deux et la terre. Amen. Et toutes les séances se termineront par cette courte prière prononcée par le président : Au Roi des siècles, immoj'tel, invisible , à Dieu., seul sage., soit honneur et gloire dès maintenant et à jamais. Amen.

9. — Indépendamment des assemblées ordinaires, il pourra se tenir des assemblées extraordinaires lorsque les affaires l'exigeront; ce qui sera déterminé par le président et le secrétaire; et dans le cas où le président et le secrétaire ne trouveraient pas de nécessité à une assemblée extraordinaire, le concours de trois des membres du comité demandant l'assemblée extraordinaire sera suffisant pour engager le président et le secrétaire à convoquer l'assemblée demandée.

10. — Indépendamment des assemblées ordinaires et des assemblées extraordinaires qui ne pourront être composées que des quatorze membres actuels, il se tiendra tous les ans une assemblée générale, composée de tous les membres

Le6lure des art. 8 & 9 ayant été faite à MM. Dupuy, l'aîné a déclaré que puisqu'on ne voulait pas l'agréger aujourd'hui au nombre des propofants de la province, il renonçait à la réfolution qu'il avait prife de fe vouer de nouveau au fervice de nos églifes.

anciens et actuels du comité, dans laquelle assemble'e générale les membres actuels rendront compte de ce qui s'est passé depuis la dernière assemblée générale, et où il sera procédé à l'élection des quatre sujets qui devront remplacer ceux des comitants alternatifs qui auront fait leurs deux années.

11. — L'assemblée générale se tiendra tous les ans, le premier mercredi de novembre, et tous les membres, tant anciens qu'actuels, seront avertis de s'y trouver et ne pourront en être exemptés que par maladie ou par absence.

12. — Indépendamment de l'assemblée générale qui se tiendra tous les ans le premier mercredi de novembre, les membres actuels du comité pourront convoquer une assemblée générale extraordinaire si le besoin le requiert ; mais ce ne pourra être que pour les motifs mentionnés dans l'art. 3, ou pour des affaires essentielles qui intéresseront tous les protestants du Royaume.

13. — Pour procéder à l'élection des quatre sujets qui devront remplacer les comitants alternatifs qui auront fait leurs deux années, les quatorze comitants actuels remettront à l'assemblée générale de novembre une liste de douze personnes parmi lesquelles l'assemblée générale élira par la voie du scrutin les quatre sujets qui lui paraîtront les plus propres à remplir les fonctions de comitant alternatif.

14. — Pour composer la liste des douze personnes qui doit être remise à l'assemblée générale, les quatorze comitants actuels procéderont, dans l'assemblée ordinaire qui précédera l'assemblée générale, à la confection de ladite liste, en inscrivant tous les noms des personnes qu'ils jugeront propres à remplir les fonctions de comitant alternatif, et en réduisant le nombre des personnes inscrites à celui de douze par la voie du scrutin.

15. — On ne pourra proposer, pour être inscrite sur ladite liste, aucune personne exerçant un art mécanique, — les orfèvres étant dans la classe des arts libéraux et les horlogers dans la classe des artistes, ne sont point exclus du comité par cet article.

16. — Les nouveaux membres élus seront présentés à l'assemblée ordinaire qui suivra l'assemblée générale par deux des comitants actuels qui auront été nommés à cet effet par le président. Notre pasteur sera invité de leur adresser un discours sur la nature de la charge à laquelle ils sont appelés et sur les devoirs qu'ils ont à remplir. Et en cas d'absence de notre pasteur, le président leur adressera la parole ou chargera quelqu'un du comité de leur faire connaître en peu de mots les engagements qu'ils prennent, et de les assurer de l'affection de tous les comitants.

17. — Les comitants alternatifs qui auront fait leur temps ne pourront être continués dans leurs fonctions, à moins que l'unanimité des voix dans l'assemblée générale ne fasse connaître de cette manière le vœu de toute l'église; auquel cas, lesdits comitants seront invités de vouloir bien continuer leurs fonctions, mais cette unanimité ne pourra être obtenue que par la voie d[u] scrutin.

18. — Quoique les comitants alternatifs qui aur[ont] fait leur temps ne [puissent] être continués dans leurs fonctions à moins de l'unanimité des suffrages, cependant les ex-comitants pourront être insérés dans la liste des douze personnes

SYNODES PROVINCIAUX

M. Sol, pafteur, perfiftant dans l'appel qu'il a fait dans les deux précédents fynodes de cette province de la fentence prononcée contre lui dans le dernier fynode national, art. 9, & demandant de nouveau qu'on le notifie au nom de l'aifemblée à la province chargée de la convocation du prochain national, pour en accélérer la tenue, on lui

qui devra être présentée à l'assemblée générale, deux ans après leur sortie du comité.

ig. — Dans l'assemblée où les nouveaux membres seront reçus et viendront prendre séance, ils ne pourront pas être nommés commissaires pour l'examen des questions qui seraient mises sur le tapis, parce qu'ils doivent avant toutes choses prendre connaissance des statuts et des délibérations du comité.

20. — Dans l'assemblée où les nouveaux membres seront reçus et viendront prendre séance, ceux d'entre eux qui auraient été ci-devant membres du comité pourront être nommés commissaires pour l'examen des questions qui seraient mises sur le tapis, parce que leur travail précédent les à mis en état de prendre connaissance des statuts du comité et des principes qui déterminent leurs délibérations.

21. — Pour le bon ordre des assemblées du comité et pour l'expédition des affaires, il y aura un président, un secrétaire et un adjoint de secrétaire.

22. — Le président ouvrira les séances, portera la parole, mettra sur le bureau les questions qui devront être décidées par le comité, prendra l'avis de chacun des comitants, résumera les opinions différentes, et prononcera la délibération qui sera le résultat de chaque examen. Enfin, le président remplira toutes les fonctions d'un chef de société.

23. — Le président occupera sa place pendant deux années, au bout desquelles il sera procédé à l'élection d'un président qui sera choisi parmi les comitants perpétuels.

24. — Lorsque les voix seront partagées, le président aura la voix prépondérante.

2 5. — Dans l'absence du président, le comité sera présidé par le secrétaire, comme devant, par les fonctions de sa place, être mieux instruit de toutes les affaires du comité.

26. — Le secrétaire occupera sa place pendant deux années, au bout duquel temps il sera procédé à l'élection d'un nouveau secrétaire, qui sera choisi parmi les comitants perpétuels.

27. — Les fonctions de secrétaire seront de dresser les délibérations du comité, de faire lecture à chaque séance de la délibération précédente, de répondre aux lettres qui seront écrites au comité, de faire lecture dans l'assemblée générale de novembre des statuts du comité, et de faire avertir tous les comitants du jour et du lieu des assemblées, tant ordinaires qu'extraordinaires.

28. — Dans l'absence du secrétaire, il sera remplacé dans la séance par le secrétaire-adjoint.

29. — Dans l'absence du président et dans l'absence du secrétaire, le comité sera présidé par le plus ancien des comitants perpétuels.

30. — Dans tous les cas où le comité sera présidé par un autre comitant que par le président d'office, celui qui sera président par intérim jouira de toutes les prérogatives énoncées dans les art. 22 et 24.

accorde fa demande ; & voici la lettre que le fynode écrit à ladite province à ce fujet :

c( En conféquence du fufdit arrêté, nous vous prions, Meffieurs & « très-honorés frères, de prendre en confidération ledit appel, & de le « faire entrer dans les autres raifons que vous pourrez avoir pour

3i. — 32. — Le secrétaire-adjoint occupera sa place pendant une ou deux années, au bout duquel terme il sera procédé à l'élection d'un nouveau secrétaireadjoint qui sera choisi parmi les comitants alternatifs.

33. — ^Dans les questions importantes dont l'examen sera remis à des commissaires nommés par le comité, toute commission sera composée de membres choisis parmi les comitants perpétuels et parmi les comitants alternatifs, en sorte qu'il y ait toujours un comitant au moins de chacune des classes.

34. — Dans une commission composée de six comitants, on sera libre de nommer cinq comitants alternatifs et un perpétuel, parce que la qualité de comitant perpétuel n'est pas un titre qui doive engager à nommer par préférence ceux de cette classe.

35. — Dans les commissions qui seront nommées, on ne sera pas obligé de nommer le président, ni le secrétaire, ou l'un ou l'autre. Chacun nommera par la voie du scrutin ceux des comitants qui, selon lui, seront le plus en état de remplir les intentions du comité.

36. — Pour qu'une délibération soit valide, elle doit être faite dans une assemblée composée au moins de dix comitants, quatre perpétuels et six alternatifs.

37. — Dans toutes les questions qui auront fait naître une commission, il faudra la pluralité de neuf voix contre cinq, de neuf contre quatre, de huit contre quatre, de sept contre quatre, de sept contre trois pour décider entièrement la question proposée.

38. — Les fonctions de comitants perpétuels sont principalement de veiller aux affaires politiques du corps, de faire observer exactement et sans aucun relâchement les présents statuts et les articles qui pourraient être ajoutés dans la suite, de voir les personnes chargées par le Souverain de commander en son nom dans cette ville, de prendre connaissance de toutes les affaires du dehors qui peuvent être relatives aux protestants, et de ne laisser échapper aucune des occasions où ils peuvent être utiles par leur présence, par leurs discours ou par leurs actions.

39. — Comme le principal motif de la forme actuelle du comité a été la nécessité de faire la cour aux personnes en place, il y aura un arrangement entre les six membres perpétuels, pour que chaque semaine deux d'entre eux se présentent chez le commandant de cette place et chez l'intendant, ou en leur absence chez ceux qui les représentent; et si quelqu'un des membres alternatifs souhaitait de faire ces démarches conjointement avec les deux membres perpétuels qui seront de semaine, les trois comitants feront ensemble ces visites.

40. — Lorsque les comitants perpétuels auront fait entre eux l'arrangement dont il est parlé dans l'article précédent, ils en informeront le comité à la première séance, et ledit arrangement sera couché sur le registre des délibérations, et lorsque les comitants perpétuels jugeront à propos de faire quelque changement à l'arrangement dont ils auront informé le comité, ils en instruiront le comité pour que lesdits changements soient enregistrés.

41. — Les comitants perpétuels rendront compte à chaque séance du comité

SYNODES PROVINCIAUX

V accélérer, autant que vous le jugerez convenable, la convocation du «tribunal dont il f'agit Se dont vous êtes chargé; vous fentez, «Meffieurs & très-honorés frères, la juftice de la demande que nous «vous faifons en faveur de notre très-cher frère & collègue M. Sol; « nous efpérons que vous y aurez égard & que vous aurez la bonté de « nous informer au plus tôt de la tenue dudit fynode, etc. »

du résultat des visites qu'ils auront eu soin de faire au commandant, à l'intendant ou aux autres personnes en place; et il sera fait registre des propos ou faits remarquables.

42. — Les fonctions des comitants alternatifs sont d'accompagner notre pasteur dans toutes les maisons où il ira pour officier, ou pour se'journer, de veiller à ce que Ton ignore le lieu qu'occupe notre pasteur, de porter la même attention pour que personne n'aborde notre pasteur sans lui être pre'senté par un des comitants, de composer les socie'tés en choisissant ceux qui seront agre'ables aux personnes qui permettront qu'on s'assemble dans leurs maisons, de maintenir le bon ordre dans lesdites socie'tés, d'y faire les fonctions de lecteur pendant le service, et celles de diacre à la fin de l'exercice, en recevant les aumônes des fidèles, et de prendre connaissance de tout ce qui est relatif au bien de l'Eglise et à la tranquillité des fidèles.

43. — Les fonctions communes aux comitants perpétuels et aux comitants alternatifs sont de rétablir, autant qu'ils le pourront, la paix et la concorde dans les maisons et dans les familles où régnerait l'esprit de discorde.

44. — Les fonctions des comitants perpétuels et les fonctions des comitants alternatifs ne sont pas tellement attachées à la qualité de perpétuel et à la qualité d'alternatif que les uns et les autres ne puissent et ne doivent s'aider mutuellement dans leurs fonctions, lorsque les circonstances l'exigeront. Au contraire, les deux classes de comitants ne sont que les parties d'un seul et même tout. Tous les membres du comité sont égaux en dignité, sans qu'aucun puisse prétendre prééminence sur les autres; les places de président et de secrétaire ne sont que des places d'ordre et non de décoration. Tous les membres du comité doivent être unis par les liens de la vérité, de la charité et de la paix. Ils doivent se supporter mutuellement les uns les autres, s'aider de conseils et de bons offices dans les affaires d'assistance et de consolation, dans les maladies, de médiation dans les divisions, vivre ensemble en un mot en amour fraternel et en charité.

45. — Dans l'assemblée qui se tiendra le premier mercredi de chaque mois, les comitants alternatifs rendront compte de leurs opérations et des sommes qu'ils auront collectées.

46. — Lorsqu'une place de comitant perpétuel viendra à vaquer par décès ou autrement, elle ne pourra être occupée que par un des membres anciens du comité, ou par un des comitants alternatifs en charge ; on ne pourra nommer aucun de ceux qui n'ont point encore eu entrée dans le comité.

47. — Tout comitant promettra sur sa parole d'honneur de garder un secret inviolable sur toutes les affaires qui seront traitées dans les assemblées et de n'en donner aucune connaissance aux gens du dehors.

48. — Tous les membres du comité diront en tout temps leur sentiment sur les affaires mises sur le bureau avec cette franchise et cette liberté qui convient à des personnes qui cherchent sincèrement la vérité et le bien de leurs frères ; ils diront leur sentiment avec le plus de clarté et de brièveté qu'il leur sera possible, et ils ne se serviront pour répondre aux objections qui leur seraient faites que

M. Picard, pafteur, ayant demandé qu'on lui accorde Ion congé, rafTemblée n'a pas trouvé à propos de lui accorder actuellement fa demande, vu le prefTant befoin des églifes qui lui ont été affedées, & qui demandent avec inftance la continuation de fon miniftère; mais nous ayant déclaré qu'il avait des raifons particulières qui ne lui perdes raisons qui vont à les détruire et à appuyer leur propre sentiment, sans employer aucun terme dur ou offensant, ni aucune expression qui sente la raillerie, se souvenant qu'ils sont au milieu de leurs frères et que St-Paul a recommandé fortement que toutes nos pai'oles fussent toujours assaisonnées de sel avec grâce.

49. — Tous les membres seront invités à mettre par écrit les propositions qu'ils voudront faire dans l'assemblée, parce que cela rend les questions plus claires, que Ton en saisit mieux l'esprit, et que les avis sont plus relatifs à la chose proposée.

50. — Tous les membres seront également invités à mettre par écrit leur avis sur les questions dont la décision sera remise à une autre séance que celle où elles seront proposées.

51. — Tous les membres du comité étant commissaires-nés de toutes les affaires qui sont mises sur le bureau, pourront communiquer leurs observations sur les matières qui auraient donné lieu à une commission de laquelle ils ne seraient pas, et l'on aura la même attention à leurs observations que s'ils étaient commissaires en cette partie.

52. — Notre pasteur aura la co-présidence, toutes les fois que les occasions feront tenir les assemblées dans la maison où il se trouvera, et il aura voix délibérative dans toutes les choses qui seront mises sur le bureau en sa présence.

53. — Dans toutes les assemblées où notre pasteur se trouvera, il ouvrira la séance et il la terminera par les prières indiquées dans l'art. 8 ou par d'autres équivalentes.

54. — Quoique notre pasteur ait la co-présidence toutes les fois, qu'il se trouvera aux assemblées du comité, ce sera toujours le président ou le secrétaire, ou le plus ancien des comitants perpétuels présents qui remplira toutes les fonctions et qui jouira de toutes les prérogatives énoncées dans les art. 22 et 24.

55. — La place de notre pasteur dans les assemblées du comité sera toujours à la droite du président.

56. — La place du secrétaire dans les assemblées du comité sera toujours à la gauche du président.

57. — La place du secrétaire-adjoint dans les assemblées du comité sera toujours à la gauche du président devant la table qui doit être vis-à-vis du président.

58. — Pour l'ordre de l'assemblée, les comitants auront soin de se placer de manière que le plus ancien soit à la droite du président ou du co-président, et le plus jeune à la gauche du secrétaire. A cet effet, le secrétaire veillera à l'exécution de cet article.

59. — Les comitants perpétuels et les comitants alternatifs se placeront indistinctement les uns parmi les autres suivant leur âge, parce que, comme l'observe l'art. 44, tous les membres du comité sont égaux en dignité, sans qu'aucun puisse prétendre prééminence sur les autres.

60. — Le président prendra les voix en commençant par la gauche du

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mettaient point d'attendre la tenue de notre prochain fynode provincial, raifons d'ailleurs qu'il ne pouvait pas manifefter à toute raffemblée fynodale, on a nommé MM. Dugas & Etienne Gibert, pafteurs, conjointement avec MM. Serveflier, Rabaud & Baux, anciens de l'églife de Bordeaux, lefquels, après avoir entendu les raifons dudit M. Picard & celles que fes églifes ont de lui refufer fa demande, en jugeront définitivement.

secrétaire, c'est-à-dire par le plus jeune jusqu'au plus ancien, après lequel il prendra l'avis du secrétaire-adjoint, celui du secrétaire et celui du co-président, s'il se trouve dans l'assemblée.

61. — Dans les assemblées générales où l'ordre prescrit par l'art. 58 serait assez difficile à faire observer, les comitants actuels placeront tous les comitants anciens au milieu d'eux, en sorte que moitié des comitants actuels étant à la droite du président et moitié à sa gauche, les anciens comitants se trouveront au centre.

62. — Aucun ministre ne pourra ni prêcher, ni officier dans cette ville, sans le consentement du pasteur et des comitants, à l'effet duquel consentement il y aura une assemblée extraordinaire, si le besoin le requiert.

63. — La sûreté de la personne de notre pasteur exigeant les plus grandes précautions, celui chez qui notre pasteur fait sa résidence ordinaire sera prié de ne point donner retraite dans sa maison aux ministres que leurs affaires engageraient à passer par cette ville.

64. — Il ne sera admis personne aux sociétés que celles qui seront suffisamment connues pour avoir les conditions requises, et celles qui n'y auraient pas encore été admises, ne pourront y avoir entrée qu'après que les comitants de semaine en auront pris d'exactes informations et en auront fait rapport, soit au président ou au secrétaire; et il sera fait registre des personnes nouvellement admises.

65. — Les catéchumènes seront interrogés et instruits par notre pasteur, et il y aura toujours un comitant présent à toutes les actions d'instruction.

66. — M. Jousseaume, trésorier, qui veut bien continuer a donner ses soins à une partie aussi pénible que celle de la répartition des aumônes envers les pauvres, viendra prendre séance dans le comité toutes les fois qu'il le jugera à propos, et pour cet effet il sera averti par le secrétaire du jour et du lieu de nos séances.

67. — Il sera nommé un adjoint à M. Jousseaume dans ses fonctions de trésorier pour coopérer avec lui à la répartition des aumônes, si le trésorier a besoin d'aide, et pour travailler à la confection des comptes.

68. — Tous les ans, au mois d'octobre, M. Jousseaume rendra ses comptes au président, au secrétaire et à deux des membres alternatifs, et les comitants qui auront reçu le compte de M. Jousseaume en feront leur rapport à l'assemblée générale de novembre.

69. — 11 continuera d'y avoir correspondance entre les comités de Paris, de Nîmes et de cette ville, et les comitants de Paris et de Nîmes, que les circonstances conduiraient parmi nous, auront séance et voix délibérative dans nos assemblées.

70. — Les membres du comité de Paris et ceux du comité de Nîmes qui se trouveront dans cette ville lors des assemblées du comité seront invités de s'y rendre; à cet effet, ils seront conduits par un des comitants au lieu de l'assemblée et présentés à tous les membres, et leur place sera à la droite du président ou du co-président, lorsque notre pasteur se trouvera dans nos assemblées.

Le colloque du Périgord demandant que le fynode lui accorde deux pafteurs de plus, eu égard à fon état qui n'eft pas auffi heureux que celui des églifes de Saintonge, on lui accorde fa demande.

71. — Les lettres que le secrétaire écrira au nom du comité ne pourront être expédiées qu'après que la minute en aura été lue et approuvée par trois des membres du comité, et la minute en sera déposée et inscrite sur le registre des lettres.

72. — Ceux des comitants qui proposeront des questions qui seront relatives à eux-mêmes seront obligés de se retirer de la salle d'assemblée, pour que les comitants délibèrent avec plus de liberté, et les comitants qui auront été obligés de sortir rentreront dans la salle, lorsque les questions qui les concernaient auront été décidées.

73. — Les dix-sept articles arrêtés le 4 octobre 1758, restent dans leur entier et sont confirmés par le présent article, à la réserve de l'art. 1 5 concernant la forme du comité auquel l'assemblée générale du 1 1 septembre a dérogé pour donner au comité la forme qu'il a maintenant.

74. — Les articles des présents statuts ne sont pas tellement arrêtés que le comité n'y apporte quelque changement, si les circonstances l'exigent; mais les articles qui pourraient être ajoutés dans la suite, n'auront force de loi qu'autant qu'ils auront été approuvés et confirmés par l'assemblée générale de novembre, parce que le comité, tenant l'autorité qu'il peut avoir de l'assemblée générale, et ne la tenant qu'aux conditions contenues dans les présents statuts, il ne peut y apporter aucun changement, aucune augmentation ni diminution, sans l'approbation de ceux qui l'ont créé.

Rédaction primitive de l'article quinzième :

«On ne pourra proposer pour être inscrite sur ladite liste aucune personne exerçant un art mécanique, ni aucune de celles que des événements, de quelque nature qu'ils fussent, auraient mises dans l'impuissance de satisfaire à leurs engagements, et ceux du comité qui à l'avenir essuyeraient un semblable malheur seront censés avoir donné leur démission par ce seul fait, et il sera procédé à leur remplacement jusqu'à ce que la Providence leur fournisse les moyens de se réhabiliter.»

[Séance] du 2 novembre lyôi.

Ce jour, les commissaires, assemblés au désir de la délibération du 1 1 septembre dernier pour examiner les nouveaux statuts auxquels la nouvelle forme du comité devait donner lieu, et dont Monsieur Dangirard a bien voulu se charger et qu'il a eu la bonté de remettre en 74 articles, lesdits commissaires, après un examen attentif et réfléchi desdits articles, ont cru devoir proposer à l'assemblée % générale leurs réflexions sur deux articles seulement.

((Article quinze. »

«Art. i5. — Cet article contient deux parties: la première donne l'exclusion à toutes personnes exerçant un art mécanique, la seconde donne l'exclusion et prononce destitution aux membres que des malheurs auraient mis hors d'état de satisfaire leurs engagements.»

SYNODES PROVINCIAUX

Les églifes du Périgord ayant demandé qu'un des deux pafteurs que l'alTemblée lui accorde fût tiré du corps des anciens pafteurs de la Saintonge, on n'a pu répondre favorablement à leurs dénrs.

Observations.

Première partie. — Tous genres mécaniques supposent dans celui ou ceux qui les exercent un travail de main ; cependant il est des travaux de main qui exigent des lumières et du mérite, non-seulement relativement, mais en général, ce qui rapproche l'ouvrier de ceux exerçant arts libéraux, s'il ne les confond pas, du moins à beaucoup d'égards; c'est pourquoi les commissaires vous proposent, Messieurs, de faire sur cette première partie telle distinction qui sera jugée nécessaire.

Seconde partie. — Elle a paru trop rigoureuse, en ce qu'elle ne distingue point le malheureux du coupable; cependant la charité chrétienne ne permet pas de les confondre. Si le dernier est punissable et mérite le mépris, le premier doit être plaint et son infortune ne peut pas refroidir notre affection pour lui.

Il peut se trouver parmi nos frères de cette ville des personnes qui, sans aucune infidélité, même sans imprudence de leur part, seraient dans le cas prévu par cette seconde partie, qui cependant sont, à leur infortune près, très-capables d'être utiles à l'Eglise et très-dignes de la s-ervir. Il est vrai que les églises protestantes de l'étranger observent ce qui est proposé par cette partie de notre art. i5, mais cette rigueur n'a peut être trouvé place dans les statuts de ces églises que dans des temps de prospérité, dont par malheur nous ne jouissons pas, ni pour le temporel ni pour le spirituel; peut-être même que les conducteurs de ces églises n'ont pas fait assez d'attention au précepte de l'apôtre : « Que celui qui est debout prenne garde qu'il ne tombe. » — Précepte qui selon les lieux, les temps et les circonstances peut s'appliquer au temporel.

Vu ce qui vient d'être dit, les commissaires estiment que cette seconde partie doit être supprimée pour le présent.

((Article soixante-huit.»

68. — Les commissaires estiment que cet article doit être rédigé ainsi : «Tous les ans, au mois d'octobre, M. Jousseaume sera prié de remettre ou faire «remettre sur le bureau son compte de recette et dépense, et dans le cas que le «résultat donnât lieu à une délibération qui ne pourrait pas être prise dans la « même séance, le président, le secrétaire et deux des membres alternatifs seront « priés de se charger dudit compte, pour en faire le rapport à l'assemblée générale « de novembre. »

— Mss. de La Rochelle.

On a indiqué (p. 169) que les religionnaires de La Rochelle, «profitant de la tranquillité dont on les laissait jouir,» s'étaient empressés de se grouper et de se constituer en corps. Les statuts des comitants, que l'on vient de lire, et qui par leur forme et leur détail rappellent à la fois les articles d'une délibération de consistoire et les actes d'un synode provincial, témoignent clairement que cette éghse avait déjà, à cette date, atteint un certain degré de force et de prospérité. Ils expliquent en même temps cette phrase de Court de Gébelin, à propos de la convocation du synode national de 1763 : «Il est important que [La Rochelle] soit avertie, par plusieurs raisons, directement, et à part tout autre synode.» La

En conféquence des deux précédents articles, MM. Renouleau & Boutiton, pafteurs, ont été choifis pour aller exercer leur miniftère dans les églifes du Périgord, jufqu'au fynode provincial prochain.

A l'avenir, aucun des quartiers qui compofent notre province eccléfiaftique ne pourra fe décider fur des fujets qui en concernent le bien général , fans en donner avis aux colloques refpedifs. Ils fe communiqueront aufli réciproquement les divers avis qu'on pourra recevoir intérefîant la caufe commune.

Sur la propofition des députés du Périgord & Bas-Agenais portant que les honoraires de MM. les pafteurs feront égaux, le fynode a décidé que c'eft aux colloques refpedifs à les fixer.

Les églifes de ce royaume fe refientant encore à plufieurs égards des triftes fuites de la révocation de TEdit de Nantes, celles de cette province célébreront un jour folennel de jeûne & d'humiliation en mémoire de ce funefte événement, qu'on a fixé au huitième de novembre prochain.

La propofition des églifes du Périgord touchant la circulation de MM. les pafteurs dans tous les différents quartiers de la province, d'année en année, n'a pas été acceptée à caufe des inconvénients qu'on croit qu'il en pourrait réfulter.

Rochelle formait en effet un groupe complet, vivant de sa propre vie, en dehors du synode de la Saintonge, et qui tenait à être constitué en corps particulier et autonome.

Ces progrès incessants de la restauration du protestantisme en France, mettent en lumière cet extrait d'une lettre que, Fanne'e préce'dente (août 1760), le vieux proscrit, B. Duplan, adressait d'Angleterre à Court de Gébelin, qui lui avait communique' la mort de son père : « Grâces à Dieu, les églises de France sont aujourd'hui, malgré les persécutions qui se sont élevées de temps en temps, dans un état beaucoup plus heureux et plus florissant que lorsque nous avons commencé, M. votre père et moi, de nous intéresser pour elles. Il y a beaucoup plus de pasteurs, et les églises sont beaucoup plus nombreuses; et si Dieu exauce nos vœux et bénit nos soins et celui de nos collègues, la vérité fera bientôt plus de progrès en France qu'elle n'en a fait jusqu'ici, depuis la révocation de l'Edit de Nantes.» — Collection E. Lloyd.

SYNODES PROVINCIAUX

Sur la queftion que les députés de Saintonge ont propofée, fi on doit adminiftrer la Ste-Cène à ceux d'entre les fidèles qui, fe trouvant hors d'état d'affifter aux afTemblées publiques à caufe de leurs infirmités, requerront qu'on la leur adminiftre dans leur mailbn, la compagnie en renvoie la décifion au prochain fynode national, attendu qu'elle intéreffe toutes les églifes.

Pour que tout se décide avec la plus exacte équité, il a été arrêté que, lorfque les intérêts des colloques refpectifs fe trouveraient en conflit, on rendrait les voix égales.

xxn.

On confirme l'art, iq du dernier fynode, touchant les députés au prochain fynode national ^

Vu qu'il importe de garder un fecret inviolable fur certaines délibérations eccléfîaftiques, ceux d'entre les confiftoires qui le violeront feront cenfurés pour la première fois, & en cas de récidive les confiftoires aviferont fur ce qu'il y aura à faire de plus.

MM. les députés du Périgord ont dit être appelants au fynode national prochain de la décifion portée dans l'art. 17 du préfent fynode.

Le fynode accorde au colloque du Périgord la liberté d'écrire aux directeurs du féminaire à Laufanne, en faveur de M. de Becay, (?) étudiant, & de l'y envoyer quand il jugera à propos.

Les églifes de Saintonge feront parvenir à M. Etienne Gibert la fomme de ^4 liv., celles de Bordeaux 24liv., & celles du Périgord 12 liv., pour remplir la taxe à laquelle le fynode national dernier a affujetti notre province en faveur de Mad[ame] la veuve Bétrine, laquelle fomme ledit Monfieur fera tenir à ladite dame.

I. C'étaient les pasteurs Sol et Dugas; mais Sol, en 1763, fut remplacé par Etienne Gibert.

Les colloques de Saintonge & Angoumois font chargés de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que deffus.

DuGAs, pafteur & modérateur; J. Q. Sol, paft»" & modérateur-adjoint; Martin, pafl'' &fecrétaire; J. Picard, pafti" & fecrétaire-ad joint.

Synodes provinciaux de 1762

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

E lynode du Bas-Languedoc, aflemblé au Défert le trentième mars mil fept cent foixante-deux, au nombre de quinze pafteurs de la province, deux des Hautes-Cévennes & deux ^des Baffes, fix propofants, quarante & un anciens, députés des églifes, après avoir imploré le fecours de Dieu & élu, à la pluralité des fuffrages, M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur, & M. Pierre Encontre, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Jean Pradel, pafteur, pour fecrétaire, & M. Simon Gibert, aulB pafteur, pour fecrétaire -adjoint, a délibéré ce qui fuit :

L'affemblée, pénétrée de la plus vive douleur à la vue des progrès que fait la corruption, des malheurs qui affligent TEglife ^ & du fléau de la guerre qui continue à défoler l'Europe, ordonne que toutes les églifes de la province f humilieront devant Dieu par un jeûne folennel le 24." oélobre prochain, & qu'en attendant les pafteurs feront leurs

I. Un mois avant la réunion du synode, le 19 février, Rochette et les frères Grenier avaient subi le dernier supplice; le 9 mars 1762, quelques jours après, Jean Calas était exécuté à Toulouse. Ces événements avaient eu un douloureux et grand retentissement parmi les religionnaires; leur correspondance est pleine de détails et de commentaires sur ce sujet; mais les synodes n'en parlent pas : à peine font-ils allusion « aux malheurs qui affligent l'Eglise. » Un synode du Béarn et un colloque de Saintonge sont les seuls qui osèrent parler du martyre de Rochette et de la détresse dans laquelle la mort des frères Grenier avait laissé leur famille.

efforts pour porter les membres de leurs troupeaux à fy préparer dignement par la repentance & par des jeûnes particuliers.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Encontre, pafteur & modérateur-adjoint; Jean Pradel, pafteur & fecrétaire.

Les pafteurs ci-après nommes, ne pouvant connaître dans le prcfent fynode de la mâlheureufe affaire d'entre les fieurs Mathieu & Dufès, favoir MM. Paul Rabaut & Pierre Sauffine, parce qu'ils en ont jugé en première inftance de concert avec le confiltoire de l'églifc de Nages; MM. Jean Pradel, André Baftide, François Sauffine & Daniel Thérond, parce qu'ils en ont connu & qu'ils ont prononcé dans le colloque de Nîmes; M. Vincent, parce qu'il eft du nombre des témoins, & M. Claude Teiffier, pour d'autres raifons; tous lefdits pafteurs fe font retirés de l'affemblée, afin de n'être pas préfents ni quand on traitera de cette affaire, ni lorfqu'on en jugera.

M. Simon Gibert, pafteur & fecrétaire-adjoint, ayant requis d'être difpenfé de connaître & de juger de l'affaire entre les fieurs Mathieu & Dufès, l'affemblée, trouvant fes raifons légitimes, lui a accordé fa demande, & de fuite elle a nommé M. Guizot, pafteur, pour fecrétaire dans ce qui regarde ladite affaire.

Le fieur Dufès ayant demandé de vive voix d'être préfent lorfqu'on ferait lecture à l'affemblée de la procédure concernant le fieur Mathieu & lui, & par une requête qu'il lui foit permis d'avoir un confeil pour parler pour lui, la compagnie, répondant favorablement à fa dernière demande, juge à propos fur la première de lui faire feulement part de tout ce qui peut lui fervir dans ladite procédure.

Le même fieur Dufès requiert un récolement, confrontation & audition de témoins, avant qu'il foit prononcé définitivement fur fon affaire avec le fieur Mathieu ; la vénérable affemblée lui a accordé fa demande, quoique à la rigueur elle pût lui refufer & palier outre au jugement.

SYNODES PROVINCIAUX

La compagnie ne pouvant fiéger tout le temps qu'il faudrait pour exécuter ce qui a été accordé dans l'article précédent, & terminer cette malheureufe affaire, a jugé à propos de fe proroger dans les principales parties, favoir les pafteurs& dix-huit anciens, cinq du colloque d'Uzès, quatre de chacun du colloque de Nîmes, de celui de Sommières & de Maffillargues & un du colloque de Montpellier, — entendant que cette nouvelle affemblée ne fera qu'une continuation de la préfente & aura la même autorité.

Et pour la convoquer, comme auffi pour faire le récolement & la confrontation accordée au fieur Dufès & ouïr les nouveaux témoins qu'il a annoncés, ont été nommés, à la pluralité des fuffrages, MM. Guizot & Puget, pafteurs, & MM. D.... & B...., anciens.

Encontre, pafleur & modérateur; Guizot, pafteur & fecrétaire.

Conformément aux deux derniers articles, le fynode, convoqué par MM. les commiffaires, f'eft raflemblé le 6^ mai de ladite année, au nombre de fix pafteurs de la province, un des Hautes-Cévennes, un des Baffes & feize anciens, députés de l'Eglife, deux n'ayant pu fe rendre parce qu'ils étaient indifpofés ; & après l'invocation duSt-Nom de Dieu, a continué fes arrêts, comme il fuit :

MM. les commilfaires, nommés pour mettre la dernière main à la procédure, ayant rendu compte de leur commiffion, & la ledure ayant été faite de leur procès-verbal, du récolement & confrontation des témoins à eux préfentés, de toute la procédure, pour la féconde fois, & des pièces relatives au procès, tout exactement examiné & mûrement pefé, l'affemblée, après avoir imploré de nouveau la direction du St-Efprit, a jugé unanimement que l'accufation intentée par le fieur Dufès contre le fieur Mathieu n'eft point prouvée. En conféquence, elle le relève de la fentence de fufpenfion prononcée provifoirement contre lui par le colloque de Nîmes. Et cependant le trouvant coupable d'imprudence & le jugeant digne de cenfure à cet égard, elle l'a fait comparaître, & l'a cenfuré en effet, lui enjoignant d'être

plus réfervé à l'avenir. Enfin, réfultant de la même procédure que dans cette malheureufe affaire quelques perfonnes de la Vaunage fe font rendues répréhenfibles, elle charge les pafleurs de ce quartier-là de leur adreffer les admonitions & les exhortations convenables.

Après ce jugement rendu, MM. Pierre SaufTine, François Sauffme & Claude TeifTier, pafleurs, font entrés & ont pris féance dans l'affemblée.

Sur la demande de M. Fayet, pafleur, portant qu'il lui foit donné ade de la caufe pour laquelle il n'a point de quartier dans la province, les députés des églifes, interrogés là-deffus, ont répondu que c'efl parce qu'il refufe de baptifer en aucun cas les enfants dans le particulier.

Les fieurs Martin, Bouët& Genolhaac, étudiants, ayant demandé dans une des précédentes féances d'être examinés pour être reçus propofants, & cette demande ayant été rappelée dans celle-ci, la compagnie, y répondant favorablement, a nommé MM. Paul Rabaut, Jean Pradel, Pierre Encontre, Jean Guizot & Pierre Puget, pafteurs, pour les examiner & les recevoir, fils en font jugés capables & fils portent de bonnes atteflations des pafleurs & anciens des quartiers où ils fe trouvent.

Ainfî conclu & arrêté les 3o® & mars, i^"* & 2*^ avril, 6^ & mai 1762 ^

Encontre, pafl'' & mod»" ; Guizot, pafl*" & fecrét.

I. Au mois de mai, le 12, se réunit le synode provincial des Hautes-Ce'vennes ; les actes en sont perdus. Mais on en trouve la trace dans une lettre de Cavalier, dit Chalon, à Rabaut : «...Je vous prie de faire savoir à ceux de Messieurs vos collègues qui doivent assister à notre prochain synode que nous avons re'solu de le tenir le 12 mai, et qu'il faudra qu'ils prennent la peine de se rendre, le 1 1 au soir, au lieu du Castanet, sur la route St-Jean-de-Gardonnenque à Florac.» — Mss. Rabaut III, B. p. 66.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Le fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert le dixième novembre mil fept cent foixante-deux, compofé de quinze pafteurs de la province, deux des Hautes-Cévennes, huit propofants & dix-neuf anciens, députés par les églifes, après avoir imploré le fecours de Dieu Si élu à la pluralité des fuffrages M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur; M. Jean Pradel, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. Simon Gibert, pafteur, pour fecrétaire-ad joint, a arrêté ce qui fuit :

L'aflemblée, prenant en conftdération l'arrêté du fynode de Saintonge tendant à demander la tenue du fynode national, MM. Sol & Figuières, pafteurs, l'ayant également requis, & autres raifons importantes en demandant la convocation, — tout pefé, il a été réfolu de l'alîembler & de laifTer à MM. les pafteurs la nomination des deux anciens qui y devront aftifter. Pour ce qui eft du jour & du lieu, le choix en eft laifl'é à MM. les pafteurs & anciens qui feront députés à ladite afl'emblée.

Ont été élus pour y aftifter MM. Paul Rabaut & Jean Pradel, pafteurs, & pour fubftituts MM. Pierre Encontre & Simon Gibert, aufti pafteurs.

Meflieurs les députés audit fynode national font chargés de lui repréfenter premièrement que la plupart des catéchumènes & prefque tous n'apprenant que quelques ferions du Catéchijme de M. Ofterwald, parce qu'il en eft peu qui aient afl'ez de temps & de mémoire pour [les] apprendre toutes, il paraît qu'il ferait néceft'aire d'introduire l'ufage d'un catéchifme plus bref, qui renfermât en peu de fedions ce que la Religion enfeigne de plus eft'entiel. La province inclinerait pour V Abrégé du catéchifme de M. Drelincourt; en fécond lieu, qu'il importe démettre en exécution l'arrêté du dernier national, concernant

l'introduction d'un plus grand nombre de cantiques dans nos exercices facrés, & d'y ajouter une table des chapitres qui doivent f 'y lire & des pfaumes qu'il convient d'3^ chanter pendant le cours de l'année. — Troilièmement, vu l'extrême difficulté à ce que l'églife de Peyremale foit deffervie par les pafteurs de cette province, les grands dangers auxquels ils f'expofent par là, les gémiffements des membres de cette églife qui en fouffrent, & la facilité avec laquelle MM. les pafteurs des Hautes-Cévennes pourraient la deffervir, lefdits députés requerront inftamment la vénérable affemblée fynodale de retrancher la fufdite églife de cette province, & de la joindre à celle des Hautes-Cévennes.

MM. les pafteurs députés au prochain fynode national font chargés de faire les choix des cantiques qui leur paraîtront les plus propres à remplir l'objet de l'un des arrêtés précédents, & de les préfenter à ladite affemblée fynodale, & pour faciliter ce choix, MM. les autres pafteurs de la province enverront auxdits députés les cantiques qui leur tomberont en mains, & qui leur paraîtront convenables.

M. Pic, pafteur des églifes de Provence ayant demandé, tant en fon nom qu'en celui defdites églifes, que le fieur Martin, l'un de nos étudiants, leur fût cédé, les raifons du premier examinées, & le fécond ayant acquiefcé à ladite demande, fauf le bon plaifir de la vénérable affemblée, elle a bien voulu donner congé audit fteur Martin, qui déformais appartiendra aux églifes de Provence, & tous les membres de l'affemblée, en rendant témoignage à la conduite édifiante du fieur Martin, font [l]es vœux les plus ardents pour le fuccès de fes travaux.

Le député du quartier de M. le pafteur Gibert ayant expofé que les confiftoires de Vergèze & d'Aiguefvives avaient député le fieur Jacques Allier pour lui dire qu'ils f'oppofaient à un arrêté du colloque du Pays-Bas qui devait être porté au préfent fynode, — comme il paraît

I. Les progrès du protestantisme en Provence étaient lents, mais se poursuivaient. C'est à cette date qu'il faut également placer ces quelques mots du pasteur Cavalier, dit Chalon, au sujet des progrès obtenus à Lyon. «Je suis charmé d'apprendre ce qui se passe à Lyon,» écrivait-il à Rabaut. — Mss. Rabaut, III, B., p. 40.

SYNODES PROVINCIAUX

par là que les anciens de Vergèze & d'Aiguefvives fe font afTemblés & ont délibéré fans pafteurs, contre ce que prefcrit la difcipline, M. Allègre, pafteur, &M. B..., ancien, ont été nommés pour examiner fi en effet lefdits anciens font coupables d'une pareille contravention, &, en ce cas, leur adreffer la cenfure qu'ils auront méritée.

L'aiïemblée, prenant en confidération tant le mémoire préfenté par M. Gibert que l'arrêté qu'a fait là-delfus le colloque des églifes du Pays-Bas, exhorte tous les confiftoires & toutes les églifes de la province à ne rien négliger pour que les pafteurs aient des honoraires fuffifants pour leur entretien & celui de leur famille, de manière qu'ils puiffent foutenir l'honneur de leur état fans être à charge à leurs amis.

Les quartiers feront libres d'envoyer aux affemblées fynodalesun ou deux anciens avec leur pafteur. A l'égard des frais qui fe feront à l'occafion de ces affemblées, chacun des députés y entrera pour fa quote-part, & fuppofé que quelque quartier fe difpenfe d'en envoyer fans raifon légitime, il fera cenfuré & cependant paiera pour un député.

Toutes les églifes du colloque du Pays-Bas entreront dans les frais que firent les trois députés dudit colloque au dernier fynode provincial.

L'affemblée, informée qu'on eft difpofé à admettre quatre de nos candidats au miniftère dans le féminaire de L[aufanne], & voulant profiter de cet avantage, elle a arrêté d'y envoyer les fieurs Lombard, Gachon & Valentin, propofants, & fieur Jean Bétrine, étudiant, à la charge de revenir dans le fein des églifes, lorfqu'ils en feront requis. Elle exhorte les premiers d'avoir l'œil fur le dernier & fait des vœux pour qu'ils faffent les plus rapides progrès, afin qu'ils foient plus tôt utiles aux églifes ^

I. Court de Gébelin écrivait à Rabaut le 3i octobre précédent: «Demandez au synode provincial qu'il envoie des étudiants ici; offrez leur toute la bonne volonté de nos illustres amis. Assurez-leur que vous avez promesse qu'on recevra ici 4 proposants. Vous savez que je vous offris autant de places ; on s'est rétracté: qu'ils viennent, lisseront les bienvenus; seulement, qu'ils soient accompagnés de bons témoignages.» — Mss. Rabaut III, B. p. 1 10.

M. le pafteur Gibert deflervira Congeniès qui fera joint déformais à Aubais, fous la réferve que les affemblées qu'il fera pour ces deux lieux, feront convoquées à la place appelée Garrigue plane.

Les pafteurs & anciens de chaque quartier f'affembleront une ou deux fois l'année pour pafTer par l'examen, & un pafteur voifm fera prié d'affifter à ces affemblées pour y préfîder, lorfqu'on procédera à l'examen du pafteur du quartier.

Ainfi conclu & arrêté le même jour & an que deffus.

Paul Raeaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafteur & modérateur-adjoint; Encontre, pafteur & fecrétaire.

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Synode du Vivarais.

Aéîes du fynode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velay, ajfemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais, le vingt -huit[ièmé] avril mil Jept cent foixante-deux, auquel ont ajjîjlé trois pafteurs & dix anciens, députés def dites églijes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St- Nom, a été réfolu ce qui fuit:

Notre très-cher & bien-aimé frère, M. Jean Blachon, pafteur dans les églifes de cette province, ayant demandé fon congé, alléguant que l'éducation de fes enfants & d'autres raifons voulaient qu'il fût auprès d'eux, l'affemblée lui a préfenté le befoin que ces églifes avaient de fon miniftère, en lui déclarant qu'elle ne confentirait à fon départ qu'avec regret, jufqu'à ce qu'il y aurait de nouveaux pafteurs pour remplir fon pofte. A quoi ledit M. Blachon a répondu qu'il était trèsfenfible aux follicitations qu'on lui faifait, & très-attaché à un troupeau qui depuis longtemps était l'objet de fes foins; mais que les

raifons qu'il avait étaient fi fortes, qu'elles le mettaient dans la néceffité de perfifter dans fa demande.

Sur ce l'afTemblée, réfléchilîant de nouveau Se reconnaiffant qu'il y avait de l'injuftice de gêner un pafteur auquel on a de très-grandes obligations, elle f'eft déterminée à lui accorder fa demande, efpérant de fon zèle qu'il reviendra auffitôt qu'il lui fera poffible & qu'il fera toujours attaché au bien des églifes, comme elles le lui recommandent & comme il le fut ci-devant. De quoi elle le remercie, & de tout ce qu'il a fait en leur faveur; & pénétrée d'une vive reconnaiffance, elle fait pour lui les vœux les plus ardents & elle ordonne qu'on lui expédiera un certificat dans lequel, en rendant juftice à fon mérite diftingué, on déclarera combien on a été content, fatiffait & édifié de fa conduite & dans lequel on le recommandera à la bienveillance & à la protection de tous ceux d'entre les fidèles de notre communion à qui il f'adreflera.

Peirot; Vernet.

Synode du Haut- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes réformées du Haut-Languedoc, Haut & Bas-Comté de Foix, [fe font] affemblées en fynode provincial fous la protection de Dieu, le dix-huitième février mil fept cent foixante-deux, dans le Haut-Languedoc, auquel ont affifté en qualité de députés MM. Sicard. Gardes & Sicard le jeune, pafteurs, avec deux anciens chacun, M. Lafon, pafteur [du] Haut-Comté de Foix, avec deux anciens, & M. Figuières, pafteur du Bas-Comté de Foix, avec deux anciens, lefquels , après l'invocation du St-Nom de Dieu, ont délibéré & arrêté ce qui fuit :

L'afTemblée a nommé à la pluralité des voix M. Sicard, pafteur, pour modérateur, & M. Gardes, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Lafon, pafteur, pour fecrétaire, & M. Sicard le jeune, pour fecrétaire-adjoint.

Vu les divifîons qui régnent dans les églifes [du] Bas-Comté de Foix entre M. Figuières, miniftre, qui fut affecté auxdites églifes, & la majeure partie des anciens & fidèles qui les compofent, fuivant les plaintes qu'ils ont portées les uns contre les autres, & [les ayant] entendus pendant deux féances fur toutes leurs conteftations, raifons, exemptions & déclarations des députés defdites églifes, quelles ne veulent plus être deffervies par lui, — pour mettre fin à ces divifions & remédier au fcandale qu'elles ont occafionné, il a été unanimement délibéré que M. Figuières ne delfervira plus lefdites églifes du Bas- Comté, qui feront tenues de lui payer une penfîon de 25o liv. pendant deux années pour lui fervir à fon entretien & de fa famille, fans préjudice de ce qui peut lui être dû de fon honoraire jufqu'à ce jour, & qu'il fera en outre procédé, par le pafteur qui deffervira à l'avenir lefdites églifes, au changement, nomination & réception des anciens qu'il fera trouvé à propos, en fuivant l'ordre prefcrit par la difcipline ; & le fieur Faure, fils du juge de Saverdun, & Félix Baze, de Mazères, font & demeureront dépofés de leur charge d'ancien ; & comme dans notre province il n'y a point de quartier vacant à pouvoir bailler à deffervir, [M. Figuières] fe procurera durant le cours defdites deux années une ou plufieurs églifes pour les delTervir, ainfi qu'il le trouvera à propos

Le fieur Teulier, ancien de Téglife de Saverdun, eft exhorté à ne plus prendre, comme il a fait, la qualité d'ancien des anciens, n'y ayant point de prééminence parmi eux.

Et comme les honoraires de M. Figuières n'avaient pas eu jufqu'à préfent de règlement fixe, lorfqu'il fervait [le] Haut & Bas-Comté, la compagnie a trouvé à propos de les régler fur le pied de 800 liv. par an, à compter depuis le mois de feptembre 1768 jufqu'à ce jour inclufivement, & en conféquence, il fera payé incelTamment de ce qui lui refte dû & des dépenfes qu'il peut avoir faites, dont il donnera un état; bien entendu que l'honoraire depuis le premier juin dernier regarde en entier les églifes [du] Bas-Comté.

I. Cette affaire fut évoquée devant le synode national de 1763, qui confirma la décision du synode du Haut-Languedoc, mais qui ne mit pas fin aux divisions de ces églises.

SYNODES PROVINCIAUX

Les églifes [du] Haut & Bas-Comté payeront inceffamment 91 liv. à M. Sicard, pafteur, pour les avances qu'il a faites aux fynodes nationaux.

Sur la demande que les églifes [du] Haut & Bas-Comté de Foix ont faite que M. Figuières ferait tenu de leur fournir un double des regiftres des baptêmes & mariages qu'il a célébrés au milieu d'elles, la compagnie la leur a accordée, & M. Figuières, acceptant, a requis le préfent article.

La compagnie ayant un preffant befoin d'un pafteur, on écrira au plus tôt à M.CrebefTac, furnommé Vernet, un de fes candidats, de fe rendre inceffamment au milieu de nous. La vénérable affemblée, en lui accordant la permiffion de faire dans l'étranger fes épreuves, fupplie nos illuftres amis de vouloir l'examiner; & f'ils le jugent capable d'être reçu, il fera confacré après fon arrivée dans ce pays.

Le fieur François Lacombe, originaire [du] Haut-Comté de Foix, & élève de M. Figuières, ayant demandé à la vénérable affemblée l'agrément d'aller au féminaire pour y perfectionner fes lumières, elle lui accorde fa demande, fous la condition que, quand il fera appelé, il viendra deffervir les églifes de cette province, conformément à la promeffe qu'il vient d'en faire; en conféquence, on a chargé M. Armand, pafteur, d'écrire à nos illuftres amis du pays étranger pour les prier de lui accorder une place dans ledit féminaire, & qu'ils daignent l'honorer de leur protection.

Ainfi conclu & arrêté le 19® février 1762.

Sicard, pafteur & modérateur; Gardes, pafteur & modérateuradjoint; Lafon, pafteur & fecrétaire ; Sicard le jeune, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synode du Béarn.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes de Béarn, affemblées fous les yeux de Dieu, le dix-neuvième mars mil fept cent foixante-deux, au nombre de trois pafteurs, favoir : fîeurs Defferre, Journet & Foffe, dit Richard, pafteurs, accompagnés de vingt-trois anciens, après avoir invoqué le nom du Seigneur, ont délibéré ce qui fuit :

Lecture ayant été faite des atteftations accordées au fieur Defferre, pafteur, par les pafteurs de la province du Bas-Languedoc, la compagnie les a approuvées unanimement & fait des vœux au Ciel pour la continuation & le fuccès dudit fieur Defferre au milieu de nous.

On a élu à la pluralité des fuffrages M. Defferre, pafteur, pour modérateur de Taffemblée, pour modérateur-adjoint, M. Foffe, pafteur; pour fecrétaire, le pafteur Journet, & pour fecrétaire-adjoint, L . . ancien de l'églife de Salies.

Ayant été fait rapport à l'affemblée, par le député de l'églife d'Orthez, que la veuve d'un des trois frères qu'on a fait mourir avec le pafteur Rochette demande d'être fecourue, de même que la famille qui fe trouve fort pauvre, la compagnie, participant fenfiblement à leur trifte état, a promis de faire tous [fes] efforts pour difpofer les églifes à leur tendre au plus tôt une main fecourable.

On travaillera inceflamment à lever ce qu'on pourra en faveur d'un fidèle de Lendreffe, dont la maifon a été incendiée.

MM. Defferre, Journet & Fofle, pafteurs, circuleront tour à tour dans toutes les églifes de la province.

Lorfqu'un des pafteurs fe trouvera malade ou obligé de f'abfenter pour des befoins indifpenfables, en tel cas les affemblées, qui fe feront

SYNODES PROVINCIAUX. 267

dans le quartier d'Orthez & dans celui de Salies par les autres deux pafteurs, feront générales ; & alors tous les deniers des pauvres, qui fe lèveront dans chaque affemblée, feront partagés entre les églifes, fuivant la taxe du miniftère que chaque églife paye, pour éviter toute jaloufie & difcuffion.

Le quartier d'Orthez aura une aflemblée régulièrement chaque dimanche, lorfque les trois pafteurs ne feront ni malades ni abfents ; dans le quartier de Salies, l'églife de Salies aura deux dimanches, & les annexes de Labaftide & Sauveterre le troifième.

L'églife d'Orthez cède aux annexes qui lui font attachées, favoir : Lagor, Maflacq, Ozenx, Arthès, Arance, LendrelTe & Mont, la huitième de toutes les affemblées qui f'y feront, fous cette condition cependant que les communions de Noël, Pâques, Pentecôte & Septembre fe célébreront dans l'églife d'Orthez, fans que les annexes puilTent prendre aucune part aux deniers des pauvres qui fe lèveront les jours de Cène.

Les annexes de l'églife de Salies, lorfque leur tour fera de prendre l'affemblée, ils la convoqueront toujours à la place par avis, comme étant la plus à portée de tous les quartiers. Cet ordre fera exactement gardé, excepté que des obftacles qu'on ne faurait prévoir, les obligeaffent de la convoquer ailleurs.

L'églife [de] Baranjufon fera jointe déformais aux églifes de Sauveterre, Athos, Labaftide & Carreffe; & dans chaque aftemblée, ils partageront les deniers des pauvres, fuivant la cote que chaque églife paye pour l'honoraire de MM. les pafteurs.

La compagnie a fait aflurer à chacun de fes pafteurs la fomme de 700 liv. pour l'année dix-fept cent foixante-deux.

Fait & arrêté le jour & an que deflus.

Defferre, modérateur; Fosse, modérateur-adjoint; Jean Journet & Dan. L., fecrétaire-adjoint.

Synode de Saintonge, Angoumois, Périgord, Agenais et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Aâes du fynode projmicial de Saijitonge, Angoumois, Périgord, Agenais,, Ba^adaïs & Bordelais^ tenu le & 3o^ avril ij62.

Les églifes de Saintonge, Angoumois, Périgord, Agenais & Bordelais, affemblées en fynode, le vingt-neuvième & trentième avril mil fept cent foixante-deux, auquel ont alTifté MM. Gibert aîné, Dugas, Martin, Gibert jeune, Jarouffeau, Renouleau & Boutiton, pafteurs, & dix anciens, députés avec lefdits pafteurs par lefdites églifes, ont délibéré ce qui fuit :

On a élu à la pluralité des fuffrages M. Dugas, pour modérateur, M. Gibert jeune, pour modérateur-adjoint, M. Renouleau, pour fecrétaire, M. Martin, pour fecrétaire-adjoint.

Vu le trifte état où fe trouvent encore diverfes églifes du royaume & le jugement du Ciel qui fe promène depuis longtemps fur la face de la terre, l'aftemblée ordonne un jeûne folennel d'humiliation que toutes les églifes de cette province célébreront le quatorz[ième] novembre prochain.

L'alTemblée confirme l'article. . .du fynode provincial de 1760, & admet en conféquence les églifes du Haut-Agenais à faire corps avec celles de cette province.

On blâme M. Solierdu manque d'exaditude qu'il a manifefté à fe trouver dans les affemblées fynodales, & furtout de ce qu'il n'a pas écrit directement à celle-ci pour f'excuferde nef'y être pas rendu, ainfi que l'ordonne la difcipline; on l'exhorte d'être plus exad à l'avenir à tous ces égards.

SYNODES PROVINCIAUX. 269

La compagnie confirme le jugement des commiffaires nommés par le dernier fynode, art. 12, pour examiner la fuffifance des raifons qui engageaient M. Picard, pafteur, à demander fon congé; mais ce dernier ne fêtant pas rendu au préfent fynode, bien qu'il en ait été averti comme il paraît par fa lettre du 6^ du courant, & n'ayant pas obfervé ce qui lui avait été prefcrit à ce fujet par lefdits commiffaires, fa conduite a été jugée très-répréhenfible & contraire à la difcipline. En conféquence, on l'exhorte d'être à l'avenir plus religieux obfervateur de l'ordre, & on lui enjoint en outre, vu le befoin preffant des églifes du Périgord, de retourner dans leur fein, conformément à leur défir, chargeant Meffieurs les modérateurs de lui faire à ce fujet les plus vives inftances.

Vu l'urgente néceffité où fe trouvent les églifes du Montalbanais depuis le martyre de M. Rochette, la compagnie prie & follicite M. Sol, pafteur, de continuer à leur accorder fon miniftère, afin de prévenir par ce moyen leur dépériffement.

On charge Monfieur le modérateur de répondre à la lettre que M. Plantier a écrite au préfent fynode.

Le fynode ne pouvant accorder un pafteur aux églifes du Haut- Agenais, conformément à leur demande, & défirant néanmoins de fubvenir à leurs befoins autant qu'il luieft poftible, leur accorde pour une année M. la Lande-Dupuy, propofant, laiffant au refte à M. Renouleau, pafteur dans les églifes du Périgord, la liberté d'y faire une ou deux rondes dans le cours de ladite année, fil le juge à propos, comme aufïî de fe déterminer enfuite pour la defferte defdites églifes de l'Agenais, fi telle eft fa volonté & que lefdites églifes continuent à le demander.

L'affemblée, affligée du peu de déférence de la plupart des églifes pour l'obfervation de l'art. 16 du fynode national dernier, concernant la tenture, exhorte & enjoint de la manière la plus forte auxdites églifes de ranimer leur zèle à ce fujet, afin de f'acquitter de leur devoir, & d'éviter par là un acte fi contraire à la profeffion du pur

Chriftianifme, ordonne en outre aux pafteurs & anciens d'y tenir la main.

Attendu que le colloque du Périgord, affemblé le 2 5* février dernier, avait décidé de fe procurer des maifons d^oraifon ' & chargé M. Gibert, pafteur, d'y travailler, le fynode, premièrement, ne peut qu'approuver ledit fieur Gibert d'avoir exécuté les volontés dudit colloque à cet égard, & ne peut conféquemment qu'improuver, comme il le fait par le préfent arrêté, la conduite de ceux qui f'y font oppofés, — les cenfurer vivement à cette occafion, — continuer ladémiffion des anciens de Ste-Foy qui l'ont requife, — dépofer ceux d'Eyneffe qui ont concouru à ladite oppofition, & priver de la communion ceux d'entre les fidèles qui ont figné une proteftation contre l'éredion defdites maifons d'oraifon, jufqu'à ce que les uns Se les autres donnent des marques d'une fîncère repentance, de laquelle les confiftoires refpe6lifs connaîtront. Secondement, on cenfure en particulier M. Meftre Duroc, comme principal moteur defdites oppofitions, & fans approuver la manière dont M. Gibert f 'eft fervi pour le fufpendre de fa charge d'ancien, l'affemblée confirme néanmoins ladite fufpenfion & le dépofe même de ladite charge à caufe de graves fujets qu'il en a donnés, en voulant engager dans fon parti les anciens des autres églifes contre le bon ordre; le tout ayant été ainfi décidé, après la ledure & l'examen attentif des mémoires & lettres qui ont été produits de part & d'autre.

On a trouvé répréhenfiblc l'églife de Bordeaux de n^ avoir pas accepté M. Dupuy l'aîné en qualité de propofant, vu que les commifl'aires nommés par le colloque de Saintonge, tenu le i6* décembre dernier, lui avaient fixé fon féjour dans ladite églife jufqu'au préfent fynode, félon le droit qu'il en avait.

M. Dupuy l'aîné deffervira en qualité de propofant les églifes de Saintonge & Angoumois alternativement jufqu'au fynode prochain. Si elles lui paieront chacune fuivant fa taxe au marc la livre la fomme de 3oo liv. pour fes honoraires, laquelle lui fera comptée la moitié à la St-Jean prochaine & l'autre moitié à la Noël fuivante.

j . Ces premières tentatives n'étaient pas toujours heureuses. A Pons, en Saintonge, les dragons, qui y étaient arrivés, avaient transformé les maisons d'oraison en greniers, ne les ayant pas trouvées «assez commodes pour une écurie».

L'affemblée confirme l'art. 17 du colloque de Saintonge, tenu les lô*" & 17® décembre dernier, qui porte que les propofants & étudiants ne devant exercer les fondions du St-Miniftère, que de l'aveu & confentement des pafleurs, ceux de cette province feront tenus à l'avenir de communiquer à quelqu'un d'eux les difcours qu'ils voudront prêcher dans les églifes qui la compofent.

Nonobftant l'art. 20 du colloque de Saintonge, tenu le[s] iG"" Si i^" décembre dernier, il fera permis aux propofants de la province de mettre la robe lorfqu'ils feront appelés à faire les fondions de la chaire; bien entendu que, lorfqu'ils fe trouveront dans une églife où il y aura un pafteur qui fera obligé de faire quelques fondions, il la mettra par préférence.

Il fera écrit à M. Figuières pour le faire apercevoir des erreurs qui fe trouvent dans la lettre qu'il a adreffée à Meffieurs les pafleurs de Saintonge & Périgord, tant par rapport au temps de trois ans & huit mois qu'il dit avoir refté dans lefdites églifes que par rapport à la fomme de deux mille cinq cent foixante-fix livres , treize fols & quatre deniers qu'il demande pour fes honoraires defdites trois années & huit mois, M. Gibert ayant afTuré pofîtivement qu'il ne lui avait été promis que 400 liv. par an, & qu'il lui en avait compté comme le fieur Figuières l'avoue lui-même 400 liv., en forte qu'ayant paru clairement qu'il n'a refté en tout dans lefdites églifes que deux années, elles [ne] lui reftent redevables que de la fomme de 400 liv., qu'on charge les églifes du Périgord de lui payer le plus tôt qu'elles pourront, elles feules étant redevables de cette fomme, attendu que les 400 liv. comptées étaient pour la portion de celles de Saintonge, moyennant quoi ledit fieur Figuières doit être content & ne plus écrire à ce fujet.

La penfion de Mad[ame] Bétrine fera payée pour la préfente année ainfi qu'il a été délibéré de la manière fuivante, favoir : les églifes de Saintonge 12 liv., celles de TAngoumois 12 liv., celles de Bordeaux 12 liv., celles du Périgord 12 liv. & celles du Haut-Agenais 12 liv.

XVU.

Le fynode ayant été informé par M. Boutiton, miniftre, qu'un pafteur n'a pas communié hier, même en adminiftrant ce faint facrement, on charge les députés de faire décider au prochain fynode national fi une telle conduite n'eft pas contraire à l'ordre &à l'édification, & en attendant, on a enjoint aux pafteurs de la province de fe conformer à l'ufage reçu.

Uaffemblée juge que c'efi; au fynode provincial à fixer les quartiers refpeclifs des pafteurs de la province; ainfi, elle n'approuve point que le colloque de Saintonge ait fixé ceux de fes pafteurs, mais on confent cependant que l'arrangement que ledit colloque a pris à ce fujet fubftfte jufqu'à ce que le fynode provincial en ordonne autrement, & la préfente afl'emblée accorde encore le miniftère de M. Boutiton dans les églifes du Périgord jufqu'au prochain fynode.

Vu que plufîeurs députés qui avaient été nommés pour le fynode national prochain dans le fynode provincial de 1760 & confirmés dans celui de 1761 fe trouvent dans le cas de ne pouvoir remplir cette miflion, on a procédé à une nouvelle nomination, & on a député pour ladite aflemblée fynodale nationale, dans la fuppofition qu'elle aura lieu dans le cours de cette année, d'entre les pafteurs MM. Gibert l'aîné & Dugas, & pour fubftituts MM. Gibert jeune & Jarouffeau, & d'entre les anciens MM. Ifaac Ranfon & Rommefort, & pour fubftituts MM. Gerbet & Delbech.

Les églifes de la côte de Saintonge font chargées de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que dciïus, lecture ayant été faite.

DuGAS, pafteur & modérateur; Gibert, jeune, pafleur & modérateur-adjoint; Renouleau, pafteur & fecrétaire; Martin, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synodes provinciaux de 1763.

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert le treizième juillet mil fept cent foixante-trois ^ & jours fuivants, au nombre de quinze pafteurs, trois propofants & trentedeux anciens, députés par les églifes, après avoir imploré la direction du St-Efprit, & élu à la pluralité des luffrages M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur; M. Pradel, auffi pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. Simon Gibert, auffi pafteur, pour fecrétaire-adjoint, a arrêté ce qui fuit :

Sur la demande de M. Baftide, pafteur, tendant à obtenir fon congé & une atteftation touchant la doctrine qu'il a prêchée & la conduite qu'il a tenue parmi nous, l'affemblée, extrêmement affligée defe voir à la veille de perdre ce digne & zélé ferviteur de J[éfus]-C[hrift], a député fix de fes miniftres pour l'exhorter à fe défifter de ce deffein ; ce qu'ayant exécuté, ils ont eu la confolation de réuffir, de quoi la compagnie a béni le Seigneur.

Ledure faite des arrêtés du dernier fynode national 2, l'affemblée a déclaré vouloir f'y foumettre.

1. C'est dans les premiers jours de ce mois de juillet que mourut à Londres Benjamin Duplan, l'ancien député général des églises, l'ami qui avait autrefois le plus encouragé Antoine Court à convoquer le premier synode national de 1726.

2. Le huitième synode national venait de se réunir le i^'' juin.

En exécution de l'art. 4 dudit fynode national, & à l'exemple des églifes qui f'y font déjà conformées ou qui l'ont prévenu, peu après que la paix fera publiée dans les lieux où elle ne l'a pas encore été, on célébrera un jour d'adions & de grâces pour cet heureux événement, & l'on redoublera les prières qu'on eft dans l'ufage d'adreffer à Dieu pour la confervation de la perfonne facrée du Roi & de toute la famille royale, ainfi que pour la profpérité du royaume.

Suivant l'art. 6 du même fynode, les fidèles font exhortés à lire avec affiduité & avec exaditude la parole de Dieu. Et pour en faciliter l'intelligence, les pafteurs feront au peuple des paraphrafes & autres inftrudions familières, autant qu'il leur fera poffible.

Les églifes de cette province fe joindront à toutes celles du royaume pour célébrer le jour de jeûne & d'humiliation indiqué par le fufdit fynode national au premier dimanche du mois d'odobre prochain.

Pour compofer le formulaire de prières ordonné par l'art. 12 du même national, ont été élus MM. Rabaut, Pradel & Baftide, pafteurs.

Comme d'une année à l'autre il furvient des affaires importantes qui demandent d'être examinées & expédiées avec célérité, & qu'il ferait trop long & trop difpendieux fil fallait que le fynode f 'affemblât pour les expédier, qu'au furplus on pourrait, en attendant qu'il fe convoquât, manquer des occafîons favorables, — pour toutes ces raifons, l'aliemblée a compofé un comité qui fera composé pour cette année de MM. Rabaut, Pradel & Encontre, pafteurs. Ce comité eft chargé de gérer les fufdites affaires, comme aufti d'entretenir pour la province la correfpondance prefcrite par le fufdit national; il fera part des nouvelles intérefl'antes aux frères, qui, de leur côté , lui feront favoir ce qui arrivera d'important dans leurs quartiers, afin qu'il en puiffe inftruire la province. Enfin, les frais qu'il pourra faire relativement à fa commiffion feront fupportés par les églifes du reflbrt du préfent fynode.

SYNODES PROVINCIAUX

vm.

Conformément aux art. Sy & 38 du même fynode national, la province paiera à Mad[ame] Bétrine une penfion de 60 liv. par année, à commencer au mois de feptembre prochain, & à M. Court celle de 90 liv., qui a commencé au premier juin de la préfente année, & cela pour les bons fervices qu'il a rendus & qu'il eft difpofé à rendre aux églifes.

L'affemblée, informée que plufieurs confîftoires & églifes ont exécuté envers leurs pafteurs le feptième art. du fynode dernier, ne peut que les louer d'avoir ainfi rempli leur devoir ; elle exhorte les autres confiftoires & églifes d'imiter un fi digne exemple, ordonne que chaque pafteur foit payé dans & par fon quartier, de manière que, comme le porte le fufdit article, les pafteurs de cette province foient, ainfique le font ceux de la plupart des autres, mis à même de foutenir leur état fans être à charge à leurs amis ; & quant aux moyens à prendre pour parvenir à une fi louable fin, le fynode f'en rapporte à la prudence des pafteurs & des anciens.

Ainfi que le demande la juftice & la charité, les cenfures & les réparations ne feront pas plus publiques que l'auront été les fcandales.

Mefïieurs les députés du quartier du Vivarais & de celui de Bédarieux ayant demandé chacun un pafteur fixe pour les deifervir, & l'aiTemblée ne pouvant leur accorder que M. Mathieu, quoique celui-ci ait témoigné beaucoup d'affeclion pour les églifes du diftricl de Bédarieux, cependant la compagnie, confidérant que celui du Vivarais n'a été deffervi pendant plufieurs années que par corvées & voulant déférer à l'injonction que le dernier national fait à la province (art. 39), elle lui a affecté, pour cette année, le miniftère dudit M. Mathieu.

Congeniès & Aubais feront annexés au quartier d'Aiguefvives, Gallargues & Vergèze, & le pafteur fera libre de convoquer les afTemblées qui reviendront à ces deux premiers lieux, à telle place que bon lui femblera.

xm.

Il eft enjoint à tous les colloques de cette province d'arrondir, autant que faire fe pourra, les diftrids de chaque pafteur.

A la réquifîtion de M. Baftide, pafleur, & vu que l'exercice de la difcipline eccléfiaftique eft un moyen très-propre à remédier aux fcandales palîés, & à prévenir ceux qui pourraient arriver, l'affemblée recommande aux pafteurs, anciens, confiftoires & colloques d'exercer cette difcipline de la manière la plus fcrupuleufe, & fans acception de perfonnes, fous peine contre les contrevenants d'être cenfurés fuivant l'exigence des cas.

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