‹ Les Synodes du DésertChapitre 22 sur 36 · I. M. François Saussine, en juin · texte numérisé non relu

I. M. François Saussine, en juin

M. Vincent, vers la fin d'août ou .vers le commencement de septembre. M. Allègre, en novembre.

M. Mathieu, en de'cembre : il donnera la communion de Noël. M. Teissier, en février.

M. Pradel est engagé à faire une assemblée dans son quartier, et M. Lafon une autre.

M. Gibert, en avril.

Paul Rabaut, pasteur et modérateur; Pradel, pasteur et modérateur-adjoint; Encontre, pasteur et secrétaire; GuizoT, pasteur et secrétaire-adjoint.

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc, le lo mai 1-64.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général le dixième mai mil sept cent soixante-quatre, après l'invocation du St-Nom de Dieu et des lumières du St-Esprit, avons arrêté ce qui suit :

1. — L'assemblée a nommé, à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, pour modérateur; M. Gardes, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune pour secrétaire, et M. Marc pour secrétaire-adjoint.

2. — L'assemblée a vu avec peine que les églises du Comté de Foix, au lieu d'accepter la séparation proposée par l'art. 2 du colloque général du 20 août dernier, demandent la tenue d'un synode provincial pour se procurer des pasteurs ou des vocations relatives, sans alléguer des raisons qui invalident les motifs de la séparation que l'article contient, qui sont avantageux pour tous ; car un synode multipliera-t-il les pasteurs de la province, et pouvons-nous donner nos suffrages pour avoir des pasteurs pour des églises qui discutent sans fin avec leurs pasteurs et les rejettent? Qu'on ait été bien ou mal fondé, c'est ce qui n'occupe plus; mais toujours est-il vrai que MM. Lafon et Figuières ont été congédiés, en conséquence de leurs poursuites, et que nous avons été impliqués dans leurs démêlés sans y avoir donné lieu, ni pris aucun parti; ce qui nous a extrêmement affligés et doit nous éclairer pour le temps futur, d'autant mieux que nous n'avons aucune connaissance des lumières, talents, vie et mœurs des pasteurs qui pourraient se prêter aux vues des églises du Comté de Foix. Nous leur avons proposé l'indépendance,; elles font province dans le civil, ainsi elles peuvent et doivent le faire dans l'ecclésiastique ; dès lors elles pourront se procurer des pasteurs selon leur goût, elles donneront les vocations en tel cas requises, elles seront valides; et si elles se pourvoient de pasteurs selon leurs désirs, nous en bénirons Dieu ; s'ils ne le font point,

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étant refté pour préfider. — la matière difcutée, — & MM. les anciens, fâchés que tous leurs diftrids ne foient pas en état de procurer à leurs pafteurs des honoraires plus fortables à leur état & à leur befoin, les ont fixés à 800 liv. pour le moins, & ils exhortent les quartiers qui le pourront à leur en accorder de plus confidérables ; bien entendu qu'ils continueront à pourvoir eux-mêmes à leur entretien auffi bien qu'à celui de leur famille.

nous n'y serons ni ne pourrons y être réputés pour rien. Si nous avions suffisamment des pasteurs, nous céderions sans peine de nos droits, mais en manquant sinon de plusieurs, du moins d'un qui nous serait très-nécessaire, nous ne pouvons que gémir sur leur état, ainsi que nous le faisons sur le nôtre; et fermement résolus de ne plus donner de vocation à des pasteurs pour un pays que nous ne connaissons que par les disputes cumulées d'entre les églises et les pasteurs qu'elles ont eus et congédiés, il serait inutile et frustratoire d'assembler un synode provincial à raison de ce, ne pouvant remédier aux difficultés que l'indépendance et séparation proposées peuvent seules lever. Ainsi nous déclarons unanime[ment] n'y avoir lieu d'assembler de synode provincial à ce sujet, sauf aux églises du Comté de Foix d'accepter la séparation et indépendance proposées par notre colloque du 20 août dernier, que nous confirmons pour sortir à effet à l'avenir ; ce faisant, elles pourront procéder et agir ainsi et de la manière qu'elles trouveront à propos à tous égards, comme libres et indépendantes. Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

SiCARD, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjoint; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire; Marc, secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc du 1 8 septembre 1 7 64.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général, après l'invocation du St-Nom de Dieu, et des lumières du St-Esprit, avons arrêté ce qui suit :

1. — L'assemblée a nommé, à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, modérateur; M. Gardes, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune, pasteur, pour secrétaire, et M. Marc pour secrétaire-adjoint.

2. — Le Comté de Foix ayant demandé la tenue d'un synode dans ce pays-là, il a été observé que dans les deux colloques derniers du 20 août 1763 et jo mai 1764 il fut statué que plusieurs motifs rendant la séparation nécessaire de ce pays-là d'avec celui-ci dans le gouvernement ecclésiastique, le Comté de Foix, instruit légalement, a-t-il accédé ou invalidé à ces motifs? — Ni l'un ni l'autre.

Dans les lettres qui ont été écrites, il a été seulement allégué que, si ce pays-là était érigé en province, elle n'aurait pas de consistance ; mais cette objection fut prévenue lors des colloques : il y fut mis en délibération si le pays de Foix faisant province dans le civil pouvait le faire dans l'ecclésiastique, et décidé pour l'affirmative, d'autant mieux qu'une petite partie des églises du Languedoc y sont annexées de droit par leur confinement avec ce pays-là et l'éloignement de celui-ci, et par la desserte qui en a été toujours faite par les pasteurs destinés au pays de Foix, ce qui en augmente d'autant la consistance.

En conféquence de l'arrêté précédent, & pour en faciliter l'exécution, les confiftoires pourront appeler, avec un pafteur voifin, les notables qu'ils jugeront à propos, foit pour taxer les particuliers, foit pour fe faire aider dans la levée ; & fuppofé que quelques contribuables refufent de pa3^er leur taxe, ils feront pourfuivis félon la rigueur de la difcipline.

Dans d'autres lettres, l'on a dit qu'on ne voulait point se séparer; mais cela détruit-il les raisons solides et les motifs pressants qui nécessitent la séparation ? Non, sans doute. Il faut plus que la souveraineté dans les prétentions, l'équité requiert d'exceptions valides.

Après l'on manda qu'on eût à se rendre dans la province des Hautes-Cévennes pour y être jugés, et qu'à défaut de s'y trouver il serait également prononcé; comme l'on ne notifia point que cette province eût plus de droit qu'une autre de décider, personne ne se mit en marche; et dans la suite il fut déclaré par le pasteur du Comté de Foix qu'on se désistait de cette voie illégale.

Depuis, il a été annoncé, d'un côté, que M. Figuières a écrit une lettre qui timpanize les églises et anciens du Comté, qu'il les blâme ainsi que le synode national d'avoir confirmé les décisions des synodes de ce pays, et qu'il en appelle à un autre synode national, et de l'autre, que partie des anciens et des églises se plaignent contre lui d'une retenue des registres des baptêmes et mariages et d'autres procédés relatifs ; et sur ce fondement l'on a fait la demande susénoncée du synode provincial pour décider là-dessus.

Mais cette demande est déplacée et non admissible, car depuis l'invitation à la séparation, le Comté de Foix a été maître absolu de faire et agir selon son goût, et seul par conséquent en droit de décider ou faire décider les discussions qui y régnent.

Par cette invitation les églises du Haut-Languedoc renoncèrent à tout ce qu'ellesjivaient de relatif avec le pays de Foix, elles se départirent de toute connaissance de leurs affaires et droits; et [tant] que les raisons et motifs qu'elles donnèrent de cette séparation existeront, il est hors de propos de venir demander ici un synode pour décider sur les différends qu'on a avec M. Figuières.

D'autant mieux que les motifs allégués paraissent plutôt exclure la tenue d'un synode provincial que l'admettre, car le synode national ayant statué sur les discussions qu'ils renouvellent, ensuite d'un appel du synode provincial qui avait dit droit sur ces différends, il ne peut en être plus question, ni absolument rien décidé par le synode provincial qui ne peut donc être assemblé à ce sujet.

Que M. Figuières et les églises du pays de Foix qui discutent prennent des médiateurs dans ce pays-là pour les concilier sur l'exécution des décisions données par le synode national, c'est une voie à admettre et louable.

Voudraient-ils la médiation des pasteurs et anciens des églises du Haut- Languedoc? Ils se prêteront avec plaisir à les entendre, ils n'ont qu'à venir dans ce pays, M. Figuières et eux, en tel nombre qu'ils trouveront à propos: ils seront tous reçus avec affection; et ceux qu'ils choisiront et admettront pour les écouter seront toujours prêts à le faire avec attention: ils imploreront le secours divin et donneront en conséquence leurs avis amicalement.

Mais ils ne peuvent assembler de synode pour cela dans le pays de Foix, ni dans celui-ci, parce que d'un côté ils n'ont plus d'inspection sur les églises

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VIT

MM. les propofants feront payés fur l'ancien pied, par les quartiers qu'ils ont deffervis, pour l'année échue le i*''" de ce mois; & pour l'avenir, leurs honoraires ont été fixés à i3o liv., qui leur feront tou-

du Comté depuis l'invitation à la séparation, et que, de l'autre, ayant été prononcé sur les discussions qu'ils ont, appelé et décidé en dernier ressort là-dessus, il ne peut y être revenu et fût-on au cas de pouvoir agir, il ne pourrait l'être avec sûreté et tranquillité dans le Comté de Foix, tout le monde ayant intérêt dans la cause et prenant fait pour son parti, et pas un de ce pays-là ne pouvant être juge du litige in re suâ propriâ.

D'ailleurs, il est de droit étroit que celui qui réclame un jugement doit exposer ses raisons dans le séant de celui à qui il le demande.

Que, dans cet état, il paraît que les raisons et motifs qui étayent la séparation demeurent sans réponse valide de la part du Comté de Foix qui est regardé depuis l'invitation indépendant, libre et maître absolu de procéder et agir selon ses désirs, et que par conséquent sa demande aux pasteurs et anciens de ce pays d'assembler un synode dans le Comté de Foix, pour prononcer sur des questions jugées et autres subséquentes, est incompétemment faite, déplacée et hors de propos.

Et entendu à ce sujet M. Crebessac, pasteur dudit pays de Foix, la matière discutée et M. Crebessac retiré, mûrement examiné et réfléchi sur les observations susécrites et autres qui ont été faites verbalement, raisons et exceptions opposées, il a été unanimement déclaré n'y avoir lieu d'assembler un synode dans le Comté de Foix, sauf aux églises de ce pays-là, qui sont libres et indépendantes, à procéder et agir ainsi et de la manière qu'elles trouveront à propos.

3. — L'assemblée connaissant le zèle du sieur Antoine Court de Gébelin, Français de nation, et ci-devant réfugié en Suisse, actuellement à Paris, sa probité, son attachement pour la France et pour les intérêts du Roi, sa prudence et ses talents, l'a choisi pour solliciter en sa faveur auprès de Sa Majesté et de ses ministres, lui donnant pouvoir de leur faire connaître le malheur de notre situation, les maux dont nous sommes accablés, notre zèle pour sa personne sacrée et pour son service, les ressources dont nous pouvons être à l'Etat, et la justice de la tolérance que nous réclamons, — le tout néanmoins, en suivant exactement les principes qui dictent la fidélité et la profonde soumission qui est due au Roi, points auxquels nous exhortons ledit sieur Court de Gébelin d'apporter une extrême attention, lui donnant pouvoir en outre de consulter et de s'associer les personnes qu'il jugera assez instruites, assez zélées et assez fidèles au Roi pour pouvoir suivre avec respect et avec succès les moyens de notre délivrance, dont nous le chargeons, et de l'abolition des lois pénales ; auquel effet, Messieurs les pasteurs de ces églises sont priés de lui écrire relativement, et de lui faire agréer la somme de 3oo liv., de celles qui fut mandée à M. de Goutrespac pour lui aider à subvenir aux frais qu'il sera obligé d'exposer.

Ainsi arrêté et conclu au Désert les jour et an que dessus.

SiCARD, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjoint; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire; Marc, ancien et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

jours procurées par les églifes auxquelles ils auront été affectés, fauf à ces mêmes églifes de prendre pour la nourriture defdits propofants tels arrangements qu'elles jugeront convenables.

Sur la lettre que les fieurs Gachon, Valentin & Lombard, propofants, ont adreffée à cette affemblée, il a été délibéré de les rappeler un mois avant le fynode prochain ; & la compagnie fait bien des vœux pour le fuccès de leurs études & pour leur heureux retour.

L'affemblée, répondant favorablement à la demande du fieur Roffelotis, dit Pommier, étudiant, lui a donné congé fous la réferve qu'il reftera encore trois mois dans cette province, à quoi il f'eft accordé. Elle a prié le Seigneur de l'accompagner dans la province à laquelle il fe deftine, & de le rendre un fujet propre à l'avancement de fa gloire & à l'édification de fon Eglife.

Ouï les bons témoignages que MM. les pafteurs & anciens des quartiers où a été le fieur Bruguier, étudiant, ont rendus à fa doctrine & à fes mœurs, la compagnie a répondu favorablement à fes défirs, & elle a chargé les pafteurs du colloque, dont les églifes qu'il deffervira feront partie, de l'examiner & de le recevoir pafteur propofant, fils l'en jugent capable; & comme il ferait apparemment parvenu à ce grade dès l'année dernière fi le fynode ne fêtait féparé avant d'avoir délibéré fur fa demande, & que d'ailleurs il en a rempli conftamment l'office, elle exhorte les églifes qui en ont profité à lui accorder les honoraires d'un propofant; à quoi MM. leurs députés ont donné les mains.

Afin que les églifes ne manquent point de pafteurs & qu'[au] contraire ils fe multiplient de plus en plus, on fe procurera autant d'élèves qu'il fera poffible; mais on n'en pourra admettre aucun que fur des bons témoignages & que du confentement de tous les pafteurs du colloque dans lequel fc trouveront les églifes dont ils feront membres. En les admettant, on engagera les parents à les entretenir jufqu'à ce que, pouvant être utiles aux églifes, elles pourvoient elles-

mêmes à leurs befoins. Et comme il fe pourrait préfenter des bons fujets qui feraient rejetés faute de moyens, la compagnie, afin de ne pas perdre les fervices que ces fujets pourraient rendre un jour, a arrêté d'établir un fonds qui ne fera que pour eux; & pour le former, il a été réfolu que toutes les églifes de la province y confacreront ce qui fe colledera un jour de dimanche dans l'alfemblée de chacune de ces églifes, & que les pafteurs exhorteront les fidèles à félargir pour cette bonne œuvre. Au furplus, le confiftoire de Nîmes a été choifi pour être le dépofitaire des fommcs qui feront collectées à cette fin, & à mefure qu'il les recevra, il en fournira des reçus aux confiftoires qui les lui feront parvenir. Enfin, revenant aux élèves en faveur defquels fera établi ledit fonds, la compagnie a ftatué qu'on n'en recevra aucun qu'il n'ait l'âge de feize ans, & qu'au cas qu'ils vinfTentdans la fuite à prendre un autre parti, ils feront tenus à la reftitution.

Pour faciliter le débit de 70 exemplaires de la Difcipline qui reftent de[s] 200 dont notre province fut chargée par un fynode national, il a été arrêté qu'on les donnera à 3 liv. au lieu de 4 liv. 10 d. qu'ils ont coûté, & que la perte de i5o liv., qui manqueront pour compléter ce qu'a avancé M. Paul Rabaut, pafteur, pour payer les 200, fera fupportée par la province, de même que 18 liv. à quoi fe montent 6 exemplaires dont elle a fait préfent à Meffieurs les propofants &. élèves qui en font l'office; bien entendu que les églifes, qui en ont reçu leur quote-part & au delà, ne feront pas obligées d'entrer dans ce rembourfement.

Sur la demande de l'églife de Montpellier, tendant à obtenir l'entier miniftère de M. Encontre, pafteur, l'affemblée, fâchée de n'avoir pas un nombre fuffifant de miniftres pour répondre favorablement à fes défirs, fe trouve dans la néceflité de laiffer les chofes, par rapport à cette églife & celle de Pignan, fur le même pied qu'elles étaient l'année dernière; & pour le fervice de celle de Mauguio, elle ne peut y pourvoir autrement qu'en y affedant une bonne partie du miniftère du propofant qui fera donné au quartier de Bédarieux, par lepaffage que MM. GuizotSc Puget fe font engagés d'y faire en allant & en revenant de leur corvée, pafl'age qu'ils emploieront à faire les fonctions paftorales qui fe pré-

fenteront alors dans cette églife, par une prédication & une communion que M. Mathieu feft engagé de lui donner, & par trois autres communions que ledit fieur Encontre lui a promifes, mais feulement en des jours de fêtes.

Les églifes, qui feront deffervies par corvées, les paieront aux pafteurs qui les feront; & fi quelqu'un d'eux manquait à remplir fon engagement à cet égard, il va fans dire qu'elles ne lui devront rien pour cette partie-là, non plus que la province.

M. Fromental, étudiant, ayant demandé d'être examiné & reçu propofant, fil en eft jugé capable, la compagnie, charmée des bons témoignages qu'on a rendus à fes lumières & à fa conduite, a accueilli fa demande ; & en confcquence, elle lui a donné pour examinateurs les mêmes pafteurs qui feront appelés à examiner le fieur Bruguier.

L'alïemblée n'ayant pas le temps de faire la répartition des dettes mortes de la province, en a chargé les MM. de la table & quatre anciens qu'elle leur a affociés, & elle leur a donné pour cet effet toute l'autorité dont elle eft revêtue.

Ainfi conclu & arrêté le onzième du même mois & anquedeffus.

P. Rabaut, paft'' & modérateur.

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Synode du Vivarais et Velay.

Aâes du fffiode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velaj% ajfemblé fous la protedion divine au Défert^ dans le Bas- Vivarais, les vingt-quatribne & vingt -cinquième oâobre mil fept cent foixante-quatrCy auquel ont ajjîjîé deux pajîeurs & on^e anciens, députés defdites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit :

La lettre d'un ancien ayant fait faire à l'afTemblée de férieufes réflexions fur les moyens qu'on doit mettre en ufage pour que les deniers des pauvres foient adminiftrés à propos, elle trouve bon d'ordonner qu'on établiffe dans chaque arrondiflement un ou deux tréforiers à qui l'on puiffe confier cet argent, & autant de fecrétaires qui feront chargés de tenir un compte exad de ce qui entrera dans le Tréfor, & de l'ufage qui en fera fait. Les anciens, de leur côté, feront tenus de faire une lifte fidèle des pauvres honteux ou des infirmes de leur quartier, laquelle lifte fera préfentée au colloque qui doit f'affembler de temps en temps pour ce fujet, & qui prefcrira aux anciens ce qu'ils doivent donner à chaque pauvre fuivant fon état, fon âge ou fes infirmités.

Un des pafteurs écrira à la province du Dauphiné pour tâcher d'en obtenir du fecours. Il fuppliera cette province d'avoir pitié de notre état & de vouloir bien nous aider dans nos befoins, en nous envoyant un de fes pafteurs, foit en prêt ou autrement.

L'art. 10 du chap. xi de la difcipline ayant été négligé jufqu'à préfent, la compagnie le renouvelle, en défendant aux fidèles de prendre pour parrains & marraines de jeunes gens au-deflbus de quatorze ans, ou qui n'aient pas été reçus à la Ste-Cène, & déclare que de tels parrains ne feront point enregiftrés^ autant que cela parviendrait à la connaiffance des pafteurs.

Pour de très-bonnes raifons, raffemblée renouvelle auffi la défenfe de bénir aucun mariage qui n'ait été publié deux ou trois fois, laiffant à la prudence & au pouvoir du confiftoire de difpenfer d'un an ceux qu'il jugera dignes de cette faveur.

Un particulier du Bas-Vivarais ayant fait prier l'affemblée de vouloir bien le recevoir à la paix de l'Eglife, en levant l'excommunication qui avait été prononcée contre lui depuis plufieurs années, elle charge M. Vernet de fe tranfporter dans la paroiffe où ce particulier habite, de f'entretenir avec lui pour favoir fi fa repentance paraît fmcère, & lui donne plein pouvoir d'en agir envers ce pécheur fuivant qu'il le jugera convenable.

Vu la plainte du confiftoire de l'églife de BofFres, portant que certains particuliers, membres de ladite églife, fe font plaints d'avoir été fufpendus mal à propos de la Ste-Cène, qu'ils ont manqué de foumiffion pour l'ordre, tenu des difcours peu mefurés contre le pafteur Si les anciens qui compofèrent le confiftoire, le jour de la fufpenfion prononcée ; — ouï fon député foutenant fes griefs & affirmant que lefdits particuliers avaient été dûment avertis de paraître devant cette affemblée, à laquelle ils n'ont comparu ; — fur quoi, après avoir pris les éclairciffements poiïibles dans le cas & les circonftances préfentes, nous avons délibéré que les accufés paraîtraient devant le confiftoire pour donner des marques de leur foumiflion à l'ordre, & que M. Peirot, pafteur, en préfence de deux anciens de ce fynode & de M. Vernet, notre très-cher & digne pafteur, fil veut bien y aftifter, comme il en eft prié, leur fera ledure de cette délibération, leur adreffera une cenfure, en leur repréfentant la néceflîté & l'obligation de fe foumettre à la difcipline. Ce que fait, la fufpenfion de la Ste-Cène prononcée contre eux fera tout de fuite levée ; ce qui fera exécuté le dimanche 4!" novembre prochain.

Connaifl'ant le zèle pour notre religion du fteur Antoine Court de Gébelin', Français de nature & ci-devant réfugié en Suifte, fa pro-

I. Gébelin ne s'était pas laissé décourager par le refus du synode du Bas- Languedoc. « Plus je vais en avant, lui écrivait-il, et plus je me confirme dans le

SYNODES PROVINCIAUX. 33g

bité, fon attachement pour la France & pour les intérêts du Roi, fa prudence & fes talents, nous l'avons choifi pour être notre folliciteur auprès de Sa Majcfté & de fes minières, lui donnant pouvoir de faire connaître à Sadite Majefté le malheur de notre fituation, les maux dont nous fommes accablés, notre zèle pour fa perfonne facrée & pour fon fervice, les reffources dont nous pouvons être à fon Etat & la juftice de la tolérance que nous réclamons, le tout, néanmoins, en fuivant exactement les principes que dident la fidélité & la profonde foumiiïion dues au Roi, points fur lefquels nous recommandons audit (leur Court de Gébelin d'avoir une extrême attention. Recommandons en outre à notredit folliciteur de confulter les perfonnes qu'il jugera affez inftruites, affez zélées & alTez fidèles au Roi, ou celles que nous

dessein de prolonger mon séjour ici [à Paris] pour suivre des vues aussi intéressantes et si généralement approuvées, et pour donner à mes opérations une consistance et une suite qu'elles n'ont pu avoir jusques à présent.» Renonçant à son projet de banque protestante, qui avait soulevé plus d'objectious que de sympathies, il s'attacha avant tout (juin 1764) à se faire conférer par les pasteurs et par leurs églises un mandat très-net qui lui permît d'agir et de négocier en leur nom. Il envoya à tous les pasteurs un modèle identique de lettres de créance, les priant de le signer. «Sous cette forme, je ne craindrai rien et je pourrai dire que je parle au nom des pasteurs. Mais sans cela, je ne peux rien et ne veux rien. » — L'art. 7 du synode du Vivarais est la reproduction, avec quelques variantes, de ce modèle de lettres de créance. Les pasteurs des Basses-Cévennes imitèrent le synode du Vivarais. «Nous nous assemblâmes la semaine dernière en corps ecclésiastique, écrit Pomaret à Rabaut ; nous ne trouvâmes aucune difficulté à donner à notre ami une lettre de créance, sous la forme qu'il nous l'a demandée, et nous la lui aurions déjà adressée avec un petit présent en argent que nous lui destinons, si quelqu'un de nous eût eu la qualité de procureur fondé de la province, ou qu'il eût pu la prendre. Gela nous donna lieu d'avancer notre synode; [les actes en sont perdus] il est fixé au i5 du mois prochain. Faites nous la grâce, je vous en prie, de vouloir bien y assister, avec tel autre de Messieurs vos confrères qui voudra bien avoir la bonté de vous accompagner. Vous vous rendriez, le 14, de coucher à St-Hippolyte, à moins que vous ne voulussiez me faire l'honneur de pousser jusques chez moi; et le lendemain, nous ferions notre affaire, car nos synodes ne tiennent ordinairement qu'un jour.» (Mss. Rabaut, III, G. p. 38 (16 juillet 1764). Quant au Dauphiné, il y eut des hésitations. «Vous verrez, écrivait Peirot à Rabaut, par ma lettre au digne comité, dont vous êtes membre et sans doute président, mes difficultés sur la demande de M. de Gébelin, et vous reconnaîtrez que, nonobstant ces difficultés, j'incline à lui faire accorder sa demande à notre province autant qu'il dépendra de moi, — par amitié pour lui et parce que je crois qu'il en peut résulter du bien.» (Mss. Rabaut, III, G. p. 62 (9 sept. 1764). Le Haut-Languedoc et le Poitou acquiescèrent aussi nettement à la demande qui leur était adressé. « Notre province, écrivait Dézérit {Ibid., p. 69), a autorisé M. Court à travailler en qualité de solUciteur auprès des Puissances pour améliorer l'état de l'Eglise ; et nous prions Dieu qu'il le fasse réussir dans cette entreprise qui nous paraît véritablement chrétienne.»

lui indiquerons, pour pouvoir fuivre avec refpeâ: & avec fuccès la négociation de notre délivrance, dont nous le chargeons, & de nous en informer exaélement, afin que nous puiiïions lui donner les inftructions que nous croirons néceffaires. La préfente commiffion fubfiftera jufqu'à la tenue de notre prochain fynode, où il fera décidé fi elle doit être continuée. Nous recommandons notredit folliciteur à la protection divine, & nous faifons des vœux très-ardents pour le fuccès de fes travaux.

Peirot, miniftre & modérateur; Vernet, pafteur & fecrétaire.

Synode de Saintonge, Angoumois, et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes de Saintonge, Angoumois & Bordeaux, affemblées en fynode, les cinquième & fixième juillet mil fept cent foixante-quatre, après avoir imploré l'illumination du St-Efprit, ont délibéré ce qui fuit :

Ledure faite des lettres de députation, on a élu, à la pluralité des fuffrages, pour modérateurs, MM. Dugas & Cavalier % pafteurs; pour fecrétaires, MM. Etienne Gibert & Martin, pafteurs.

I. Dans une lettre adressée aux membres du comité du Bas-Languedoc, le pasteur de Bordeaux, Cavalier, donne d'assez complets renseignements sur les églises qui formaient ce synode. «Je commence par celles de Saintonge et de l'Angoumois que la divine Providence continue à favoriser d'une façon toute particulière. J'ai fait, depuis peu, un voyage dans ces heureuses contrées, et j'ai été enchanté des avantages spirituels dont nos frères ont le bonheur d'y jouir. Ils y ont actuellement 27 temples ou maisons d'oraison, garnies de bancs à dossier, comme en pays de liberté, et dans lesquelles ceux de chaque district s'assemblent régulièrement, tous les dimanches et dans certains jours de la semaine, au vu et au su de tout le monde, sans être aujourd'hui troublés ni inquiétés en aucun endroit, à ce sujet. — Nous ne sommes pas non plus inquiétés dans cette ville, grâce à Dieu; mais nous sommes toujours obligés d'y observer

SYNODES PROVINCIAUX. 341

Toutes les e'glifes de la province célébreront un jour folennel de jeûne & d'humiliation extraordinaire, le 18*^ novembre prochain.

ni.

Chaque quartier des pafteurs des églifes de Saintonge & Angoumois ï fera cenfé compofer un colloque, jufqu'à ce que, les circonftances ayant changé, les églifes defdits colloques auront droit d'y députer deux anciens, & feront tenues lefdites églifes d'y appeler un pafteur & un ancien du colloque voifîn.

beaucoup plus de ménagements. On n'a encore osé y convoquer que de petites assemblées de 3o, 40, 5o et quelqu'une tout au plus de 80 personnes. Une chose qui continue à nous faire une extrême peine, à mon collègue et à moi, c'est l'article des baptêmes. Il ne nous est pas possible de faire entendre raison là-dessus à la plupart des membres de notre troupeau. Ils continuent toujours, malgré nos représentations, surtout les plus riches, à faire administrer cet auguste sacrement à leurs enfants dans l'Eglise romaine.» Il terminait, en parlant de Court de Gébelin, par ces lignes: «M. Dugas, en nous envoyant votre lettre, nous a marqué qu'il vous avait déjà fait part de la façon de penser de notre dernier synode à son sujet. La délibération verbale qui y fut prise est à peu près conforme à celle du vôtre.» — Mss. Rabaut, III, C. p. 5 9 et 61 (7 sept. 1764).

Colloque de Saintonge et Angoumois du 26 janvier i'/64.

Au nom de Dieu. Amen.

I. Les église de Saintonge et Angoumois, assemblées en colloque, le 26 janvier 1764, après avoir imploré le secours divin, ont délibéré ce qui suit:

1. — On a élu, à la pluralité des suffrages, M. Dugas pour modérateur, M. Martin pour modérateur-adjoint, et M. Jarousseau pour secrétaire.

2. — M. Martin, pasteur du quartier de l'Angoumois, est chargé de convoquer le synode provincial prochain de concert avec ses consistoires, d'en fixer le jour, le lieu et d'en donner avis à Messieurs ses collègues.

3. — Ledit synode sera composé de deux anciens, députés de chaque quartier avec les pasteurs; de quoi M. le pasteur de l'Angoumois aura soin d'aviser l'église de Bordeaux.

4. — Le refus que fait le synode provincial du] Périgord et Haut-Agenais, assemblé les 19 et 20 décembre dernier, art. 5, de payer sa portion des dépenses faites au synode national dernier, nous donnant lieu de présumer que peut-être ladite province n'entend pas non plus de payer le pasteur que la nôtre est chargée de lui fournir pendant deux ans, engage la présente assemblée d'enjoindre à M. Dupuy-la Lande, Tun de ses pasteurs, de demander à ladite province du Périgord quelles sont ses dispositions à cet égard, comme aussi de percevoir les honoraires déjà échus, à raison du temps que tant lui que MM. Jarousseau et Dugas y ont resté, sur le pied des honoraires qu'ils ont en Saintonge; et au cas de refus de la part de ladite province à ce sujet, on ordonne audit sieur Dupuy de retourner tout de suite dans son quartier de Saintonge ; et de lui déclarer que notre colloque se croira désormais dispensé de remplir les vues du synode national

L'églife de Bordeaux ne fera point aftreinte à robfervation de l'article précédent, excepté qu elle fe trouvât dans le cas de n'avoir qu'un feul pafteur.

sur cet article, sans préjudice à nos droits au sujet desdites dépenses faites au susdit synode national.

5. — L'assemblée, s'apercevant avec regret que l'instruction de la jeunesse sur notre sainte religion est trop néglige'e par un grand nombre de protestants, exhorte les pères et mères d'être plus vigilants à l'avenir sur cet article à l'égard de leurs enfants, et enjoint aux anciens de faire réciter, autant qu'ils le pourront, une fois chaque dimanche, ou un autre jour de la semaine, à l'heure qu'ils croiront convenable, le Catéchisme de M. Osterwald aux jeunes gens qui se trouvent dans leurs églises respectives, et de faire en sorte, autant qu'il dépendra d'eux, qu'ils l'apprennent avec intelligence.

6. — Sur la demande de l'église de Mornac si les places doivent appartenir aux héritiers collatéraux, ou si l'église doit en hériter elle-même, en sorte que les consistoires puissent en disposer à leur gré, il a été décidé à la pluralité des suffrages que lesdites places appartiennent en effet aux légitimes héritiers, soit en ligne directe ou collatérale ; bien entendu toutefois que lesdits héritiers ne pourront disposer desdites places que de l'avis et conseil du consistoire de l'église où lesdites places se trouvent vacantes, et qu'ils en paieront les frais annuels qui auront été imposés ou qui pourront l'être à l'avenir sur lesdits emplacements, afin que l'église n'en reçoive point de dommage.

7. — M. Frouin, député de l'église de Mornac, a dit être appelant (ainsi que quelques autres membres de l'assemblée) au prochain synode provincial de la décision exprimée dans le précédent article, prétendant que lesdites places appartiennent à l'église, dans le cas ci-dessus supposé.

8. — La conduite de ceux qui rompent les liens de l'union conjugale, jusqu'à en venir à se séparer sans y être autorisés par la raison dont l'Evangile fait mention, étant des plus scandaleuses et des plus criminelles, on enjoint aux consistoires d'où les personnes qui sont dans ce cas-là dépendent, de faire incessamment tout ce qui dépendra d'eux pour les ramener à leur devoir ; et au cas que les exhortations et les censures soient infructueuses, elles seront poursuivies selon la rigueur de la discipline.

9. — L'assemblée, pénétrée de la plus vive douleur de ce que bien des personnes continuent de négliger de sanctifier le jour du dimanche par des actes de piété, et à le profaner au contraire en se livrant aux penchants qu'ils ont, les uns pour le jeu, les autres pour la danse, et les autres pour le cabaret, exhorte les pasteurs et les anciens à ne rien négliger pour remédier à ce scandale qui ne peut qu'irriter le Seigneur et nous attirer sa colère et ses jugements ; et au cas que les exhortations que l'on pourra faire à ce sujet soient sans effet, on est d'avis que les réfractaires soient suspendus de la communion.

10. — Le peu d'attention que plusieurs protestants ont eu jusqu'à aujourd'hui de se conformer à l'art. 3 du colloque du 17 décembre 1761, qui exhorte les fidèles de ne vendre ni d'acheter le jour du dimanche, engage la présente assemblée de renouveler ladite exhortation et d'enjoindre de nouveau aux consistoires d'y tenir la main jusqu'à suspendre de la Ste-Cène ceux qui se montreront incorrigibles sur ce sujet.

11. — M. Jarousseau, pasteur, ayant informé l'assemblée que l'église de

SYNODES PROVINCIAUX

Les fynodes provinciaux ne prendront point en confidération les proportions ou mémoires qui ne feront pas envoyés par les colloques refpedifs de la province.

Mornac lui est redevable de la somme de septante-cinq livres depuis deux ans, [elle] a décidé que le premier argent des honoraires qui se percevra dans ladite église sera employé à le payer, et enjoint en conséquence aux anciens du Bourg et à ceux de Plordonnier en particulier de s'intéresser pour le payement de ladite somme, ainsi que des autres arrérages qu'elle peut devoir; faute de quoi, l'on procédera contre ceux qui sont en demeure par leur faute, selon les lois de la discipline.

12. — Même injonction est faite à l'église de Breuillet, à la réquisition de M. Gautier, de Vaux [Vaux-sur-Mer], de lui payer au plus tôt le montant de la robe qu'il a fournie à ladite église, il y a environ quatre ans.

13. — Les pasteurs, ou les anciens à leur défaut, feront à la tête de leurs quartiers respectifs lecture des art. 5, 8, 9 et lo du présent colloque, et en recommand[eront] l'observation.

Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.

DuGAS, pasteur et modérateur ; Martin, pasteur et modérateuradjoint; Jarousseau, pasteur et secrétaire. — Collection Boulineau.

Colloque de l'Agenais du 28 mars i'j64-

Au Saint-Nom de Dieu. Amen.

Les églises réformées de Tonneins-Dessous, Fauillet. Grateloup, St-Germain, Puch et Monheurt en Agenais, Nérac en Condomois, assemblées en la personne de leurs députés au nombre de vingt, ayant M. Lanne, dit Dubois, leur pasteur, à la tête pour modérateur, après avoir imploré le secours du Tout- Puissant, ont délibéré ce qui suit :

1 . — On a élu à la pluralité des voix le sieur Henry Arthaud, ancien de l'église de Tonneins pour secrétaire, et M. Lanne, pasteur desdites églises, pour modérateur.

2. — Sur la proposition de réunion qui a été faite par les MM. de Clairac, l'assemblée a délibéré de les faire sommer par un de ses députés de donner d'ici à samedi prochain le mémoire de pacification qu'ils s'étaient engagés de fournir; faute de quoi ils ne nous trouveront plus disposés à les écouter.

3. — Supposé que lesdits MM. de Clairac donnent ledit mémoire de pacification, l'assemblée a nommé huit députés, avec leurs pasteurs, pour en examiner le contenu, et pour voir en même temps s'il est recevable ou non; et supposé que lesdits députés trouvent le mémoire recevable, l'assemblée leur donne pouvoir de nommer le nombre d'arbitres que ces Messieurs demanderont, sous les conditions qu'ils n'auront point charge dans l'église. Ladite assemblée donne encore pouvoir, aux arbitres qui seront nommés par les députés de cette assemblée, d'acquiescer ou de non acquiescer au plan de pacification qui sera proposé de la part des susdits MM. de Clairac.

4. — La division qui règne, mettant les églises que dessert mondit sieur Lanne dans le cas de pourvoir par lui-même à son gouvernement particulier, pour se soustraire aux cabales et délibérations injustes d'un corps qui n'est pénétré

Quoique l'églife de Bordeaux ne forme qu'un confîftoire, elle aura tous les droits d'un colloque.

que de haine contre mondit sieur pasteur, sans légitime motif, haine qu'ils ont étendue sur les consistoires qui les composent, qui, en excitant l'animosité des conducteurs particuliers contre lui, l'ont même étendue sur les fidèles, de so'rte que, pour pouvoir délibérer et rendre la justice à qui elle appartiendra, l'assemblée déclare qu'à l'avenir les causes d'appel du consistoire se iferont au prochain colloque, et du colloque au corps du comité : celui-ci jugera en dernier ressort de tout différend, les membres en seront pris par égal nombre d'entre les anciens et les fidèles les plus éclairés et dont le zèle et la piété répondront à leurs lumières. En conséquence, l'assemblée a nommé MM. Taurou père, ancien, et M. J[acques] Maillé, fidèle de Nérac, M. Lagrange de Ranquelan, ancien, et Duprat, fidèle de Puch et Monheurt, M. Arnaud Laperche, ancien, et M, Laperche aîné, fidèle de l'église de St-Germain, MM. Gouzin, Henry Arthaud, Bergereau, anciens, et MM. Gatuffe, Dubourdhieu et Labeine, fidèles de Tonneins et Fauillet, MM. Lastique et Dumichel, anciens, Boscas de Gatuffe et Bréau, fidèles de l'église de Grateloup. Ce corps, dont M. le pasteur est le président, ne sera assemblé que par le secrétaire général, jugera de tous les défauts en contestations, sans qu'il puisse se mêler d'autres objets que des causes d'appel.

L'assemblée nomme pour commissaires à l'axamen du plan dont est question à l'article précédent, Messieurs (ceux inscrits en marge).

5. — Touchant le remboursement de M. Laperche, l'assemblée a chargé les anciens respectifs des quartiers de cet arrondissement, de faire une levée sur tout le peuple; le provenu de laquelle sera versé entre les mains de M. Gouzin, diacre, délégué de Tonneins, qui a été choisi, par l'unanimité des suffrages, pour trésoriergénéral. MM. les anciens feront cette levée le plus tôt possible.

6. — L'assemblée nomme pour secrétaire-général sieur Henry Arthaud, ancien de l'église de Tonneins, qui tiendra tous les registres de baptêmes, mariages de l'arrondissement, et auquel l'assemblée a assigné pour honoraire la somme de 6o liv. pour ses panier et vacations.

7. — L'assemblée, sensible au mouvement et peines qu'a bien voulu se donner M. Lanne, dit D[ubois], notre vénérable pasteur, pour nous endoctriner, pour lui marquer sa reconnaissance le prie de vouloir accepter pour son honoraire la somme de 700 liv., fâchée de ne pouvoir faire davantage pour le présent et le priant de l'avoir pour agréable.

8. — L'assemblée a fixé le temps que commencent lesdits honoraires, depuis le premier avril 1763, et que le premier avril présente année, il y aura une année échue; ainsi, à l'avenir. Laquelle dite somme de 760 liv. tant pour l'honoraire du pasteur que du secrétaire-général, savoir :

Tonneins-Dessous et Fauillet 35o #

St-Germain, Puch, Monheurt, etc 190 »

Grateloup 80 »

Nérac 140 »

9. — L'assemblée, vivement émue des imputations odieuses intentées contre le sieur Estoubes, ancien de l'église de St-Germain, le déclare innocent, conformément à la sentence intentée contre son accusatrice. L'assemblée souhaiterait

SYNODES PROVINCTAUX.

A l'avenir, le colloque chargé de la convocation du fynode provincial pourra fixer le nombre d'anciens députés, que chaque pafteur amènera audit fynode, à un ou deux.

de tout son cœur le réinstaller dans sa charge; néanmoins, comme la majeure partie des fidèles s'oppose à son rétablissement, ladite assemblée prie instamment le sieur Estoubes de renoncer volontairement à son emploi, jusqu'à ce que lesdits fidèles reviennent des sentiments désavantageux contre lui.

10. — A l'avenir, il sera nommé dans chaque église, tous les ans, à compter du premier janvier i yôS, deux anciens qui remplaceront deux de ceux qui [y] étaient déjà, sans néanmoins prétendre que ceux qui devront sortir soient entièrement exclus de leurs charges, desquelles ils en conserveront l'honneur, à moins de cas contraire, et auront lesdits anciens voix propositive et place au banc consistorial.

Fait au Désert, le 28 mars 1764.

P. Lanne, pasteur; Henry Arthaud, secrétaire.

Colloque de l'Agenais du 8 juillet i'/64.

Au Saint-Nom de Dieu. Amen.

Les églises de Tonneins-Dessous, Fauillet, Grateloup, St-Germain, Puch et Monheurt, [se sont] assemblées en colloque ce jourd'hui le huitième juillet mil sept cent soixante-quatre, en la personne des anciens, ayant à leur tête M. Lanne, leur pasteur, pour modérateur, et pour secrétaire élu à la pluralité des voix M. Antoine Pomarède, ancien, et après avoir imploré les secours du St-Esprit, elles ont délibéré ce qui suit :

1. — Plusieurs anciens des susdites églises, requérant leur congé, désirant se démettre de leur charge, l'assemblée, pénétrée de douleur d'une demande si peu attendue, leur a demandé les raisons qui les portaient à prendre une résolution si contraire à la tranquillité de ces églises infortunées.

Lesdits requérants ont présenté pour motif de leur démission les abus qui s'étaient introduits dans l'Eglise. Ils se sont plaints du tort infini que les églises souffraient dans l'autorité qu'avaient visiblement perdue les consistoires, ci-devant leurs légitimes conducteurs. Ils ont appuyé cette plainte sur la Discipline ecclésiastique, chap. III, art. 3; chap. V, art. i [et] 4. Ils ont fait rejaillir la cause de ces abus sur leur pasteur, qui, par complaisance et par trop de bonté, laisse introduire insensiblement dans l'église un tribunal qui prend tous les jours de nouvelles racines, et qui sape par les fondements le corps consistorial.

L'assemblée, convaincue de la vérité de ces abus, de même que des maux qui en reviendraient aux églises, si on n'y apportait tout de suite un remède efficace, ordonne qu'à l'avenir tout ce qui a trait au gouvernement de l'église se décidera par consistoires ou colloques et comité, chacun dans leurs limites, ainsi qu'il fut dit et délibéré au précédent colloque, art. 4.

Elle défend à tous fidèles, de quelque état et condition qu'ils puissent être, de se mêler à l'avenir des affaires de l'église sous quelque prétexte que ce soit; et quant à ces diverses ambassades ou pourparlers qui jusqu'à présent ont eu lieu entre certains fidèles des églises de Clairac et des nôtres, l'assemblée les condamne et les prohibe, les envisageant avec raison comme des objets plus propres à perpétuer la division qu'à l'éteindre.

2. — Lesdits plaignants, satisfaits de cet article, se sont départis de leurs de-

Il eft laiffé à la liberté des églifes qui fe trouveront pourvues de plufieurs pafteurs, de les de'puter tous aux fynodes provinciaux, ou l'un d'eux feulement,

mandes, et ont promis de reprendre l'exercice de leur charge avec une nouvelle vigueur.

3. — L'assemblée, vivement persuadée que si le susdit article est mis en exécution et en vigueur, la paix, l'union et la tranquillité régneront nécessairement dans le sein de ces églises, ordonne au pasteur et aux anciens de faire tous leurs efforts pour qu'il ait son entière exécution; et supposé qu'il se trouve quelqu'un, soit du côté de ces derniers, soit de la part des fidèles, qui vienne à en rompre le moindre article, l'assemblée suspend les premiers de l'exercice de leur charge pour trois mois, et exclut les derniers pour un pareil temps des assemblées religieuses, déclarant les uns et les autres perturbateurs et ennemis du repos public.

4. — Comme quelqu'un pourrait trouver de l'ambiguïté dans le premier article, et tirer de cette ambiguïté un prétexte à le violer dans tout son tout, ou dans une de ses parties, l'assemblée, pour ôter tout sujet de doute, déclare qu'on regardera pour violateur dudit article celui même qui, avec des bonnes intentions, proposerait ou accepterait des voies tendant à la paix et au bonheur de l'église, sans en avoir préalablement fait part au corps des consistoires et au colloque.

5. — M. Lanne, dit Dubois, ayant représenté à l'assemblée que les calomnies affreuses, dont on ne cesse de le noircir, le mettent hors d'état de s'acquitter des fonctions de son ministère, et qu'il se voyait obligé en conséquence à chercher dans l'éloignement une tranquillité qu'il ne trouvait pas au milieu de nous, — ayant été prié de sortir, l'assemblée, pénétrée de douleur des revers et disgrâces de son cher pasteur, après avoir mûrement pesé les griefs portés contre lui, en particulier, après avoir soigneusement examiné les deux dernières lettres écrites contre lui, savoir: une lettre écrite par Mad[ame] la Balive de Kirchberguer, et une autre par M. le grand pasteur Polier de Bottens, a décidé que, bien loin que ces lettres lui fussent contraires, elles servent des preuves authentiques à sa justification.

1" La lettre de Mad[ame] de Kirchberguer, qui, au premier coup d'œil, paraît le noircir, ne prouve ni ne peut rien prouver, puisque cette dame ne donne ni ne peut donner des preuves de ce qu'elle avance. Après avoir imputé plusieurs faits au sieur Dubois, elle avoue que, ne croyant plus entendre parler de lui, elle a brûlé toutes les pièces qui auraient pu rendre son témoignage valable.

M. Dubois, fût-il beaucoup plus coupable qu'on ne veut le faire passer, il s'ensuit nécessairement, par le propre aveu de cette dame, que dans tous les tribunaux du monde il sera toujours regardé comme innocent, puisque l'on ne prouve ni ne peut prouver ce que l'on lui impute.

2" Dans la supposition où cette dame pourrait fournir des matériaux contre lui, ils seraient toujours suspects et sans nulle valeur, en ce que cette dame ne peut justement et validement témoigner que de ce qu'elle a vu et de ce qui s'est passé sous SCS yeux, et non de ce qui s'est passé loin d'elle. A ce second égard encore, la justification de M. Dubois est bien constatée, puisque cette dame avoue que, pendant le temps qu'il a resté avec elle, elle n'a rien à lui reprocher.

Que pourra-t-on alléguer contre lui, sera-ce le témoignage de M. de Bottens ? Mais hélas ! cet indigne ministre, en déployant un fonds de noirceur peu commun, rend notre cher pasteur plus blanc que la neige.

SYNODES PROVINCIAUX

Comme il eft convenable que les queftions importantes qui doivent être décidées dans les fynodes foient mûrement examinées, & que les députés puiffent faire part auxdits f^modes de la façon de

Le sieur Polier a voulu rendre le sieur Dubois la triste victime de la calomnie la plus affreuse; suivant sa propre lettre, il a voulu arracher un aveu par écrit du sieur Ghabaud, orfèvre de Lausanne, qui constaterait qu'il lui avait volé des efïets achetés. Le sieur Ghabaud ne peut ni ne veut souscrire à cette affreuse proposition; le sieur Polier, ne pouvant point l'accabler sous le poids de son cruel ressentiment, a tourné ses armes d'un autre côté; il avance que le neveu, beaufils de Madame de Kirchberguer, qui s'est transporté sur les lieux, pour faire des informations contre lui, a donné une déclaration qui prouve effectivement que le sieur Dubois est atteint du crime de vol. Ledit Bottens, sollicité de fournir cette déclaration, avoue qu'elle n'est point claire, qu'elle est confuse, et qu'on l'a envoyée à Paris pour la commenter. Il s'ensuit donc, suivant lui, que M. Dubois n'est point coupable, puisque il avoue lui-même que les seules et uniques pièces qui pourraient rendre sa cause mauvaise ne valent rien.

Par toutes ces raisons et par d'autres qu'on ne trace pas ici, et que le sieur Dubois fera valoir dans un mémoire que la présente assemblée le prie de mettre au jour, pour établir son innocence, ladite assemblée le regarde dûment et légitimement absous de tout ce qu'on lui impute; prie tous les fidèles de le regarder comme tel; défend à tous les membres de nos églises de lui parler plus de ces tristes affaires, et menace de censure ou d'autre peine plus forte ceux qui, dorénavant, s'ingéreront à vouloir exiger d'autres preuves de sa justification ; l'exhorte à lui de se rendre de plus en plus digne du saint emploi dont il est revêtu.

6. — Les consistoires, non plus que le colloque et comité, ne pourront valablement rien décider sans avoir à leur tête le pasteur du lieu {Discipline ecclésiastique, chap. V, art. i), à moins qu'il y présidât par lettres, néanmoins y disant les causes de son absence ou de refus, ce qui sera décidé si elles sont valables ou non. Et en cas de refus, on ne statuera rien contre lui qu'après la troisième sommation.

7. — Les consistoires ou colloques, etc., ne pourront être récusés en entier ni plus de la moitié. Toutes récusations seront toutefois valables contre les particuliers desdits consistoires, etc., tant pasteur qu'anciens, admises par le consistoire, etc., et sera passé outre, nonobstant appel sur l'admission ou rejetion desdites récusations {Discipline ecclésiastique, chap. V, art. 9), ni se tenir récusés (Règlement du synode de Verteuil i56j et de Gergeau 1601).

8. — Au cas que le pasteur vînt à être récusé valablement, les anciens pourront juger des différends qui se présenteront (Discipline ecclésiastique, chap. V, observ. régi, du synode de Privas 161 2; de Tonneins i6i4)\ et aura lieu le règlement pris au synode de Loudun 1659, art. 22.

9- — M. le pasteur ne pourra à l'avenir s'absenter des églises de cet arrondissement, sous aucun prétexte, sans la permission expresse et consentement du colloque (comme il est ci-devant arrivé en plusieurs occasions), ainsi que prescrit la Discipline ecclésiastique, chap. I, art. 22.

10. — M. le pasteur préviendra dorénavant, deux jours à l'avance au moins, un des anciens de l'église où il voudra prêcher, et ledit en préviendra ses confrères.

11. — On n'admettra à l'avenir aucun fidèle à la participation de la Ste-Cène,

penfer des églifes qui les envoient, le colloque chargé de convoquer lefdites affemblées fynodales eft enjoint de prévenir à l'avance les différents quartiers des articles les plus importants qui devront y être propofés; & pour mettre ledit confiftoire à même d'exécuter le préfent arrêté, les autres quartiers de la province feront exa6ls â lui faire part des queftions générales qu'ils auront à propofer.

d'une église à l'autre, chacun étant à même de pouvoir y participer dans l'église dont il est membre (Discipline ecclésiastique, chap. XII, art. i3), à moins d'un consentement exprès du consistoire, ou de l'ancien du quartier duquel ils se trouveront dépendants, que de l'église qui pourra les admettre. Messieurs les anciens des églises célébrantes y tiendront la main à ce que personne, hors de leurs districts, n'y soit admis sans les susdites conditions. {Discipline ecclésiastique, chap. XII, art. 5).

12. — Pour faciliter l'exécution de l'article précédent, M. le pasteur en avertira les fidèles avant la communion, afin d'éviter par là la mortification que pourrait causer un refus, tant à celui à qui il pourrait être fait, qu'aux anciens obligés à le faire pour le bien de l'ordre. Il exhortera même chacun des fidèles à rester dans leurs églises.

13. — Aucune personne qui n'aurait point ci-devant fréquenté les saintes assemblées, ne pourra s'y ingérer ni y être ingérée par aucun fidèle, sans en avoir auparavant donné connaissance au consistoire ou à l'ancien du quartier duquel il réside, qui le rapportera aux autres, ses associés, qui jugeront ensemble de ce qui sera expédient, pour éviter les inconvénients qui pourraient en résulter, pour raison de suspicion, de croyance- contraire ou de mauvais dessein. Ceux qui à l'avenir viendraient à le faire, seront dans le cas d'encourir la censure.

14. — Ceux qui se trouvent dans le cas, ou pourraient y tomber à l'avenir, de scandaliser l'Eglise par leur mauvais exemple, en faisant baptiser ou rebaptiser leurs enfants dans l'Eglise romaine, seront exclus de la participation à la Ste-Cène pour six mois et n'y seront admis qu'après avoir été censurés en consistoire; et s'ils récidivent une seconde fois, ils en seront suspendus pour un an, et n'y seront admis qu'après la censure et réparation publique devant l'assemblée.

I 5. — Quant à ceux qui y font bénir leurs mariages, l'assemblée les exclut pour six mois des saintes assemblées, sans pouvoir y être admis qu'après la censure publique, — les exclut ensuite pour deux ans de la participation de la Ste-Cène, à laquelle ils ne pourront être admis qu'après avoir donné des marques non équivoques de repentance, et sans faire la réparation publique avec censure, les consistoires en jugeront, et ils pourront en amoindrir la peine selon le degré de mortification.

16. — L'assemblée, vivement émue du relâchement qu'il y a dans les sociétés privées, exhorte tous les anciens d'y tenir la main, et de se trouver ou d'y pourvoir en cas d'absence, dans lesdites sociétés, et de faire des prières selon le formulaire, tous les jours de dimanche au moins une fois, afin d'instruire, par des catéchismes, la lecture de la parole de Dieu, celle d'un sermon et la prière, les fidèles, et afin d'attirer sur ces Eglises et cet Etat les bénédictions du Ciel, et consacrer ce jour solennel au service de Dieu.

17. — M. le pasteur est prié d'en recommander, même presser l'observation, et d'exhorter les fidèles de s'y ranger chacun dans leurs quartiers, surtout les hommes, [Ijesquels on ne voit guère, ainsi que le témoignent les anciens qui s'emploient à cet exercice.

SYNODES PROVINCIAUX

Les pafteurs qui ont figné l'ade de congé de M. Solier, ci-devant pafteur de la province, y étant autorifés par le colloque du 29^ juillet 1760, on a trouvé les plaintes que certains anciens ont portées, à ce fujet, à la préfente affemblée, deftituées de tout fondement, & l'on enjoint auxdits anciens de fe conformer à l'avenir à l'art. 5 ci-deffus touchant les proportions qu'ils auront à faire aux fynodes.

18. — On n'admettra à l'avenir aucun fidèle à la pre'sentation des enfants au St-Bapteme en qualité de parrain ou de marraine, qui n'ait l'âge requis (Discipline ecclésiastique, chap. X, art. 10) et qu'ils ne soient munis d'attestations des anciens du quartier d'où ils seront, à défaut de la présence de l'un d'eux, ainsi que prescrit la Discipline ecclésiastique, chap. X, art. 9.

19. — Les baptêmes et les mariages se feront dorénavant à la tete des assemblées, y ayant prédication, à moins d'urgente nécessité, et quant aux mariages, chacun dans leurs églises, sans que l'usage puisse être changé, qu'au cas ci-dessus, de quoi les consistoires connaîtront, néanmoins les parties rapportant des attestations des anciens de leur résidence [Discipline ecclésiastique, chap. XIII, art. i5), dans le cas que l'une des parties fût dépendante d'une église, l'autre d'une autre.

20. — Conformément à l'arrêté pris dans le précédent colloque de ces églises, tenu le 28 mars dernier, art. 2, 3, concernant le plan de pacification proposé et promis par quelques MM. de Clairac, il fut arrêté qu'on examinerait ledit plan pour voir s'il était recevable ou non, les consistoires respectifs ayant donné pouvoir aux commissaires nommés par icelui de traiter des voies amiables, en éloignant tout sujet de litige ou de rigueur, tendant à une ferme et stable paix. Lesdits commissaires s'étant assemblés et ayant pris à cet égard une délibération, l'assemblée, pénétrée de douleur de voir que ledit plan de pacification, bien loin de produire les heureux effets qu'on s'en promettait, n'a fait au contraire qu'envenimer et augmenter la malheureuse division qui déchire ces églises infortunées, a jugé à propos d'annuler ladite délibération, remerciant néanmoins les Messieurs qui en sont les auteurs de la bonne volonté qu'ils ont fait paraître dans cette occasion.

21. — Il sera procédé incessamment et tous les trois mois, dans chaque église, à la reddition des comptes, où chaque ancien ainsi qu'autres qui se trouveront dans le cas d'en avoir, seront obligés de les rendre en consistoire ; les autres feront la déclaration comme n'en ayant aucun, s'ils sont dans le cas; ou devront être invités quelques-uns d'entre les fidèles pour en être spectateurs et témoins {Discipline ecclésiastique, chap. IV, art. 3); ce qui sera exactement couché par acte, sur le livre consistorial, de même que tous actes de délibération faits par iceux; lesquels seront exactement signés. Les églises qui s'en trouveront dépourvues devront incessamment s'en pourvoir, ainsi que prescrit l'ordre, sous peine de censure.

22. — Les anciens devant veiller au bon ordre et à l'entretien, et à pourvoir aux divers besoins où peut se trouver l'église, la levée ou collecte étant uniquement de leur ressort et dévolue de droit aux consistoires, chacun dans leurs justes bornes, il est défendu, sous peine de censure, même de plus forte peine, à pas un fidèle de faire de levée ou collecte, sous quelque prétexte que ce soit, sans en être expressément chargé par le consistoire du lieu; et tous les fidèles seront exhortés à ne donner ni contribuer en rien, qu'entre les mains des anciens ou de ceux qui seront expressément envoyés de leur part, qui, à ce sujet, devront être munis d'un rôle ou état signé de leurs mains ; pas même à un ancien, sauf le consentement de

Vu les circonflances particulières dans lefquelles fe font trouvées les églifes de Marennes & de la Pimpelière, l'ajOTemblée eft d'avis que les fidèles de la ville de Marennes qui ont aduellement des bancs en propre dans l'églife de la Pimpelière peuvent les conferver & pratiquer dans ladite églife toutes les parties du culte divin.

Sur la queftion propofée au fujet d'un différend furvenu dans le confiftoire de Mornac, favoir fi les héritiers collatéraux fuccèdent aux places que leurs parents défunts avaient en propriété dans l'églife dont ils étaient membres, l'affemblée a décidé qu'ils doivent hériter dans les églifes de Saintonge, à caufe que les maifons d'oraifon, que les proteftants y ont érigées, font achetées en commun & que, conféquemment, un chacun y a droit fur le fol même, à proportion de fa mife. Cependant, comme les dépenfes des églifes font continuelles & qu'elles peuvent augmenter, lefdits héritiers collatéraux feront tenus de contribuer aux frais néceflaires, à raifon des places qui leur feront échues ; mais, comme il pourrait réfulter plufieurs difficultés d'un pareil droit & qu'un feul particulier pourrait être pofi'effeur d'une multitude de places & les garder par opiniâtreté, il fera, dans ce cas, au pouvoir

leurs confrères. Ceux qui, à l'avenir, viendraient à y être surpris, seront taxés de malversation et poursuivis selon l'exigence du cas.

23. — Les consistoires ou anciens ne pourront point collecter d'une église dans une autre, sous aucun prétexte, ni rien recevoir pour leur profit au préjudice des autres, des mains de ceux qui ne sont point de leur quartier, sans injustice, et seront dans le cas de le rembourser incessamment, sans attendre qu'on le réclame; ceux qui se trouveront dans le cas et qui l'affecteront, après avoir été avertis, seront censurés, même déposés, s'ils y persistent.

24. — Les mariages ne seront proclamés, sans qu'au préalable on n'ait de suffisants témoignages des promesses entre les parties, comme contrats ou actes accoutumés {Discipline ecclésiastique, chap. XIII, art. i5), ni bénis que suivant ce que prescrit la Discipline ecclésiastique, chap. XIII, art. 19.

25. — Les anciens qui auront été invités aux colloques ou consistoires, et qui n'auront daigné s'y trouver, seront censurés, si les causes ou raisons de leur absence ne sont jugées valables, et seront exhortés à s'y trouver autant qu'il dépendra d'eux.

26. — Les sociétés privées qui se font dans la ville, et autres, où n'assisteront point un ou deux anciens, seront regardées comme scandaleuses et préjudiciables au bien et à l'édification de l'Eglise; ceux qui y assistent, seront exhortés de s'en séparer.

27. — Ces églises, gémissant sous le poids accablant de la discorde qui les désole, l'assemblée a trouvé à propos qu'il fût célébré un jeûne dans leur étendue, pour

SYNODES PROVINCIAUX

du confiftoire du lieu de difpofer, au bout de fix mois, defdites places en faveur de ceux qui n'en feront pas pourvus, en remettant le montant de la fomme qu'ils recevront des acquéreurs aux héritiers. Le même règlement doit être obfervé envers les héritiers en ligne droite.

La compagnie ayant délibéré fur le parti qu'il convient de prendre au fujet des églifes du Périgord, Haut & Bas-Agenais, qui ont refufé de payer leur quote-part des dépenfes générales de la province, faites l'année dernière, il a été arrêté qu'on écrirait auxdites églifes pour leur témoigner combien la préfente affemblée eft furprife d'une pareille réfolution, qui contrafte diredement avec les obligations defdites églifes qui, faifant pour lors corps avec celles de cette province, ne peuvent, fous aucun prétexte, refufer de rembourfer leur portion des dépenfes qui ont été faites pour la province en général ; en conféquence, il fera écrit auxdites églifes du Périgord, Haut & Bas-Agenais pour leur réitérer la demande qui leur a été faite à ce fujet ; & au cas qu elles perfiftent dans leur refus, il leur fera déclaré que plainte en ferait portée au fynode national, afin que ce tribunal interpofe fon autorité pour contraindre lefdites églifes de remplir à ce fujet ce que leur devoir & la juftice exigent.

nous humilier tous 5ous la puissante main de Dieu, afin de le fléchir et lui demander ardemment la paix dont nous sommes prive's, par l'aveu sincère de nos fautes, mais aussi avec promesse de vivre désormais comme de vrais chrétiens; elles ont fixé ce jour d'humiliation au premier dimanche, après que la communion de septembre prochain aura été célébrée dans ces églises ; tous les fidèles sont et seront exhortés de s'y préparer, afin d'obtenir de la main du Seigneur un bien si précieux et duquel nous déplorons la perte.

28. — Afin que tant les fidèles que les anciens puissent concourir à l'exécution des arrêtés pris dans le présent colloque, et ne puissent sous prétexte d'ignorance tirer des raisons d'excuses de l'infraction, dans l'une de ses parties, l'assemblée a jugé à propos que lecture en fût faite à la tête des premières assemblées.

29. — L'assemblée a chargé le consistoire de St-Germain de la convocation du prochain colloque, ce qui sera ainsi observé, chacune par son tour, ou comme il sera trouvé expédient, conformément à la Discipline ecclésiastique, chap. IX, art. I.

Ainsi a été conclu et arrêté au Désert, les mêmes jour et an que dessus.

P. Lanne, pasteur; Pomarède.

Nous soussignés promettons devant Dieu d'observer et faire observer tous les articles ci-dessus mentionnés, sans aucune restriction.

Lanne, pasteur; Pomarède; Ladeux; Bergereau; Barbecane; Dupouy; Henry Arthaud; Sourbé; Metge.

— Collection F. Marquis-Sébie.

Sur la propofîtion qui a été faite pour favoir fi notre province doit continuer le prêt d'un de fes pafteurs, pendant deux ans, à la province du Périgord & Agenais, conformément à l'art. 22 du fynode national dernier, l'affemblée a arrêté que, malgré le refus de ladite province, les églifes de Saintonge, Angoumois & Bordeaux fe conformeront à l'arrêté dudit fynode national à ce fujet, autant toutefois que ladite province du Périgord paiera les honoraires des pafteurs qui l'ont déjà delfervie ou qui la defferviront à l'avenir, en conformité de l'article du Itynode] n[ational] ci-delTus cité, & cela à raifon du temps que lefdits pafteurs refteront à fon fervice & des honoraires qu'ils perçoivent dans leurs quartiers; & au cas de refus defdites églifes du Périgord & Agenais, on leur déclare, par le préfent article, qui leur fera notifié (ainfi que le précédent) par MefTieurs les modérateurs & fecrétaires, qu'on fe croira difpenfé de leur fournir le fecours auquel on n'eft cenfé être engagé que fous les conditions ci-defTus.

Ayant été demandé à l'affemblée quelle conduite un confiftoire doit tenir envers des particuliers qui défireraient qu'il leur fût permis de remplir leurs devoirs de religion dans une autre églife que celle du lieu où ils réfident, il a été répondu que l'édification exige que lefdits particuliers pratiquent le culte public dans l'églife dont ils font cenfés membres, & qu' ainfi on ne peut accorder une telle permifTion.

Sur la demande qui a été faite fi l'on doit bénir un mariage dont l'une des parties, qui fe dit être proteftante, n'afTifte point au culte public de notre fainte religion, ni ne veut promettre d'y affifter, la compagnie eft d'avis qu'un tel mariage ne doit pas être béni.

Un fidèle de Marennes fe trouv[ant] dans l'impofTibilité de payer tous les frais qui lui ont été faits, au fujet d'une faifie de fes biens à laquelle il avait été expofé pour fait de religion, il a été convenu de lui avancer 36o liv., qui feront réparties, par égales portions, fur les cinq quartiers qui compofent actuellement la province.

SYNODES PROVINCIAUX. 353

Le fynode du Périgord & Agenais, affemblé les iç)"" & 20^ décembre 1763 % ayant refufé, comme il appert par l'art. 5 de fes délibérations, d'entrer pour fa quote-part aux dépenfes de la province avant que le f[ynode] n[ational] dernier en eût formé deux fynodes provinciaux, la répartition defdites dépenfes a été faite fur les églifes de Saintonge, Angoumois & Bordeaux, au marc la livre, à raifon des honoraires que chaque quartier paye à fes pafteurs, favoir :

Sur la Saintonge & Angoumois . . 782 y/- 12 f 4 d Sur Bordeaux 294

Sur les repréfentations qui ont été faites à la préfente affemblée, elle enjoint aux églifes de Marennes & de St-Savinien de payer à M. Dupuy, pafteur, fes honoraires échus à la St-Jean dernière, favoir :

Marennes, à raifon de 268 y/-

St-Savinien, à raifon de 200 »

M. Dugas ayant reçu de M. JaroulTeau ... 48 y/de M. Dupuy .... 24 »

de M. Martin .... 23o )> 10 f

& devant de plus percevoir les honoraires que payent les églifes qu'il deffert, fe charge d'acquitter la fomme de 782 liv. 12 f. 4 d., qui eft le montant des dépenfes générales des quartiers de Saintonge & Angoumois.

Les comptes des églifes de Saintonge & Angoumois arrêtés, M. Martin f'eft trouvé redevable auxdites églifes de la fomme de 99 liv. 10 f. qu'il payera à la première réquifition.

xxn.

Meffieurs Dupuy, paft[eurs], ayant demandé d'exercer leur miniftère dans la même province, l'affemblée, pour répondre favorablement à leurs défirs, aurait adreffé incelTamment vocation à l'aîné de ces

I. Les actes de ce premier synode, convoqué à la suite de la décision du synode national de 1763 (art. 22) n'ont pas été retrouvés.

MelTieurs, qui eft aéluellement en Agenais; mais à caufe du droit que les églifes du Périgord & Haut-Agenais ont fur lui, en vertu de l'art. 22 du fynode national dernier, on n'a pas cru pouvoir fe difpenfer de demander audit M. Dupuy aîné d'obtenir préalablement fon congé du fynode dont il dépend, moyennant quoi on verra avec plaifir qu'il vienne exercer fon miniftère dans le fein des églifes de cette province.

L'afTemblée confirme la vocation que le colloque de Saintonge du 24*" août 1763, art. 3, [a] adreffée à M. Jacques Dumas, aduellement miniftre.

Les églifes de Saintonge & Angoumonis formeront à l'avenir trois quartiers, dont chacun fera deffervi par deux pafteurs qui circuleront dans ledit quartier ; ce partage fera dans l'ordre fuivant :

i** Quartier de La Tremblade, Avallon, Paterre, Mornac, Breuillet, Courlay, Royan, le Pouyaud & Didonne.

2*" Quartier de Soubize, Luzac, Marennes, la Pimpelière, le Port des Barques, St-Savinien, Cozes & Mefchers.

y Quartier de Cognac, Jarnac, le Louis, Segonzac, Chez Piet, Jonzac, Pons, Gémozac, St-Fort & Mortagne.

Immédiatement après l'arrivée de MM. Dupuy aîné & Dumas, MM. Dugas, Martin, Jarouffeau & Dupuy jeune, avec un ancien de chaque églife, f'affembleront pour prendre des arrangements définitifs au fujet de la fixation des pafteurs, conformément à l'article précédent. Et en attendant l'arrivée defdits Meffieurs Dupuy aîné & Dumas, les églifes feront deffervies fur le pied qu'elles l'ont été jufqu'à préfent; mais au cas qu'il n'y eût qu'un de ces Meffieurs qui fe rendît dans la province, il circulera dans toutes les églifes jufqu'au prochain fynode provincial : la même commiffion fera la répartition du furcroît d'honoraires qu'il faudra payer au fujet de l'augmentation des pafteurs dans les églifes de Saintonge & Angoumois.

Suppofé que l'arrangement pris dans la préfente affemblée, art. 24, ait lieu, on pourra, dans ce cas, déroger à l'art. 3 ci-defl'us ;

SYNODES PROVINCIAUX

en conlequence, les églifes de Saintonge & Angoumois ne formeront que trois colloques, dont chacun fera compofé des deux pafteurs qui defferviront lefdits quartiers & d'un député, ancien de chaque églife.

Sur la plainte portée à la préfente aflemblée par quelques jeunes gens de l'églife de Jarnac, qui demeurent fufpendus de la table facrée pour f être mafqués & avoir danfé avec excès, le carnaval de l'année 1762, la compagnie a trouvé le confiftoire de Jarnac blâmable d'avoir interdit publiquement le facrement de la Ste-Cène auxdits jeunes gens, avant de les avoir appelés en confiftoire & elTayé de les contenir dans leur devoir par des admonitions particulières ; cependant, comme le fcandale caufé par lefdites perfonnes méritait de vives cenfures de la part de leur confiftoire, & que tout ce qu'il y a de répréhenfible dans fa conduite conftfte principalement dans un défaut de forme, il eft ordonné aux perfonnes plaignantes d'avoir à l'avenir plus de déférence pour Meftieurs le pafteur & anciens de leur églife, & de fe foumettre, pour rentrer dans la paix de l'Eglife, aux cenfures confiftoriales qu'elles ont encourues ; & pour effacer l'impreffîon qu'a faite la publication de ladite fufpenfion, M. le pafteur déclarera à la tête de l'affemblée que les perfonnes qui avaient été privées de participer à la Ste-Cène pour f'être mafquées & avoir donné dans l'excès de la danfe, ayant témoigné être repentantes, il lève la fufpenfion décernée contre elles.

L'églife de Bordeaux eft chargée d'entretenir la correfpondance de la province, conformément à l'art. 18 du f[ynode] n[ationalj dernier ^

I. On a indiqué (p. 3 10) quels étaient, dans les premières années, les membres correspondants du Béarn, des Basses-Gévennes, du Dauphiné; on trouvera (p. 36 1) les noms des membres du comité du Bas-Languedoc. Les uns et les autres avaient déjà eu l'occasion de s'écrire et de se concerter, comme on l'a vu plus haut, au sujet du mandat de Court de Gébelin. Mais, en dehors de ces petits comités, il en existait un autre à Paris, de date antérieure, qui avait la prétention, non avouée, de diriger les affaires des religionnaires dans leurs relations avec le pouvoir civil, et qui, entrant dès le début en conflit avec Gébelin, se trouva également en désaccord avec une partie des comités provinciaux. Au lieu de l'unanimité des vues, on se heurta à des divergences ; de là de stériles discussions qui neutralisèrent et souvent découragèrent les meilleures volontés. « Messieurs du comité de Paris, écrivait de Ganges (Gard), le pasteur Pomaret, me mettraient de très-mauvaise

Ladite églife efl auffi chargée de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que deffus par ladite affemblée fynodale, compofée de fept pafteurs, favoir : MM. Cavalier, Dugas, Martin, Etienne Gibert, Jarouffeau & Dupuy jeune, affiftés de douze anciens, députés.

Après avoir remercié le Seigneur de fa protedion, & les cenfures faites, Taffemblée f 'eft féparée.

DuGAS, pafti" & modérateur; Cavalier, pafl'" & modérateuradjoint; Gibert jeune, paft'' & fecrétaire; Martin, pafl»' & fecrétaire-adjoint.

humeur. Qu'avons-nous de commun avec eux? Et quelques particuliers, qui n'allèguent que des peurs de ceci ou de cela, l'emporteraient-ils sur des pasteurs qui ont soutenu les églises, qui les ont faites ? Je ne m'en consolerais de la vie. » (Mss. Rabaut, III, C. p. 28). Court de Gébelin partageait les mêmes sentiments et les exprimait avec non moins de vivacité. Cependant, bien que les efforts des uns et des autres ne fussent pas toujours parallèles, on faisait chaque jour de nouveaux progrès vers la tolérance.

Synodes provinciaux de 1765

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert, les premier, deuxième, troifième & quatrième mai mil fept cent ^ foixante-cinq, au nombre de quinze pafteurs de la province, ideux des Baffes-Cévennes, un des Hautes, quatre minières, cinq propofants & quarante-cinq anciens, députés par les églifes, après avoir invoqué le St-Nom de Dieu & élu, à la pluralité des fuffrages, M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur ; M. Jean Pradel, pafleur, pour modérateur-adjoint; M. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. Jean Guizot, auffi pafteur, pour fecrétaire-adjoint, a arrêté ce qui fuit ^ :

A caufe de l'extrême corruption qui règne & qui va en augmentant, & vu que nos églifes demeurent toujours fous la croix, il fera célébré un jour de jeûne extraordinaire, le 20^ octobre prochain, & en cas de pluie ce jour-là, le dimanche fuivant.

I. C'est à cette date qu'il convient probablement de placer cette lettre adressée par Rabaut-St-Etienne au prince de Beauvau qui venait d'arriver en Languedoc. On croit utile de la donner, moins pour l'incident au sujet duquel elle fut e'crite, qu'à cause des renseignements qu'elle contient sur la tenue d'un synode provincial, en 1765. On était déjà loin des premiers synodes convoqués par les prédicants de 171 5.

«...Les pasteurs et quelques anciens du Bas-Languedoc s'assemblèrent, au mois de mai dernier, en synode, comme ils le font toutes les années pour y régler l'emplacement des ministres et les autres affaires de discipline. C'était aux environs de Vie, village du diocèse d'Uzès, sur la route de Nîmes à St-Hippolyte.

Deux députés de Téglife de St-Hippolyte ayant préfenté un mémoire tendant à obtenir le miniftère de M. Baftide, & ce digne pafteur, mécontent de quelques lieux de fon diftrict & pour répondre favorablement à la vocation que lui a adreffée ladite églife, ayant demandé fon congé, TalTemblée, qui aurait bien voulu fe prêter aux vœux de M. Baftide & de l'églife qui le défire, confidérant néanmoins, d'un côté, l'extrême befoin des nôtres, & d'un autre le grand vide que ferait dans la province l'abfence de ce pafteur, a été obligée de refufer leur demande. Au furplus, indignée qu'il fe foit trouvé des lieux entiers capables de ne pas payer à leurs pafteurs les honoraires qu'ils leur doivent, elle a arrêté qu'un pafteur voiftn fe portera dans ces lieux pour cenfurer les coupables; & fuppofé qu'ils ne fatiffaft"ent pas, ces lieux feront privés de l'exercice du St-Miniftère, conformément à l'art. 41 du chap. f de la difcipline.

L'afTemblée fêtant aperçue de manière à n'en pouvoir pas douter, par divers mémoires venus de Montpellier, qu'il y a des troubles dans

Leurs affaires finies, ils se retirèrent ; et ce synode ne différerait en rien de tous les autres, si, aujourd'hui, Mgr. l'intendant n'avait nommé des commissaires devant qui le Procur^' du Roi de la comm. a fait assigner 3 protest, et 3 cathol. dudit lieu de Vie pour faire des inform[ations.] On avait bien ouï dire que le sieur curé de Vie avait écrit aux supérieurs, quelque temps après la tenue de ce synode, pour se plaindre de cette assemblée qui ne devait cependant pas le choquer, puisqu'elle se tint dans un lieu écarté, loin du village et du chemin et que ceux de ses membres qui venaient coucher à Vie ne se retiraient que de nuit et en partaient de grand matin. Il faut bien cependant qu'on ait peint cette assemblée sous de noires couleurs, puisqu'on a porté l'autorité à en prendre connaissance.

«Les protestants qui ont le malheur d'être accusés, sans savoir de quoi on les accuse, ne peuvent pas se justifier sur les imputations calomnieuses qu'on peut leur avoir faites. Voici néanmoins des observations générales que l'on prend la liberté d'exposer. Dans chaque province ou district, on a accoutumé de convoquer toutes les années une assemblée synodale, composée de quelques anciens avec les ministres; l'objet de cette assemblée est de placer les ministres, de régler l'administration des affaires particulières, d'établir l'ordre et la paix. Jamais on n'avait fait aucune recherche dans le pays contre ces convocations, parce qu'elles n'arrivent qu'une fois l'an, parce qu'elles sont décentes, parce qu'elles se tiennent précisément dans des Déserts, parce qu'on ne se retire qu'à la nuit dans les villages où Ton est obligé d'aller coucher, et que les membres ont même le soin de se disperser dans plusieurs villages voisins pour ne point choquer les catholiques et les curés, et parce, enfin, que les objets de ces sortes d'assemblées sont parfaitement connus des magistrats. — En faisant aujourd'hui des recherches contre le synode de cette année, on porte l'alarme dans l'esprit des protestants.»

— Mss. Rabaut, III, B. p. 281.

SYNODES PROVINCIAUX. 35g

l'églife de ladite ville, a nommé, pour les connaître & les terminer,

MM. Paul Rabaut & Pradel, pafteurs, & M. B x, médecin, &

Antoine Moinier, anciens, auxquels en cas d'empêchement feront

fubftitués, favoir : au premier, M. Alexandre V , ancien, au fécond

M. B , auffi ancien, & à ce dernier M. P...., de même ancien.

MM. Gachon, Valentin & Lombard, ayant exhibé les lettres atteftatoires de leur confécration au St-Miniftère & expofé les raifons qui les portèrent à recevoir l'impofition des mains dans les pays étrangers, la compagnie, fans trouver ces raifons de mife, f'eft pourtant réjouie de leur réception, les a agrégés avec plaifir dans fon corps & a arrêté de confier un troupeau à chacun d'eux.

Ledure faite d'une lettre que M. Pic, pafteur, a écrite au nom du colloque de Provence, pour demander à cette affemblée le fecours d'un propofant, elle lui a accordé le fieur Benvignat, à la dodrine & aux mœurs duquel elle rend un bon témoignage, le recommandant à la bienveillance des églifes qu'il va deffervir, & lui promettant, avec la protedion de la province, de favorifer, autant qu'il fera pofîible, fa confécration au St-Miniftère.

Vu les bons témoignages rendus à la do6lrine & aux mœurs de MM. Périer & Bouët, propofants, & confidéré l'extrême befoin que la province a d'augmenter en pafteurs, l'affemblée a adreffé une vocation à ces deux Meflieurs pour être examinés & recevoir l'impofition des mains, fils en font jugés capables, & elle leur a donné pour examinateurs MM. Rabaut, Pradel, Baftide, Encontre &Guizot, pafteurs, & nommé ledit M. Encontre pour les confacrer.

Sur les plaintes portées contre le fieur Genolhac, propofant, la compagnie, l'ayant fait fommer de comparaître pour y répondre, & ledit fieur ayant écrit à l'affemblée pour lui demander fon congé, elle le lui a accordé.

Ledure faite d'une lettre datée d'Aiguefvives, du 29^ avril dernier, adreffée à M. Teiffier, l'un des pafteurs de cette province, &

fignée de treize anciens des églifes de Gallargues, Aiguefvives & Vergèze, & ouï Meffieurs les pafteurs aduellement deffervant nos églifes, lefquels fe font plaints de cette lettre comme contenant des chofes très-offenfantes contre leur corps, après f 'être retirés, de même que le fieur Riquet, député de Gallargues, figné dans ladite lettre , la préfente affemblée, préfidée par Meffieurs les minières Valentin, Gachon & Lombard, confidérant combien il importe de donner aux vénérables pafteurs de cette province toute la fatiffadion qui leur eft due au fujet de la lettre dont il f'agit, & que pour cela il eft néceffaire de prendre des informations pour connaître du fait en queftion, en découvrir toutes les circonftances & entendre les accufés, — l'afTemblée a nommé & commis les trois miniftres qui la préfident &

M. Al Beau, & Gou , anciens, auxquels elle a donné pouvoir

de fe tranfporter inceffamment fur les lieux, à l'effet de prendre les fufdites informations & de prononcer définitivement.

Le député de l'églife de Sommières ayant requis de la manière la plus preflante que M. Baftide voulût continuer l'exercice de fon miniftère dans ladite églife, & le fynode ayant joint fes inftances à celles dudit député, M. Baftide a déclaré ne le pouvoir pour cette année; ce qui a d'autant plus affligé la compagnie qu'elle a toutes fortes de raifons d'être édifiée de la dodrine & des mœurs de ce digne miniftre.

L^églife de St-Mamert ne pouvant plus refter annexée au diftrid de St-Geniès, parce que le pafteur qui la deffert ferait trop chargé, le fynode, fans avoir égard aux inftances du député de cette églife, a preffé fortement MM. Pierre Sauffine & Allègre de vouloir bien la deffervir ; à quoi ces zélés pafteurs ont enfin confenti, à condition que, fi cette églife y fait la moindre difficulté, ils feront libres de la quitter.

La manière dont le comité a rempli les objets de fa commiffion ayant été approuvée, & les membres qui le compofent remerciés du zèle adif avec lequel ils ont faifi les occafions de procurer le bien général, vu la grande utilité de cet établiflement, il a été arrêté de le continuer de la manière qu'il a commencé, c'eft-à-dire qu'il fera chargé de la correfpondance, qu'il f'occupera des affaires générales &

SYNODES PROVINCIAUX

preffantes qui pourront furvenir jufqu'à la veille du prochain fynode, autres néanmoins que celles qui concernent la difcipline eccléfiaftique; auquel effet, l'affemblée exhorte les pafteursde la province d'informer exactement le comité de tout ce qui fe pafTera dans leurs diflrids qui pourrait intéreffer la caufe commune, & tous les membres des églifes qui peuvent en être capables de ne mettre au jour ni adreffer aux PuifTances aucun mémoire concernant les affaires générales, fans f 'être concertés avec le comité & avoir pris fon avis, autant que cela fera poffible.

xn.

Sur l'appel interjeté à cette affemblée par les fieurs Féline & Richard, de la dépofition prononcée contre eux par le confiftoire de l'églife d'Uzès, l'affemblée les a renvoyés à fe pourvoir par devers le colloque.

xm.

Il a été arrêté d'ajouter à l'article concernant le comité que les mêmes perfonnes, qui le compofaient l'année dernière, le compoferont encore celle-ci ; & que, conformément à l'obligation qui leur fut impofée dès l'origine de cet établiffement, elles feront part aux pafteurs de ce qu'elles apprendront d'intéreffant, foit de notre province, foit de toutes les autres où il y a des proteftants ^

Ainfi conclu & arrêté le fufdit jour & an que deffus.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafleur & modérateur-adjoint.

I. Trois pasteurs faisaient partie de ce comité que P. Rabaut présidait. Ce comité avait été constitué, à la suite de la tenue du synode national de lyôS, probablement sur les instances de Court de Gébelin, non-seulement pour correspondre avec les autres comités de chaque province ecclésiastique, mais surtout pour imprimer une unique direction aux projets divers qu'élaboraient 2es églises et leurs pasteurs, et pour correspondre, en leur nom, avec le comité de Paris et avec Court de Gébelin.

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Synode des Hautes-Cévennes.

Le fynode de la province des Hautes-Cévennes , afTemblé le vingt-feptième mars mil fept cent foixante-cinq, auquel ont aiïifté Meiïieurs Jean Roux, Jean-Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Jean Méjanelle du Cambon, Pierre Vallat, Charles Bourbon, Pierre Pierredon, Antoine Sabatier & Jean-Pierre Roche, pafteursde ladite province, avec vingt-quatre anciens, députés pour leurs diftrids refpedifs, — après avoir nommé pour modérateur M. Méjanelle du Cambon, pour modérateur-adjoint M. Roux, pour fecrétaire M. Pierredon & pour fecrétaire-adjoint M. Bourbon, a arrêté ce qui fuit :

L'affemblée, vivement effrayée des malheureux progrès que l'incrédulité & la corruption font tous les jours dans les églifes du Seigneur, ordonne à celles de cette province que, pour f'humilier extraordinairement devant lui, elles célèbrent un jeûne folennel le 1 1'' du mois d'août prochain, &, en cas de pluie ce jour-là, le dimanche fuivant.

MM. Molines Se Saiifluel, propofants, ayant demandé de partir inceffamment pour aller dans le pays étranger perfedionner leurs lumières, on a renvoyé leur départ à la St-Michel prochaine.

Toutes les églifes, fenfibles aux foins que M. Gabriac l'aîné fe donne pour former des élèves, lui ont accordé conjointement la fomme de 400 liv., pour les frais de leur entretien, qui lui feront payées à la St-Michcl prochaine & dont le quartier d'Alais f'eft engagé de fournir une moitié plus que chacun des autres fur lefquels elle fera impofée.

SYNODES PROVINCIAUX

Suppofé que ledit M. Gabriac foit obligé de faire, dans le courant de l'année, un voyage qu'il a projeté, tous les autres pafteurs f'engagent à deffervir tour à tour fon diftricl pendant fon abfence.

MM. les pafteurs examineront une fois Tannée les élèves de la province, afin de juger fur leurs difpofitions & progrès fils font en état de parvenir au St-Miniftère.

Sur la demande faite par le colloque d'Alais qu'à l'avenir les appointements de MM. les pafteurs fuffent déterminés pour leur entretien, comme pour leur honoraire, Meflieurs les députés, fâchés que tous les quartiers ne foient pas en état de leur en fournir de plus fortables à leur rang & à leurs befoins, ont cru ne pouvoir les fixer qu'à 700 liv., en exhortant ceux qui le pourront à leur en accorder de plus confidérables.

Le fufdit colloque ayant aulTi demandé l'établifTement d'un comité femblable à celui du Bas-Languedoc, pour traiter de certaines affaires particulières, on a trouvé à propos que MM. les pafteurs continuaflent à f'affembler à ce fujet, lorfque le cas le requerra.

C'eft avec la plus vive douleur que nous avons été informés de l'entreprife qu'ont ofé faire depuis peu quelques proteftants de Durfort', en bâtiffant fur lesmafuresde leur ancien temple; nous n'entrerons pas ici dans le détail de toutes les raifons qui les rendent condamnables ; on nous a prévenus à cet égard par divers mémoires qui nous ont été préfentés ; nous nous contentons de dire en un mot qu'elle porta à nos yeux l'empreinte d'un zèle très-inconfidéré, & qu'elle eft par là-même directement contraire au devoir de tout fujet fidèle & de tout bon réformé ; dans les fentiments qui feront toujours chéris à nos cœurs, nous enjoignons à toutes les églifes de cette province d'être conftamment en garde contre de telles démarches, fous peine d'être traitées félon la rigueur des lois eccléfiaftiques.

I. A Durfort, on voulait, comme les religionnaires du Dauphiné(p. Soy), suivre l'exemple donné par les églises de Saintonge.

rx.

Sur la propofîtion des églifes de St-Sébaftien & du Pin, il a été délibéré : i° qu'elles f'en tiendraient à l'égard de leurs affemblées au dernier arrangement qui fut pris entre les anciens de leur confiftoire & en préfence de leur pafteur; 2° qu'elles continueraient à payer l'honoraire & l'entretien de leurdit pafteur à proportion du fervicequi leur efl accordé, & qu'elles acquitteraient inceflamment leurs arrérages ; 3° que, nonobftant leur prétention, il ferait permis à M. Pierredon de faire fon féjour dans celle de ces églifes quil trouvera à propos; 4° qu'elles continueraient de faire corps avec celle d'Alais.

Selon la demande du colloque d'Alais, on accordera à MM. les députés au fynode un certain temps avant l'ouverture de l'afTemblée pour réfléchir fur les proportions envoyées par les divers colloques, afin de pouvoir enfuite les difcuter avec plus de facilité & en juger plus fainement.

Ayant été propofé fil ne conviendrait point de colleder en faveur des pauvres dans les affemblées religieufes avant la bénédiction, il a été réfolu de fuivre unanimement l'ancien ufage à ce fujet & enjoint à ceux qui f'en font écartés de f 'y conformer à l'avenir.

Meffieurs Roux, du Cambon, Bourbon & Pierredon defferviront les églifes qui leur ont été affedées pendant l'année dernière.

Monfieur Gabriac l'aîné deffervira celles de Florac, la Salle, St-Julien, Grizac, Caffagnas & le haut de St-André-de-Lancize.

M. Gabriac le jeune deffervira celles de St-Paul-Lacofle, Souftelle & Ccndras, St-Martin-des-Boubaux , Blannaves, la Melouze, St- Michel-de-Dèze & la baffe partie du Collet.

M. Vallat deffervira celles de Barre, Bouquet, les Balmes, St- Laurent, Vébron & le mandement de Rouffes.

M. Sabatier deffervira celles de St-Germain-de-Calberte, de St- Martin-de-Lanfufcle, le bas de St-André-de-Lancize, de St-Hilaire, de St-Etienne-Vallée-Françaife, (& les affemblées religieufes fe tiendront dans cette dernière églife à une petite diftance du grand chemin, du côté de )

SYNODES PROVINCIAUX

M. Roche dcflervira celles de Fraiffinet de Lozère, de Frugères, de St-Maurice, de St-Privat, de St-Frézal & la haute partie du Collet, qui comprend le quartier de la Lauze, de l'Herm, de Caftanct, de St-Andéol. On laiffe à la liberté dudit pafteur de tenir ces affemblées dans cette églife, là où il trouvera à propos.

xm.

On impofera fur la province fept mille deux cent quarante-quatre livres, favoir :

Cinq mille fix cents livres pour les honoraires &

entretien de huit pafteurs 5. 600 -H-

Six cents livres pour l'honoraire & entretien de

M. Vallat 600 »

Mille quarante-quatre livres pour les dépenfes

imprévues & taxes mortes 1.044

Total . . . 7.244 »

Répartition de la totale impofition, à favoir :

Sur le quartier de M. Roux. . . . 720 H-

Sur celui de M. Gabriac l'aîné. . . 824 » 17 f. 6 d.

Sur celui de M. Gabriac le jeune . . 824 » 17 » 6 »

Sur celui de M. du Cambon . . . 824 » 17 » 6 »

Sur celui de M. Vallat 724 » 17 » 6 »

Sur celui de M. Bourbon .... 824 » 17 » 6 )>

Sur celui de M. Pierredon .... 853 »

Sur celui de M. Sabatier .... 824 17 » 6 )>

Sur celui de M. Roche » » » » » »

Ainfi a été conclu & arrêté le fufdit jour 27^ mars 1765.

MÉJANELLE DU Cambon , pafteur & modérateur ; Roux, pafteur & modérateur-adjoint; Pierredon, pafteur & fecrétaire; Ch. Bourbon, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synode du Vivarais et Velay.

Aâes du Synode provincial des églijes réformées du Vivarais & Velay, affemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- VivaraiSf le premier de mai mz7 fept cent foi xante- cinq, auquel ont ajjîjîé deux pajleurs & quinze anciens, députés de/dites églijes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été délibéré ce qui fuit :

Les députés du bas-arrondiffement ayant communiqué à l'affemblée les arrangements pris dans fon colloque du 27^ novembre 1764, contenus en fix articles & fignés par M. Alexandre Vernet, pafteur, elle les munit de fon autorité & exhorte les autres arrondiffements à fy conformer, autant que faire fe pourra.

La compagnie a trouvé bon de prolonger pour une année la commiflion à M. Court de Gébelin [donnée] par le fynode précédent.

Quelques députés ayant rendu compte à l'alTemblée des heureux effets qu'ont déjà produits les fociétés qui fe font formées dans quelques endroits de cette province, elle en a été fi édifiée qu'elle exhorte fortement les anciens à faire tout ce qui dépendra d'eux pour en établir partout, autant que la chofe fe pourra.

Pour que la publication des mariages, recommandée dans l'art. 4 du fynode dernier, n'en retarde pas la bénédidiion, la compagnie trouve à propos de permettre qu'on les publie dans les fociétés religieufes qui fe font depuis quelque temps parmi nous.

Peirot, pafleur & modérateur; Vernet, pafteur «&. fecrét''^.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Périgord et de l Agenais.

Les églifes du Haut [&] Bas-Agenais & Périgord, affemblées en fynode les quatorzième, quinzième & feizième août mil fept cent foixante-cinq, après avoir imploré le fecours de Dieu, ont délibéré ce qui fuit :

Selon Tufage on a nommé, à la pluralité des voix, M. Viala, pafteur, pour modérateur; M. Dumas, pafteur, pour modérateuradjoint; M. Renateau, pafteur, pour fecrétaire, & M. Renouieau, pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

L'aflemblée, affligée de l'extrême corruption qui règne dans nos églifes, a jugé à propos de convoquer un jour folennel de jeûne & d'humiliation extraordinaire, afm de prévenir les juftes châtiments du Ciel, & nous attirer [f]es bénédictions, qui fera célébré le premier dimanche de carême par tous les proteftants de la province

Colloque de VAgenais du 27 janvier iy65.

Au St-Nom de Dieu.

I. Les églises de Tonneins-Dessous, Fauillet, Grateloup, St-Germain, Puch, Monheurt et Nérac, en Albret, extraordinairement assemblées en la personne des anciens et des plus notables d'entre les fidèles, y assistant par deux députés MM. les anciens des églises du quartier de Nérac, pour prendre en considération ce qui suit, savoir :

Que M. Lanne, dit Dubois, ci-devant leur pasteur ayant sorti d'icelles sans leur congé, contre ce que prescrit la discipline ecclésiastique et notamment l'art. 9 du colloque dernier de ces églises, et par là et par d'autres raisons connues à l'assemblée, donné lieu à s'adresser à la province pour les pourvoir d'un autre pasteur, comme il paraît par l'art. 20 du synode provincial dernier tenu le 14, 1 5 et 16 novembre dernier, et par les arrêtés des commissaires nommés à ce sujet pour les entendre, qui au lieu d'avoir égard au bien de la paix et à l'état actuel des églises, ni au besoin pressant d'être pourvues d'un pasteur, renversèrent leurs demandes, néanmoins elles attendaient et ont attendu depuis lors M. Dumas qui n'a daigné venir, au mépris de l'art. 2 3 du susdit synode, ni même en donner l'espoir, et par là donné lieu aux fidèles desdites églises, qui depuis lors privées d'entendre la Parole, de se porter à rappeler mondit sieur Lanne, actuellement dans le quartier (néanmoins sans le consentement du consistoire). Lequel, à son arrivée, ayant offert par lettre à chacune desdites églises les secours de son ministère, le consistoire de Tonneins ayant pris en considération cette offre, aurait

Le colloque du Haut-Agenais ayant manqué de faire une députation en règle pour le fynode, il a été trouvé répréhenfible; la compagnie lui enjoint en conféquence d'être à l'avenir plus exad à l'ordre de la difcipline, & elle blâme ledit colloque de n'avoir pas donné une lettre de députation ; néanmoins, la compagnie admet les députés.

fort désiré dire net sa façon de penser, mais par bien des raisons, notamment par la crainte de porter atteinte à l'union qui règne entre les susdites églises, décida, le i8 courant, que la chose étant générale, la décision en appartenait à une assemblée générale desdites églises et chargea le secrétaire de la convoquer.

En effet, étant assemblé ce jourd'hui vingt-sept janvier mil sept cent soixantecinq, le but d'icelle étant connu à tous ceux qui la composent, elle a prié M. Pierre Laffitte de Lagrange, ancien de l'église de Puch, en qualité de modérateur, et M. Henry Arthaud, ancien de l'église de Tonneins-Dessous, en celle de secrétaire, pour recevoir les suffrages sur ce que M. Lanne, offrant de nouveau les services de son ministère, requérant en même temps qu'on délibère sur l'acceptation ou sur le refus; après avoir fait lecture d'une lettre qu'il a écrite ce jourd'hui, adressée à la présente assemblée, contenant le but ci-dessus, toutes les susdites églises, chacune en leur rang, ayant donné leurs voix aux susdits modérateur et secrétaire, on a trouvé que la pluralité des suffrages sont pour que M. Dubois desserve de nouveau les susdites églises, ayant 48 voix contre 6. Néanmoins MM. de Grateloup ne s'étant pas tous rendus, ils seront priés de dire leur façon de penser; mais les autres églises de l'arrondissement prient M. Lanne de vouloir recommencer dans lesdites églises les fonctions de son ministère, l'exhortant de se rendre de plus en plus à l'avenir digne du saint emploi dont il est revêtu, lui en donnant d'ores et déjà le pouvoir ; néanmoins, sous les conditions qu'il renoncera aux engagements qu'il pourrait avoir pris avec les églises du Béarn ou autres que celles de ce quartier, et que d'ailleurs il sera religieux observateur des arrêtés des précédentes assemblées, de même que d'agir de concert avec le corps consistorial. En conséquence, le secrétaire est chargé de lui communiquer la présente délibération où on le prie de souscrire par sa signature pour la ratification du contenu en icelle.

Fait et délibéré dans l'assemblée générale desdites églises, ledit jour 27 janvier 1765, et avons signé:

Lagrange Ranquetan ; Barbecane; Périsse; Dumatha; Bergereau; Capet; Sourbé; Dupouy, dit Laribal; Laperche; Metge; Dallix; M. Sarrest; Alliqué; Dupouy; Jaunnet; Fretté; Brethon; Bergereau; Laporte; Aubié; Taurou; Labarthe; Des Barat; Mensac jeune; Gillard ; Laperche petit; Montet; Henry Arthaud, secrétaire; Baudon jeune; Lanne, pasteur.

Colloque de VAgenais du 14 avril ij65.

Au St-Nom de Dieu.

Les églises reformées de Tonneins-Dessous, St-Germain, Puch, Monheurt, Fauillet et Grateloup, assemblées ce quatorzième avril mil sept cent soixante-cinq, ayant à leur tetc M. Pierre Lanne, pasteur du St-Evangile, pour prendre en

SYNODES PROVINCIAUX

Déformais il ne fera député, pour afTifter dans nos aflemblées fynodales ou colloquales, d'autres que ceux qui ont charge d'anciens dans l'églife & qui y feront dûment envoyés.

L'affemblée, défirant de reconnaître les bontés de M. Gabriac, pafteur des Hautes-Cévennes, député par le fynode dernier pour venir dans les quartiers de Tonneins, du Haut-Agenais, pour faire cefTer le

considération l'invitation faite au consistoire de Tonneins-Dessous de la part de M. Dumas, pour assister à un colloque par eux convoqué, ont délibère' ce qui suit:

1. — Nous pasteur, diacres et anciens des églises ci-dessus mentionnées, accédons à l'invitation qui nous est faite par M. Dumas, ministre du St-Evangile, de nous trouver au colloque qui doit se tenir le 16 du courant; en conséquence, nous députons MM. Réau l'aîné, Henry Arthaud, Arnaud Laperche et Jacob Bergereau, auxquels nous donnons pouvoir et mission de faire valoir nos justes droits, pourvu toutefois que les délibérations de ladite assemblée tendent à un plan de paix et de pacification; si, au contraire, nos députés s'aperçoivent que les délibérations de la susdite assemblée ne tendent qu'à réveiller des disputes et des chicanes, qui n'ont mis que trop malheureusement ces églises infortunées à deux doigts de leur perte, nous ôtons auxdits députés les pouvoirs que nous leur avons donnés ci-dessus, les priant et leur enjoignant expressément de se retirer, dès aussitôt qu'ils s'apercevront que l'on voudra traiter nos différends d'une manière rigoureuse et litigieuse.

2. — L'église de Tonneins-Dessous, ayant représenté à la présente assemblée le besoin où elle est d'une personne de probité pour occuper les délicates fonctions de diacre, a choisi M. Réau l'aîné, qu'elle établit dès aujourd'hui dans cet emploi. Ladite assemblée approuve aussi le choix qu'a fait ledit sieur Réau de M. PelHssier, pour régir en son absence les deniers des pauvres, etc.

3. — Les églises, vivement pénétrées de douleur de la conduite qu'ont tenue MM. Couzin, Pomarède et Constans, le premier diacre de l'église de Tonneins-Dessous, le second ancien de la susdite église, et le troisième ancien de l'église de Grateloup, lesquels se sont séparés de nous, et ont quitté leur charge, sans en donner le moindre avis au corps où ils étaient attachés, ne peuvent s'empêcher de les destituer de leur emploi et de les prier de ne pas en faire la moindre fonction; la susdite assemblée défend expressément à tous les membres qui la composent de rendre cet article public, pour ne point porter la moindre brèche à l'honneur et à la réputation de ces Messieurs, et d'un autre côté, pour donner des preuves authentiques de[s] sentiment[s] de douceur et de modération dont elle est animée ; si toutefois les susdits Messieurs venaient à s'acquitter de quelque fonction qui eût trait à la charge dont ils étaient revêtus, l'assemblée rendra leur démission publique, priant le secrétaire de la leur notifier.

Fait et arrêté le jour et an susdits.

P[ierre] Lanne, pasteur; Passet, secrétaire; Réau, diacre;

Bert, diacre ; Sourbé, ancien ; Henry Arthaud, ancien ;

Laperche, ancien; Metge, ancien; Bergereau, ancien;

Barbecane, ancien; Dupouy, ancien.

— Collection F. Marquis-Sébie.

fchifme excité par le fieur Lanne, dit Dubois, la province cherche aujourd'hui le moyen de l'indemnifer des dépenfes qu'il a faites dans cette tournée ; en conféquence, [elle] charge M. le modérateur de lui écrire pour lui en demander Tétat : la province telle qu'elle était alors doit y concourir.

Colloque de l'A gênais du i5 août lyôS.

Au St-Nom de Dieu. Le quinzième août mil sept cent soixante-cinq, M. le pasteur et MM. les anciens, députe's des églises de Tonneins-Dessous, Fauillet, Grateloup, St-Germain, Puch, Monheurt et Nérac, au nombre de quinze, assemblés en colloque, ont délibéré ce qui suit :

1. — Le sieur Taurou, l'un des députés de Nérac, a été nommé pour secrétaire.

2. — Le but principal de la présente assemblée étant de prendre en considération la malheureuse discorde qui règne parmi les églises de ces contrées, après que les offres faites au parti contraire ont été exposées, et qu'il est notoire qu'elles n'ont pu être refusées que par des esprits peu disposés à la paix, il a été délibéré qu'on implorera l'aide et le secours du Dieu de paix, et que pour fléchir sa colère qui se manifeste sur ces églises, on célébrera un jeûne solennel (au lieu et place de la communion) que l'assemblée a indiqué au i5 septembre, pour les églises de Tonneins et celles qui l'avoisinent, et au 22 du même mois pour les églises de Nérac.

3. — Ayant considéré que la discorde qui règne dans les églises de ces contrées ne vient ni de la part du peuple, ni de celle des anciens, mais uniquement de celle de MM. les pasteurs, il a été délibéré qu'il sera écrit une lettre circulaire, adressée nommément à un nombre des principaux fidèles des églises qui nous sont opposées, pour les prier de s'employer auprès de MM. leurs pasteurs, pour les porter à faire régner la paix, et leur représenter qu'au cas où ces Messieurs n'employent pas de bons et légitimes moyens pour parvenir à une si heureuse fin, qu'ils sont dans l'obligation de travailler eux-mêmes. Ladite lettre sera rédigée par le sieur secrétaire de la présente assemblée, lettre qui, avant d'être envoyée, sera communiquée à quatre anciens de Tonneins, etc., savoir: MM. Réau, Lagrange de Ranquetan, Henry Arthaud et Demichel, et quatre autres de Nérac, savoir: MM. Lapeyre, Dumarais, Duprat et Castaing; en attendant, on n'aura aucun égard aux propositions vagues qui pourraient être faites par quelque membre des églises opposées.

4. — Les députés des églises de Nérac, Tonneins-Dessous et St-Germain ont exhibé les pièces qui constatent la reddition des comptes faits en consistoire.

5. — Quant aux dettes des églises entre elles, l'assemblée n'ayant pas le temps d'en faire l'examen, nomme trois commissaires pour en faire la balance, savoir : MM. Réau, Pélissier et Laperche du passage; et lesdits commissaires sont chargés de prier M. Laperche aîné, négociant, de fournir un compte des débours qu'il a faits pour le voyage de M. Dubois dans l'étranger et de ce qui lui est rentré.

6. — On prie MM. les anciens de pourvoir incessamment au payement des honoraires des secrétaires.

7. — MM. les anciens nommeront quelques lecteurs dans leurs églises, qui seuls pourront lire à la tête des assemblées et sociétés qui se font le dimanche.

8. — Ayant fait lecture d'une lettre adressée à la présente assemblée de la part de Jean Estoube, se plaignant d'avoir été exclu de la charge d'ancien, sous

SYNODES PROVINCIAUX

Meiïieurs le modérateur & [le] fecrétaire font chargés d'écrire à nos refpedables amis de l'étranger pour les prier d'accorder une place à un fujet qui f'eft préfenté depuis peu.

prétexte de certaine accusation intentée contre lui, et de laquelle il a été reconnu innocent par un jugement civil et même par l'assemblée colloquale du 28 mars 1764, et en conséquence demandant d'être réintégré dans sa charge d'ancien de l'église de St-Germain, l'assemblée, reconnaissant la justice de sa demande, et en considération de la conduite qu'il a tenue depuis son exclusion, le remet dans les fonctions de la charge d'ancien de ladite église de St-Germain.

Fait et arrêté au Désert, le susdit mois et jour i5 août lyôS.

Taurou, secrétaire; Lapeyre; Duprat; Henry Arthaud; Sourbé.

— Collection Marquis-Sébie.

Colloque du Montalbanais du i5 décembre ijGS.

Nous, pasteurs et anciens des églises de Nègrepelisse et ses annexes, Caussade, Réalville et Bioule, assemblés au lieu des Valettes, le i5 décembre lyôS, avons arrêté ce qui suit :

1. — Considérant la nécessité et le désir unanime des églises de ce quartier de voir leurs sociétés pastorales plus fréquentes, il a été amiablement convenu que désormais il y aurait prédication tous les cinq dimanches, dans chaque société, à moins d'empêchement légitime, comme maladie ou absence du pasteur, faite avec l'agrément du consistoire; et afin que cet arrêté puisse être mis en exécution, il a été également délibéré que, vu le nombre des sociétés qu'il y a dans ce département, on donnera prédication le soir où cela est d'usage, comme Nègrepelisse et Caussade, et alternativement le jeudi au[x] jour[s] de fête à la campagne, si besoin le demande, pour que la ronde puisse être terminée au cinquième dimanche.

2. — Et comme la desserte d'une si grande étendue de pays ne peut que faire perdre beaucoup d[e] temps aussi bien que le détail de toutes les affaires qui y surviennent, on a également arrêté, pour faciliter l'exécution du précédent règlement, et d'ailleurs comme étant plus convenable, plus édifiant et plus conforme à la discipline, que les fidèles seraient obligés d'attendre à porter leurs enfants à la société pour y recevoir le St-Baptême à la face de l'Eglise, à moins de cas extraordinaires, auxquels on aura tel égard qu'on jugera convenable; et afin que personne n'en prétende cause d'ignorance, ces règlements seront incessamment lus dans toutes les sociétés de cet arrondissement.

3. — Plusieurs personnes, tant anciens que particuliers, désirant savoir au juste ce que chacune des sociétés de ce département doit fournir à la bourse commune pour le besoin des églises, il a été arrêté qu'en prélevant tous les ans la somme de 900 liv., qui doivent être employées aux honoraires de M. le pasteur, montant à celle de 800 liv., et les 100 liv. restantes aux besoins particuliers des

églises :

La société de Nègrepelisse fournira .... 199 y/-

Celle de la Rivaillère 120 »

Celle des Prouchets et Bruniquel 140 »

Celle de Caussade 198 »

Celle de Réalville 140 »

Celle de Bioule 112 »

Conformément à l'art, ci-deflus, l'aflemblée enjoint aux quartiers refpedifs de la province de donner la fomme de 200 liv. à M. Butler, laquelle fomme a été répartie comme fuit: le quartier de Monfîanquin 33 liv. 6 f . 8 d., ceux du Haut-Agenais 66 liv. i3 f. 4 d., & ceux du Périgord 100 liv.

L'affemblée ayant pris le£lure de la lettre circulaire que M. Court a [ajdreffée à notre province en date du 28*^ février dernier, par laquelle il propofe une perfonne infiniment accréditée en Cour pour y foUiciter pour le bien de nos églifes, quoique fenfible à fon zèle pour nous, elle n'a pas cru devoir pour le préfent répondre à fa demande, renvoyant la décifion de cette affaire au prochain fynode national.

M. Dupuy, pafleur, ayant porté des plaintes concernant la conduite que le dernier colloque du Haut-Agenais a tenue à fon égard, après avoir examiné & pefé mûrement les raifons de part & d'autre, l'affemblée a trouvé que tant MM. Dumas & Viala, pafteurs, que le confiftoire qui était chargé de la convocation du colloque, ont failli,

4. — Comme un corps ne peut subsister sans ordre et qu'il est nécessaire que cet ordre soit connu, il a été nommé pour secrétaire du corps des anciens le sieur Jean Lacoste pour le consistoire de Caussade, le sieur Barthélémy Rey pour celui de Réalville, et le sieur Jean Viguié pour celui de Nègrepelisse, lesquels dits secrétaires seront trésoriers de leurs consistoires respectifs; et en outre, le sieur Viguié servira de trésorier-général.

5. — L'assemblée, ayant mûrement pesé le préjudice notable que la négligence de certains anciens à faire la levée a porté aux autres parties de ce quartier qui se trouvent chargés d'une portion de leurs contingents, ne peut, pour le présent, que désapprouver leur conduite, leur enjoignant d'être plus soigneux à l'avenir sur cette partie de leur charge, avec menace que s'ils continuent dans leur indolence, on ne pourra s'empêcher de les poursuivre par censures jusqu'à la suspension de leur charge.

6. — MM. Gardes et Fournier, anciens, trésoriers-généraux de nos églises, ayant fait demander d'être dûment déchargés de la bourse, et n'étant pas à la présente assemblée pour y rendre leurs comptes, il a été arrêté que M. notre pasteur se rendrait incessamment dans ce quartier et que conjointement avec le consistoire, après avoir arrêté leurdits comptes, ils seront valablement déchargés, et ledit M. Richard recevra l'excédant de leur recette, à-compte de ce qui peut lui être dû, en fournissant son reçu au trésorier-général.

Ainsi conclu et arrêté le jour et an que dessus.

Fosse, pasteur.

— Collection Armand Gardes.

SYNODES PROVINCIAUX. 3^3

ainfi que ledit colloque, d'avoir convoqué le fynode fans en avoir donné avis à M. Dupuy, pafteur du quartier, étant alors dans le Périgord ; la préfente affemblée les exhorte aux uns & aux autres d'être à l'avenir plus exa6ls à l'ordre.

La compagnie a trouvé bon que les églifes du Haut-Agenais continueraient d'envoyer deux députés à leur colloque félon leur ufage, nonobflant l'art. 24 du dernier fynode provincial, vu l'appel qu'ils en ont fait au national.

Le fynode a trouvé M. Dupuy, pafteur, blâmable d'avoir fait avertir quelques étrangers pour fe rendre à l'affemblée colloquale du Haut-Agenais du 19^ avril dernier, fans l'avis des confiftoires refpectifs; l'affemblée l'exhorte d'être à l'avenir plus exad à l'ordre.

Par des raifons [de] prudence, l'affemblée trouve à propos que les pafteurs de la province ne mettront point fur les extraits de baptême qu'ils expédieront le nom des parrains & marraines. M. Dupuy, pafteur, fe rend appelant dudit article au prochain fynode national.

L'affemblée, pre[nant] en confîdération la demande des églifes du Haut-Agenais au fujet de la tournée que fit M. Jarouffeau, pafteur de Saintonge, au mois de novembre 1764, dans le quartier de Tonneins-Deffous, parmi les fchifmatiques, & en quelle qualité il a marié le fieur Lanne, dit Dubois, la compagnie charge Meftieurs les modérateurs d'écrire à ladite province de Saintonge pour qu'elle nous rende raifon de cette conduite.

Sur la demande faite à l'affemblée par les confiftoires de St- Vincent & de Lafîtte pour favoir fi l'on peut bénir un mariage fur lequel il eft des oppofitions, la compagnie, inftruite des raifons qui doivent empêcher la bénédiction dudit mariage, elle charge le pafteur du quartier & lefdits confiftoires de terminer le tout à l'édification de l'Eglife & conformément aux lois du royaume.

3y4 LES SYNODES DU DÉSERT.

L'affemblée, véritablement affligée de voir un trop grand nombre de perfonnes qui, au grand fcandale de l'Eglife, fe polluent avant que d'avoir reçu la bénédidion nuptiale, elle ordonne, afin d'infpirer plus d'horreur pour [c]e crime énorme, & pour les engager à fe conferver pures Si fans tache, que la célébration du mariage de ces perfonnes fera différée pour fix mois au moins, & ne pourra fe faire qu'après avoir fubi la cenfure, conformément à l'art. 25 de la difcipline, chap. XIII. Le préfent article fera lu dans toutes les fociétés où befoin fera.

Les églifes du Haut-Agenais ayant demandé à la compagnie d'être autorifées à faire deux colloques, l'un dans le quartier haut & l'autre dans le quartier bas, leur demande leur a été accordée, fous cette condition que les paiteurs qui les deffervent Tinviteront réciproquement avec chacun un ancien pour la tenue defdits colloques, afin de maintenir l'union & la concorde qui doit régner entre eux; conformément à ce partage, lefdits quartiers y auront chacun leur fecrétaire général, félon leurs défirs ; bien entendu que chaque confiftoire aura le fien pour le regiftre particulier.

Le fieur Baquet jeune, ayant été fommé à plufieurs reprifes par fon confifloire de remettre tous les papiers appartenant à l'églife &: n'en ayant tenu compte, le fynode le fomme de nouveau de remettre lefdits papiers audit confifloire, fous peine de l'excommunication majeure; en outre, lui défend d'exercer aucune fondion qui ait trait à la charge d'ancien.

Toute perfonne, qui [fera] tombée dans des cas de faire baptifer ou rebaptifcr à l'Eglife romaine fera vivement cenfurée publiquement & fufpendue de la Ste-Cène, conformément à l'art. i5 du fynode national de 1756. Ceux d'entre les proteflants qui enlèveront ou feront enlever des enfants de leurs parents ou amis pour les faire baptifer ou rebaptifer dans l'Eglife romaine, feront fufpendus de la communion pour deux ans & obligés enfuite de faire une réparation publique; mais en cas de maladie dangereufe, il fera permis à leur confifloire d'abréger le temps de leur pénitence.

SYNODES PROVINCIAUX

Le fynode ayant pris en confidération la demande faite par l'églife de La Roche-Chalais, concernant l'adminiftration de la Ste-Cène aux malades qui n'ont jamais fréquenté les alTemblées religieufes, la compagnie en renvoie la décifion au prochain fynode national.

L'églife de La Roche-Chalais ayant demandé d'être indemnifée des dépenfes qu'elle a été obligée de faire à caufe de la perfécution, l'affemblée eft difpofée de remplir à fon égard l'idée de l'art. 12 du dernier fynode; mais comme elle ne peut rien ftatuer, ne fâchant fi les frais font antérieurs ou poftérieurs audit fynode, la compagnie charge ladite églife de juftifîer au colloque prochain du Périgord l'état de fes dépenfes, afin d'y faire droit.

Le fynode ne voulant pas prendre fur lui de décider fur la conduite qu'on doit tenir à l'égard des baptêmes & mariages que le fieur Lanne, dit Dubois, peut avoir faits dans fon parti fchifmatique, elle charge les députés au prochain fynode national de prier cette vénérable compagnie de vouloir alfeoir fon jugement fur cet important article.

Meffieurs les pafteurs continueront à deffervir les quartiers qu'ils deffervaient ci-devant, à l'exception de M. Viala, pafteur, qui reviendra occuper le quartier haut du Haut-Agenais à la fin de la préfente année. Les églifes du quartier de Ste-Foy ayant réclamé avec inftance le miniftère de M. Liard, pafteur, l'affemblée leur accorde avec plaifir leur demande.

Conformément à l'art. 22 du dernier fynode, tenu le 14® & i S'' novembre 1764, on accorde avec douleur à M. Dupuy, pafteur, fon congé félon fes déûrs; néanmoins, comme il a fait connaître à l'affemblée fynodale qu'il n'a point encore donné fa parole fixe à aucune province, la compagnie lui demande qu'après quatre mois qu'il doit demeurer dans fon quartier, il veuille bien fe décider en faveur de ladite province, & notamment pour le quartier de Bergerac, en Périgord; mais fi fes inclinations l'appellent ailleurs, Meffieurs les modérateurs font chargés de lui donner des atteftations.

L'affemblée enjoint au quartier haut du Haut-Agenais de fe libérer entièrement envers M. Dupuy, pafteur, pour fes honoraires avant fon départ dudit quartier ; elle enjoint auffi au quartier de Bergerac d'en faire de même vis-à-vis de M. Viala, pafteur, à la fin de la préfente année.

M. François Viala jeune, étudiant, ayant demandé des atteftations à la province pour préfenter à Meflieurs les directeurs du féminaire, l'affemblée lui accorde fa demande avec un vrai plaifir, d'autant plus qu'il f 'eft conduit avec fageffe & régularité. Monfieur le modérateur-adjoint eft chargé de cette commifTion.

M. Dumas, pafteur, ayant préfenté le fîeur Duverger, &M. Renateau, pafteur, ayant auffi préfenté le fieur P[ierre] Marché à la préfente affemblée pour qu'elle les admît au nombre des étudiants de la province, le fynode, pour encourager leur noble ardeur, les reçoit avec plaifir, dans l'attente qu'ils ne négligeront rien pour perfectionner leurs connaifTances & fe rendre utiles le plus tôt poffible à la province.

La province du Périgord, Haut& Bas-Agenais feft libérée envers M. Court des deux années échues au mois de juin dernier, pour la taxe que le dernier fynode national lui a allouée.

XX vm.

L'affemblée confirme la députation qui fut faite au fynode dernier pour le national, tant des pafteurs que des anciens.

Le quartier du Périgord eft chargé de la convocation du prochain fynode.

Ainfi conclu & arrêté, ledure ayant été faite, mêmes jour & an que deffus.

François Viala, pafteur & modérateur; Dumas, pafleur & modérateur-adjoint; Renateau, pafteur & fecrétaire; Renouleau, pafteur & fecrétaire-adjoint.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode de Saintonge, Angoumois et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes de Saintonge, Bord[eaux] & Angoumois, affemblées en fynode les quinzième & feizième juillet mil fept cent foixante-cinq % après avoir imploré les lumières du St-Efprit, ont délibéré ce qui fuit :

Ledure faite des lettres de créance, on a nommé, à la pluralité des fuffrages , pour modérateur, MM. Henry Cavalier & Pierre Dugas; pour fecrétaires, MM. Etienne Gibert & Jean JaroufTeau, pafteurs.

Une partie des députés ayant produit des lettres d'envoi qui n'étaient pas revêtues de toutes les formalités prefcrites par la difcipline, chap. viii art. 2 & chap. ix art. 3, on enjoint aux différents quartiers de fy conformer à l'avenir.

Colloque de V Angoumois du 16 mai iy65.

Au nom de Dieu. Amen.

I. Le colloque du quartier d' Angoumois assemblé le 16 mai 1765 auquel ont assisté Messieurs Jean Martin et Jean Jarousseau, pasteurs, avec deux anciens, députés de chaque église dudit quartier et un de celui dudit Jarousseau ; après avoir imploré le secours divin, ont délibéré ce qui suit :

1. — A la pluralité des suffrages on à élu pour secrétaires de la présente assemblée MM. Dupuy et Mounier.

2. — A l'unanimité des voix on a choisi pour assister au synode provincial prochain en qualité de députés MM. Dupuy et Mounier, et pour leurs substituts MM. Ranson, Boisblanchard et Hérard.

3. — Lecture ayant été faite à l'assemblée de la lettre circulaire de M. Court, craignant de se faire illusion en acceptant sans réserve les offres dont il y est fait mention, ne voulant cependant rien éluder de tout ce qui peut concourir au bien de la cause commune, et ce qu'on propose dans ladite lettre paraissant trèspropre à le procurer, on charge les députés au provincial prochain de demander que ce tribunal charge quelqu'un de prendre des informations touchant l'article qui en fait le principal objet.

4. — Vu combien la conduite des anciens influe sur celle des fidèles, l'assemblée informée que quelques-uns d'entre eux n'assistent pas quelquefois aux exercices religieux à cause de certaines affaires temporelles, ou ne s'y rendent que fort tard, ou qui vont souvent à ceux des autres églises sous de vains prétextes. Cette

La corruption, qui règne dans le monde & qui fe gliffe dans l'Eglife, devant nous faire craindre le courroux célefte & les fléaux dont Dieu châtie les impénitents, l'affemblée a arrêté que, pour détourner des coups fî juftement mérités & pour nous rendre la Divinité propice, toutes les églifes de cette province célébreront un jour folennel de jeûne & d'humiliation, qui a été fixé au 24^ novembre prochain.

L'affemblée, informée du deffein où eft M. Picard, pafteur, de quitter l'églife de La Rochelle, charge Monfieur le modérateur-adjoint de l'inviter à venir exercer fon miniftère dans le fein des églifes de cette province.

La compagnie confirme l'art. 22 du dernier fynode de cette province, dans lequel on adreffe vocation à M. Dupuy aîné, & étant informée qu'il fera libre de difpofer de fon miniflère, le mois de novembre prochain, elle charge Monfieur le modérateur-adjoint de lui écrire pour le prier de fe rendre dans les églifes de Saintonge & Angoumois, immédiatement après que ce temps-là fera expiré, pour y deffervir le quartier qui lui fera affedé.

Sur la demande des quartiers de la côte de Saintonge, l'affemblée admet au nombre des étudiants de la province les fieurs Vaurigaud, de la ville de Pons, & Pierre Langlois, de l'île d'Oléron, & à caufe des circonftances particulières dans lefquelles fe trouve le fieur Vaurigaud, elle charge M. le fecrétaire-adjoint d'écrire au plus tôt à nos refpec-

conduite étant peu relative au devoir que leur charge leur impose, scandalisant les fidèles en autorisant leur relâchement dans les exercices de piété; on leur enjoint, sous peine de vives censures, d'être à l'avenir plus exacts à se conformer à l'ordre et à être plus en édification aux fidèles à la tête desquels on les a placés.

5. — La compagnie, informée que dans certains consistoires on fait des délibérations sans en prévenir tous les membres qui les composent, quoiqu'ils y soient tous intéressés, cette façon d'agir étant contraire au bon ordre et à l'union qui doit régner entre eux, on leur enjoint de se conduire à l'avenir de façon à n'y porter plus atteinte.

Ainsi conclu et arrêté les jours et an que dessus.

Martin, pasteur; Dupuy, secrétaire.

— Mss. de Jarnac.

SYNODES PROVINCIAUX. 3yg

tables amis du pays étranger pour les prier de l'admettre au nombre des féminariftes, & au cas que cette demande foit accordée, la province lui fera 200 liv. de penfion par an, à compter du jour de fon départ.

Ledure faite de la lettre qui a été écrite à la province du Périgord & Agenais, en exécution des art. i3 & 14 du fynode dernier de cette province, & vu le filence qu'elle a gardé à ce fujet, la compagnie a arrêté qu'on continuerait de réclamer les 479 liv. lof. 6 d. dont elle eft redevable pour fa portion des dépenfes générales qui furent faites dans le temps qu'elle faifait corps de province avec la nôtre; & au cas d'un nouveau refus ou filence de fa part, il lui fera déclaré qu'on fe pourvoira au prochain fynode national, ainfi qu'il a été arrêté dans les fufdits articles.

A l'avenir les églifes de Saintonge & Angoumois paieront les deux tiers des dépenfes générales de la province, & celles de Bordeaux l'autre tiers.

L'affemblée ayant pris ledure des lettres qui lui ont été adreffées par M. Court & par quelques provinces, au fujet d'une perfonne en place qui offre fes fervices aux églifes réformées de ce royaume, a vu avec plaifir & reconnaiffance les difpofîtions favorables de cet ami de l'humanité; cependant, comme la difcipline de nos églifes & leur pratique confiante f'oppofent à ce qu'une province particulière prenne aucune détermination relative à la caufe commune fans un concours unanime, on n'a pas cru devoir fe décider fur cette proportion, & l'on en renvoie l'examen à une affemblée générale de toutes les églifes, qui, réunies, pourront mieux juger de ce qui leur convient, & prendre une réfolution revêtue de l'autorité néceffaire pour être exécutée par toutes les provinces du royaume.

A la réquifition des églifes de M. Dugas, la compagnie, fans avoir égard à l'art. 3 du dernier fynode de la province, autorife les églifes de Saintonge & Angoumois d'affembler tous les ans & plus, fi le befoin l'exige, un colloque général félon leur ancien ufage.

Les églifes de La Tremblade, Avallon & Paterre, ayant demandé que M. Dugas fût affeclé à leur defferte particulière, l'affemblée n'a pu prendre leur demande en confidération, à caufe du petit nombre de pafteurs qu'il y a aduellement dans la province.

Les églifes de M. Dugas ayant demandé que les bans des mariages ne foient publiés à l'avenir que lorfqu'ils auront été couchés fur du papier timbré, & expédiés par le notaire qui aura reçu l'ade, ou fur l'aCle même ou des articles en bonne & due forme, — la compagnie, ne jugeant pas qu'il foit néceffaire de rien ftatuer là-deffus, renvoie les confiftoires aux articles de la difcipline, chap. xiii, art. i6& 17, qui en font mention, & les exhorte à fy conformer du mieux qu'il leur fera poiïible.

La demande des églifes qui compofent le quartier de M. Dugas, & le mémoire qui a été produit pour l'appuyer, au fujet de l'art. 12 du dernier fynode de la province qui admet les collatéraux à fuccéder aux emplacements que leurs parents défunts poffédaient dans les maifons d'oraifon de la Saintonge, ayant été prife en confidération, on n'a pas cru pouvoir apporter aucun changement audit article fans blelTer la juftice, vu que ces maifons ont été achetées & édifiées à frais communs & que leur acquifition ne provient ni de charité proprement dite, ni d'aucun don particulier, & que d'ailleurs il ne paraît pas qu'il y ait eu aucune convention qui prive lefdits collatéraux de leurs droits à cet égard; cependant, à caufe des avantages qu'il peut en réfulter pour l'Eglife, fans préjudicier beaucoup aux particuliers, on exhorte les fidèles qui peuvent fe trouver dans les cas ci-defTus de faire celTion de leurs droits à l'églife dont ils font membres, en cas de mort fans héritiers en ligne direde.

Lc6lure ayant été faite de la lettre d'un proteftant de la ville de Saintes, on renvoie la caufe dont il y eft queftion au colloque du quartier dont il reffort, comme devant en connaître avant le préfent tribunal, & étant mieux à portée de voir ce qu'exige l'édification de l'églife dont il cfl membre.

SYNODES PROVINCIAUX

Vu les difficultés qu'il y a que les fidèles de Nieulle fe rendent [à] Souhc pour leurs exercices de dévotion, on les autorife à former une afl'emblée diftinde, où le pafl:eur du quartier fera obligé d'exercer les fondions de fon minifl:ère ; bien entendu cependant que lefdits fidèles & ceux de Souhe continueront à être fous la conduite d'un feul & même confiftoire.

L'affemblée a vu avec furprife que l'églife de Marennes n'ait pàs acquitté les honoraires qui lui avaient été impofés par l'article .... du colloque de Saintonge du .... lyôS, confirmé par l'art. 19 du dernier fynode de la province ; & en conféquence, elle lui a ordonné de payer lefdits honoraires, jufqu'àceque le colloque ait jugé à propos de faire une nouvelle répartition.

M. Dubour, de Saujon, ayant porté plainte contre M. Bernelot, d'Arvert, qui refufe de cautionner pour fon fils, malgré la promeffe exprefle & réitérée qu'il en avait faite, lorfqu'il fut quefi;ion de le marier avec la demoifelle Garnier, l'affemblée, ne pouvant que défapprouver la conduite dudit fieur Bernelot à cet égard, charge M. Dugas d'employer toutes les repréfentations & exhortations qu'il croira propres à lui faire remplir fes engagements & autorife le confiftoire de fon églife de procéder contre lui, fuivant l'exigence du cas.

M. Martin, ou les églifes de fon difl;rid, fe trouvant redevables de 99 liv. 10 f. fuivant l'art. 21 du dernier fynode, il a payé à compte 90 liv. i3 f. 4 d. qui ont été employés à l'acquit de la portion que les églifes de Saintonge & Angoumois devaient pour deux années de la penfion qui fut accordée par le fynode national dernier à M. Court, échues au premier juin dernier, & pour celle d'une année de M[adame] la v[euve] Bétrine qui écherra le premier feptembre prochain.

MM. JaroufTeau & Dupuy ayant réclamé les dépenfes qu'ils ont faites pour leurs voyages dans le Périgord Se Agenais, en exécution de l'art. 22 du fynode national dernier, il leur a été accordé 216 liv. dont ladite province de Périgord & Agenais fera redevable à celles de Saintonge, Bordeaux & Angoumois, & laquelle fomme l'églife de Bordeaux a payé 72 liv. pour fa quote-part.

Au moyen de 90 liv. i3 f. 4 d. dont il eft fait mention à l'art. 18 ci-deffus, l'églife de Bordeaux f'eft chargée d'acquitter les deux années de penfion de M. Court, à raifon de 5o liv. par année, & celle de M[adame] Bétrine à raifon de 36 liv., dont il eft queftion dans ledit article.

Le quartier de M. Dugas eft chargé de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que deffus.

Cavalier, pafteur & modérateur; Dugas, pafteur & mod'-adjt; GiBERT jeune, pafteur & fecrétaire ; J. Jarousseau, pafteur «Se fecrétaire-adjoint.

Synode du Poitou.

Au nom de Dieu. Amen.

Les confiftoires du Poitou, étant affemblés en fynode le douzième mars mil fept cent foixante-cinq, après avoir imploré le fecours de Dieu & choifi pour modérateur M. Gamain, pafteur, & pour modérateur-adjoint M. Pougnard, pafteur; pour fecrétaire le fteur Guimard, ancien. Si le fteur Gaborit pour fecrétaire-adjoint, ont arrêté ce qui fuit :

Monfteur Tranchée , dit Fortunière , fêtant rendu à notre demande, lequel ayant déclaré qu'il fouhaitait d'être adjoint avec MM. Gamain & Pougnard, pafteurs, pour deffervir de concert les églifes de cette province, & après avoir pris lecture de fon ade de réception, il lui a été accorde félon fes défirs.

Voyant que les aftemblées & les fociétés religieufes font trèsutiles pour l'édification des fidèles, & qu'il y a plufieurs perfonnes qui

SYNODES PROVINCIAUX

les négligent, malgré les preffantes exhortations qu'on leur a adreffées à ce fujet; c'eft pourquoi nous l[eur] enjoignons de les fréquenter à l'avenir autant qu'il leur fera poffible ; fans quoi ils feront cenfurés & fufpendus de la Ste-Cène. Les furveillants font exhortés d'y tenir la main.

Cette négligence des exercices de piété ayant donné lieu à la profanation du faint dimanche, la compagnie, étant vivement pénétrée de douleur à la vue d'un tel dérèglement, & défirant d'y remédier, elle eft convenue que les marchands, les aubergiftes, tous ceux en un mot qui débiteront ou feront débiter leurs marchandifes pendant ce jour-là, excepté aux étrangers; les ouvriers, de quelque métier qu'ils foient, qui portent leurs ouvrages chez les particuliers, ou qui cherchent à f'en procurer; les chaffeurs, les danfeurs, les joueurs, enfemble ceux qui vont en vifite, en régal, ou qui fréquentent les lieux de libertinage, ce jour du faint repos, font tous exhortés de changer promptement de conduite; & fil f'en trouve qui fe montrent rebelles à quelqu'un de ces égards, ils feront avertis qu'ils ne pourront être admis à la participation de la Ste-Cène, qu'après qu'ils auront changé de conduite.

Il eft enjoint aux fidèles de fe conformer à l'art. 5 du chap. x de la difcipline, qui porte qu'il ne fe fera aucune prière, ou prédication, ou aumône publique lors des enterrements, pour prévenir toute fuperftition ; & font exhortés ceux qui accompagnent les corps de fe comporter avec modeftie durant le convoi, méditant félon l'objet qui fe préfente, tant fur les mifères & brièveté de cette vie, que fur l'efpérance de la vie bienheureufe.

Comme ceux qui font fufpendus de la fainte communion par l'ordre du confiftoire, ou ceux qui négligent d'y participer pendant l'efpace d'un an ou environ, occupent mal à propos des places les jours de dévotion publique, nous leur ordonnons de fe tenir au bord des alTemblées; les anciens font chargés de faire obferver cet article.

Il eft auffi conclu que perfonne n'entrera dans le centre de l'affemblée, après que les commandements feront lus, fans avoir la permiflion de quelque membre du confiftoire.

Sachant qu'il y a des fiancés & fiancées qui caufent un très-grand fcandale dans nos églifes, en vivant enfemble & en tenant une conduite des plus criminelles, nous leur enjoignons de fe féparer fans délai, jufqu'au temps qu'ils aient reçu la bénédidion de leur mariage; & ceux qui fe montrent rebelles à cet égard feront pourfuivis à toute rigueur, jufqu'à être chaflés de la compagnie des fidèles.

vin.

Chaque confiftoire eft chargé de choifir deux commiffaires, & de les faire tenir au bord de ralTemblée pendant qu'on adminiftre les faints facrements, pour impofer filence à ceux qui tiennent des difcours inutiles & imprudents ; & ceux d'entre les indifcrets qui ne feront point foumis à cette règle feront nommés au pafteur [pour] être cenfurés, félon l'exigence des cas.

Perfonne n'entrera dans le parquet fans une permiflion expreffe de quelque membre du confiftoire de l'églife où les fidèles feront affemblés.

Ceux qui apporteront des enfants aux affemblées pour les faire baptifer, & qui ne feront pas rendus à l'heure qu'on adminiftre le baptême, & même avant que le fermon foit commencé fil eft poflible, feront cenfurés à caufe de leur négligence & du mépris qu'ils font de la parole de Dieu.

Conclu & arrêté ce jour & an fufdits.

Gamain, pafteur & modérateur; Pougnard, pafteur & modérateur-adjoint; J. Guimard, ancien & fecrétaire; Gaborit, ancien & fecrétaire-adjoint.

Synodes provinciaux de 1766.

Synode du Dauphiné.

Fragment.

ous, pafleurs & anciens, députés des églifes du Dauphiné, affemblés en fynode le dernier mars, le premier avril de Tannée mil fept cent foixante-fix, après l'invocation du St- Nom de Dieu & avoir pris lecture de fa fainte parole, avons arrêté les articles fuivants :

Les députés, qui feront nommés pour le fynode national, font chargés d'infifter que lorfque nos vénérables amis du pays étranger trouveront convenable de confacrer au St-Miniftère les jeunes gens qui leur feront envoyés pour faire leurs études dans le féminaire, ils aient la bonté d'en donner avis à la province de laquelle ils dépendent pour que ladite province leur accorde la vocation nécelTaire à cet effet, félon que notre difcipline le requiert exprelTément, & que ladite vocation foit mentionnée dans les atteftations qu'ils leur accorderont.

L'affemblée confent à la tenue du fynode national ^ ; & à caufe des grandes occupations des pafteurs de cette province, elle prie la vénérable affemblée de ne pas trouver mauvais que nous n'envoyions pas notre députation complète.

lU.

L'affemblée a nommé pour affifter au fynode national M. Rozan, pafteur, avec un ancien, & à fon défaut M. Defcours.

I. C'était le synode provincial des Hautes-Ce'vennes qui l'avait convoqué; mais il ne se réunit jamais. Le synode de 1763 fut le dernier synode du 18^ siècle.

L'affemblée ne croyant pas avoir des lumières fuffifantes pour fe décider au fujet de la demande que lui a faite M. Jean-Louis Faure, a arrêté qu'on prendrait de plus amples informations de la part des perfonnes qui fe trouveront dans la députation dudit fieur Faure ; & au prochain fynode la province décidera alors en connaiffance

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Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Aâes du fynode du Bas-Languedoc, convoqué par le colloque de Sommieres , & ajfemblé au Déférât les feiiieme , dix-feptième, dixhuitième & dix-neuvième avril mil Jept cent Joixante-Jix, au nombre de dix-huit pajieurs de la province, deux propojants & quarante-trois anciens, députés par les égiifes.

Le St-Nom de Dieu invoqué, ont été élus, à la pluralité des fuffrages, MM. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur, & Jean Pradel, pafteur, pour modérateur-adjoint; & MM. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & André Baftide, pour fecrétaire-adjoint.

A caufe de l'extrême corruption qui règne, & vu que nos égiifes demeurent encore fous la croix, il a été indit un jeûne folennel qui a été fixé au ig*' octobre prochain, & en cas d'interruption ce jour-là au dimanche fuivant.

Sur l'appel porté en cette affemblée par le confiftoire de l'églife de Quiff^ic du jugement rendu par le colloque de Sommières dans la caufe entre le ficur Olivier & le fieur René Cabane, dudit Quiffac, — ledure faite des procédures en entier & entendu tout ce qu'ont

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voulu alléguer, foit de vive voix, foit par écrit, tant ledit fieur Olivier que les députés & le pafteur de Téglife de Quiffac, d'une part, & ceux d'entre les membres du colloque ici préfents, d'une autre, tout confîdéré, le fynode efl; d'avis que la réputation du fieur Olivier eft au-deffus de toute atteinte & qu'il efl incapable du fait dont on l'accufe; que la déclaration du fieur Pierre Piel, dit Richard, eft fufpede, attendu qu'il confte par fa dernière dépofition que ladite déclaration lui fut extorquée; que le confiftoire de l'églife de Quiffac a rendu un jugement peu réfléchi qui flétrit le fieur Olivier fans légitime fondement; que, d'autre part, la fentence du colloque eft trop rigoureufe; en conféquence, la compagnie caffe tant l'une que l'autre fentence, rétablit le fieur Olivier dans fa charge d'ancien, fauf à lui à y renoncer fil croit que fa tranquillité le demande; enjoint en outre au confiftoire de Quiffac d'apporter plus de maturité & de douceur dans fes décifions.

Meffieurs les commiffaires, nommés par le dernier fynode de cette province pour terminer les altercations furvenues dans l'églife de Montpellier, ayant rendu compte de la manière dont ils remplirent leur commiflion, les articles portés par leur jugement ont été lus & approuvés; & les députés de l'églife de Montpellier ayant demandé à cette occafîon que l'affemblée voulût expliquer quelle eft la jufte étendue de l'autorité des confiftoires relativement à la collecte & à l'adminiftration des deniers des pauvres & de ceux du miniftère, la compagnie répond que les confiftoires font feuls autorifés à faire lefdites colledes & adminiftration, & que les particuliers ne peuvent f 'y immifcer qu'autant qu'ils en reçoivent l'ordre ou la permifîion du confiftoire conformément à l'art. 4 du chap. m, & à l'art, i^'' du chap. iv de la difcipline, fans néanmoins blâmer en aucune manière les dames de Montpellier qui, avant les altercations & le jugement de la commiflion, ont fait les fondions de diaconefl'e pour le plus grand bien des pauvres ; mais l'affemblée les exhorte à fe conformer en tout à l'avenir à l'ordre ci-deffus prefcrit.

Un certain nombre de perfonnes de l'églife de Montpellier ayant demandé que M. Encontre, pafteur, leur fût accordé pour les deffervir en qualité de chapelain, leur demande a été unanimement refufée.

Leélure faite des mémoires & papiers préfentés, d'une part, par les députés du confifloire de l'églife d'Uzès, &, d'une autre, par les notables de la même églife, Meffieurs les pafleurs ouïs, aufli bien que toutes les parties contendantes, l'afTemblée, prenant le tout en confidération & gémiffant des troubles qui déchirent la fufdite églife, a nommé pour les connaître & les terminer MM. Baftide & Puget, pafteurs, & MM. Aubanel, Payan, & à fon défaut Ollier & Valz, anciens, auxquels elle donne pouvoir de faire en l'autorité du préfent fynode tout ce qu'ils jugeront le plus propre à mettre fin aux diffenfions & à rétablir la paix.

Sur l'appel interjeté par le fîeur Féline de la fentence d'interdiction prononcée contre lui par le confiftoire de l'églife d'Uzès & confirmée par le colloque du même nom, affemblé le 20® août 1766, le fynode juge qu'il aurait fuffi d'une cenfure ; en conféquence, il cafTe la fentence d'interdidion comme trop rigoureufe & rétablit ledit fieur Féline dans fa charge d'ancien. Quant au fieur Richard, la compagnie lui enjoint d'exécuter, en ce qui le concerne, l'art. 6 du fufdit colloque d'Uzès.

Les pafteurs, qui affiftèrent aux dernières heures de feu M. Guizot, ayant expofé que ce pafteur de digne mémoire leur recommanda fa femme & fes enfants, & les pria de les recommander à la préfente alfemblée, tous les membres, après avoir témoigné les plus vifs regrets de la perte de cet excellent ferviteur de Dieu, ont arrêté de mettre fa famille fous la protedion de la province, & lui ont fixé une penfion annuelle de 260 liv., laquelle commencera à courir le premier mai prochain.

Monfieur le modérateur ayant expofé qu'une province en particulier demandait la convocation du fynode national, l'affemblée n'a pas jugé fuffifants les motifs qu'on allègue pour le convoquer; & elle a nommé M. Jean-Paul Rabaut & Louis Valentin, pafteurs, pour fe rendre au fynode des Hautes-Cévennes, chargé de cette convocation, non-feulement afin d'y faire entendre les raifons que la compagnie a pour fy oppofer, mais auffi afin d'entretenir l'union & la bonne

harmonie ; & pour la même raifon ces Meiïieurs font priés de faire leurs efforts pour affifter au fynode des Balfes-Cévennes.

La compagnie, informée que quelques églifes n'exécutent pas l'art. 1 1 du fynode tenu le 9^ mai 1764, & que toutes celles de la province ne l'ont pas obfervé l'année qui va finir, & coniîdérant qu'il efl extrêmement nécefTaire de l'exécuter annuellement pour former des ouvriers propres à travailler à la moiffon du Seigneur, exhorte les églifes, qui reftèrent en arrière à cet égard l'année que l'article fut dreffé, à l'obferver deux fois dans le courant de celle qui va commencer, & toutes les autres à l'exécuter une. Et afin qu'elles remplifTent ce devoir avec plus d'exaditude, on fera ledure publique & du préfent arrêté & du fufdit art. 1 1 du fynode tenu le 9^ mai 1764.

M. Encontre^ pafleur, a informé l'affemblée qu'à caufe des défagréments qu'il a efîuyés à Montpellier, & par amour pour la paix, il a demandé fon congé au confiftoire de ladite églife ; a dit de plus qu'ayant verfé fes plaintes dans le fein de fes confrères, & fêtant déchargé fur eux de ces plaintes & des maux qui l'ont fait gémir & qui affligent cette églife, il faifait aux pieds de fon Sauveur le facrifice des unes & fe repofait fur fes frères du foin de remédier aux autres. Sur quoi, les députés del'églife de Montpellier interpellés fils ont quelque chofe à dire fur la doctrine & fur les mœurs de leurdit pafteur, ils ont répondu, tant en leur nom qu'en celui du confîfloire dont ils font membres, que M. Encontre n'a prêché d'autre doctrine que celle que profeffe l'Eglife réformée, qu'il a été en édification à fon troupeau, tant par fes mœurs pures & irrépréhenfîbles, que par fes difcours & fon zèle infatigable à remplir les différentes fon6lions de fon miniflère, témoignage honorable que l'affemblée confirme avec plaifir. Au furplus, les députés de l' églife de Montpellier fe font engagés, tant pour eux perfonnellement qu'au nom du confifloire qui les a envoyés, de payer à M. Encontre fes honoraires de l'année qui écherra le premier mai prochain fe montant en tout à la fomme de 924 livres.

Sur la plainte portée par demoifelle V . ., de Milhaud, contre le fieur B..., fon mari, attendu que les preuves de l'accufation ne font

point complètes, & vu les funeftes conféquences qui pourraient réfulter d'une décifion, l'affemblée eft d'avis de n'en point faire.

MM. Guillaume Bruguier & François Fromental, propofants, ayant demandé d'être admis aux épreuves pour être promus au St-Miniftère, la compagnie, après avoir rendu un bon témoignage à leur dodrine & à leurs mœurs, a favorablement accueilli leur demande & a nommé pour les examiner MM. Paul Rabaut, Pradel, Encontre, Baftide Se Puget, pafteurs, & le premier pour leur impofer les mains, fils font jugés capables.

Les églifes de Mouffac, Garrigues & Gatigues paieront à MM. Pierre Sauffine Si Allègre, pafteurs, ce qu'elles leur doivent pour leurs honoraires de Tannée 1762, Se cela, fur le même pied de l'année précédente, & quant à ce qu'ils prétendent que leur refte devoir celle de Milhaud, le confiftoire de Nîmes eft chargé d'entendre leurs raifons & de leur faire juftice.

Bien des églifes n'ayant pas fatiffait à ce qu'elles devaient pour leur quote-part des dettes mortes de la province, & la plupart des perfonnes qu'elle penfionne étant en fouffrance, le fynode, après en avoir gémi, n'a point trouvé des expédients plus propres pour remédier à ce mal que celui de faire colleder dans chaque églife, convoquée un jour de dimanche, pour contribuer à payer une dette fi légitime, & il charge Meflieurs les pafteurs d'exhorter les fidèles à f 'élargir pour fervir à cette bonne œuvre. Au furplus, le confiftoire de Nîmes a été choifi pour recevoir le produit de cette collede.

Pour mettre fin aux conteftations qu'occafionne l'inégalité des églifes, les colloques font chargés de f 'alTembler le plus tôt poflible, & de les égalifer autant que faire fe pourra.

M. le pafteur Thérond ayant été demandé par les mêmes églifes qu'il deffervait l'année dernière, fon attachement pour elles l'aurait porté volontiers à leur confacrer de nouveau fes fervices, mais les

SYNODES PROVINCIAUX

inftances qui lui ont été faites par les députés de l'églife d'Uzès, l'efpérance que fon miniftère contribuera félon toutes les apparences à rétablir dans ladite églife l'ordre, l'harmonie & la paix, l'ont porté à acquiefcer au défir de ces députés; ce que l'affemblée a vu & confirmé avec plaifir.

Ainfi conclu & arrêté le fufdit jour & an.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Jean Pradel, pafteur & modérateur-adjoint.

Synode des Basses-Cévennes.

Le fynode des Bafles-Cévennes, affemblé le trentième avril mil fept cent foixante-fix, compofé de MM. les pafteurs & députés de la province & de leurs députés, & MM. Jean Gabriac, Jean Méjanelledu Cambon, pafteurs des Hautes-Cévennes, de M. Paul Rabaut, — après avoir imploré l'affiftance du Seigneur, [&] nommé M. Jean Gai pour modérateur & M. Dalgue pour modérateur-adjoint, M. Paul Marazel pour fecrétaire, M. Antoine Gai pour adjoint, a délibéré ce qui fuit :

Que, vu les dérèglements de l'efprit & du cœur qui régnent dans le monde & qui ne peuvent qu'attirer de plus grands maux que ceux par où nous fommes déjà, & dont nous ne fommes pas encore délivrés, il fera célébré, le 12® août prochain, un jeûne folennel d'humiliation, de repentance & de prière, pour demander à Dieu qu'il daigne y remédier par fa grâce toute-puiffante, & nous accorder une paix folide, tant fpirituelle que temporelle, & qu'il nous difpofe de plus en plus à faire toujours fa fainte volonté.

MM. François Valette & Jacques Olivier ayant déjà été acceptés comme pafteurs, en conféquence des bons témoignages & des lettres

d'ordination qu'ils avaient portés de MM. les directeurs du féminaire de Laufanne, où ils avaient été continuer leurs études, l'aflemblée les a infcrits dans le catalogue des pafteurs de la province, d'autant mieux qu'ils ont grandement édifié & qu'ils édifient les églifes qui leur ont été affedées, & fait les vœux les plus fervents pour la continuation du fuccès de leur miniftère.

L'affemblée a appris avec plaifir le renvoi du fynode national que la province des Hautes-Gévennes avait convoqué, d'autant plus qu'après avoir raifonné fur ce fujet, elle aurait follicité ladite province de le renvoyer.

Qu'il fera écrit à MM. les refpedables & très-dignes direéleurs du féminaire, pour les prier de ne point ordiner les étudiants que la province envoie audit féminaire, fans que préalablement MM. les étudiants n'aient obtenu le confentement du fynode de ladite province.

Sur la proportion qui y a été faite de charger MM. les pafteurs de la province de faire palTer un extrait des baptêmes & mariages, qui fe trouveront dans leurs regiftres, à chacune des églifes, ladite province a arrêté que la chofe ferait exécutée le plus tôt poffible, Se que chaque églife payera les frais des extraits qui les regarderont.

Que, conformément à l'efprit des ordonnances du Roi, chaque églife tiendra en regiftres les morts de leur communion.

MM. Barre & Bernard, propofants, ayant réitéré la demande, qu'ils firent au dernier fynode, qu'il leur foit permis d'aller continuer leurs études dans l'étranger, la compagnie leur a accordé leur demande, fous la condition expreffe de revenir dans le fein de nos églifes, lorfqu'ils en feront requis; mais, vu les grands befoins des églifes, ils ne pourront partir qu'au premier du mois de feptembre prochain, & ils continueront leur fervice dans les quartiers qui leur font affedés par ce dernier fynode jufqu' audit mois.

SYNODES PROVINCIAUX. 3g3

L'affemblée ne pouvant juger définitivement, faute d'inftruflion fuffifante, les différends furvenus dans l'églife de Sauve, a nommé MM. J. Gai & Paul Dalgue, lefquels choifiront deux anciens de leurs églifes refpedives, pour en connaître & pour prendre les arrangements qui pourront tendre au plus grand bien & à l'édification de cette églife, le tribunal leur donnant à cet égard toute l'autorité relative à leur commiffion.

Les églifes de Mialet, Corbés, Thoiras & Ste-Croix [de Caderle] ont été affignées par le fynode à M. Grail, pafteur, lefquelles églifes formeront fon quartier; bien entendu que la cote des miniftres qu'elles payent fera comptée aux pafteurs ou prédicateurs qui les ont deffervies jufqu'ici, favoir : huit mois de l'année courante.

L'églife de Tornac a été jointe avec celle d'Anduze, & celle de Gros avec celle de St-Hippolyte, auxquelles M. le cadet Julien continuera fes fervices.

M. Marazel ayant repréfenté qu'il ne pouvait pas fubvenir aux grandes fatigues de l'étendue de fon ancien quartier, il a été déchargé de l'églife de Sauve, & ladite églife fera tenue de lui payer les huit mois de fervice dont elle lui efl redevable.

L'affemblée ayant appris que M. Journet, pafteur d[u] Béarn, défirait ardemment de revenir dans la province & de faire corps avec nous, & ne pouvant pourvoir les églifes de St-Affrique, le Pont de Camarès & Brufque, il fera permis à ces églifes de le réclamer & audit fieur Journet de les deffervir; bien entendu qu'il dépendra de ladite province.

MM. Paul Dalgue & Dumoulin font députés au prochain fynode des Hautes-Cévennes & MM. La Devèze & Olivier à celui du Bas- Languedoc.

Synode des Hautes-Cévennes.

Au nom de Dieu. Amen.

Le fynode de la province des Hautes-Cévennes, aflemblé le vingt-troifième & vingt-quatrième avril mil fept cent foixante-fix, auquel ont affifté : MM. Jean Roux, Jean-Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Jean Méjanelle du Cambon, Pierre Vallat, Charles Bourbon, Pierre Pierredon, Antoine Sabatier Se Jean-Pierre Roche, pafteurs de ladite province, avec dix-fept anciens, députés par leurs quartiers refpedifs; MM. Veffon & Paul Marazel, pafteurs, députés des Baffes- Cévennes; MM. Jean-Paul Rabaut & Louis Valentin, auflî pafteurs, députés du Bas-Languedoc, — après avoir nommé pour modérateur M. Roux, pour modérateur-adjoint M. Gabriac l'aîné, pour fecrétaire M. Pierredon & pour fecrétaire-adjoint M. Bourbon, a arrêté ce qui fuit :

L'affemblée, pénétrée de douleur à la vue des funeftes progrès que la corruption continue à faire dans l'Eglife, enjoint aux fidèles de cette province de fhumilier extraordinairement devant Dieu, par un jeûne folennel qu'ils célébreront le dix-feptième du mois d'août prochain.

Comme il importerait aux proteftants de ce Royaume, fils étaient un jour reconnus par l'Etat, de pouvoir conftater la mort de ceux qui feraient jufqu'alors décédés, il eft ordonné à toutes les églifes de la province de tenir déformais à ce fujet des regiftres en forme.

Le colloque d'Alais, ayant demandé l'établiflèment d'un comité dans la province, femblable à ceux du Bas-Languedoc & des Baffes- Cévennes, pour traiter des affaires particulières concernant les églifes qui peuvent furvenir d'un fynode à l'autre, on a nommé pour y aiïifter, favoir : d'entre les pafteurs MM. Roux, Bourbon, Pierredon ; d'entre les anciens M. Bonne, d'Alais, & à fon défaut celui que le confiftoire de fon églife trouvera à propos de lui fubftituer, — Pagézy &à fa place Dubaguet, de St-André, — Planchon, deMeyrueis, & pour

SYNODES PROVINCIAUX. 3^5

fon fubftitut Nogaret, de Balazuégnes ; Se comme cette afTemblée doit foutenir la correfpondance de la province, elle en charge M. Pierredon, dont les lettres feront fignées & par lui & par un de fes collègues; bien entendu que les églifes rembourferont à cet égard, comme à tout autre, audit comité les dépenfes qu'il fera pour elles.

On a rejeté l'appel interjeté à cette afTemblée par les députés de St-Frézal fur la troifième délibération du colloque d'Alais.

Les églifes de la province feront à l'avenir deffervies proportionnellement à leur taxe de leur miniftère.

Il fera impofé fur elles la fomme de 600 liv. pour l'entretien des élèves qui font fous la direction de M. Gabriac aîné, dont celle d'Alais payera à proportion de ce qu'elle fournit à ce fujet l'année dernière.

En rejetant la première proportion de l'églife de St-Sébaftien, l'affemblée lui accorde la demande qu'elle fait de réunir fes exercices religieux avec ceux du Pin ; elle a nommé pour déterminer l'endroit où ils doivent fe tenir MM. Guin, du Couvayron, & Fontanes, de la Baumelle ^

Elle a nommé auffi,pour fixer le lieu des affemblés religieufes de la comm[unauté] de St-Etienne [de Vallée-françaife] MM. Martin, du Vallat, & Pafcal, de St-Roman.

M. Vallat, pafteur, ayant demandé d'être déchargé de fes fonctions, que fa mauvaife fanté ne lui permet pas de remplir, on lui a accordé fa demande avec la penfion de 5oo livres.

Les Hautes-Cévennes, chargées de la convocation du fynode national, en ayant fixé la tenue le 22^ janvier dernier au troifième juin prochain, & reçu depuis lors de la part de quelques provinces des difficultés & des oppofitions à cet égard, il a été réfolu d'en écrire à toutes celles du Royaume de fufpendre ladite afl'emblée jufques à ce qu'elles aient donné leur avis ; & comme l'églife de La Rochelle a

I. On lit: Laumède; mais ce doit être la Baumelle, près St-Sébastien.

fait circuler, fans droit, fa lettre révocative, M. Pierredon eft chargé de lui adrelTer les plaintes de cette province.

On a député, pour aflifter au prochain fynode des BafTes-Cévennes, MM. Gabriac l'aîné & du Cambon, pafteurs, & à celui du Bas-Languedoc, MM. Bourbon & Pierredon.

M. Combet, difciple de M. Roux, a été revêtu de la charge de propofant, après en avoir été jugé digne, fur l'examen que lui a fait fubir le corps des pafteurs; en conféquence, on lui a affigné la fomme de 120 liv., répartie fur la province, dont la moitié lui fera payée à la St-Michel prochaine.

MM. Roux, du Cambon, Pierredon & Roche, pafteurs, deflerviront les mêmes églifes qui leur ont été affedées l'année dernière.

M. Gabriac l'aîné, deft'ervira la ville de Florac & les comm[unautés] de Vébron, mandement de Rouffes, St-Laurent [de Trêves], St-Julien [d'Arpaon[, la Salle & Grizac.

M. Gabriac le jeune, deflervira les mêmes églifes que l'année dernière, avec la paroifl'e de St-Hilaire.

M. Bourbon defl'ervira aufîi les mêmes églifes qui compofaient fon diftrid, avec celle de Barre, à condition que MM. Roux, du Cambon, Pierredon, Plantier & Roche feront une affemblée chacun dans fon quartier, pendant le courant de l'année, lorfqu'il les en requerra.

M. Plantier deffervira encore les mêmes églifes qu'il a deffervies jufques ici avec celles de Caffagnas & le haut de St-André-de-Lancize.

On impofera fur la province, pour la préfente année, qui écherra à la St-Michel prochaine, la fomme de fix mille huit cent foixante-neuf livres, ci

Savoir fept cents livres pour chacun de Meffieurs les huit pafteurs faifant en total celle de cinq mille fix cents livres, ci.

En faveur de M. Vallat, indépendamment de ce qui lui eft dû de l'impofition de l'année dernière pour fon quartier, la fomme de deux cent cinquante livres, qui lui feront payées à la St-Michel prochaine pour la moitié de cinq cents livres qui lui ont été accordées, ci

6S6ç)H- 56oo »

SYNODES PROVINCIAUX

Vingt livres pour chacun des neuf pafteurs pour leurs dépenfes imprévues, en total cent quatre-vingt livres, ci . . i8o Pour port de lettres la fomme de foixante livres, ci . . 60 » Pour M. Philippe celle de cinquante livres, ci . . . 5o ^) En faveur de la veuve Bétrine celle de vingt -quatre

livres, ci 24 »

En faveur de M. Court celle de vingt livres, ci . . . 20 » En faveur de M. Combet celle de quatre-vingt-cinq livres, dont vingt-cinq livres à titre d'étudiant, échue ce jourd'hui, & celle de foixante, comme propofant, qui écherront

à la St-Michel prochaine, ci 85 »

En faveur de M. Gabriac l'aîné, pour l'entretien de trois élèves, fix cents livres, ci 600 »

Répartition générale des importions de la fomme de fix mille huit cent foixante-neuf livres, ci 6869 H-

Savoir :

Le quartier de M. Roux la fomme de ci . ySo a 12 f 6 d

Idem de M. Gabriac l'aîné 871 » 3 » 6 »

Idem de M. Gabriac le jeune . . . . . 871 » 3 » 6 »

Idem de M. du Cambon 871 » 3 » 6 »

Idem de M. Bourbon 871 » 3 » 6 »

Idem de M. Pierredon 911 » 6 » 6 »

Idem de M. Roche 871 » 3 » 6 »

Idem de M. Plantier 871 » 3 » 6 »

Somme égale . . . 6869 #

A l'unanimité des fuffrages, on a chargé les églifes de Florac & d'Alais de convoquer les colloques qui font de leur reflbrt, & celle de St-André-de-Valborgne de la convocation de celui de St-Germain; on a chargé de plus le colloque d'Alais de convoquer le prochain fynode provincial.

Ainfi a été conclu & arrêté ces vingt-troif[ième] & vingt-quatrième avril mil fept cent foixante-fix.

Gabriac l'aîné, pafteur & modérateur-adjoint.

Synode du Vivarais et Velay.

Aéîes du fynode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velay, ajjemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais, le premier de mai mil fept cent foixantefix, auquel ont ajjîflé deux pafteurs & dou\e anciens, députés def [dites] églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu Si l'invocation de fon St- Nom, a été réfolu ce qui fuit :

La compagnie a vu avec joie les difpofitions de M. G. . qui nous a été adreffé par nos frères du Bas-Languedoc, & le delTein qu'il a fait paraître de vouloir confacrer fes talents au fervice des églifes de cette province. Le féjour qu'il y a fait, les fondions qu'il y a remplies avec beaucoup de zèle & d'édification l'ayant déjà rendu agréable à un grand nombre de fidèles, & faifant efpérer que fon miniftère fera très-utile à nos chères églifes, elle accepte avec empreffement & reconnaiflance fes offres généreufes, & prie le Seigneur de répandre fa bénédidion fur fa perfonne & fur fes pieux travaux.

L'afTemblée ayant reçu avis qu'un fynode national doit f'affembler dans peu de temps, fi le Seigneur le permet, a député M. Alexandre Vernet, pafteur, & M. J. F. M. . ., ancien, pour y alTifter, avec plein pouvoir, au nom & en l'autorité des églifes de cette province, & pour y délibérer d'un commun accord avec MefTieurs les autres députés fur toutes les matières qui y feront traitées conformément à la parole de Dieu & à la difcipline des églifes réformées de ce Royaume & aux inftruclions qu'elle leur a données, promettant de f'y conformer autant qu'il fera en fon pouvoir.

Peirot, pafteur & modérateur; A. Vernet, pafteur & fecrétaire.

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SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Périgord et de l'Agenais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes [du] Périgord, Haut & Bas-Agenais, affemblées en fynode en la perfonne de leurs députés, les fixième, feptième & huitième mai mil fept cent foixante-fix', en Périgord, après avoir imploré les lumières de l'Efprit divin, ont délibéré ce qui fuit :

Selon Tufage, on a élu, à la pluralité des voix, pour modérateur, M. François Viala, pafteur; pour modérateur-adjoint, M. Renateau, pafteur; pour fecrétaire, M. Dumas, pafteur, & pour fecrétaire-adjoint, M. Renouleau, auffi pafteur.

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc du 7 mars lyôù.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général, après avoir imploré la grâce de Dieu et les lumières du St-Esprit, avons arrêté ce qui suit :

1. — L'assemblée a nommé, à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, pour modérateur; M. Gardes, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune, pasteur, pour secrétaire, et M. Marc, ancien, pour secrétaire-adjoint.

2. — M. Pierredon, pasteur des Hautes-Gévennes, ayant écrit une lettre du 12 février dernier à un pasteur de cette province, qui l'a reçue aujourd'hui, où il annonce la tenue d'un synode national sans en marquer le jour ni le mois, il a été délibéré qu'il lui sera écrit incessamment afin qu'il en marque le temps, et M. Sicard le jeune et M. Marc, ancien, ont été députés unanimement pour aller audit synode national à l'effet d'y avoir voix propositive et délibérative, et il leur sera expédié une lettre relative; et au cas [qu'jils ne puissent y aller, M. Gardes, pasteur, et M. Ca., ancien, sont nommés pour leurs substituts.

3. — L'assemblée voyant avec une vive peine que quelques églises, au grand scandale des autres et au mépris des articles qui ont été passés ci-devant dans des colloques et des synodes contre ceux qui feraient baptiser leurs enfants dans l'Eglise romaine, et malgré les avertissements et les censures qui leur ont été adressés à ce sujet par les pasteurs qui les ont desservies, persistent néanmoins dans leur relâchement sur cet article, par ce présent arrêté, en confirmant les articles précédents, suspend de nouveau de la communion tous ceux qui à l'avenir feront baptiser ou rebaptiser leurs enfants dans l'Eglise romaine, jusqu'à que ceux qui se trouveront dans ce cas donnent des marques publiques de leur repentance, ou du moins devant les consistoires, si celui-ci le trouve à propos; et relativement aux anciens qui pourraient tomber dans une semblable faute, ils demeureront dès lors déposés de leur charge et soumis à la même peine des particuliers.

Sur la propofîtion qui a été faite à l'alTemblée, fi M. Dupuy, pafteur, après l'invitation qui lui a été faite par les églifes du quartier haut du Haut-Agenais de leur continuer fon miniftère jufqu'au rétablifTement de M. Viala, pafteur, pouvait affembler le colloque defdites églifes fans la participation dudit M. Viala, qui était cenfé être le pafteur de ce quartier félon l'art. 22 de notre dernier fynode, on a répondu que M. Dupuy avait ce droit.

4. — Que les diacres et anciens qui en font les fonctions ne recevront l'argent des collectes, ni celui des pauvres qu'après être compté parles anciens des églises, et qu'ils tiendront un état détaillé de celui qui sera délivré et distribué, et ils seront tenus de le représenter et rendre compte à leurs consistoires de six en six mois.

5. — Nous, les pasteurs et les anciens du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général le 7 mars 1766, requis par M. Jean Sicard, [dit] Dejean, un de nos pasteurs, de lui accorder une attestation, tant de sa doctrine que de ses bonnes vie et mœurs pour s'en servir en cas que les circonstances du temps et l'état de ses affaires l'obligeassent de se retirer ailleurs, prénétrés de reconnaissance pour les services qu'il a rendus aux églises, et du regret que nous avons d'être privés de son ministère, certifions et attestons d'une commune voix qu'il s'est conduit, pendant dix-sept années qu'il a exercé son ministère parmi nous, d'une manière digne d'un véritable ministre de l'Evangile, nous ayant toujours édifiés tant par sa doctrine que par ses mœurs, n'ayant rien négligé de tout ce qu'il a cru propre au bien de nos églises, et à l'avancement du règne de Jésus-Christ. Nous prions Dieu qu'il veuille être lui-même la récompense de ses pieux travaux, et nous prenons la liberté de le recommander à la bienveillance et à la protection de nos chers frères en Jésus-Christ, à qui il pourra s'adresser, dans les lieux où la divine Providence le conduira. De notre assemblée colloquale les an et jour que dessus.

Ainsi arrêté et conclu au Désert les an et jour que dessus.

SicARD, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjoint ; SicARD le Jeune, pasteur et secrétaire ; Marc, ancien et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabrc.

Colloque du Haut-Agenais du 12 mai iy66.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églises du quartier bas du Haut-Agenais, assemblées en colloque le douzième mai mil sept cent soixante-six, en la personne de leurs députés, après avoir imploré le secours de Dieu, ont délibéré ce qui suit :

1. — M. Dumas, pasteur, a pris sa place, et M. Boucharel, an[cien], a été nommé à la pluralité des suffrages pour secrétaire.

2. — Le consistoire de St-Etienne n'ayant pas envoyé ses députés au présent colloque, malgré l'avis qui lui a été donné, a été trouvé repréhensible, celui de Dimeuilh est chargé de lui communiquer le présent article et de le prévenir de porter les raisons, qui [l'en] ont empêché, à la prochaine assemblée.

3. — Le consistoire de Tonneins ayant demandé à l'assemblée une explication des art. i. 2, chap. VH de la discipline, conformément [à l'art.] 16 du synode

SYNODES PROVINCIAUX

Le confiftoire de Monbarbat, Marfac & Lalanne ayant envoyé à l'allemblée un mémoire portant plainte contre M. Dupuy, pafteur, lefquelles plaintes, après avoir été examinées, ont été trouvées mal fondées & même injuftes, — telle que celle qui eft contenue dans fon art. 3 de fondit mémoire, — la compagnie le blâme & enjoint au pafteur deflervant de le cenfurer vivement, les ayant affemblés, & furtout fon député qui f'en eft chargé.

provincial dernier qui consiste à savoir si le ministre du quartier haut et son député doivent avoir voix délibérative, la compagnie a suspendu son jugement et le renvoie au synode provincial prochain; elle charge, de plus, ses députés à la susdite assemblée de demander que M. Dupuy aîné, pasteur, soit exclu personnellement des assemblées colloquales du quartier bas du Haut-Agenais , par les raisons que nosdits députés déduiront, desquelles, par discrétion, elle n'a pas voulu faire article.

4. — L'assemblée enjoint aux consistoires respectifs de se conformer au formulaire de députation contenu dans le colloque du 10 février 1754, et annule l'art. 2 des arrêtés du colloque de cet arrondissement du 14 mars dernier.

5. — La compagnie, qui n'a d'autre but que le bien des églises, et de faire régner en elles une amitié vraiment fraternelle, est sincèrement mortifiée de ce que le colloque dernier ne prit pas en plus grande considération les humbles représentations du consistoire de Tonneins.

6. — L'assemblée, se rappelant les paroles vives et emportées que se dirent réciproquement MM. Dupuy aîné, pasteur, et Brau dans le colloque du 14 mars dernier, remet à la liberté de M. Dupuy d'exiger, s'il veut, la réparation qu'il avait demandée par article dudit colloque, déchargeant le consistoire de Tonneins de la commission qu'il avait donnée à ce sujet.

7. — Le colloque, ayant examiné de plus près les raisons que le consistoire de Clairac a eues de faire bénir deux mariages dans son sein, en trouvant qu'il s'est exactement conformé à l'art. 2 5 du chap. XIII de la discipline, le relève du blâme que le colloque du 14 mars dernier lui impute, et regarde l'art. 6 dudit colloque comme non avenu.

8. — La compagnie vient de reconnaître qu'il est dû au consistoire de Tonneins i5 liv. 7 s. 6 d. par arrêté du colloque du 16 février 1764 et 12 liv. pour du foin qu'il a acheté pour les chevaux de M. Gabriac pendant son séjour à Tonneins, lesquelles 27 liv. 7 s. 6 d. sont à la charge de toutes les églises de l'arrondissement.

9. — L'assemblée vient de nommer à l'unanimité des suffrages M. Boucharel pour le secrétaire du colloque, et le charge du registre général des baptêmes et mariages, ce que ledit M. Boucharel a accepté sans en exiger d'émoluments, bien entendu que les avances qu'il fera lui seront remboursées.

10. — Sur la somme de 800 liv. qui sont allouées au pasteur qui dessert les églises de cet arrondissement, l'assemblée vient de la départir comme suit : Clairac 38o liv., Dimeuil 140 liv., Tonneins 240 liv., St-Etienne 40 liv.

11. — Les églises, extrêmement satisfaites, tant du ministère de M. Dumas, pasteur, que de la conduite qu'il a tenue parmi nous, charge ses députés au synode prochain de le supplier de continuer le ministère de ce digne pasteur dans les églises du quartier bas du Haut-Agenais, à quoi ledit M. Dumas a eu la bonté de souscrire.

L'affemblée, qui ne fe propofe que le plus grand bien des églifes & l'avancement du règne de Jéfus-Chrift, après avoir pris en confidération l'appel fait par les plaignants du confiftoire de Bergerac, Se après les avoir ouïs, tout comme après avoir vu les atteftations à eux accordées par plufieurs membres de fidèles, & mûrement réfléchi fur le jugement par le commiffariat, ordonné par le colloque tenu les 21* & 22^ août dernier, — confirme la nomination faite de cinq anciens

12. — Sur la plainte qui a été portée au consistoire de Clairac par un homme de Puch contre M. Cazeaux, ancien et secrétaire, détenteur des registres des baptêmes et mariages de tout l'arrondissement, qui a exigé de lui 6 liv. pour lui expédier un certificat de son mariage, l'assemblée, sensible au procédé dudit sieur Cazeaux, charge ses députés au prochain synode de le prier d'asseoir un jugement sur cet importante affaire.

13. — L'assemblée vient de nommer à la pluralité des suffrages pour ses députés au synode prochain MM. Lacoste-Laguhai et Rigaut, anciens, lesquels elle a chargés d'une lettre de créance à cet effet.

14. — Le consistoire de Tonneins est chargé de la convocation du prochain colloque et d'en donner avis aux consistoires respectifs.

Ainsi conclu et arrêté le même jour et an que dessus, lecture en ayant été faite.

Dumas, pasteur et modérateur; Boucharel, secrétaire du colloque.

Colloque de VAgenais du 1 5 juin iy66.

Au St-Nom de Dieu. Amen.

L'an mil sept cent soixante-six et le quinzième jour du mois de juin, les églises de Tonneins-Dessous, St-Germain, Puch, Monheurt, Fauillet, Grateloup et Nérac , assemblées en colloque par leurs députés, ont délibéré ce qui suit, savoir :

1 . — Le sieur Taurou, l'un des députés de Nérac, a été nommé secrétaire à la pluralité des suffrages.

2. — L'assemblée colloquale, pénétrée de douleur du désordre que l'esprit de cabale a introduit dans les églises de Nérac, et instruite que les sieurs Duprat, Castaing et Soulens en sont les principaux auteurs, s'étant de plus rendus coupables de rébellion à l'ordre, refusant de se rendre à une assemblée consistoriale et au présent colloque où ils ont été dûment invités, les a suspendus de leur charge d'ancien ; et à l'égard des autres qui ont signé une lettre insultante, qu'ils ont écrite à M. Dubois, l'assemblée, à la sollicitation de M. Dubois, a bien voulu user de commisération à leur égard et laisse à un commissariat la liberté d'en juger. Pour cet effet, l'assemblée a nommé MM. Réau, le capitaine, Arthaud et Bergereau pour commissaires qui se joindront à M. le pasteur pour les entendre à tous et les juger selon les dispositions qu'ils manifesteront, et afin d'engager ces Messieurs à se rendre à l'assemblée, M. le secrétaire des églises de Tonneins leur écrira pour les exhorter d'avance à la paix et à l'union; dimanche prochain, vingtdeux du courant, MM. les commissaires se rendront à la Cabane, près Bréchand.

3. — M. Arthaud est prié de demander à M. Dumas le jour que le synode a indiqué pour le jeûne, afin de nous joindre à eux pour cet acte de dévotion, sup-

SYNODES PROVINCIAUX

juftins; & vu la mélintelligence qui a régné parmi l'ancien corps qui avait donné lieu au jugement du commiffariat portant dépofition, la compagnie a jugé que cet ancien corps fera vivement cenfuré à la tête du confiftoire & exhorté en même temps, par tout ce qu'il y a de plus facré, à faire régner parmi eux la paix, l'union & la concorde ; & rétablit ledit corps dans fes fondions. En conféquence de ce, on a nommé, pour notifier le préfent a6te & remplir les vues de l'afTemblée, M. Dupuy, pafteur.

posé qu'ils en ayent indiqué un ; sinon, nous le célébrerons le premier dimanche d'octobre, et les églises de Nérac le dimanche ensuite ; le sujet de ce jeûne est le même qui nous porta à le célébrer l'année dernière.

4. — Le sieur Aillens, jeune homme de la ville de Tonneins-Dessous, ayant demandé d'être admis au nombre des élèves pour le St-Ministère, l'assemblée consent que M. le pasteur le garde auprès de lui le temps suffisant pour l'éprouver, et s'il est propre pour ce saint emploi, moyennant que ses parents l'entretiennent pendant ledit temps.

5. — M. Arthaud ne pouvant point continuer à exercer la charge de secrétaire, l'assemblée l'a remercié des soins et peines qu'il s'est donnés pour les églises, et nomme pour lui succéder M. Dupouy, le capitaine, ancien de l'église de Tonneins-Dessous. L'assemblée est d'autant pénétrée de gratitude pour M. Arthaud qu'il s'est acquitté de sa charge gratis.

Fait et arrêté le jour et an susdit.

Approuvons la rature etc. En foi de tout quoi, avons signé :

Taurou, secrétaire; Bergereau, commissaire; Henry Arthaud, commissaire ; Réau, commissaire ; P^^ Lanne, pasteur. — Collection Marquis-Sébie.

Au nom de Dieu. Amen.

Nous , commissaires nommés par le colloque tenu le quinzième courant, art. 2, pour tâcher de remédier aux désordres qui régnent dans les églises de Nérac entre MM. les diacres et anciens desdites églises, nous sommes transportés ce jourd'hui, vingt-deuxième du mois de juin mil sept cent soixante-six, au lieu indiqué, pour les entendre.

I. — lia été trouvé à propos de procéder à la reddition des comptes des deniers des pauvres perçus par MM. les anciens à l'issue des assemblées, et remis dans les mains de MM. les diacres des différents quartiers, ainsi que des deniers du ministère, et avons trouvé, savoir :

Que M. Castaing, diacre et trésorier de l'église de Nérac, a reçu, depuis l'arrêté consistorial du 21 juillet 1765, des deniers des pauvres, la somme de cent

quarante-quatre livres quatre sols six deniers, ci 144 //• 4 s. 6 d.

Qu'il a déboursé par billet vérifié celle de 1 35 » 3 » —

Qu'il lui reste en caisse, dû aux pauvres, la somme de neuf livres un sol six deniers, ci 9 » i » 6 «

Qu'il a reçu des deniers du ministère la somme de trois cent deux livres cinq sols, ci 3o2 •//■ 5 s. —

Qu'il a dépensé pour l'église la somme de 102 » 7 » 6 d.

Qu'il doit à la caisse du ministère la somme de . . . 199 » 17 » 6 »

M. Liard, pafteur, ayant porté plainte à raffemblée contre le confiftoire de Ste-Foy, au fujet d'une lettre qui a été écrite fans fa participation, le fynode, après avoir examiné la démarche dudit confiftoire, loue fes bonnes intentions, néanmoins le blâme d'avoir écrit fans le confentement de fon pafteur; fur quoi, on l'exhorte d'être à l'avenir plus exaét à l'ordre.

M. Soulens, diacre de FeugaroUes, etc., a aussi rendu son compte des deniers des pauvres et avons trouvé qu'il a reçu depuis le susdit arrêté la somme de trente livres* quinze sols dix deniers appartenant aux pauvres, ci . 3o y/- i5 s. lo d.

Qu'il a payé par billets vérifiés, ci lo » lo » —

Qu'il doit aux pauvres la somme de vingt livres cinq sols dix deniers qu'il a en caisse 20» 5 » 10 »

2. — Quant aux comptes des dépenses des sieurs Soulens et Capots, le premier diacre de l'église de FeugaroUes, etc., et le second de l'église du Gr ,

etc., l'assemblée renvoie la révision de leurs comptes à la prochaine assemblée consistoriale, à laquelle on les exhorte d'y remettre leurs comptes détaillés et circonstanciés, ce qui nous empêche d'en connaître, faute d'être dirigés comme ils auraient dû l'être.

3. — M. Taurou, ancien et secrétaire général desdites églises de Nérac, — établi par l'art. 4 du colloque du 21 mars 1765, qui lui alloue la somme de septante-deux livres pour honoraires par année, qui ont commencé, suivant un autre arrêté consistorial qui confirme le précédent et fixe l'époque au mois d'octobre 1763, ce qui fait jusqu'à ce jour environ deux ans neuf mois, et qu'il lui revient la somme de nonante-huit livres, sur laquelle il lui reste dû la somme de 66 liv., et que moyennant le remboursement de la somme de 22 liv. qu'il tient, appartenant aux pauvres, — restera, de même que les églises, quitte l'un envers l'autre, après qu'il aura reçu ladite somme de 66 livres. Quant à l'indemnité que le consistoire a eu en vue de lui allouer dans l'article susdit, MM. les anciens en ont fixé la somme à celle de 39 liv., laquelle somme sera reçue par M. Castaing, diacre, à qui l'église sera tenue de la payer à la décharge de mondit sieur Taurou. Quant à l'avenir, l'assemblée des anciens dit ne pouvoir continuer à payer ses émoluments sur le même pied, le prie d'accepter la somme de 24 liv. par année, à commencer de ce jour; ledit sieur a dit qu'il donnerait sa réponse à la fin de l'assemblée.

4. — Le compte de M. le pasteur et de l'église régie par M. Castaing, diacre, a été examiné, et s'est trouvé que l'église de Nérac, etc., lui est redevable; et nous n'avons pu en fixer la somme, attendu que partie de sommes payées à compte par ledit sieur Castaing et le sieur Soulens ont été versées dans d'autres mains que les siennes, et que d'ailleurs le compte du sieur Soulens a été renvoyé, faute d'être clair, et que mondit sieur pasteur s'en réserve l'éclaircissement.

5. — Nous, commissaires, ayant, en vertu et conformément à notre commission, pris les informations relatives au but de notre mission, après avoir mûrement réfléchi sur le tout, avons trouvé la majeure partie du corps du consistoire coupable de faction, de trouble et de discorde envers l'église, et d'ingratitude envers le pasteur; en particulier les sieurs Castaing, Duprat, Soulens, Dallias, nous ont paru les chefs et les auteurs des troubles qui déchirent maintenant ces églises infortunées ; par là, ils se sont rendus indignes de leur état, et ont mérité d'être dégradés de leur charge d'ancien, comme ils le sont déjà par leurs propres arrêtés.

SYNODES PROVINCIAUX

Des confidérations importantes ayant engagé la compagnie à réfléchir fur les fuites que peut avoir l'obfervation de l'art. i5 de notre dernier fynode provincial, tenu les 14% iS'' & 16'' août 1765, remet l'exécution dudit article à la prudence des confiftoires, bien entendu qu'ils fe conformeront à Tart. 25 du chap. xiii de ladifcipline.

Néanmoins, voulant user de commisération à leur égard, craignant d'ailleurs que la voie de rigueur n'augmentât les maux qui affectent ces églises, les laissons tous dans leur charge et leur emploi, exhortant les uns et les autres à revêtir de nouveaux sentiments et à réparer les brèches qu'ils viennent de faire à l'église.

Au surplus, le ministère de M. Dubois étant insuffisant pour desservir à la fois les éghses de Tonneins, etc. et celles de Nérac, etc., nous prions MM. les anciens de ces églises, et nous leur manifestons pour la dernière fois que nous ne pouvons plus consentir qu'il vienne exercer son ministère dans ces églises. Ces Messieurs auront donc la complaisance de se pourvoir d'un autre pasteur; et en attendant qu'ils en ayent un, M. Dubois continuera en leur faveur les sollicitudes pastorales; bien entendu toutefois que ce ne sera que pour les baptêmes et mariages.

Fait et arrêté à l'assemblée commissariale, aux environs de Nérac, près Bréchand, le vingt-deux juin mil sept cent soixante-six. En foi de quoi avons signé :

P. Lanne, pasteur; Henry Arthaud, commissaire.

Colloque de VAgenais du 2g juin ij66.

Au St-Nom de Dieu. Amen.

Les églises de Tonneins-Dessous, Fauillet, Grateloup, St-Germain, Puch, Monheurt, assemblées en colloque ce vingt-neuvième juin mil sept cent soixantesix, ont délibéré ce qui suit :

1. — Le sieur Henry Arthaud a été nommé secrétaire à la pluralité des suffrages.

2. — L'assemblée colloquale, ayant pris en considération la lettre écrite à M. Dubois, notre très-honoré pasteur, par un certain nombre des fidèles de l'église de Nérac, vivement pénétrée des tristes impressions qu'a produites dans ces contrées le résultat des délibérations prises le vingt-deux courant dans l'assemblée commissariale qui se tint à la Cabane, permet que M. le pasteur se transporte de nouveau dans ces églises pour les desservir, à condition toutefois que MM. Duprat, Castaing, Soulens, Dallias soient destitués de leur charge, et que l'on mette à leur place de nouveaux sujets; à condition encore que M. Taurou, ancien et secrétaire, jouisse des mêmes émoluments qui lui avaient été alloués par le consistoire desdites églises pour raison de son emploi, dans lequel la présente assemblée le confirme.

Au surplus, l'assemblée, instruite des voiles injurieux qu'on a répandus sur l'honneur et la probité de M. Taurou, prie M. le pasteur de lui rendre justice à la tête de l'assemblée des fidèles. Plusieurs esprits inquiets ayant aussi répandu dans le public que M. Dubois était sans caractère, n'ayant pas reçu l'imposition des mains, pour obvier aux impressions dangereuses que peut produire dans l'esprit des fidèles une si odieuse imputation, on charge un des anciens des églises de Nérac de lire à la tête de l'assemblée, à haute et intelligible voix, l'acte qui fait

Le fynode ayant pris en confidération les demandes de M. Butler, de l'envoyer dans l'étranger & lui fournir ce qui lui eft nécelTaire pour les frais de fon voyage, l'affemblée lui accorde fa demande; en conféquence, [elle] lui fait la fomme de 3oo liv., qui fera répartie fur toutes les églifes de la province; en outre, MM. les modérateurs font chargés de lui fournir des atteftations.

foi de sa réception. Elle charge aussi ledit ancien de faire connaître dans ladite assemblée la fausseté de l'imputation qu'on a faite à M. Dubois de n'avoir pas voulu assister au synode.

Cependant, quoique l'assemblée consente avec plaisir que M. Dubois aille desservir de nouveau les églises de Nérac, et qu'elle ne soit jamais dans le cas de les laisser sans pasteur, on prie instamment MM. les anciens desdites églises de faire leurs efforts pour se procurer avec le temps un autre pasteur, vu les grandes occupations de M. Dubois, qui ne lui permettent pas de desservir longtemps les deux églises à la fois; [on] conjure MM. les anciens de Nérac, etc. de ne point envisager ceci comme un voile dont on veuille se servir pour leur refuser le ministère de notre pasteur: ce n'est point là l'intention de l'assemblée, puisqu'elle leur ferait plutôt le sacrifice de son pasteur que les laisser sans culte et sans direction.

L'assemblée approuve la manière sage et prudente avec laquelle se sont conduits MM. les commissaires dans la dernière assemblée tenue à la Cabane; elle n'a rien à ajouter à leur décision que la cassation des membres ci-dessus.

Fait et arrêté en colloque ledit jour et an que dessus. En foi de quoi avons signé :

P. Lanne, pasteur; Henry Arthaud, an[cien] et secrétaire; RÉAu, diacre; Demichel; Aubié; Dupouy; SouRBÉ; Laperche; Mensa; Bergereau; Passet; Metge ; Pellissier.

Colloque de l'Agenais du 28 septembre iy66.

Au St-Nom de Dieu.

Les églises de Tonneins-Dessous, Puch, Monheurt, St-Germain, Fauillet et Grateloup, assemblées en colloque, ayant leur pasteur à la tête et M. Dupouy pour secrétaire, ont délibéré ce qui suit :

1. — M. Dubois, notre pasteur, ayant représenté à l'assemblée colloquale le désir qu'il aurait de faire rentrer dans leur charge et emploi les sieurs Duprat, Castaing, Soulens et Dallias, l'assemblée, pour répondre aux sentiments de clémence de son cher pasteur, consent que les susdits Messieurs soient réhabilités dans les charges d'anciens dont ils étaient déchus, sous condition toutefois qu'ils soient dans le généreux dessein d'observer les règles de l'union et de la paix qui doivent caractériser de vrais conducteurs de l'Eglise. L'assemblée colloquale oublie volontiers tout ce qui s'est passé, exhorte les susdits anciens de se rendre de plus en plus dignes de leur état et charge en particulier M. le pasteur de ne réhabiliter le sieur Soulens dans son emploi qu'après s'être convaincu bien particulièrement que ledit Soulens est revenu de la défectuosité de sa conduite passée; et afin que M. le pasteur ne se trompe pas dans cette épreuve, il ne réhabilitera ce dernier dans son emploi qu'après avoir pris le suffrage de tous les membres du consistoire de Nérac et ses annexes.

SYNODES PROVINCIAUX

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