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IX

Sur la propofition que les députés du colloque du quartier bas du Haut-Agenais ont fait[e] à l'afTemblée, concernant l'invitation que les deux colloques doivent fe faire réciproquement à leurs affemblées colloquales, c'eft-à-dire d'un pafleur & d'un ancien, & fi les invités doivent avoir voix propofitive & délibérative, la compagnie a jugé qu'ils n'auraient que la délibérative.

2. — L'assemblée exhorte les anciens des églises de Nérac à avoir un peu plus de respect pour ses décisions, elle blâme vivement la conduite des sieurs St-Genis, Laporte et Duvernet ayant écrit une lettre également injurieuse à l'honneur des consistoires et à celui de notre cher pasteur ; elle déclare que les susdits délinquants se sont rendus coupables des peines portées par la discipline; néanmoins, voulant user de commisération, elle jette un entier oubli sur leur conduite, espérant qu'ils ne récidiveront plus, et en cas de récidive, c'est-à-dire dès le même moment que quelque ancien desdites églises tombera dans quelque faute tendant à attaquer les droits des consistoires et à renverser l'ordre de l'Eglise, l'assemblée permet au pasteur de le déposer à la tête de son consistoire. Ce n'est qu'à ces conditions que l'assemblée permet que M. Dubois aille desservir de nouveau les églises de Nérac, protestant auxdites églises que dans toutes les occasions elle leur donnera des preuves de leur attachement et de son union, mais leur assurant aussi, d'un autre côté, que si le sieur Dubois vient à éprouver de leur part quelques-uns des désagréments qu'il a éprouvés jusqu'ici, elle ne permettra plus qu'il retourne dans ces contrées. L'assemblée ose attendre de meilleures choses des églises de Nérac.

3. — L'assemblée défend aux consistoires de Nérac d'admettre dans leurs délibérations des fidèles, de quelque qualité qu'ils puissent être, si ce n'est pour la reddition des comptes ou par le consentement du pasteur; elle décerne la peine de suspension contre les consistoires qui auront enfreint ladite défense.

4. — L'assemblée renvoie le jeûne indiqué pour le premier dimanche d'octobre au jour où les églises de Clairac jeûneront; on charge le sieur Arthaud, ancien de l'église de Tonneins, de s'informer de nouveau auprès de M. Dumas du temps où ce jeûne se célébrera, et dès qu'il en sera informé le pasteur en préviendra les églises, bien entendu toutefois que les églises de Nérac ne jeûneront que huit jours après celles de Tonneins.

Fait et arrêté en colloque au Désert, le 28 septembre 1766.

P. Lanne, pasteur; Dupouy, secrétaire; V. Lartigue;

RÉAu, diacre; Passet, ancien; Laperche, ancien;

SouRBÉ, ancien; Dupouy, ancien; Ladeux, ancien;

Demichel, ancien; Dumatha, ancien; Aubié, ancien;

Mensa, ancien; Réau, ancien; Taurou, ancien; Bar-

Becane, ancien.

— Collection F. Marquis-Sébie.

Sur les plaintes refpedivement & mutuellement portées par MM. Dupuy & Dumas, pafteurs, & M. Lacofte-Laguhai, ancien, & vu le mémoire du confifloire de Tonneins, le tout bien confidéré & mûrement pefé, l'affemblée a trouvé les uns & les autres très-répréhenfibles. En conféquence, elle charge MM. les modérateurs de les cenfurer vivement chacun en particulier, & les concernant, exhorte lefdits pafteurs & anciens de mieux fe comporter à l'avenir, & de fe fupporter mutuellement, & de fe prévenir par honneur, afin de faire régner l'union, la paix & la concorde dans le fein de leurs églifes; de plus, la compagnie trouve le confifloire de Tonneins très-répréhenfible d'avoir député au colloque autre que des anciens dudit confifloire, & par là avoir donné lieu aux plaintes mentionnées ci-deffus. En conféquence, elle charge M. le modérateur de cenfurer vivement ledit confifloire en la perfonne de fon député, ici préfent, & lui enjoint de fe conformer à l'avenir plus exactement à l'ordre & à nos arrêtés eccléfiafliques.

Sur la propofition faite à la compagnie, fi l'on peut départir la bénédidion nuptiale à un homme qui a cohabité avec une fille, & dont il y a un enfant. Se qui dans cet état en a fiancé une autre, on a répondu qu'on ne pouvait bénir un tel mariage fans enfreindre les lois civiles & canoniques.

Le fynode prenant en confidération la demande qui a été faite par le confifloire de Laparade de fecourir une famille attaquée injuflement par des parents qui lui ont ravi fon bien, en fe fervant des faux prétextes de l'invalidité du mariage fait au Défert, les églifes f 'obligent de l'aider à lui faire rendre juflice Se contribuer aux frais néceffaires pour ce.

Les quartiers bas du Haut-Agenais & de Ste-Foy ayant demandé que M. Dumas, paft:eur, leur accordât fon miniflère, ledit pafleur f 'efl déterminé pour le premier, & l'afTemblée y a confenti.

Le confifloire de Ste-Foy ayant demandé à l'afTemblée fynodale qu'il lui fût permis de fe pourvoir d'un pafleur, elle lui accorde fa demande, fous cette condition que ledit pafleur fera connu de la province, & qu'il promettra de fe foumettre aux lois de la difcipline

SYNODES PROVINCIAUX. 409

& de tous nos arrêtés eccléfiaftiques ; on accorde le même privilège au confiftoire de Caftillon qui l'a demandé, & aux mêmes conditions.

Conformément aux engagements que M. [de] Bécays, étudiant de cette province, avait pris avec elle, aujourd'hui étant parvenu a[u] St-Miniftère, ladite province lui adreffe vocation, [&] charge^MM. les modérateurs de lui écrire en conféquence.

M. Dumas, pafteur, a3^ant demandé au fynode que M. Duverger, fon élève, fût dans l'étranger, pour y perfectionner fes connailTances & jouir du privilège accordé aux étudiants français, l'afTemblèe concède à fa demande, & qu'on écrive aux refpedables directeurs du féminaire en conféquence, & leur faire part des raifons qui engagent la province d'envoyer ce fujet. M. le fecrétaire efl chargé de cette commifiîon, de même que de prier ces illuftres amis de protéger M. Pierre Marché, élève de M. Renateau, pafteur, mis au nombre de nos étudiants depuis un an, de lui permettre d'affifter à toutes [les] leçons données.

Les députés au fynode national prochain font chargés de lui préfenter les articles fuivants : le 4^ & 5^ du fynode provincial de 1763, — les 11% 14^ & 24^ du fynode de 1764, — les 12^, i3® & 21^ du fynode provincial de 1765^

xvm.

Conformément à l'art. 22 du fynode provincial dernier, M, Viala, pafteur, ira exercer fon miniftère dans le quartier haut du Haut- Agenais, & M. Dupuy aîné, pafteur, ira exercer le fien dans le quartier de Bergerac. La compagnie charge M. Gaft, ancien & député au préfent fynode, d'écrire à la province de Saintonge pour la prévenir des raifons qui nous ont obligés à folliciter ce pafteur à demeurer dans notre fein, & de celles qui l'ont déterminé à fe rendre à nos inftances.

On charge M. Dumas, pafteur, & Lacofte-Laguhai, ancien, de voir quelqu'un du parti de M. Dubois [Lanne], pour les folliciter à

I. On a donné (p. 368) le synode de 1765 ; mais il convient de remarquer que les synodes provinciaux du Périgord et de l'Agenais s'étaient régulièrement tenus en lyôS et en 1764, et il paraît certain qu'ils furent convoqués avec la même régularité jusqu'à la Révolution. Leurs actes n'ont pas été retrouvés.

vouloir fe réunir & fe foumettre à la décifion du prochain [fynode] national ; & en cas [de] déférence de leur part, on les préviendra du temps, du jour & du lieu dudit fynode.

Quant aux arrérages des honoraires de MM. les pafteurs, les plus anciens feront payés les premiers, fous peine de cenfure.

L'affemblée enjoint au quartier haut du Haut-Agenais de payer les honoraires de M. Viala, pafteur, depuis le premier janvier dernier, conformément aux art. 44 etc. d[u] chap. 1*^ de la difcipline.

M. Dupuy, pafteur, devant deffervir le quartier de Bergerac, M. Liard, pafteur, deffervira celui de Ste-Foy, & M. Renateau, aufîi pafteur, celui de Montravel ; en forte que les églifes du Périgord feront aujourd'hui trois quartiers, tels qu'ils étaient il y a iix mois.

Les députés au prochain national font chargés de demander à cette vénérable affemblée que la province de Guyenne foit telle qu'elle était avant la révocation des édits de Nantes, conformément à l'art. 3 du fynode provincial de Bordeaux de 1761.

On a nommé, pour aflifter au prochain national, MM. F. Viala & Pierre Dupuy aîné, pafteurs, MM. Pierre Dumigron & André Sageran, de Lagrange, anciens, lefquels on a pourvus d'une lettre de députation.

Le quartier du Haut-Agenais eft chargé de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi conclu & arrêté, ledure en ayant été faite, les mêmes jours & an que deffus.

Viala, pafteur & modérateur; Renateau, pafteur & modérateur-adjoint ; Dumas, pafteur & fecrétaire ; Renouleau, pafteur & fecrétaire-adjoint.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode de Saintonge, Angoumois et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes deSaintonge, Bordeaux & Angoumois% aflemblées en fynode les vingt-quatrième [&] vingt-cinquième avril mil fept cent foixante-fix, auquel ont affifté, en qualité de députés, MM. Henri Cavalier, Pierre Dugas, Jean Martin, Jean Jaroufreau& Jean Dupuy jeune, pafteurs, avec douze anciens, après avoir imploré le fecours divin, ont délibéré & arrêté les articles fuivants :

Après la ledure des lettres de députation, qui ont été trouvées admiflibles, on a élu, à la pluralité des fuffrages, M. Dugas, pour modérateur; M. Henri Cavalier, pour modérateur-adjoint; M. Martin, pour fecrétaire, & M. Dupuy, pour fecrétaire-adjoint.

Colloque de Saintonge et Angoumois du 24 janvier iy66.

Au nom de Dieu. Amen.

I . Les églises de Saintonge et Angoumois, assemblées en colloque le 24 janvier 1766, après avoir imploré le secours divin, ont délibéré ce qui suit :

1. — A la pluralité des suffrages, on a élu M. Dugas, pasteur, pour modérateur; M. Martin, pasteur, pour secrétaire.

2. — Vu la demande du consistoire d'Avallon et celle de M. Dubois, de Saujon, concernant M. Bernelot, la compagnie ne pouvant s'empêcher de condamner le refus qu'il fait de cautionner son fils, conformément aux promesses réitérées qu'il avait faites par serment, lorsqu'il fut question de le marier avec la demoiselle Garnier, a décidé, fondée sur les principes de la morale chrétienne, et surtout sur cette décision du Roi prophète, au ps. i5 : (^S'il a jure', fusse à son ^ dommage, il n'en changera rien))^ que ledit sieur Bernelot doit être privé de la communion jusqu'à ce qu'il ait rempli à ce sujet ses engagements, ou du moins qu'il ait pris quelque arrangement entre eux, qui puissent satisfaire ceux qui sont intéressés à l'exécution de la promesse dont il est question; de quoi le consistoire de son église est chargé de le prévenir.

3. — Lecture ayant été faite de la lettre de M. G. Dubois, de Saujon, et vu la demande qu'il fait que l'assemblée examine ce qu'il y a d'irrégulier dans la conduite du consistoire d'Avallon, relativement à l'inexécution de l'art. 17 du synode dernier, la compagnie juge la négligence dudit consistoire dans cette affaire trèscondamnable, blâme fortement l'ancien qui a expédié un certificat audit sieur Bernelot pour aller communier en une autre église, et improuve aussi M. Dugas, pasteur, d'y avoir eu égard.

4. — L'assemblée, ayant pris en considération le mémoire du consistoire de

La corruption qui règne dans le monde & qui ne fe gliffe que trop dans TEglife, le relâchement qu'on aperçoit dans le culte divin, nous donnant jufte fujet de craindre les jugements du Seigneur, l'affemblée a déterminé que, pour tâcher de les détourner & nous attirer la protedion du Ciel, toutes les églifes de cette province célébreront un jeûne folennel qui a été fixé au 23® novembre prochain ; mais au cas que le fynode national vienne à fe tenir avant le fufdit temps & qu'il indique un jour de jeûne général, celui dont il f'agit dans le préfent article n'aura pas lieu.

Marennes, ne juge pas à propos de rien statuer à cet égard, attendu que M. Dupuy, pasteur, promet de produire la lettre dont il s'agit dans ledit mémoire, aux anciens de ladite église, qui en feront l'usage qu'ils trouveront à propos.

5. — M. Daunis, de Puyraveau, ayant retiré d'entre les mains de M. de Riollet la somme de 175 liv., conformément à l'art. 16 du colloque du 24 février 1763, il a été décidé que, vu les difficultés qu'il y a de savoir précisément quelles sont les églises qui ont droit à cette somme, et combien il pourrait leur en revenir, elle sera employée par ledit sieur Daunis à payer des dépenses générales qui pourront intéresser toutes les églises, lorsqu'il en sera requis et dûment autorisé, au moyen de quoi, et en conséquence des autres payements que ledit sieur de Riollet a faits par ordre du colloque du 16 décembre 1761, art. 12, il se trouve acquitté de la somme de 600 liv. que les églises lui avaient prêtée.

6. — M. Dupuy l'aîné ayant accepté la vocation que la province lui a adressée, il a été arrêté que son quartier sera composé des églises de Jonzac, Pons, Gémozac, St-Fort, Mortagne;

Celui de M. Jarousseau, de celles de Cozes, Meschers, Didonne, le Pouyaud, Royan et St- Palais;

Celui de M. Martin, de celles de Chez Piet, Segonzac, le Louis, Jarnac et Cognac;

Celui de M. Dugas, de celles de La Tremblade, Avallon, Paterre, Mornac et Breuillet ;

Celui de M. Dupuy jeune, de celles de St-Savinien, le Port des Barques, Marennes, la Pimpelière, Luzac et Souhe ; et par rapport à l'église de St-Savinien, vu son éloignement et pour soulager M. Dupuy, il a été convenu que MM. Dugas et Martin feront deux rondes chacun par année, et MM. Dupuy aîné et Jarousseau une ronde chacun.

7. — Au moyen de 48 liv. que le quartier de M. Jarousseau a payées de plus que ses honoraires, jusqu'à Noël dernier, et de 24 liv. que M. Dugas lui a payées du surplus des siennes, ledit Jarousseau se trouve payé de ce qui lui fut alloué par le synode dernier, (art. 19); comme aussi M. Dupuy jeune se trouve également payé de celui qui lui a été accordé par le même article, au moyen de 42 liv. dé surplus, qu'il a d'honoraires dans son district jusqu'à Noël dernier, et de 3o liv. qui lui ont été comptées aussi en déduction comme ci-dessus.

8. — Outre les payements que M. Dugas a faits et qui sont exprimés dans l'article précédent, il reste encore redevable aux églises, en vertu de l'excédant de ses honoraires jusqu'à Noël dernier, de 406 liv., dont il leur tiendra compte lorsque celles de ces églises qui lui doivent l'auront payé; M. Martin se trouve aussi, lui.

SYNODES PROVINCIAUX

Vu les irrégularités de la convocation du fynode national fixé au 3^ juin de la préfente année, & vu d'ailleurs que le fujet qu'on allèg[ue] pour unique motif de cette convocation a déjà été agité & rejeté par le fynode national dernier, fans qu'il paraiffe qu'il y ait aucune nouvelle circonftance qui doive le faire prendre aujourd'hui en confidération, la compagnie a arrêté que cette province n'enverra aucun député audit fynode, & charge Meffieurs les modérateur & fecrétaire de la préfente affemblée d'en informer inceffamment la province convocatrice & de la folliciter de renvoyer, fil eft poffible, la tenue dudit

être redevable de celle de 33o liv. dont il leur tiendra compte aux conditions exprimées ci-dessus.

9. — L'assemblée, informée que quelques églises n'ont pas payé exactement jusqu'ici leurs honoraires, la compagnie, jugeant que ce défaut n'a sa source que dans un principe d'ingratitude ou dans la négligence de MM. les anciens, enjoint aux uns et aux autres de s'acquitter de leurs devoirs à cet égard, faute de quoi elle autorise MM. les pasteurs de cesser d'y exercer leur ministère relativement à la prédication.

10. — L'art. 17 du colloque du 24 février lyôS, qui porte que MM. les pasteurs remettront l'excédant de leurs honoraires à divers particuliers désignés dans ledit article, n'ayant pas été exécuté en vertu d'autres arrêtés postérieurs, on déclare ici que lesdits particuliers ne doivent pas être tenus à aucune reddition de compte à ce sujet, non plus que M. Decourt de ce dont il était chargé par l'art. 4 du colloque particulier des églises de M. Jarousseau du 3o avril 1764, attendu qu'il s'en est déjà acquitté.

11. — Les honoraires de l'église de Jonzac n'ayant été réduits à la somme de 220 liv. que jusqu'à ce qu'il y aurait un cinquième pasteur dans la province, et ayant l'avantage de se le procurer aujourd'hui, l'assemblée à décidé que ladite église paiera jusqu'à nouvel ordre 280 livres.

12. — Le colloque, instruit du dessein où est M. Marsoo, ministre, de quitter les églises du Béarn et de porter son ministère dans une autre province, charge M. Dugas, pasteur, de lui adresser vocation au nom de celles-ci, et d'en prévenir en même temps celles du Béarn.

13. — M. Jarousseau, répondant à la lettre de M. Renouleau, lui marquera que les églises de cette province cèdent à celles du Périgord et de l'Agenais les prétentions qu'elles peuvent avoir au ministère de M. [de] Bécays.

14. — Le consistoire de l'église de Cozes sera chargé de la convocation du colloque prochain, ainsi que d'informer les pasteurs des quartiers respectifs des églises qui le composent des principales raisons qui en demandent la tenue.

15. — Par délibération de la présente assemblée, M. Daunis, de Puyraveau, en a payé (i34) les frais, en déduction de l'argent qu'il a entre mains, appartenant aux églises en général, dont il est fait mention à l'art. 5 du présent colloque, et il restera dépositaire du reste dudit argent jusqu'à nouvel ordre.

Fait et arrêté ledit jour et an que dessus.

DuGAs, pasteur et modérateur; Martin, pasteur et secrétaire.

— Mss. de Jarnac.

fynode, jufqu'à ce que des raifons plus importantes l'exigent. Et au cas que, malgré nos repréfentations, cette affemblée ait lieu, on notifiera par la même lettre que cette province foppofe à l'acceptation du folliciteur propofé, & qu'on fupplie ladite affemblée nationale de compter notre fentiment à cet égard, tout de même que fi nous le manifefi;ions par le canal de députés.

Suppofé que la province chargée de la convocation du fynode national prochain allègue d'autres raifons que celle qui a été propofée, l'aflemblée autorife le confifl:oire de l'églife de Bordeaux de juger de leur validité Si de communiquer fon jugement à cet égard aux députés qui feront ci-après nommés pour qu'ils f'y conforment.

Colloque de Saintonge et Angoumois du i8 septembre ij66.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églises de Saintonge et Angoumois assemblées en colloque le i8 septembre 1766, après avoir imploré le secours divin, on a délibéré ce qui suit :

1. — A l'unanimité des voix, on a élu M. Dugas, pasteur, pour modérateur, et M. Martin, pasteur, pour secrétaire.

2. — L'assemblée, informée par M. Pellissier qu'un des proposants de la province du Poitou serait disposé à se dévouer au service de nos églises, charge M. Martin, pasteur, d'écrire au plus tôt à MM. les pasteurs de ladite province pour les prier de nous informer des raisons qui peuvent le déterminer à prendre ce parti, et s'ils ne trouveront pas mauvais que nos églises lui adressent vocation. Sur les avis aussi qu'on a que M. Marsoo, pasteur, est toujours décidé à quitter la province de Béarn, on autorise M. Jarousseau, pasteur, de lui réitérer les propositions qu'on lui a faites autrefois de l'admettre au nombre de nos pasteurs, pourvu qu'il obtienne congé de la province où il est actuellement.

3. — On consent que le sieur Aubert soit admis au nombre des étudiants de la province, supposé que le consistoire de Bordeaux lui reconnaisse les qualités requises pour le St-Ministère, et l'on s'engage à contribuer aux frais de ses études, dès qu'il partira pour aller les continuer dans le séminaire, suivant les règlements de nos synodes sur ce sujet.

4. — On charge M. Dupuy, pasteur, de faire savoir au jeune homme des environs de Ste-Foix, dont il a parlé à l'assemblée, que, s'il veut se dévouer au service de nos églises, il peut se rendre parmi nous, lorsqu'il le jugera à propos ; et supposé qu'il vienne, M. Jarousseau est chargé par le présent article d'en diriger la conduite et les études.

5. — La compagnie, édifiée du zèle des fidèles de Rochefort qui les a portés à s'ériger une maison d'oraison dans leur ville, et vu d'ailleurs les obstacles qu'il y a qu'ils continuent à faire partie de l'église du Port des Barques, consent qu'elle soit désormais regardée comme église, et qu'en cette qualité elle soit desservie comme une des autres par le pasteur du quartier.

6. — L'assemblée , informée que quelques anciens s'ingèrent à composer certains discours ou prières qu'ils lisent en public, sans au préalable les commu-

SYNODES PROVINCIAUX

Quoiqu'il foit d'ufage que chaque province eccléfiaftique envoie quatre députés aux fynodes nationaux, cependant, vu l'éloignement du lieu où le prochain doit fe tenir, le preffant befoin que les églifes de cette province ont de leurs pafteurs, la mifère du temps, les dépenfes confidérables qu'elles ont été & qu'elles font continuellement obligées de faire à l'occafion de leurs temples, etc., on fe flatte que ladite affemblée nationale ne trouvera pas mauvais qu'on n'y en envoie que deux. Pour cet effet, on a élu à la pluralité des fufîrages, d'entre les pafteurs M. Henri Cavalier, & pour fubftitut M. Jean Jaroufleau;

niquer à leur consistoire, blâme cette licence, quelque principe qu'elle puisse avoir, comme supposant en géne'ral trop d'amour-propre, et contraire d'ailleurs au bon ordre ; et elle leur enjoint, en conséquence, ainsi qu'à tous autres particuliers, de ne plus agir ainsi à l'avenir.

7. — La compagnie, informée que M. Jarousseau, pasteur, a pris congé de l'église de Pons sans y être autorisé par le consentement d'aucun colloque ni synode, n'a pu s'empêcher d'improuver cette démarche comme contraire à ce qui est prescrit par la discipline à cet égard à l'art. 22 du chapitre premier.

8. — Sur l'exposé qu'on a fait de la conduite qu'ont tenue MM. de Riollet et Gros jeune, de Pons, à l'occasion de la tenture dernière, on a nommé M. Martin, pasteur, avec MM. Lambert, de St-Fort, et Boisbeleau, d'Ozillac, pour en prendre une plus grande connaissance et pour en juger.

9. — M. Jarousseau continuera à desservir l'église de Pons ainsi que toutes les autres de son quartier ; cependant, eu égard aux scrupules de conscience qu'il se fait d'administrer la communion à ceux qui décorent leurs maisons les jours appelés Fête-Dieu, il sera dispensé d'y exercer ses fonctions pastorales à cet égard, ainsi que dans celles de St-Fort et Mortagne, lesquelles églises la recevront par les autres pasteurs, de la manière qu'il a été convenu entre eux.

10. — Quelques députés s'étant retirés avant la conclusion de la présente assemblée et sans en prendre congé, on blâme fortement l'irrégularité de leur conduite à ce sujet, et on charge leurs pasteurs respectifs de les en censurer vivement.

11. — M. Daunis, de Puyraveau, ayant fait compter la somme de Sg liv. 1 5 sols, il se trouve entièrement déchargé de ce dont il était redevable aux églises, suivant l'art. 1 5 du précédent colloque, laquelle somme a été employée à payer une partie de la dépense de la présente assemblée.

12. — Le consistoire de Cozes continuera jusqu'à nouvel ordre de convoquer les colloques qu'on aura besoin d'assembler, déterminera le nombre des députés que chaque quartier devra y envoyer, et aura soin d'indiquer exactement les matières qui devront y être agitées; et à l'issue desdits colloques, comme il est de convenance qu'il y ait une prédication le dimanche suivant dans l'église où ils se tiennent, MM. les pasteurs des autres quartiers seront obligés de la donner, savoir: M. Dugas, le premier, M. Martin, le second, et M. Dupuy, le troisième.

Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.

DuGAS, pasteur et modérateur; Martin, pasteur et secrétaire.

~ Collection Boulineau et Mss. de Lezay.

& d'entre les anciens M. Thomas de Riollet, de Pons, & à fon défaut, M. Jean Poché Delafont, de St-Genis.

La compagnie charge lefdits députés au prochain fynode national de demander qu'à l'avenir chaque province ne foit tenue d'envo3^er qu'un pafteur & un ancien aux fynodes nationaux pour la repréfenter, par les raifons énoncées ou autres à alléguer, jufqu'à ce du moins que les églifes fe trouvent dans des circonftances plus favorables, conformément à l'arrêté du fynode national tenu à Poitiers en i56o.

vn.

En conféquence de l'art. 6 du dernier fynode de cette province, Meffieurs les diredeurs du féminaire, à qui il a été communiqué, ayant eu la bonté d'agréger au nombre des féminariftes, le fieur Vaurigaud, de Pons, l'afTemblée charge MM. Martin & JaroufTeau de prendre fur fon compte les informations néceffaires touchant fes talents & fes mœurs, & de lui expédier au nom de la province l'atteftation dont ils le croiront digne, pour qu'il puilTe être reçu au féminaire. Et dans le cas qu'on puifle l'autorifer à partir, M. JaroulTeau lui comptera les 200 liv. qui lui ont été affignées dans le fufdit article, laquelle fomme lui fera envoyée dans tout le courant du mois de mai prochain par les quartiers refpedifs de la province, favoir : par l'églife de Bordeaux 66 liv. i3 f. 4 d, & par chacun des quatre quartiers de Saintonge & Angoumois 33 liv. 6 f . 8 d.

En vertu des engagements que M. Dupuy l'aîné a ci-devant contrariés avec les églifes de cette province, la compagnie lui enjoint de fe rendre dans le quartier qui lui a été affedé, le plus tôt qu'il lui fera poffible, Si pour le plus tard dans tout le courant du mois de juillet prochain, lequel arrêté lui fera communiqué par Monfieur fon frère.

Jufqu'à l'arrivée de M. Dupuy l'aîné, les églifes de Saintonge & Angoumois feront dclTervies ainfi qu'elles l'étaient avant le colloque dernier, & après fon arrivée, l'arrangement pris dans ledit colloque (art. 6) tiendra jufqu'à ce qu'on puilfe fe procurer un plus grand

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nombre de pafteurs. Cependant, à la réquifition de l'églife de St-Savinien, l'aflemblée entend que M. Dupuy jeune, qui eft cenfé avoir la diredion paftorale de cette églife,y adminiftre les quatre communions annuelles.

A la réquifition du quartier aduellement deffervi par M. Dupuy jeune, on l'autorife à adrelTer vocation à MM. Pelliiïier & Solier, pafteurs, pour la defferte des églifes qui le compofent, & à leur charge particulière, fans que les autres quartiers foient obligés d'y contribuer, qu'en vertu du moins de quelque arrangement poftérieur.

M. Jarouffeau ayant rappelé à l'affemblée qu'au lieu de 8 louis d'or qu'on devait lui rembourfer pour les frais du voyage qu'il avait fait dans l'Agenais, il ne lui en fut alloué que 6 par le fynode dernier (art. 19), on lui a compté aujourd'hui 48 liv., favoir: l'églife de Bordeaux, 16 liv. pour fa quote-part, & le furplus par les quartiers refpedifs de Saintonge & Angoumois.

Le fynode approuve l'arrangement que le confiftoire de La Tremblade a pris, de concert avec les principaux membres de fon églife, concernant les places dans le temple, contenu dans fes délibérations des 28* novembre 1765 & 16^ février dernier, & continue d'exhorter les fidèles à féconder fes vues charitables, fuivant l'art. 1 3 du précédent fynode de cette province.

En acquit des penfions dont notre province eft chargée envers M. Court & Mad[ame] la veuve Bétrine, dont la première, de 5o liv., écherra au premier juin prochain, & la féconde, de 36 liv., au premier feptembre fuivant, M. Dugas comptera à l'églife de Bordeaux, à compter de ce qu'il doit à celles de Saintonge & Angoumois, la fomme de 57 liv. 6 f . 8 d, au moyen de quoi ladite églife de Bordeaux acquittera lefdites penfions pour la préfente année.

Pour fubvenir aux dépenfes que MM. les députés au prochain fynode national feront obligés de faire, l'affemblée a arrêté & ordonne qu'il leur fera fait une avance de 600 liv., qui feront comptées comme

fuit : à M. Broffard, de Pons, 400 liv., favoir: par M. Dugas i5o liv., par M. Martin, i5o liv., en déduction de ce qu'ils doivent aux églifes, & les 100 liv. reliantes par les quartiers refpedifs de Saintonge & Angoumois, chacun par égales portions; & les autres 200 liv. feront comptées par l'églife de Bordeaux à M. Cavalier; enjoint, en outre, la préfente affemblée que lefdites 400 liv., dont il f'agit, feront envoyées audit fieur Broffard, avant le i5^ du mois prochain, pour être remifes au député ancien, à fa première réquifition.

En conféquence de l'art. 4 du préfent fynode, qui donne commiffion & pouvoir au confiftoire de l'églife de Bordeaux de juger fil fera à propos d'envoyer nos députés audit fynode national, on charge de plus, par le préfent article, ledit confiftoire de dreffer un mémoire relatif aux divers intérêts de notre province & à la façon de penfer de nos églifes, qu'il connaît, lequel mémoire on fupplie le vénérable fynode national de prendre en confidération, tout comme fil émanait diredement de la préfente aflemblée.

Le quartier de M. Dupuy jeune eft chargé de la convocation du prochain fynode de notre province.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que deflus.

DuGAS, paft»' & modérateur; Cavalier, paft'' & modérateuradjoint; Martin, part»" & fecrétaire; Dupuy jeune, pafteur & fecrétaire-adjoint.

MÉREAUX DU XVIJI^ SIRCLE

SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Poitou.

Les églifes du Poitou, affemblées en fynode le treizième du mois de mai mil fept cent foixante-fix, après avoir imploré le fecours divin & choifi pour modérateur M. Gamain, pafteur, & M. Pougnard, palleur, pour modérateur-adjoint; M. Guimard, ancien, pour fecrétaire, & M. Liège, ancien, pour fecrétaire-adjoint, ont arrêté ce qui fuit:

Reconnaiffant que les Chrétiens fe rendent très-coupables par le peu d'attention à la pratique de leurs devoirs, nous fommes convenus que ceux qui laifferont écouler plus d'une année fans participer au facrement de la Ste-Cène, paraîtront en confiftoire pour rendre raifon de leur négligence ' ; bien entendu que cela ne caufera aucun changement concernant ceux qui feront fujets aux cenfures publiques.

Le fynode n'a pas jugé à propos d'accepter le refus que l'églife de Villefagnan fait de fournir la charité à M. Lapra; au contraire, il lui eft enjoint de continuer à payer ladite penfion^. Les membres de cette églife font auffi exhortés d'obferver mieux à l'avenir le jour du faint Dimanche que par le paflé. Tous les fidèles de cette province font auffi exhortés d'employer le jour du faint repos à la piété & à la dévotion.

1 . On place ici la reproduction de quelques méreaux qui appartiennent, pour la plupart, aux églises du Poitou; on en trouvera plus loin, à l'appendice, la description en même temps que quelques détails sur leur emploi au XYIII^ siècle. Le méreau était, comme on sait, un jeton de plomb qui était distribué par les anciens aux fidèles admis à la Cène, et que ces derniers remettaient à un autre ancien, désigné pour cette fonction, au moment où ils entraient dans le parquet (Voy. p. 384, art. 9) pour prendre part à la communion. Ces pièces datent de la même période, et sauf celles de La Tremblade (Saintonge), de Castelmoron et du Quercy, proviennent du Poitou. La plus ancienne porte la date de 1745 et appartient à l'église de Cherveux.

2. Lapra s'était retiré à Lausanne; il était pensionné par les églises du Poitou. Il existe 24 lettres de lui sans grand intérêt historique (août 1760— septembre 1778), dans les Mss. de Melle (Deux-Sèvres).

Il a été conclu que les fecrétaires qui font chargés des regiftres des églifes auront foin de les faire figner, favoir : quatre témoins pour les mariages & deux pour les baptêmes ' ; fi les témoins ne favent figner, qu'ils les dénomment fur lefdits regiftres.

Gamain, palleur & modérateur; Pougnard, pafteur & modérateur-adjoint; GuiMARD, ancien & fecrétaire; Liège, ancien & fecrétaire-adjoint.

I. Question de jour en jour plus grave. L'année suivante, en 1767, les religionnaires du Poitou adressaient une supplique à « Mgr le Procureur-Général en son hôtel, à Paris», au sujet de quelques-uns d'entre eux emprisonnés pour avoir fait bénir leur mariage au Désert. — Mss. de Melle.

Synodes provinciaux de 1767.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert le vingtneuvième avril mil fept cent foixante-fept ^ au nombre de vingt-deux pafteurs de la province, deux des Bafles-Cévennes, un propofant & trente-neuf anciens, députés par les églifes, après avoir invoqué le St-Nom de Dieu & élu, à la pluralité des fuffrages, M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur; M. Pradel, pafteur, pour modérateur-adjoint; M. Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. Puget, aufti pafteur, pour fecrétaire-adjoint, a arrêté ce qui fuit :

Nos églifes ayant à peu près les mêmes raifons qu'elles avaient, l'année dernière, de f humilier extraordinairement, ôc en outre Dieu

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc assemblées le 2y mars ijOy.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général, après avoir imploré la grâce de Dieu et les lumières de son St-Esprit, avons délibéré ce qui suit :

1. — Il a été nommé, à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, pour modérateur; M. Gardes pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune, pasteur, pour secrétaire; M. Brunq pour secrétaire-adjoint.

2. — Comme il est vraisemblable que le synode national se tiendra bientôt, et que le Comté de Foix et M. Lafon ont annoncé dans le public qu'ils veulent se plaindre des délibérés de nos colloques, il a été dressé un mémoire à ce sujet qui

les y appelant par les fléaux dont il a récemment frappé la province dans les récoltes pendantes, l'affemblée a indit un jour de jeûne folennel & l'a fixé au 21^ juin prochain, & en cas d'interruption ce jour-là au dimanche fuivant. Elle exhorte les fidèles à f 'y préparer par des humiliations particulières.

Les pafteurs & les anciens qui compofent la préfente affemblée, vivement pénétrés de douleur en voyant que la corruption fe répand avec tant de progrès dans les églifes, craignant de ne f'y être pas oppofés avec afTez de chaleur par leur empreffement à inflruire, à reprendre & à édifier, fentant cependant de quelle importance il efl que les chefs de l'Eglife en foient le flambeau & enflammés du zèle de la maifon de Dieu, fe font engagés folennellement, comme étant en la préfence de ce Dieu dont l'Eglife leur efl confiée, à faire tout ce qui efl en leur pouvoir pour enfeigner, pour reprendre, pour cenfurer & pour être en bon exemple. Et, pour commencer, ils exhortent les

a été lu, examiné et unanimement approuvé et paraphé, dont la remise sera faite à MM. les députés au futur synode national, afin que, quand le cas le requerra, ils agissent et se conforment audit mémoire, auxquels on donne pouvoir d'opposer toutes les autres raisons et exceptions de droit.

3. — Il a été arrêté que MM. les pasteurs Gardes, Sicard le jeune etCrebessac changeront de quartier à la Toussaint prochaine.

4. — M. Sicard le jeune ayant demandé à l'assemblée un congé de deux mois pour des affaires particulières, elle a consenti à sa demande.

5. — M. Sicard, pasteur, ayant requis l'assemblée d'être dispensé de changer de quartier et d'aller à l'avenir desservir à l'alternative les églises de Puylaurens et Revel, elle a accédé à sa proposition pour sortir à effet, à l'avenir.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjt; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire; Brunq, anc° et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc assemblées le 12 novembre 1767.

Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général, après avoir imploré la grâce de Dieu et les lumières de son St-Esprit, avons délibéré ce qui suit :

1. — L'assemblée a confirmé d'une commune voix M. Sicard et M. Gardes, pasteurs, pour modérateurs, et M. Sicard le jeune, pasteur, et M. Brunq, pour secrétaires.

2. — Sur l'avis que nous a fait donner le vénérable comité de Lausanne que MM. Gerson et Laroque, nos candidats, avaient commencé leurs épreuves avec

SYNODES PROVINCIAUX

pères & les mères à élever leurs enfants dans la dilcipline & dans la crainte du Seigneur, & à fe pourvoir de bons livres pour réuflîr dans ce pieux deffein, comme aufTi à les édifier par leur bonne conduite ; exhortant encore les jeunes gens à être dociles & à profiter des inftructions de leurs parents, ainfi que de celles de leurs pafteurs; enjoignant de plus aux chefs de famille de ne pas borner leur dévotion au culte public, mais encore d'obferver le culte domeftique,& furtout les jours de dimanche, après avoir affilié aux alTemblées religieufes. Et enfin, toute Taffemblée & les pafteurs ont formé la réfolution de catéchifer, autant qu'il fera en leur pouvoir ; & après f'y être exhortée elle-même, [elle] exhorte les confiftoires & les colloques à exercer la difcipline contre les pécheurs fcandaleux, nommément contre les blafphémateurs, les jureurs, les ivrognes & les impudiques, etc.

Le fynode, continuant à fiéger, le 3o® du fufdit mois, & augmenté de deux pafteurs des Hautes-Cévennes, a répondu à la queftion

succès, pressés par le besoin, nous nous voyons contraints de les rappeler parmi nous; en conséquence, il leur sera incessamment enjoint de venir à notre secours par tout le mois d'avril prochain, et plus tôt s'ils le trouvent à propos ; pour cet effet, on priera instamment le vénérable comité de leur imposer les mains.

3. — Afin de faciliter à MM. Gerson et Laroque l'exécution de notre désir, il leur est accordé 1 5o liv. à chacun qu'on leur fera passer sans perte de temps. Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

SiCARD, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjoint; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire ; Brunq, ancien et secrétaire-adjt.

Attestation pour M. Crebessac.

« Nous soussignés, requis par M. Crebessac, dit Vernet, de lui donner un «témoignage de vie, mœurs et progrès pendant le séjour d'environ deux ans et « demi qu'il a fait dans cette ville, déclarons qu'il s'est toujours conduit parmi nous « de la manière la plus régulière et la plus édifiante, et que son application et ses « succès dans l'étude de la théologie, de la morale, d'exercice de la prédication ont «été tels, qu'après les examens attentifs et réitérés, et selon le pouvoir à nous « accordé de l'examiner et de le recevoir au St-Ministère, nous l'avons unanime- « ment jugé capable de l'exercer. En conséquence de quoi, lui avons donné l'imposi- « tion des mains, le premier mai de présente année, dans la ferme persuasion qu'il « serait un bon et fidèle serviteur de Dieu, appliqué à remplir tous les devoirs de « cette sainte vocation, propre à instruire et à édifier les troupeaux aux soins des- « quels la Providence l'appellera. Ainsi nous ne pouvons que le recommander à la « protection divine et à l'afifection des gens de bien.

«En foi de quoi nous avons signé, ce 8 juin 1762.

«A. Court, secrétaire, lecteur en morale et controverse, pour tous. »

— Mss. de Vabre.

«quelles peines on doit infliger à ceux qui, n'ayant jamais communié, tombent dans des fautes graves & fcandaleufes, » qu'attendu que dans l'inflidion des peines on doit pefer les circonftances, lefquelles changent le cas, c'eft aux confiftoires à pefer ces circonftances & à f'y déterminer conféquemment, obfervant d'éviter également une févérité outrée & une indulgence dangereufe.

Les pères & les mères feront fortement exhortés à tenir leurs enfants auprès d'eux pendant le fervice divin, & les formeront à l'attention & au refped que méritent toutes les parties du culte; les fidèles feront aufli exhortés à f'y comporter avec toute la décence poffible ».

Lecture faite d'un mémoire concernant la manière de payer les dettes mortes de la province, & cette matière difcutée, il a été délibéré que chaque églife fera taxée félon fes facultés dans cette alfemblée même, & que, pour faire la levée de leur quote-part, les confiftoires mettront en œuvre toutes les voies raifonnables que leur fagefl'e pourra leur fuggérer.

Sur les plaintes de MM. Valentin, Lombard & Gachon, pafteurs, qui ont expofé à l'affemblée qu'ils ne furent pas payés de tout ce qui leur avait été afligné dans le temps qu'ils étaient dans l'étranger, l'affemblée, louant la générofité qu^ils ont montrée en facrifiant portion de ce qui leur eft dû, & reconnaiffant que c'eft une partie des dettes mortes de la province, a arrêté de les payer des fonds deftinés à cet objet, ce qui f'obfervera encore pour acquitter un arrérage dû à M. Cofte ; & du refte, blâmant avec raifon les églifes qui ne fe font pas exécutées pour concourir au paiement d'une dette fi légitime, les fomme d'y fatiffaire le plus tôt poflible.

L'affemblée, apprenant avec la plus vive douleur & la plus forte indignation que quelques perfonnes fe difant proteftantes, animées par un fordide intérêt, fe portent, au grand fcandale du nom chrétien, à attaquer les mariages de leurs parents bénis au Défert, & f efforcent de les faire regarder comme concubinaires, voulant arrêter le cours

I . Voy. les deux gravures de Boze et de Storni, celle de Storni surtout, moins historique comme cadre, mais d'une si grande vérité d'attitudes.

SYNODES PROVINCIAUX

d'un attentat aufli noir, ordonne aux confiftoires d'exercer toute la rigueur de la difcipline contre ceux qui fen font rendus ou qui f 'en rendront coupables, & d'en venir jufques à les frapper de la grande excommunication, commençant les premières pourfuites dès le premier pas qu'on fera vers un forfait fi atroce.

vm.

Arrête que, conformément à l'ancien ufage des églifes de ce royaume, déformais l'ouverture des fynodes fe fera par un fermon relatif à la circonftance & par la participation à la Ste-Cène ; & pour commencer, la compagnie a élu M. Paul Rabaut, pafteur, pour fonctionner au fynode prochain, & M. Pradel, auffi pafteur, pour fubftitut ; celui-ci fonctionnera à l'ouverture du fynode fuivant & aura pour fubftitut le plus ancien des pafteurs; & l'on continuera de même d'année en année.

La compagnie, reconnailTant la néceffité qu'il y ait dans toutes les églifes une tablature des chapitres qu'on doit lire dans les exercices religieux & des pfaumes qu'on doit y chanter, elle a nommé pour dreffer ladite tablature le confiftoire de l'églife de Nîmes, qui en fera tenir une copie à chaque colloque de la province.

La compagnie, ayant repris fes féances le i*'" mai de la fufdite année, a procédé, en exécution de l'arrêté 5% à taxer ce que chaque églife doit contribuer au paiement des dettes mortes de la province, & l'a fait de concert avec leurs pafteurs & leurs députés, comme fuit :

Colloque de Montpellier : — GraifTeffac i o liv. ; Bédarieux 26 liv. ; Faugères 4 liv. ; Montagnac 18 liv.; Canet i5 liv. ; Cette 24 liv.; Pignan 12 liv.; Montpellier 100 liv.^; Mauguio 2 livres.

I. Les religionnaires de Montpellier tenaient leurs assemblées au mas de Merle, près de la ville, à l'extrémité du faubourg Figairolles. Le mas était caché dans un pli de terrain qui le dérobait aux regards. La proximité du lieu de culte mécontenta probablement l'intendant ou son subdélégué, car des observations furent faites au pasteur Bastide, qui répondit que s'il fallait de nouveau s'éloigner, les assemblées tomberaient entièrement. «Enfin, il est difficile de trouver un lieu commode. 11 faut nécessairement une maison pour mettre les ustensiles, et éloignée des maisons qui vont aux châteaux de MM. l'intendant, le commandant, et l'évêque. Si l'on trouve un lieu commode, l'on pourrait faire un essai aux approches des Etats.» — Mss. Rabaut, III, C. p. 97. (Août 1767.)

Colloque de Maffillargues : — Maflillargues 25 liv. ; Lunel 1 8 liv. ; St-Laurent 12 liv.; le Cailar i5 liv.; Vauvert 25 liv.; Beauvoifin 12 liv.; Bernis 12 liv. ; Vergèze 12 liv. ; Gallargues 14 liv.; Aiguefvives 14 liv. ; Aubais 12 livres.

Colloque de Sommières : — Sommières 32 liv. ; Junas 10 liv.; Sauffines 8 liv.; Vie 12 liv.; Cannes 8 liv.; Quiffac 18 liv.; Lézan 18 liv. ; Lédignan 19 livres.

Colloque de Nîmes : — Nîmes 170 liv.; Milhaud 10 liv. ; Nages i5 liv. ; Calviffon 24 liv. ; Caveirac 20 liv.; St-Mamert 14 liv. ; la Calmette i5 liv. ; St-Geniès 21 liv. ; Boucoiran 10 livres.

Colloque d'Uzès : — Uzès 60 liv. ; St-Quintin 5 liv.; Montaren 12 liv.; Blauzac 5 liv.; Collorgues 12 liv.; Mouffac 12 liv.; Ners 18 liv.; Vézénobres 22 liv. ; Ribaute 9 liv. ; St-Hippolyte [de Caton] i5 liv. ; Gatigues 6 liv. ; Bouquet 8 liv. ; Luffan 18 liv. ; St-Ambroix 26 liv. ; St-Jean-des-Anels 10 liv. ; les Vans 12 liv. ; Salavas 6 liv. ; Vallon 18 liv. ; Lagorce 6 liv. ; Peyremale, ce qu'il pourra.

Sur la queftion qu'on a jugé à propos d'éclaircir, favoir fi les églifes étaient ci-devant dans l'ufage de ne payer leurs pafteurs qu'à terme échu, MM. les députés, interpellés là-deffus, à l'exception de trois à quatre, dont les uns ont dit ne le favoir à raifon de la nouveauté de leur réception, & dont les églifes des autres fe font trouvées dans des circonftances particulières, tous ont déclaré que leurs églifes ne payaient leurs pafteurs qu'après l'année de fervice révolue.

xu.

MM. Allègre & Saufline fêtant plaints de l'inexécution de l'art. 14 des ades du dernier fynode provincial, ces pafteurs entendus, ainfi que MM. Pradel, Lafon, Bouct, & le député du diftrid de ce dernier, l'affcmblée a confirmé le fufdit article, & y ajoutant, ordonne aux églifes de Mouffac, Garrigues & Gatigues de payer dans l'efpace de fix mois ce qu'elles leur doivent pour leurs honoraires de l'année 1762, defquelles dettes il conftera par un double de leur mandat, que M. le pafteur Encontre fournira, recommandant à M. le pafteur Bouët de prefTer ce paiement; & faute par lefdites églifes de f 'acquitter dans le terme prefcrit, le fynode prochain prononcera quelles peines devront leur être infligées.

SYNODES PROVINCIAUX. 427

MefTicurs les commilTaires, nommés par le fynode précédent pour connaître & juger des troubles d'Uzès, ayant rendu compte de la manière dont ils remplirent leur commiffion, Taffemblée, approuvant leur procédé ainfi que leur jugement, leur en a témoigné fa fatiffadion.

Ayant été propofé fi l'on doit rappeler le fils de feu M. Bétrine, la compagnie a jugé à propos de le faire inceffamment & a accordé le fervice qu'il pourra faire dans nos églifes en qualité de propofant aux deux quartiers de MM. Encontre Se Lafon, pafteurs, & cela pour l'année courante.

Sur les troubles qui divifent le coniîftoire de l'églife d'Uzès, Se le refus qu'il a fait jufques ici de payer les honoraires de M. Teiffier pour l'année qu'il Fa deffervie, l'afTemblée ayant nommé MM. Pierre Sauffine & Rabaut fils, pafteurs, & MM. Boufquet & Fraiffinet, anciens, & prié MM. les pafteurs, députés des Hautes & BafTes-Cévennes, de les affifter, à l'effet d'examiner les papiers produits de part & d'autre, — ouï leur rapport, aufli bien que ce qu'ont voulu dire les parties contendantes, la compagnie, reconnaiffant que l'églife d'Uzès doit réellement à M. Teiffier, de l'aveu même de MM. fes députés, enjoint à fon confiftoire de le payer le plus tôt qu'il lui fera poffible; & pour terminer les altercations qu'il y a dans ledit confiftoire, elle a élu MM. Paul Rabaut & Pierre Sauffine, [pafteurs], auxquels elle a affocié MM. Aldebert, avocat, & Rey, anciens, & pour fubftituts MM. Payan & Meyran, auffi anciens, leur donnant pouvoir de connaître & de juger de ces troubles, au nom & en l'autorité de la préfente alfemblée ; elle fait des vœux les plus ardents pour qu'ils aient un heureux fuccès.

Vu la demande des fidèles de Montèze, tout ce qu'on peut faire pour y répondre c'eft d'accorder partie des fondions que pourra faire le fieur Bétrine, propofant, dans l'églife de Ribaute, réunie comme elle l'était anciennement, & dans le cas [que] ledit fieur ne vînt point, les chofes refteront en l'état : la partie de Ribaute ferait annexée au quartier de Lézan, & l'autre au diftrid de M. Lafon.

Les anciens & fidèles de la paroiffe de St-Jean-de-Valérifcle ayant demandé par un mémoire déformer une églife féparée de St-Ambroix, la compagnie n'a pas trouvé à propos d'accorder leur demande; feulement elle a jugé que ledit St-Jean aura des affemblées à proportion de ce qu'il paie pour la taxe du St-Miniftère ; que les anciens de ladite paroiffe les convoqueront où bon leur femblera & qu'ils retireront pour leurs pauvres tout l'argent qui y fera colledé.

Ledure faite de deux mémoires, l'un de l'églife de St-Ambroix Si l'autre de celle des Vans, MM. leurs pafteurs & députés ouïs, tout confidéré, le fynode a jugé que ces deux églifes ne peuvent actuellement être féparées, les exhorte à l'union, & pour éloigner ce qui pourrait l'altérer, elle eft d'avis qu'outre la penfion de 800 liv. que le diftrid doit accorder à fon pafteur, l'églife des Vans lui fournira, pour lui faciliter les moyens de la vifiter, avec le logement 25 liv. & celle de St-Ambroix 5o livres.

Le miniftère de M. Fromental, pafteur, a été affedé de nouveau au quartier de Bédarieux, auquel quartier on a joint les deux églifes de Montagnac & de Canet ; & pour foulager ledit pafteur, d'un côté on lui accorde un propofant en entier, & de l'autre MM. Bouët & Périer fe font engagés à faire dans le fufdit quartier une corvée de deux mois chacun ; au furplus le député du diftrid de Bédarieux feft engagé, tant en fon nom qu'en celui de fes conftituants, à payer les honoraires du fufdit fieur Fromental fur le même pied de l'année dernière, celui des églifes de Montagnac & Canet à fupporter les frais des deux corvées, ceux des allées Se des venues tant dudit pafteur Fromental que du propofant, comme aufîi la nourriture Si les honoraires de ce dernier.

Pour fe prêter à un accommodement qui procure l'emplacement d'un pafteur, MM. Lafon Si Encontre ont donné les mains, l'un à la réunion de toutes les communautés qui compofent l'églife de Ribaute, laquelle fera annexée à celle de Lézan, & l'autre a cédé à M. Périer, pafteur, la moitié du fervice de l'églife de Boucoiran. Cet arrangement

SYNODES PROVINCIAUX. 429

mettant lefdits fieurs Lafon & Encontre à même de fe paffer de l'aide du fieur Bétrine, propofant, ils le cèdent à Taffemblée, qui en difpofera comme elle le trouvera à propos.

Sur les bons témoignages rendus aux qualités de l'efprit & du cœur des fieurs Raoux, Roquette & Ribot, étudiants, a été arrêté à l'unanimité des fuffrages de les envoyer dans notre féminaire ; & comme il importe qu'avant qu'on les confacre pour le St-Miniftère, ils foient connus par les églifes, qu'ils f 'y affectionnent eux-mêmes à les fervir, & qu'ils fe moulent par quelque expérience à la manière de les prêcher & de les conduire félon notre difcipline, l'affemblée ne leur donne cette prérogative que fous l'exprefTe condition qu'après qu'ils auront confacre trois années à perfedionner leurs études, ils fe rendront dans les églifes pour y exercer quelque temps la charge de propofant & achever de fe rendre propres à y exercer celle de pafleur.

Le confifloire de la ville de Nîmes eft de nouveau chargé du dépôt Si de l'adminiflration tant des deniers des dettes mortes, que de ceux pour l'entretien des étudiants.

xxni.

Ayant paru fur la table du fynode un mémoire qui paraifTait venir du confifloire de l'églife de LufTan, mais fans aucune fîgnature, à caufe de ce défaut effentiel de formalité, l'on n'a eu aucun égard au contenu dudit mémoire; & le confifloire de LufTan a été jugé digne de cenfure, tant pour cette raifon que par ce qu'il n'a concouru en rien à l'envoi d'un député de fon quartier au préfent fynode.

Ainfi conclu & arrêté les fufdits jours & an

Paul Rabaut, paiteur & modérateur.

I. Cette année mourut, en Suisse, un des derniers prédicants qui avaient assisté, le 22 août 1716, au premier synode du Dauphiné, l'intrépide compagnon des premières courses d'Antoine Court, le vieux Corteiz.

Synode des Hautes-Cévennes.

Au nom de Dieu. Amen.

Le fynode de la province des Hautes-Cévennes, affemblé les feizième & dix-feptième feptembre mil fept cent foixante-fept % auquel ont affifté Meffieurs Jean-Pierre & Jacques Gabriac, Jean Méjanelle du Cambon, Pierre Vallat, Charles Bourbon, Pierre Pierredon, Antoine Sabatier & Jean-Pierre Roche, pafteurs de ladite province, avec dix-neuf anciens, députés par leurs quartiers refpeélifs; M. Jean Paul Rabaut, pafteur, député du Bas-Languedoc, — après avoir nommé pour modérateur M. Gabriac l'aîné; pour modérateuradjoint M. Méjanelle du Cambon; pour fecrétaire M. Bourbon, Se pour fecrétaire-adjoint M. Pierredon, a arrêté ce qui fuit:

L'alTemblée, vivement pénétrée de la corruption qui continue à régner dans TEglife, enjoint à celles de cette province de f 'humilier extraordinairement par la célébration d'un jeûne folennel, qu'elle a fixé au dimanche qui précédera immédiatement celui des Rameaux.

Colloque des Basses-Cévennes du 25 août 1767.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Le colloque de Ganges, le Vigan et Valleraugue, assemblé le 2 5 août 1767, a délibéré les articles suivants :

1 . — Le colloque demande qu'il soit fait une liste des étudiants et proposants qui sont actuellement dépendants de la province, pour être envoyée au comité de Lausanne, afin qu'il ne reçût pour tels que ceux qui y seront nommés.

2. — On souhaite aussi que lesdits étudiants, qui se vouent au St-Ministère et à la province, soient examinés par tels pasteurs et anciens que le synode trouvera à propos, afin d'encourager les talents et de procurer aux églises les meilleurs sujets qu'il sera possible.

3. — On souhaiterait aussi que MM. les pasteurs de tel colloque que l'on choisira soient nommés pour faire une liturgie relative à notre temps, et une table des chapitres qu'il convient de lire, et psaumes qu'il convient de chanter dans nos saintes assemblées, selon les circonstances et les matières qui devront y être traitées, et de travailler à cela pour présenter cet ouvrage au synode prochain de 1768, afin d'autoriser les auteurs à le faire imprimer à l'usage delà province.

SYNODES PROVINCIAUX

Conformément à la demande du colloque d'Alais, l'on a chargé M. Gabriac l'aîné d'écrire aux vénérables diredeurs du féminaire pour les prier de vouloir bien, au mois de février prochain, faire fubir des examens à MM. Molines & Samuel, propofants de la province, pour juger fils feront en état d'être revêtus du St-Miniftère, afin que, fils le font, ils viennent parmi nous au mois de mars fuivant.

Sur l'appel formé par les églifes de St-Sébaftien & du Pin, il a été délibéré qu'à l'avenir les afTemblées deftinées à la célébration des jeûnes folennels fe tiendront, chaque année, à leur portée, c'eft-à-dire à une diftance proportionnée aux droits de celle d'Alais, au prorata de ce qu'elle paye de miniftère, & que le quart des deniers des pauvres qui f'y recueilleront leur appartiendra.

On a revêtu de la charge de propofant le fleur Philip [Lacofte], & l'on nomme pour en revêtir le fleur Vincent, fils le trouvent en état d'en remplir les fondions, MM. Bourbon & Roche.

Le colloque de St-Germain-de-Calberte ' efl; chargé de la convocation du prochain fynode.

4. — Le consistoire de Valleraugue ayant porté plainte contre M. le pasteur de Lavernède, et l'ayant accusé d'avoir béni un mariage sans le consentement du pasteur ou des anciens, l'assemblée l'a jugé très-répréhensible, et n'étant pas du ressort de ce colloque a renvoyé ladite plainte au synode.

5. — M. Antoine Gai, pasteur des églises du Vigan et Aulas, ayant représenté qu'il ne pouvait point subvenir à la desserte de ces deux églises, celle d' Aulas a demandé un pasteur à titre, et prie le synode de prendre sa demande en considération.

6. — Les églises de Ganges et Sumène demandent au prochain synode un proposant, M. Lapierre ne pouvant point servir ces églises.

7. — Les églises, après avoir rendu un bon témoignage à leurs pasteurs, en demandent la continuation, à quoi les pasteurs se sont accordés.

La lecture des susdits articles étant faite, on les a approuvés ; et après avoir remercié Dieu, l'assemblée s'est séparée.

Valette, pasteur; J. Gal, pasteur; A. Gal, pasteur; Jacques Olivier, pasteur.

— Mss. de Nîmes.

I. St-Germain-de-Calberte comptait, à cette date, 3ooo âmes dans «ses assemblées solennelles.» — Mss. Rabaut, III, G. p. 108 (1768).

Celui-ci ratifie l'art. 8 du dernier.

Les églifes de St-Laurent, Vébron, le mandement de Rouffes, qui feront deffervies par M. Vallat, lui payeront la fomme de 5oo liv., la province celle de 200, & pour fon propofant celle de 120, qui écherront à la St-Michel de l'an 1768.

Le quartier de M. Gabriac l'aîné payera à fon propofant la moitié de fes honoraires, & la province l'autre moitié, qui écherront auffi à la St-Michel de l'an 1768.

Meflieurs les pafteurs ayant rendu compte à l'alTemblée du jugement qu'ils ont porté au fujet de M. Plantier, elle l'a approuvé. Si juge à propos de l'inférer dans fes ades.

« Le corps des pafteurs des églifes réformées des Hautes-Cévennes, uaffemblé le 6® août 1767 pour juger des plaintes portées contre « M. Plantier, pafteur de l'églife de St-Germain-de-Calberte, l'ayant « entendu, de même que plufieurs autres perfonnes inftruites & dignes « de foi, fur tous les chefs d'accufation dont on l'a chargé auprès des (( fupérieurs, l'a trouvé très-répréhenfible d'y avoir donné lieu par fes «imprudences, la chafTe n'étant point de fon état & le mettant d'ail- « leurs dans le cas de violer l'ordonnance du commandant de la pro- «vince au fujet des armes. Il lui a été repréfenté qu'il aurait dû f'en « abftenir, & qu'il était indifpenfablement obligé de perfévérer dans « la réfolution qu'il avait déjà prife de ne plus en porter ; — qu'à l'égard « des tentures il était encore forti par certaines démarches inconfidérées « des fondions de fon miniftère, & que, pour f 'y renfermer, il devait « fe contenter d'inftruire fon troupeau, félon la foi proteftante & dans «l'efprit de modération que l'Evangile prefcrit. En un mot, fur toutes « les fautes, dont ledit pafteur feft rendu coupable à ces divers égards, «on ne feft borné à lui adreffer une vive cenfure que d'après les «marques qu'il a données de fon repentir, & il eft fortement exhorté « à fe conduire déformais d'une manière plus circonfpede, fous peine «d'interdidion. Et pour prévenir de pareilles plaintes, qui ne peuvent « qu'élever des foupçons injurieux au corps des proteftants, l'affemblée

SYNODES PROVINCIAUX. 433

« exhorte les pafteurs & leurs troupeaux à fe conduire avec toute la « prudence que leur intérêt & la religion demandent, w

Dès que MM. Molines & Samuel feront arrivés, on affemblera le fynode pour leur affeder un quartier.

L'on députe au fyn[ode] du Bas-Lang[uedoc] MM. Gabriac l'aîné & du Cambon, & à celui des Baffes-Cévennes MM. Plantier & Roche.

xn.

Le quartier de M. Gabriac l'aîné fera compofé des églifes de Florac, la Salle, St-Julien, Grizac & Barre;

Celui de M. Gabriac le jeune, de celles qui le compofaient l'année dernière;

Celui de M. du Cambon, de celles qu'il deffervait;

Celui de M. Vallat, des communautés de Vébron, de St-Laurent & du mandement de RoulTes ;

Celui de M. Bourbon, des églifes de Meyrueis, de St-André-de- Valborgne, de St-Martin-de-Camprelade, le Pompidou & Molezon ;

Celui de M. Pierredon, de la ville d'Alais & des communautés du Pin & de St-Sébaftien;

Celui de M. Plantier, des églifes de Genolhac, Chamborigaud, Vialas & Penens;

Celui de M. Roche, de la Lozère, de Caffagnas, du haut de St-André-de-Lancize & de la place de Vimbouches.

L'églife de St-Germain fera, jufqu'à l'arrivée de MM. Molines & Samuel, deffervie alternativement par MM. Gabriac l'aîné, Bourbon, Pierredon, Plantier & Roche; celle de St- Etienne, c'eft-à-dire la place de la Chapelle, par M. Gabriac le jeune; celle de St-Martin-de- Lanfufcle, par M. du Cambon, & toutes les trois par le propofant Combet.

Les affaires concernant les églifes, qui furviendront d'un fynode à l'autre, feront déformais gérées par MM. les pafteurs de la province & par autant d'anciens, qui feront: d'entre ceux de M. Gabriac l'aîné,

M. Nogaret, de B[arre], &: à fon défaut, M. Bofquier, de Flor[ac]; — d'entre ceux de M. fon frère, le fieur Guy, du Couv[eyron], & à fon défaut, le fieur Rouv..., de Grofre-Rou[ve] ; — d'entre ceux de M. du Cambon, le fieur Pafcal, de St-Rom[e], & à fon défaut, le fieur Gros,

du Paf....; — d'entre ceux de M. Vallat, M. Saltet, de F , &à

fon défaut, M. Bancillon de Véb[ron]; — d'entre ceux de M. Bourbon, M. de Mafbre...., & à fon défaut, M. Planch[on]; — d'entre ceux de M. Pierredon, MM. FraifT.... ou Gard....; — d'entre ceux de M. Plantier, M. Delam[arre], de Chamb[origaud], & à fon défaut, M. Vieljeuf, de Figer[rolles]; — d'entre ceux de M. Roche, M. Louis Servière, & à fon défaut, le fieur Bon.... de Felg...; — pour l'églife de St-Germain & fes annexes, M. Délabra, & à fon défaut, M. Pellet, de Lavit.

On impofera fur la province, pour l'année 1767 qui écherra à la St-Michel, la fomme de fix mille trois cent quatorze livres, favoir : Sur le quartier de M. Gabriac l'aîné, celle de 872 //- 5 f

Sur celui de M. Gabriac le jeune, celle de Sur celui de M. du Cambon, celle de Sur celui de M. Bourbon, celle de .

Sur celui de M. Pierredon, celle de Sur celui de M. Plantier, celle de .

Sur celui de M. Roche

M. Plantier, pafteur, ayant demandé avec inftance changement de quartier, l'alTemblée, malgré les efforts qu'ont faits fes députés pour le retenir, a répondu favorablement à fes dcfirs.

Ainfi a été conclu & arrêté les fufdits jours, iG*" 8l 17*' feptembre 1767.

Gabriac, pafteur & modérateur; du Cambon, pafteur & modérateur-adjoint; Ch. Bourbon, pafteur & fecrétaire; Pierredon, pafteur & fecrétaire-adjoint.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode de Saintonge, Angoumois et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes de Saintonge, Bordeaux & Angoumois, affemblées en fynode, les vingt & unième & vingt-deuxième mai mil fept cent foixante-fept après avoir imploré le fecours divin, ont délibéré ce qui fuit :

A la pluralité des fuffrages, on a élu pour modérateur M. Pierre Dugas, pour modérateur-adjoint M. Etienne Gibert, pour fecrétaire M. Jean Martin, & pour fecrétaire-adjoint, M. Jean Dupuy.

M. Marfoo, miniftre, fêtant rendu dans cette province en vertu de la vocation qui lui avait été adreffée, l'affemblée l'admet avec plaifir au nombre de fes pafteurs, & fait les vœux les plus fmcères pour l'heureux fuccès de fon miniftère.

Colloque de V Angoumois du 21 avril 1767.

Au nom de Dieu. Amen.

I. Les églises du quartier de l'Angoumois, assemblées en colloque le 21 avril 1767, après avoir imploré le secours divin, ont élu pour secrétaire M. Vois Fombelle et ont délibéré ce qui suit, savoir :

1. — Conformément à la lettre d'avis que le colloque de Marennes nous a donnée de la tenue du synode provincial, nous avons nommé à la pluralité des suffrages M. Martial Fourestier, de Jonzac, pour y assister en qualité de député, et pour substitut M. Merzeau aîné.

2. — L'assemblée, surprise avec raison que le colloque de Marennes demande que chaque quartier n'envoie qu'un seul député avec son pasteur au synode provincial, charge celui qu'elle envoie au prochain de demander avec instance qu'il ordonne qu'à l'avenir chaque quartier en fournira deux, conformément à la discipline qui en accorde la liberté, et à ce qui s'est pratiqué jusqu'ici.

3. — Les églises de l'Angoumois, à cause de Féloignement où elles sont des autres de la province, sont fondées à demander qu'elles forment seules le quartier de M. Martin, leur pasteur, ce qu'elles demandent instamment; cependant, si, par des raisons qu'on ne peut prévoir, il faut qu'il accorde une partie de son ministère à quelque autre, on y souscrira pour celle de Jonzac et non pour aucune autre.

4. — L'assemblée, informée que le consistoire de l'église du Louis néglige de mettre les registres en ordre malgré les instances que M. Martin, leur pasteur,

La corruption qui règne dans le monde, & qui ne fe gliffe que trop dans l'Eglife du Seigneur, nous donnant tout lieu de craindre les châtiments du Ciel, pour tâcher de les détourner & de porter l'Etre fuprême à nous continuer les grâces dont il nous comble depuis quelques années, l'affemblée a ordonné un jeûne folennel, que toutes les églifes de cette province célébreront le 22® novembre prochain.

leur a faites à cet égard, on lui enjoint de travailler incessamment à un ouvrage aussi intéressant, sous peine d'être vivement censuré.

5. L'assemblée, informée qu'il y a des protestants qui envoyent leurs enfants à l'école chez les religieux ou religieuses, vu les risques qu'il y a de [les] leur confier, et que cela est défendu par notre discipline, on enjoint à ceux qui sont en ce cas de discontinuer sans délai, sous peine d'être suspendus de la Ste-Gène, comme la discipline le porte, art....

Ainsi conclu et arrêté le jour et an que dessus.

— Mss. de Jarnac.

Colloque de Saintonge et Angoumois du i-j décembre ijôy.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églises de Saintonge et Angoumois, assemblées en colloque sous la protection divine le 17 décembre 1767, après avoir imploré le St-Esprit, ont délibéré ce qui suit :

1. — A l'unanimité des suffrages, on a élu M. Dugas, pasteur, pour modérateur, et M. Dupuy, pasteur, pour secrétaire.

2. — Malgré la légitimité des raisons qui ont sollicité la tenue de ce colloque, la compagnie a jugé qu'il convenait de ne rien statuer, vu les circonstances présentes.

3. — Comme il est important et nécessaire que tous les pasteurs se trouvent aux colloques généraux, ainsi que des députés, anciens de leurs quartiers respectifs, au nombre qui leur est indiqué par ceux qui sont chargés de les convoquer, on ne peut qu'improuver M. Deloys [Marsoo] de ne s'être pas rendu à celui-ci et de n'avoir pas informé ses églises de sa convocation; on adresse la même censure au quartier de M. Martin, mais on n'y comprend pas ledit M. Martin, à cause de la chute qu'il dit avoir faite.

4. — L'art. 2 du [colloque du] quartier de Marennes, qui demande qu'à l'avenir chaque quartier soit chargé de la convocation des colloques généraux, ayant été pris en considération, la compagnie n'a pas jugé à propos de l'accorder par les mêmes raisons qui ont engagé le colloque du 18 septembre 1766, art. 12, à charger de ladite convocation le consistoire de l'église de Cozes.

La dépense de la présente assemblée, qui se monte à 3oliv., ayant été répartie sur les cinq quartiers qui composent actuellement la province, M. Jarousseau, pasteur, a payé pour le quartier de M. Deloys [Marsoo] 6 liv. et M. Dupuy autant pour celui de M. Martin.

Ainsi conclu et arrêté le susdit jour et an que dessus.

DuGAs, pasteur et modérateur; Dupuy, pasteur et secrétaire.

— Collection A. Pelet.

SYNODES PROVINCIAUX

Les bons témoignages qu'on rend de la régularité de la conduite du fieur Jean-Charles Alard, de la province du Périgord, paroifïe de Razac, on eft très-difpofé à l'admettre au nombre des étudiants de la province; mais comme on [n']eft pas encore en état de porter un jugement jufte fur fes talents, M. Dugas eft chargé de le prendre avec lui pour l'examiner de plus près, &, fil lui en reconnaît de fuffifants, il le fera partir pour le féminaire, lorfqu'il le jugera à propos.

Colloque de l'Agenais du S décembre 176J.

Au St-Nom de Dieu.

Les églises de Tonneins, Grateloup, Fauillet, Puch, Monheurt, St-Germain, Nérac et ses annexes, assemblées en colloque dans les personnes de leurs députe's et ayant M. Pierre Lanne, pasteur, à leur tete, après avoir imploré le secours de TEsprit-Saint, ont délibéré ce qui suit :

1 . — Sieur Pierre Réau aîné a été nommé, à la pluralité des voix, secrétaire du colloque.

2. — L'assemblée ayant pris en considération la vive douleur que témoignent les fidèles de la cessation des assemblées religieuses qu'on a été obligé de faire pendant quelque temps, à cause des malheureuses affaires de Ste-Foy, consent qu'on recommence l'exercice du culte public à condition toutefois qu'on s'assemblera avec prudence et circonspection, laissant à la prudence des consistoires de le faire de jour et de nuit les assemblées, suivant l'exigence des cas.

3. — L'assemblée colloquale, vivement pénétrée des maux affreux que viennent d'essuyer ces églises, convaincue d'un autre côté que c'est l'abus qu'ont fait les fidèles de l'usage des choses saintes qui ont attiré sur leur tete les désastres affreux qu'ils viennent d'essuyer et dont plusieurs de leurs membres en exil et en prison ressentent les douloureux effets, — pour fléchir la colère du Seigneur et pour lui demander la cessation de tous ces maux, notamment la liberté de nos prisonniers, elle convoque un jour de jeûne extraordinaire pour le 20 de ce mois. MM. les anciens auront la bonté d'en avertir les fidèles dans leurs prières.

4. — L'assemblée, instruite que la plupart des fidèles se forment des idées outrées sur l'exécution de l'ordonnance royale (?) qui enjoint à tous ses sujets de faire enregistrer leurs enfants sur les registres des églises paroissiales du Royaume, pour lever tout doute et tout scrupule sur cet objet, exhorte lesdits fidèles à se conformer à la décision du synode, tenu à Paris en iSSg, qui est rapportée à la discipline des églises de France.

5. — Le sieur Corbun, de Monheurt, ayant écrit une lettre à l'assemblée dans laquelle il répète yS liv. 2 s. des avances qu'il avait faites lors du voyage de M. Dubois, il a été délibéré que l'on prierait M. Laperche de rendre son compte concernant cet objet ; et si le sieur Laperche n'est pas remboursé de toutes ses avances, on lèvera parmi les fidèles pour en faire le remboursement audit sieur Corbun.

6. — L'assemblée, informée des débours et des avances qui ont été faits par plusieurs de ses membres en faveur de la pauvre famille Grombolle, loue le zèle et la charité de ce premier et donne de justes louanges à la fermeté de ce dernier ; informée cependant que ces personnes qui ont fait ces avances n'ont pas été remboursées, elle exhorte les fidèles à ouvrir leur cœur bienfaisant dans cette occa-

Le fils du fieur Vaurigaud, de la ville de Pons, fe rendra dans le quartier de M. Dupuy, pafteur, avec qui il reftera autant de temps qu'il fera néceffaire pour qu'il puiffe fainement juger fil a les difpofitions requifes pour parvenir au St-Miniftère; & lorfqu'il fera fondé à en rendre de bons témoignages, on Tautorife à demander au féminaire une place pour lui & de l'y envoyer au nom de la province.

sion ; pour les émouvoir avec plus de facilité, elle a nommé pour faire la collecte de ces avances M . Dubois, pasteur, avec un ancien respectif de chaque église à son choix et volonté.

7. — L'assemblée prie le sieur Réau, diacre de l'église de Tonneins, de donner aux anciens de Puch et de Monheurt 36 liv. qui lui avaient été confiées par le dernier colloque, le déchargeant de cette somme.

8. — L'assemblée ayant pris en considération la demande qu'a faite M. Dupouy, ancien et secrétaire des églises de Tonneins-Dessous, de la démission de ces deux emplois, après l'avoir prié inutilement de vouloir continuer ses deux emplois, dont il s'est acquitté très-bien, lui a accordé sa demande avec regret, et nomme à sa place le sieur Michel Pellissier, qui fera dorénavant les fonctions de secrétaire.

9. — L'assemblée n'ayant pas pu convoquer les églises de Nérac, vu les tristes circonstances où elles se trouvent, ayant néanmoins invité les sieurs Laporte, Périssé, le premier, ancien de Nérac, et le second de Feugarolles, prie ces deux Messieurs de vouloir faire savoir aux églises dont ils sont membres, qu'on ne les oublie point, qu'on est au contraire touché de leur triste état. En particulier, elles ont une bonne part au jeûne qu'on va célébrer le 20 de ce mois, et que, dès aussitôt que les fatales circonstances où elles se trouvent enveloppées seront évanouies, on leur octroiera le service du pasteur comme par le passé; on prie aussi lesdites églises de Nérac de célébrer le jeûne convoqué, se souvenir dans ce jeûne-là de leurs pauvres prisonniers et de continuer à faire éclater en leur faveur leurs sentiments bienfaisants.

Arrêté le huitième décembre mil sept cent soixante-sept.

P. Lanne, pasteur; Réau, secrétaire du colloque; Laperche ; Taurou ; Réau ; Dupouy ; Dumatha ; AuBiÉ; Barbecane; Sourbé; Mensa; Desbarat; Passet; Laporte; Périsse; Bergereau; Pellissier.

— Collection F. Marquis-Sébie.

Colloque du Périgord et de VAgenais du 21 décembre 1767.

Notre aide soit au nom de Dieu. Amen.

Les églises du Périgord et Bas-Agenais, assemblées en colloque le 2 1 décembre 1767, après avoir imploré le secours divin, ont délibéré ce qui suit :

1 . — Conformément à l'usage, on a élu, à la pluralité des voix, M. [de] Bécay, pasteur, pour modérateur; M. Liard, pasteur, pour modérateur-adjoint; et le secrétaire général occupe sa place.

2. — Lecture ayant été faite d'une lettre écrite par M. Dumas, pasteur du Haut-Agenais, l'assemblée, prenant en considération sa demande, charge M. le

SYNODES PROVINCIAUX. ^2>Çf

Etant informés des funeftes divifions qui régnent depuis quelque temps dans l'églife de la Flotte, île de Ré, & requis par une lettre que M. Gâche, pafteur de ladite églife, nous a écrite, en date du 19*' courant, de nous employer à les terminer, la compagnie a jugé que la lettre dudit M. Gâche n'étant écrite qu'en fon propre & privé nom,

modérateur de lui répondre suivant ses désirs et qu'on lui accorde sa demande jusqu'au prochain synode, sous la condition préalable que les églises du quartier haut, qui doivent à M. Dupuy, le satisferont conformément à l'art. 1 1 du dernier synode et non autrement.

3. — Pénétrés de douleur autant que d'étonnement de l'attentat commis, la nuit du 28 au 29 mars dernier, contre la maison du sieur Curé de Ste-Foy, nous avons vu avec le plus grand mal au cœur, par la conduite qu'on a tenue, qu'on soupçonnait des protestants d'avoir été assez oublieux de leurs devoirs pour avoir trempé dans une entreprise aussi odieuse. Nous sommes bien éloignés de penser qu'il se soit trouvé parmi nous des gens assez fanatiques pour s'être portés à de tels excès. Si cependant, par le plus grand des malheurs, il avait pu se trouver quelqu'un d'assez peu instruit des principes du Christianisme pour avoir pu prêter leur main à l'exécution d'un complot aussi odieux, nous déclarons confirmer les articles du consistoire sur ce sujet, par lesquels il est enjoint à tous les fidèles de les regarder comme indignes d'être comptés parmi eux, méritant d'en être séparés comme perturbateurs d[u] repos public; au surplus, les déclarons incapables d'occuper à l'avenir aucune charge ou emploi dans l'Eglise; et pour faire concevoir toute l'horreur d'une telle conduite aux fidèles, lecture du présent article sera faite dans toutes les sociétés religieuses. En outre, MM. les pasteurs sont instamment exhortés d'insister fortement, tant dans leurs discours publics que dans leurs entretiens particuliers, sur la soumission entière et sans réserve que les fidèles doivent aux Puissances supérieures dans tout ce qui n'intéresse pas la conscience, et que dans le cas où ils ont le malheur de ne pouvoir obéir à leurs ordres, sans blesser ce qu'ils croient devoir à Dieu, il n'est d'autre voie que la prière, les larmes, la résignation et la patience à mettre en usage dans les persécutions que ces ordres peuvent leur attirer, sans qu'il soit jamais permis d'user d'aucun moyen illicite pour s'en affranchir.

4. — L'assemblée, ayant égard à la demande du consistoire de Montaut (?) et ce conformément à l'art. 8 du colloque tenu le 24 et 2S juillet 1763, donne le droit audit consistoire de nommer deux commissaires, lesquels rendront compte au prochain colloque de leur mission.

5. — Désormais, aucun consistoire ne pourra terminer aucun différend qui intéressera tout le quartier dont il dépendra, sans préalablement en avoir obtenu le consentement dudit quartier.

6. — Le consistoire d'Eymet sera tenu de payer la taxe qui lui avait été imposée ci-devant, et le consistoire de Pardailhan paiera en son particulier celle qui lui était affectée, sous le nom cependant désormais de consistoire de Duras.

7. — Le quartier de Montaut est chargé de la convocation du prochain colloque.

Ainsi conclu et arrêté, lecture en ayant été faite, mêmes jour, mois et an que dessus.

— Mss. de Nîmes.

ne nous autorifait pas fuffifamment à en connaître ; cependant, difpofés à faire tout ce qui peut être en notre pouvoir pour rétablir la paix dans ladite églife, on charge MM. Jaroufleau & Dupuy, pafteurs, de f'y tranfporter & employer leur médiation au nom de la province, fuppofé qu'ils en foient requis conformément à la difcipline. Monfieur le modérateur aura foin d'informer incelTamment M. Gâche de la préfente délibération.

Un député ayant propofé le plan d'un formulaire de prières adapté à l'état des églifes de la province, la compagnie loue les bonnes intentions de celui qui l'a conçu, & défirant qu'il foit effectué le plus tôt qu'il fe pourra, charge le confiftoire de l'églife de Bordeaux de travailler inceffamment à fon exécution, & de le faire imprimer en y ajoutant des prières pour les folennités.

Malgré les inftances que les députés de l'Angoumois ont faites pour porter l'alTemblée fynodale à annuler l'art. 7 du fynode de la province, tenu en 1 764, qui laifTe au quartier chargé de la convocation du fynode provincial la liberté de fixer le nombre des députés que chaque diftriâ: doit y envoyer (à un ou à deux), on a jugé à propos de le laiffer fubfifter jufqu'à nouvel ordre.

Le fieur Frouin, du bourg de Mornac, n'ayant pas obfervé, dans les plaintes qu'il a portées à la préfente affemblée, les formalités prefcrites par l'art. 5 du fynode provincial de 1764, on ne peut prendre en confidération les deux mémoires qu'il lui a adreffés, devant être d'abord portés au colloque d'où dépendent les parties qui y font intérelTées.

Ledure ayant été faite d'une lettre de M. C[ourt], par laquelle il nous informe qu'il a déterminé un illuftre avocat à compofer un mémoire propre à faire valider nos mariages par arrêt du Confeil, la compagnie, fentant la néceffité de l'exécution de ce projet, verra avec la plus vive reconnaiflance qu'un tel mémoire foit mis au jour, & rengage à contribuer aux frais néceffaires pour cela. Elle charge, en conféquence, M. Dugas, pafteur, d'écrire inceffamment audit M. C[ourt]

SYNODES PROVINCIAUX. 441

pour l'informer de nos difpofitions à cet égard & le prier de nous marquer à quoi pourrait fe monter au total ces frais, afin que notre province lui faffe compter fa quote-part, lorfqu'il fera ne'ceffaire. Elle charge en outre M. Dugas d'informer l'auteur de ladite lettre, que, fi l'ouvrage en queftion produit l'effet défiré, notre province fe prêtera aufli avec empreffement à la colledion d'une fomme fuffifante pour récompenfer libéralement ceux qui contribueront à nous procurer ce grand bien.

Pour qu'il y ait de l'uniformité dans la réception des anciens, on charge le confiftoire de Bordeaux de compofer un formulaire à ce fujet & de le faire imprimer à la fuite de celui dont il Tagit, dans l'art. 7 des arrêtés de la préfente affemblée.

Le fieur Larante, du bourg d'Arces, ayant été fommé de dire la vérité fur la demande que lui fait M. Gibert l'aîné de la fomme de quinze cent trente-cinq livres, & affirmant folennellement qu'il ne doit pas ladite fomme, la compagnie, quoiqu'il lui ait paru pardiverfes circonftances qu'il eft probable qu'il la doit, n'a pas cru néanmoins devoir l'en rendre comptable, d'après ladite affirmation; en conféquence, le renvoie au jugement de Dieu & de fa confcience. Bien entendu, toutefois, qu'ayant avoué lui-même avoir confié un fac de 1000 liv. à feue Mad[ame] la veuve Renaudin, d'Avallon, pour être remis audit fîeur Gibert, fans que celui-ci lui en eût donné ordre, ledit Larante les lui fera compter le plus tôt qu'il pourra, fi ledit fieur Gibert déclare folennellement ne l'avoir pas reçu ; à quoi il feft engagé. Et vu le fcandale qui pourrait réfulter d'après un tel différend fi ledit fieur Larante continuait l'office de lecteur dans l'églife de Cozes, on le lui interdit jufqu'à nouvel ordre.

M. Gibert l'aîné réclamant, par une lettre qu'il a écrite à M. Jarouffeau, pafteur, que notre fynode f'intéreffe pour lui faire payer la fomme de 700 liv. qu'il expofe avoir prêtée, il y a longtemps, au fieur Jean Texier, de la paroiffe de Bonneuil, ainfi que celle de 200 liv. qu'il dit avoir avancée à l'églife de Jonzac, pour les réparations de la maifon d'oraifon, l'affemblée, reconnaiffant la juftice de ces demandes à cet égard, exhorte & enjoint à ladite églife de faire fon poffible pour

fatiffaire au plus tôt ledit Gibert; & par rapport audit Texier, elle charge M. Martin, pafteur, de fintéreffer pour le porter à rembourfer audit fieur Gibert ce dont il lui eft redevable.

Les quartiers refpedifs de Meffieurs les pafteurs feront, jufqu'à nouvel ordre, compofés de la manière fuivante, favoir :

Celui de M. Martin des cinq églifes de l'Angoumois & de celle de Jonzac ;

Celui de M. Marfoo, dit Deloys, de celle de Pons, Gémozac, St-Fort, Mortagne & St-Savinien ;

Celui de M. Jarouffeau des églifes de Royan, Courlay, le Pouyaud, Didonne, Mefchers & Cozes ;

Celui de M. Dugas, de LaTremblade, Avallon, Paterre, Breuillet 6c Mornac ;

Celui de M. Dupuy, de celles de Marennes, la Pimpelière, Luzac, Nieulle, Souhe, le Port des Barques & Rochefort K

A la pluralité des fuffrages, il a été décidé qu'à l'avenir chaque quartier paiera les honoraires du pafteur qui lui fera affedé, & comme celui dont M. Marfoo eft chargé pourrait être actuellement hors d'état de les lui faire en entier, il a été arrêté que, fi cela eft, l'églife de Jonzac y contribuera pour i5o liv. à compte de la fomme de 280 liv. pour la taxe des honoraires, fous la condition qu'il y fera quatre tournées par an.

I . La Rochelle, comme on l'a dit, formait une circonscription à part, et ses actes synodaux font défaut. Mais son organisation se complétait de jour en jour, et sa vieille église reprenait corps, parallèlement à la reconstitution de celles de Saintonge et du Poitou. «Nous Jouissons, grâce à Dieu, de la plus grande tranquillité, écrivait-on le 22 décembre 1767, et depuis 7 à 8 mois nous avons en ville une vingtaine de maisons où Ton s'assemble tous les dimanches, matin et soir, pour la lecture de la parole de Dieu, sermon et chant des psaumes, aussi librement qu'à Amsterdam. Le pasteur va à tour de rôle dans chaque société composée de 5o, 60 à 80 personnes, et tout s'y passe le mieux du monde On ne nous inquiète plus pour le baptême de nos enfants, et, à cet égard, nous pouvons dire que nous ne l'avons jamais été dans les commencements, comme il y avait lieu de le craindre.... Les protestants des provinces voisines, Saintonge et Poitou, sont aussi tranquilles que nous. Ceux de la première ont toujours leurs temples en plein exercice et les pasteurs sont reconnus pour tels par les prêtres de la religion dominante et jouissent de la plus grande liberté. En Poitou, ils s'assemblent dans les campagnes au nombre de 3 à 400 âmes pour prier Dieu. » — Les protestants Rochelais, par M. de Richemond, (1866).

SYNODES PROVINCIAUX

L'augmentation qui doit fe faire dans les quartiers refpeflifs, à l'occafion de l'arrivée de M. Marfoo, pafteur, ne devant prendre fon commencement qu'à la St-Jean prochaine, on charge M. Dugas, pafteur, de compter audit M. Marfoo, en déduction de ce qu'il doit aux églifes, la fomme de 333 liv., au moyen de quoi ledit fieur Marfoo fe trouvera payé de ce qui lui fera dû jufqu'au temps exprimé ci-deflus.

xvn.

Le fynode, informé par les députés des églifes de l'Angoumois que celle du Louis n'a pas payé les honoraires auxquels elle a été taxée depuis 1764, la cenfure grièvement fur ce fujet, & lui enjoint de payer les arrérages qu'elle doit fuivant fa taxe, & ce, dans le courant de cette année; faute de quoi, ordonne à M. Martin de lui refufer fon miniftère, à moins qu'il ne veuille fe charger lui-même de répondre defdits arrérages.

xvm.

Pour payer les penfions de M. Court ^ & de Mad[ame] la veuve Bétrine, de la préfente année, qui écherront, la première à la St-Jean prochaine, & la féconde au 27^ feptembre fuivant, M. Jarouffeau eft chargé de compter à Téglife de Bordeaux, en acquit de la quote-part de la Saintonge & Angoumois, la fomme de 46 liv. 6 f. 8 d.

I. Les églises de Saintonge furent toujours fidèles à Court de Gébelin et à l'œuvre qu'il avait entreprise. Tandis que le Languedoc le discutait ou le tenait en suspicion, et que le Vivarais (voy. p. 457) supprimait la modique pension que son synode lui allouait, la Saintonge, de même que le Poitou, reconnaissait ses services par un dévoûment qui ne se démentait pas. N'était-ce pas d'ailleurs à cette date que cet esprit, toujours en éveil et bien en avance sur la plupart de ses coréligionnaires, après avoir repris, en 1766, l'idée d'un journal protestant, sous le titre L'Observateur protestant (idée déjà vieille, car dès 1761, Paul Rabaut demandait à l'église de Bordeaux de s'informer auprès des consistoires de la province, s'ils seraient d'avis de souscrire à une Galette, dont le directeur serait l'auteur des Mariages clandestins des protestants, et qui paraîtrait tous les mois pour défendre les intérêts des églises), revenait à la charge, formait une nouvelle combinaison (1767) pour lancer Les Nouvelles politiques protestantes, à raison de 2 liv. par mois, ou 24 liv. par an. «Vous comprenez, cher ami, que cette Galette serait un détail de tout ce qui arrive aux protestants pour lesquels travaille notre ami ; non seulement cela, mais on rendrait compte de tous les livres à leur sujet, de tout mémoire ou brochure qui y aurait rapport : on donnerait des morceaux de leur histoire, on ferait leur apologie, on attaquerait l'intolérance dans ses derniers retranchements.» — Voy. Bullet. t. I, p. 394.

A la réquifition de divers députés, on recommande très-expreffément l'obfervation de l'art. 9 du colloque du 26® janvier 1764, portant fufpenfion de la Ste-Cène contre ceux qui fréquentent les cabarets, qui fe livrent au jeu & à la danfe le jour du Dimanche.

La compagnie n'a pas cru qu'il fût nécelTaire de prendre en confidération la demande que M. Thomas de Riollet lui a faite par fa lettre du 18® avril dernier.

Le quartier de M. Marfoo eft chargé de la convocation du prochain fynode.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & an que deffus.

DuGAs, pafteur & modérateur; Gibert jeune, pafleur & modérateur-adjt ; Martin, pafteur & fecrétaire; DuPUY jeune, fecrétaire-adjoint.

Synodes provinciaux de 1768.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Articles du fynode provincial du Bas- Languedoc y affemblé au Défert, le quatrième mai mil fept cent foixante-huit, au nombre de vingt pajîeurs de la province & de vingt-neuf anciens, députés par les églifes. ^

E St-Nom de Dieu invoqué, ont été élus, à la pluralité des fuffrages , MM. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur, & Jean Pradel, auiïi pafteur, pour modérateur-adjoint; MM. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & André Baftide, de même pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

Nos églifes ayant à peu près les mêmes raifons de f'humilier extraordinairement que l'année dernière, il a été arrêté qu'elles célébreront un jeûne folennel le 8® feptembre prochain; & en cas [que] la pluie y formât un obftacle infurmontable, les fidèles f'humilieront

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc assemblé le i^^ juin iy68.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

1. — Ayant soumis à la pluralité des voix la nomination de MM. les pasteurs qui doivent former la table, M. Sicard aîné a été élu pour modérateur, M. Sicard le jeune pour modérateur-adjoint, M. Gardes pour secrétaire, et M. Crebessac pour secrétaire-adjoint.

2. — MM. Faure et Bonifas, ministres, ayant déféré à l'injonction que leur fit notre dernier colloque de revenir dans le sein de ces églises, ils ont été agrégés au nombre des pasteurs de cette province avec d'autant plus d'empressement que les idées très-avantageuses que nous avons pour ces Messieurs nous sont con-

en particulier; à quoi ils feront exhortés quelque temps à l'avance, comme aufli à revêtir les difpofitions qui peuvent rendre ce jeûne agréable au Seigneur.

Sur la demande de l'églife de Nîmes, appuyée par un mémoire, & tendant à obtenir l'établiffement d'un féminaire pour former des jeunes gens au St-Miniftère, toute l'alTemblée, reconnailTant le grand bien qu[i] en réfulterait, & n'étant pas adtuellement en état de fournir aux frais que demanderait cet établiffement, Meffieurs les pafteurs & anciens fe font engagés à faire tout ce qui fera en leur pouvoir pour porteries églifes qui leur font confiées à f'élargir, autant qu'il leur fera

firmées par les amples témoignages qu'ils ont portés du pays étranger, et dont la teneur est ci-après :

Attestation pour M. Etienne Faure.

«Nous, soussignés, déclarons à qui il appartiendra que M. Etienne Faure, dit « Gerson, de Revel, dans le Haut-Languedoc, ayant séjourné dans cette ville et « dans notre académie pendant un temps assez considérable et s'étant appliqué à « y continuer ses études en philosophie, morale et théologie, nous a priés de vou- « loir bien examiner les progrès qu'il aurait faits dans ces diverses sciences, et « qu'il nous plût en conséquence, si nous l'en jugions digne, de lui conférer le « caractère de ministre du St-Evangile, pour l'exercer selon les principes de notre «sainte et bien-heureuse réformation, partout où il y sera légitimement appelé; « sur quoi, et après mûre délibération, nous nous sommes d'autant moins fait de « peine d'acquiescer à sa demande Juste et raisonnable que nous le savons issu « d'une honnête famille protestante, qu'il nous a toujours paru avoir de bons « principes, que ses mœurs ont été pures, et que nous avons reconnu en lui les « dispositions et les sentiments convenables au but excellent auquel il aspire. « C'est pourquoi, après l'avoir examiné avec beaucoup de soin, nous avons été « très-satisfaits de ses connaissances, de sa piété et de l'onction qu'il a fait paraître « dans ses diverses épreuves, en sorte que [nous] nous sommes fait un vrai plaisir « de le consacrer par l'imposition des mains au St-Ministère évangélique, selon les «canons apostoliques, le 29 octobre 1767. Nous implorons avec ardeur la béné- « diction de Dieu notre Père sur sa personne et sur son ministère, le recomman- « dant à la bienveillance de nos chers frères en Jésus-Christ et à la tendre affec- « tion des églises qui lui adresseront une vocation pastorale. En témoignage de «quoi, nous nous sommes signés, le président et le secrétaire au nom de tous.

« A Lausanne le dix-huit février mil sept cent soixante-huit.

« Samuel Secrétan ; Polier de Bottens, doyen et président. »

Attestation pour M. Louis Boni/as.

« Nous, soussignés, déclarons à qui il appartiendra que M. Louis Bonifas, dit « Laroque, de Castres, dans le Languedoc, ayant séjourné dans cette ville et dans « notre académie pendant plus de trois années, et s'étant appliqué à y continuer « ses études en philosophie, morale et théologie, nous a priés de vouloir examiner « ses progrès dans ces diverses sciences et de lui conférer, si nous l'en jugions « digne, le caractère de ministre du St-Evangile pour l'exercer selon les principes

SYNODES PROVINCIAUX

poffible, afin de concourir à une œuvre aulTi excellente; & comme la manière dont on préfente le plan dudit féminaire, dans le mémoire qui a été lu, les raifons dont y étaye ce projet étant très-propres à faire impreflion, l'églife de Nîmes eft priée d'en fournir des copies aux chefs-lieux des colloques, qui en feront part aux diftriéls de leur refTort. Tout cela fait & les députés venant, préparés là-deffus, au prochain fynode, il y fera ftatué ce qu'il appartiendra.

Sur ce qui a été repréfenté de l'irrévérence avec laquelle quantité de perfonnes affiftent à l'adminiftration du St-Baptême, & d'un abus qui f'eft gliffé au fujet des parrains & des marraines, ou infirmes ou

« de notre sainte et bienheureuse réformation, partout où il sera légitimement «appelé; sur quoi, et après mûre délibération, nous nous sommes d'autant moins «fait de peine d'acquiescer à sa demande juste et raisonnable que nous le savons « issu d'une honnête famille protestante, qu'il nous a paru toujours avoir de bons « principes, que ses mœurs ont été pures, et que nous avons trouvé en lui les dis- « positions et les sentiments convenables au but excellent auquel il aspire. C'est « pourquoi, après l'avoir examiné avec beaucoup de soin, nous avons été très- « satisfaits des connaissances, de la piété et de l'onction qu'il a fait paraître dans « ses diverses épreuves, en sorte que nous nous sommes fait un vrai plaisir de le « consacrer par l'imposition des mains au St-Ministère évangélique, selon les «canons apostoliques, le 29 octobre 1767. Nous implorons ardemment la béné- « diction divine sur sa personne et sur son ministère, le recommandant à la « bienveillance de nos chers frères en Jésus-Christ, et à la tendre affection des « églises qui lui adresseront une vocation pastorale; en témoignage de quoi nous « nous sommes signés, le président et le secrétaire au nom de tous. « A Lausanne le dix-huit février mil sept cent soixante-huit.

« Samuel Secrétan ; Polier de Bottens, doyen et président. »

3. — Chacun des cinq pasteurs, qui sont en exercice, desservira à l'avenir un quartier particulier, qui lui sera propre pendant une année, c'est-à-dire que M. Gardes sera affecté à celui de Vabre; M. Sicard le jeune à celui de Castres; M. Crebessac à celui de Mazamet; M. Faure à celui de Lacaune, et M. Bonifas à celui de Puylaurens, jusqu'au colloque qui se tiendra pour le plus tard au mois de mai prochain.

4. — Il est statué, qu'autant qu'il se pourra, chaque pasteur prendra un domicile dans son quartier et que ses églises lui paieront 3oo liv. annuellement pour servir à son entretien, lesquelles 3oo liv., indépendantes des 5oo liv. de son honoraire, seront payables de six en six mois par avance, à compter du premier juillet prochain.

5. — M. Crebessac, pasteur, ayant demandé un congé pour aller chez lui, on lui a accordé deux mois.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur; Sicard le jeune, pasteur et modérateur-adjoint; Gardes, pasteur et secrétaire; Crebessac, pasteur et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

trop avancés en âge, — pour y remédier autant qu'il fera poffible, les pafteurs, conformément à l'art. i5 du chap. xi de la difcipline, auront foin de faire connaître aux fidèles quel eft le refpecl qu[i] eft dû au premier facrement du chriftianifme, 6c ils exhorteront les pères & les mères, qui auront choifi pour parrains & marraines des perfonnes trop infirmes ou trop âgées pour pouvoir remplir les engagements que l'on contrade en pareil cas, de leur affocier des perfonnes moins âgées pour prendre les mêmes engagements; & les uns & les autres feront infcrits dans les regiftres. Au furplus, les pères qui auront des enfants à baptifer en avertiront d'abord, autant qu'ils feront à portée, un membre du confiftoire, Se lui nommeront le parrain & la marraine, afin que dans le cas [où] ceux-ci ne fuffent point compétents, on eût le temps d'en choifir d'autres'.

Les députés de l'églife de Nîmes ayant encore expofé que la plupart des malades de la fufdite églife demandent qu'on leur adminiftre la Ste-Gène, & qu'il eft à craindre, fi on répond à leur demande, que cet ufage ne dégénère en abus & n'opère une fuperftition dangereufe, — défirant que la vénérable affemblée voulût drefler un article qui traçât la conduite que l'on doit tenir à cet égard, la compagnie, confidérant que cette matière mérite une ample difcuflion & qu'il eft à défirer qu'on ait à ce fujet une règle générale & commune à toutes les églifes du Royaume, l'examen en eft renvoyé au prochain fynode national qui fera prié de ftatuer là-deffus ; & en attendant, les confiftoires en agiront félon leur prudence.

La compagnie, reconnaiffant de plus en plus l'extrême néceftité que chaque églife ait un regiftre exaél des baptêmes & des mariages qui ont été & qui pourront fe célébrer dans leur fein, enjoint aux pafteurs & aux anciens de tenir la main à ce qu'il f'en tienne à l'avenir,

1. On trouvera plus loin la reproduction de la gravure de Boze, représentant une assemblée au Désert, aux environs de Nîmes. De même qu'à Montpellier, l'intendant fit faire des observations au sujet de l'éclat de ces assemblées, où les protestants se rendaient, en plein jour, portant des chaises, des pliants, des bancs. Rabaut répondit au subdélégué qu'il recommanderait d'éviter le bruit, et que, d'accord avec le consistoire, on avait pris des mesures pour empêcher qu'on n'apportât des bancs à l'avenir. « Je ferai, disait-il, tout ce qui sera en mon pouvoir pour que tout aille selon les intentions de M. le prince de Beauvau, non-seulement en cette occasion, mais en toute autre. — Sujet soumis, zélé patriote, la volonté du Roi et le bien public seront toujours, comme elles l'ont été, les règles de ma conduite.» — Mss. Rabaut, III, C. p. loi (Mars 1768).

SYNODES PROVINCIAUX. 44g

là où on l'a négligé; & pour le paffé les pafteurs fourniront le plus tôt poffible des extraits de ce qu'ils ont fait dans chaque communauté, à la charge que, conformément à l'engagement qu'ont contradé Meffieurs les députés, il fera payé pour la main du copifte 2 liv. 10 f. pour cent.

vn.

L'on répond à la demande du confîftoire de l'églife de Sommières, que les circonftances n'étant pas les mêmes pour tous les fiancés, c'eft aux confiftoires à juger fi certains mariages doivent être bénis en particulier ou en public ; quant à la publication des bans, la difcipline eccléfiaftique doit fervir de règle.

vm.

Conformément à ce qui fut arrêté dans un précédent fynode de cette province, le quartier des pafteurs eft bien libre d'y envoyer un ou plufieurs députés, mais toutes les églifes dudit quartier font obligées de contribuer aux frais de la députation, à proportion de ce que chacune fournit pour la taxe du St-Miniftère.

Sur l'art. 2 du colloque de Montpellier, le6lure faite d'un mémoire envoyé par trois anciens du lieu de St-Pargoire, & le député de l'églife de Canet entendu, ainfique celui de Montagnac, l'affemblée eft d'avis que déformais Montagnac formera une églife, St-Pargoire & Valmagne une autre, & que Vendémian, PlaifTan, Afpiran * & Gignac continueront d'être annexés à l'églife de Canet. Les deux premières églifes font exhortées à fe favorifer réciproquement dans l'emplacement des lieux où fe tiendront les alTemblées.

MM. Paul Rabaut & Pierre Sauffine, pafteurs, ayant rendu compte de la manière dont ils remplirent avec leurs alTociés la commiffion que notre précédent fynode leur donna de fe tranfporter dans l'églife d'Uzès, pour terminer les différends qui y étaient furvenus, l'alTemblée en a été fatiffaite & a applaudi à la prudence, à la fageffe & au zèle que ces Meflieurs ont manifeftés en cette occafion.

Sur les plaintes du confiftoire d'Uzès contre le fieur Efpérandieu, qui a refufé jufques ici de lui remettre le regiftre des mariages & des

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