‹ Les Synodes du DésertChapitre 25 sur 36 · I . Arrondissement de Marennes (Charente-Inférieure · texte numérisé non relu

I . Arrondissement de Marennes (Charente-Inférieure

SYNODES PROVINCIAUX

fituées, elles ne jugent que leur conduite à cet égard ne peut fournir aucun prétexte à de finiftres interprétations ^

Après avoir examiné les avantages & les inconvénients qui pourraient réfulterdes repréfentations qu'on pourrait faire aux Puiffances, à l'égard de la démolition de nos temples, Taffemblée a jugé qu'il était convenable de n'exprimer notre douleur que par un refpedueux filence.

La compagnie, inftruite que le fynode national de 1758 (art. 16, qui enjoint tant aux pafteurs qu'aux anciens de faire tous leurs efforts pour engager les fidèles à ne pas décorer leurs maifons le jour qu'on nomme Fête-Dieu) n'a pas prétendu les autorifer & encore moins leur faire un devoir de fufpendre de la communion ceux qui tomberaient dans ce cas, furtout fi cette fufpenfion donne lieu à des fchifmes ou à quelque autre fcandale, enjoint à M. Jaroufl'eau, pafteur, de fe relâcher de fa rigidité fur cet article, & à fe conformer à la conduite de fes collègues à cet égard, attendu que cette rigidité a déjà produit de funeftes effets & qu'elle pourrait en produire encore, & que d'ailleurs la plus grande partie des proteftants, n'étant pas perfuadés de la viciofité de cet ade, doivent être confidérés par les autres comme des perfonnes faibles en la foi, pour lefquelles on doit avoir du fupport, félon la dodrine de St-Paul.

MM. Martin & Gibert jeune, pafteurs, ont déclaré protefter contre l'article ci-deflus, mais uniquement en ce qu'il y a de contraire aux arrêtés précédents de nos tribunaux fur cette matière.

MM. Jaroufl'eau, pafteur, & Chauvet, ancien, ont déclaré faire appel au fynode national prochain de l'article ci-deflus énoncé, comme le trouvant contraire à la difcipline.

I . Il y avait eu un réveil de la persécution. Des maisons d'oraison avaient été démolies. Grand émoi, d'autant plus vif qu'on se croyait à la veille d'un édit de tolérance. «Outre les deux maisons d'oraison, écrivait, en septembre 1768, le pasteur Cavalier, qui furent démolies le 1 5 juin en Saintonge, on en fit démolir autres trois dans la même province le i3 juillet. L'on a craint que toutes celles, qui subsistent encore, auraient le même sort; et l'on n'est pas même encore assuré qu'elles seront épargnées. En attendant, l'on continue de s'assembler tranquillement. Les protestants de Bordeaux ne sont pas non plus inquiétés, grâces à Dieu ! » C'était la même année, cependant, que la requête de Sirven était admise, et que l'arrêt qui le condamnait était cassé comme précédemment celui de Calas. — Mss. Rabaut, III, C. p. 99 et i56.

En vertu de l'article ci-deffus, auquel M. Jarouffeau a promis de fe foumettre, nonobftant fon appel au prochain f[ynode] n[ational], Taffemblée juge que les différends furvenus entre lui & l'églife d[u] Pouyaud font par là terminés, & que ladite églife continuera à faire partie de fon quartier, jufqu'à ce qu'il interviendra de nouveaux règlements.

En confidération de la demande que le fieur Lapra de Bornac, ci-devant propofant & réfugié à Laufanne, nous a faite, de lui accorder quelques fecours pour fa fubfiftance, & vu la recommandation de M. le doyen Polier de Bottens, un de nos illuftres protedeurs, il a été arrêté qu'on ferait parvenir au plus tôt audit fieur Lapra la fomme de 81 liv., dont 78 liv. ont été comptées par M. Martin, en dédu(5lion de l'excédant des honoraires qu'il a prélevés dans fon quartier, laquelle gratification fera envoyée par M. Ranfon, qui lui écrira en même temps que, quelque bien difpofé qu'on foit en fa faveur, on ne peut néanmoins f 'engager à lui faire une penfion viagère, attendu la mifère du temps & l'incertitude de notre état.

M. Martin a aufli compté à M. Gibert, en déduction dudit objet, 57 liv. 6 f. 8 d. pour acquit des penfions de Mad[ame] la veuve Bétrine & de M. Court, la première qui écherra au mois de feptembre, & la féconde échue depuis le 24^ juin dernier.

Ledit M. Martin a encore compté à M. Jaroulfeau 12 liv. qui reliaient dues à ce dernier pour un mécompte de l'année dernière.

Le quartier de l'Angoumois ayant réclamé des avances qu'il avait faites pour une partie des frais des députés au fynode national de 1758, & qui fe montent à 492 liv., l'alfemblée, trouvant la demande jufte, lui a fait compter par M. Martin, pafteur, la fomme de 200 liv., dont les députés dudit quartier ont dit fe contenter, au moyen de laquelle fomme de 200 liv., & des autres dont il eft fait mention dans l'article précédent, ledit M. Martin ne refte plus redevable aux églifes pour l'excédant des honoraires échus, qu'il a perçus ou qu'il doit percevoir dans fon quartier, que de celle de 3 12 liv. i3 f 5 d.

M. Martin, pafteur, ayant informé l'alfemblée qu'il a un voyage à faire, elle confent qu'il l'entreprenne, quand il le jugera à propos;

SYNODES PROVINCIAUX. 45

elle confent aufli que MM. Jarouffeau & Deloys [Marfoo] defferviront Jonzac, Lignières & le Louis, & MM. Dugas & Dupuy, Cognac, Jarnac & Segonzac.

A la réquifition de l'églife de Bordeaux, l'affemblée charge les confiftoires, qui convoqueront à l'avenir le fynode de la province, de prévenir deux mois à l'avance les deux autres quartiers refpeélifs de la province, afin qu'ils aient le temps de fe préparer; & ayant remarqué que ladite églife n'a pas été exade pour envoyer des députés à nos fynodes, & particulièrement à celui de ce jour, on l'exhorte d'obferver à l'avenir plus exactement l'ordre de la difcipline à cet égard.

Le quartier de l'Angoumois eft chargé de la convocation du prochain fynode de la province.

xm.

Vu les motifs que M. Dupuy a expofés, qui Pont porté à demander un congé d'un mois aux églifes de fon quartier, & en conféquence de l'odroi de cette demande de la part de toutes les églifes, à la réferve de celle de Marennes, l'affemblée autorife ledit congé, fans fêtre crue obligée de déférer à l'oppolition du député de Marennes.

Sur le cas propofé par le confîftoire de Marennes, la compagnie eft d'avis que, fi la perfonne dont il f'agit eft convenablement inftruite des motifs qui doivent l'engager à changer de religion, qu'on ait d'ailleurs des preuves fuffifantes & telles qu'on peut les exiger qu'elle agit fincèrement, on ne doit pas lui refufer la bénédiction nuptiale qu'elle réclame; en conféquence, l'affemblée charge ledit confiftoire de faire cet examen avec toute l'attention qu'il lui fera pofTible, & fuppofé qu'après ce préa[la]ble il fe décide pour lui impartir ladite bénédidion nuptiale, on penfe que fa demande ne peut lui être accordée qu'après la publication de fes bans, & qu'après avoir déclaré & promis en préfence du confiftoire de Marennes de faire uniquement déformais profefTion publique de notre fainte religion.

Les dépenfes du fynode qui avait été convoqué à Gémozac, le i5* juin dernier, fuivant le rapport de M. Jarouffeau, pafteur, f'élevant

à 40 liv., & celles de la préfente affemblée à 72 liv., on charge M. Dugas d'acquitter lefdites deux fommes en dédudion de ce dont il refte redevable aux églifes pour l'excédant de fes honoraires, & au moyen defquelles fommes il ne fera redevable aux églifes que de 214 livres.

Ainfi conclu & arrêté ledit jour, août 1768.

DuGAS, paît»" & modérateur; Martin, paU"" & modérateuradjoint; DuPUY jeune, fecrétaire; J. Jarousseau, fecrétaire-adjt.

Synodes provinciaux de 1769.

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Aâes du fynode du Bas - Languedoc , ajfemblé au Défert le deuxième mai mil fept cent foixante-neuf\ au nombre de dix-huit pajîeurs de la province, deux des Hautes-Cévennes, trois propofants & trente & un anciens, députés par les églifes.

E St-Nom de Dieu invoqué, ont été élus, à la pluralité des fuffrages, M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur, & M. Jean Pradel, auffi pafteur, pour modérateur-adjoint ; iM. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. André Baftide, de même pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

Nos églifes fe trouvant dans les mêmes circonftances que celles des églifes des Hautes-Cévennes, & les raifons de nous humilier extraordinairement fubfiftant encore, il a été arrêté qu'on célébrera un jeûne

Colloque général des églises réformées du Haut-Languedoc, tenu le i^^juin 17 6g.

I. Après que, d'une commune voix, M. Sicard, pasteur, a été nommé pour modérateur; M. Sicard le jeune, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Gardes, pasteur, pour secrétaire et M. Grebessac, pasteur, pour secrétaire-adjoint, et que l'assemblée a eu imploré les lumières du St-Esprit, elle a arrêté ce qui suit :

I. — Les pasteurs de la province devant changer chaque année, il a été arrêté que ce changement n'aurait lieu qu'à la Toussaint et que M. Duval se chargerait

folennel le même jour qui a été indit par le fynode de cette province, avec laquelle la nôtre fe fera toujours un devoir & un plaifir d'harmonifer, favoir le 22^ odobre prochain, &, en cas de pluie ce jour-là, le dimanche d'après. Les fidèles feront exhortés à revêtir les difpofitions convenables pour rendre ce jeûne agréable au Seigneur.

L'affemblée, répondant favorablement à la demande de plufieurs députés portant qu'il foit inféré dans les ades du préfent fynode un état des dettes mortes de la province, déclare qu'elles confiftent dans les penfions fuivantes, favoir ;

A M. Rivière 260 -H-

A Mad[ame] Cofte 280 »

A Mad[ame] Guizot 200 »

A Mad[ame] Bétrine 62 »

A M. Court 90 )>

A Mad[ame] Teiffier 200 »

En tout . . . 1082 y/-

alors du quartier de Vabre, M. Gerson, de celui de Castres, M. Laroque, de celui de Mazamet, M. Gardes, de celui de Lacaune, et M. Crebessac, de celui de la Basse-Plaine l'espace de quatre mois, et ensuite dans les autres, pour remplir le vide des pasteurs qui iront à leur tour dans la Plaine.

2. — Sur les plaintes portées par demoiselle Benoît, veuve Cabrol Lacombe, au sujet d'un mémoire d'appel que le sieur Jacques Cabrol, héritier du feu sieur Lacombe, a fait dresser contre elle, dans lequel il lui conteste la validité de son mariage avec son défunt époux, lecture en ayant été faite, l'assemblée a été surprise du procédé du sieur Jacques Cabrol contre ladite demoiselle, et elle a chargé en conséquence le colloque du district de Vabre, auquel assisteront deux pasteurs, de prendre une connaissance plus parfaite de cette affaire, comme étant de son ressort, et d'écouter ladite demoiselle Lacombe dans ses plaintes, et ledit Jacques Cabrol dans ses défenses pour en juger.

3. — La présente assemblée, ne voulant point empiéter sur ce qui ressort des colloques particuliers, renvoie également au colloque du quartier de Vabre l'examen des plaintes formées par M. Pomier, ancien de l'église d'Espérausses, contre M. Cabrol, aussi ancien de l'église de Castelnau.

4. — M. Armand ayant témoigné un grand désir d'aller passer l'espace de six semaines auprès de ses parents, les églises y ont accédé.

5. — La compagnie a arrêté la tenue du prochain colloque par tout le mois de mai 1770.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

SiCARD, pasteur et modérateur; Sicard le jeune, pasteur et modérateur-adjoint; Gardes, pasteur et secrétaire; Crebessac, pasteur et secrétaire-adjoint.

— Mss. de Vabre.

SYNODES PROVINCIAUX. 466

Pour acquitter ces penfions, échues le i^^'du courant, [il] a été délibéré qu'il fera payé, favoir :

A M. Rivière, par le colloque de Montpellier . . 154 j ^

& par celui de Maffillargues . . . 96 ) ^ ^ ^

A Mad[ame] Cofte, par le colloque d'Uzès 280 »

A Mad[ame] Guizot, par le colloque de Nîmes . . . 200 » A Mad[ame] Bétrine, par le colloque de Montpellier 67

& par celui de Nîmes 5

A Mad[ame] Teiffier, par le colloque de Sommières 126

& par celui de Mallillargues ... 75

A M. Court, par le colloque de Nîmes 90 )>

Et afin que les colloques puiffent faire toucher aux perfonnes penfionnées ce qui leur a été accordé, les églifes font exhortées de faire les coUedes néceffaires le plus tôt poflible & d'envoyer leur contingent au tréforier qui leur fera indiqué dans chaque chef-lieu des colloques ; & faute par elles de f 'exécuter, elles feront févèrement cenfurées. Enfin, pour que les taxes des églifes reftent en général les mêmes, & que celles de Gatigues & de Luflan foient diminuées chacune de 2 liv., [il] a été convenu que les 4 liv. du colloque de Nîmes qui reftent à employer leur feront partagées.

L'on enregiftrera dans les livres des confiftoires les reçus des fommes qui feront comptées par les églifes au tréforier du chef-lieu des colloques, & il leur fera expédié un extrait de ce reçu, qui fera figné par le pafteur.

Le6lure faite d'une requête que le fieur Pierre Guillaume Douriech a fait parvenir à l'aiTemblée, & vu les bons témoignages qu'on lui a rendus de vive voix & par écrit, elle a répondu favorablement à fa demande. En conféquence, il fera écrit une lettre au vénérable comité établi fur le féminaire pour le prier de vouloir favorifer ledit fieur de la penfion qu'on accorde aux féminariftes.

La compagnie, inftruite des fonds qui ont été colle6lés en faveur des étudiants qui ne peuvent être entretenus par leurs parents, & préfumant par là de ce qui pourra être colledé dans la fuite, a fixé le

nombre dcfdits étudiants à celui de huit. Elle exhorte fortement leurs familles à fefforcer de leur accorder quelque fecours, & non-feulement laiffe aux colloques la liberté de recevoir les élèves qui fe préfenteront & qui pourront être entretenus de leurs maifons, mais encore, dans le cas où l'on n'eût pas de diredeurs pour tous, elle leur recommande d'en donner par préférence aux derniers, bien entendu qu'il y ait égalité de mérite.

Sur la demande des fieurs André Bouët & Jean-Paul Bétrine, propofants, tendant à obtenir la permiffion de fe rendre dans le pays étranger pour perfectionner leurs études, ouï les bons témoignages qu'on leur a rendus, l'affemblée voudrait bien pouvoir leur accorder ce qu'ils défirent, mais le befoin des églifes f'y oppofant, elle fe voit [dans la] néceffité de les retenir encore cette année ; & en conféquence, elle ne leur donne congé que pour partir après l'an révolu, à condition que, lorfque le fynode les rappellera, ils reviendront pour être confacrés au St-Miniftère dans le fein de la province.

Une demande du confiftoire d'Uzès étant prife en confîdération, [il] a été délibéré que MM. les pafteurs de Téglife de Nîmes & M, le pafteur Encontre, afliftés d'un pareil nombre des membres du confiftoire de ladite églife de Nîmes, feront, le plus tôt poffible, une collection de tous les a6les des fynodes nationaux & de ceux des fynodes de cette province eccléfîaftique qu'ils pourront fe procurer depuis la révocation de l'Editde Nantes jufques à aujourd'hui, comme auffi des pièces relatives. Les frères qui auront ou qui pourront trouver de ces fortes de pièces, font requis d'envoyer aux premiers celles qu'ils leur demanderont. Quand la colledion fera faite, ceux qui en font chargés en avertiront les pafteurs de chaque chef-lieu de colloque, lefquels fe rendront, accompagnés d'un ancien, au lieu qui fera indiqué, & où fe trouveront les compilateurs, afin d'examiner ce qui aura été fait, & d'y appofer le fceau de leur approbation, autant qu'ils l'en trouveront digne. Tous les frais qui fe feront à ce fujet feront fupportés par les chefs-lieux de chaque colloque, à proportion de ce qu'ils paient du miniftère».

I. On se mit immédiatement à l'œuvre. Dès le mois de juillet, Encontre écrivait à Rabaut : «Si vous n'avez pas tout ce qui manque et que vous sachiez quelque endroit où l'on puisse le trouver, vous voudrez bien écrire, afin que l'on

SYNODES PROVINCIAUX

Le confiftoire de l'églife d'Uzès eft chargé de fe donner les foins néceffaires pour le procurer des mémoires des baptêmes & des mariages qui ont été célébrés dans cette province eccléfiaftique, foit par des pafteurs décédés, foit par des pafteurs abfents ou étrangers, à l'effet de compléter les regiftres de chaque communauté, auxquelles lefdits mémoires feront envoyés. Et comme MM. Rabaut, Pradel, Encontre, Gachon, Valentin, Bruguier & Allègre, pafteurs, font à portée des regiftres des pafteurs décédés, ils tâcheront d'en faire extraire les mémoires, qu'ils enverront au fufdit confiftoire de l'églife d'Uzès, lequel les rembourfera des frais du copifte, & fera rem.bourfé luimême par chaque communauté, au prorata des mémoires qu'elle recevra.

Le fieur Jean Efpérandieu n'ayant point déféré au jugement du dernier fynode de cette province, qui lui enjoint de remettre au confiftoire de l'églife d'Uzès le regiftre des baptêmes & mariages dont il eft nanti, lui ordonne de nouveau de le remettre, & cela dans le délai de trois mois; paffé lequel délai, il fera pourfuivi félon toute la rigueur de la difcipline, comme rebelle à l'autorité fynodale.

La cenfure prononcée par le colloque d'Uzès, aflemblé à Vendras le 1 3^ odobre dernier, contre le pafteur & les anciens de l'églife d'Uzès, fera regardée comme nulle, ayant été prononcée fans y obferver les formalités effentielles ; & cependant l'on recommande tant aux anciens qu'au pafteur de ladite églife d'Uzès de concourir à compléter les aflemblées colloquales, l'un par fa préfence, & les autres par celle de leurs députés.

Pour mettre fin aux altercations qui f 'élèvent fi fréquemment au fujet de ce que certaines églifes reftent devoir, foit à des pafteurs, foit

puisse nous le fournir entre ici et le jour convenu pour le susdit examen. Les héritiers des papiers de feu MM. Claris et Gibert pourront peut-être nous aider à remplir notre commission. » Rabaut, de son côté, s'était adressé au pasteur Vernet pour combler les lacunes de son travail, — lacunes qui ne furent pas complètement comblées, — et le vieux Peirot lui répondait le 2 5 juin de Tannée suivante (1770) : «J'ai vu l'article de votre lettre à M. Vernet, où vous lui demandez la copie du synode national qui se tint ici en 1730; outre celui-là, je vous enverrai la copie de deux autres, l'un tenu en Vivarais, en 1726, et l'autre en Dauphiné, en 1727.» — Mss. Rabaut, III, D. p. 25 et p. 100.

à des veuves de pafteurs, les colloques feront tenus de terminer définitivement, & au plus tard en trois mois, les différends aduellement exiftants; Se pour prévenir qu'il ne furvienne déformais de femblables conteftations, Meffieurs les anciens auront foin que les émoluments des pafteurs & les dettes mortes foient payés avant la tenue du fynode, ou dans le fynode même, attendu que c'eft alors, c'eft-à-dire le dernier jour d'avril, que finit l'année eccléfiaftique. Au furplus, on ne peut que donner des éloges au petit nombre d'églifes qui font dans l'ufage de payer leurs pafteurs quartier par quartier.

Le député de l'églife de Garrigues ayant demandé fi les feigneurs, ou autres perfonnes opulentes qui ont des domaines à la campagne, ne doivent pas contribuer à l'entretien du miniftère dans les églifes où fe trouvent leurs domaines & où ils réfident une partie de l'année, l'affemblée répond que la juftice, la charité & le zèle pour la religion le leur prefcrivent de concert.

L^'art. 3 du colloque d'Uzès, tenu à Vendras le o6lobre 1768, a été unanimement confirmé.

Le confiftoire de Vallon requérant que l'églife des Vans foit tenue d'entrer dans les frais que fit fon député au dernier fynode, la compagnie répond qu'elle n'eft obligée que de fupporter fa part de ceux qui fe font par le député à celui-ci; fauf au diftrict de Vallon, fil paya, lorfqueles Vans en fut défalqué, ce qu'il ne devait point pour défrayer le député de St-Ambroix, de fe pourvoir au colloque.

Les prochains colloques de la province feront convoqués par les confiftoires de leurs chefs-lieux, & les fuivants le feront tour à tour par les pafteurs de chaque diftridl, afliftés par leurs confiftoires, fils n'ont qu'une cglife, & d'un ancien de chacune de leurs églifes, fils en ont plufieurs, lefquels anciens feront élus à la première afl'emblée confiftoriale qui fe tiendra après la tenue des colloques.

Sur les différends furvenus entre les églifes de Canet & le lieu de St-Pargoire, l'aftemblée laifl'e les cfiofes dans l'état qu'elles furent

SYNODES PROVINCIAUX. 469

réglées au précédent fynode; Si M. le pafteur eft chargé de prendre les renfeignements néceflaires pour que le colloque prenne connaiifance des différends & les termine, ou les renvoie au prochain fynode.

M. le pafteur Encontre prêchera au fynode prochain.

MM. les pafteurs Gachon & Bruguier affifteront au fynode des Hautes-Gévennes, & MM. les pafteurs Mathieu & Périer à celui des Baffes.

Mefîieurs Raoux & Ribot, étudiants, feront rappelés pour être en province au commencement du mois d'avril prochain, Se cela conformément aux conditions qui leur furent impofées par le fynode qui leur donna congé.

L'affemblée a reconnu ou admis les étudiants, dont on met ici la

lifte.

Etudiants admis l'année dernière :

[MM.] Guérin ) leurs parents contribueront [pour] quelque Barbuffe S chofe à leur entretien.

Julien.

Gachon, — fes parents contribueront [pour] quelque chofe

à fon entretien.

Henri Bétrine.

Etudiants admis ce jourd'hui 5^ mai 1769.

[MM.] Paulet, — qui fera entretenu par fes parents.

Suël ) leurs parents contribueront [pour] quelque Ribes ) chofe à leur entretien.

Il eft enjoint aux pafteurs, qui n'ont pas encore fait extraire de leurs regiftres les baptêmes & mariages qu'ils ont célébrés, de le faire le plus tôt poflible, & de les envoyer aux églifes à qui ils appartiennent; & à celles-ci de recevoir tous ceux qui leur ont été ou qui leur feront préfentés ; bien entendu qu'elles paieront la main du copifte, comme il fut ordonné par le fynode dernier.

MM. Rabaut, Saufïine & Encontre, pafteurs, affiftés chacun d'un ancien à leur choix, examineront le plus tôt poffible les fieurs Ducros Se Ricourt, & les élèveront au grade de propofant, fils les en jugent capables.

La compagnie aurait bien voulu accorder au diftrid: de Vallon & les Vans un pafteur à titre, mais cela n'ayant pu fe faire, elle lui affede pour fix mois le miniftère de M. André Bouët, propofant, & pour les autres fix mois celui de M. Ricourt, auffi propofant ^ En outre, M. Lombard, pafteur, eft chargé d'y faire trois corvées, les deux premières de fuite, & MM. Bruguier & Fromental, pafteurs, font auffi chargés d'y faire, le premier deux corvées & l'autre une. Et quant à leur paiement, l'afTemblée a délibéré que lefdits propofants percevront dudit quartier la fomme de 5oo liv., & lefdits pafteurs entre tous les trois celle de 3oo liv., étant bien entendu, que quand l'un d'eux fera dans le fufdit diftrid, le propofant fera ou fe rendra dans le fien, — avec cette exception pourtant que, quand ce fera le tour de M. Lombard, le propofant, à chaque fois, ne fera qu'une afl'emblée dans l'églife de Luffan : les autres feront accordées au quartier de St-Ambroix.

Les pafteurs qui doivent deflervir l'églife de Lunel en percevront les honoraires. M. Valentin en aura la moitié, & le refte fera partagé entre les autres pafteurs, à proportion des vifites qu'ils lui auront faites.

Ainfi conclu & arrêté le cinquième mai de la même année que defl'us, en vingt-cinq articles.

I. Cette décision mécontenta les religionnaires de Vallon qui réclamaient un pasteur pour le service de leur église. Le pasteur Bruguier écrivait à Rabaut : « Les Messieurs de Vallon persistent à refuser le ministère des proposants. Votre colloque, qui se tiendra bientôt, donnera vraisemblamcnt congé à M. André Bouët ; que deviendra alors ce district, puisque les pasteurs ne peuvent y monter que sous la condition que leur chaire sera occupée par un proposant. Ils ne peuvent pas se consoler de ce que le synode a accordé 5oo livres aux proposants; vous devriez prendre la peine de leur écrire pour les exhorter à se soumettre à l'arrêt qui les concerne. Votre exhortation étant d'un grand poids, il n'est pas à douter qu'ils n'y défèrent.» — Mss. Rabaut, III, D. p. i6 (juillet 1769).

SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Vivarais et Velay.

Aâes du fjnode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velaj, affemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais, le quatrième mai mil fept cent foixante-neuf auquel ont ajfijié cinq pajleurs & vingt-trois députés des églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, a été réfolu ce qui fuit :

La compagnie, voyant avec une joie des plus fenfibles le nombre des pafteurs de cette province augmenté par l'arrivée de M. Armand, rend à Dieu de vives adions de grâces pour cette faveur, & charge un des anciens pafteurs d'écrire à la province du Dauphiné, qui a bien voulu nous le prêter, pour lui en témoigner fa vive reconnaiffance. Elle agrée aufli, avec les mêmes fentiments, l'offre généreufe que MM. Briatte & Noé, pafteurs, ont daigné lui faire de leurs fervices & prie le Seigneur de répandre fur ces dignes ferviteurs du Chrift fes plus précieufes bénédidions.

La vie ambulante que les pafteurs de notre province ont menée jufqu'à préfent étant extrêmement pénible & fujette à beaucoup de difficultés, l'aflemblée voit avec bien du plaifir, & autorife de fon confentement le deflein où ils font de fe fixer pour toujours chacun dans un arrondiffement, favoir :

M. Vernet dans le bas arrondiffement ;

M. Genolhac pour celui de Boffres;

M. Briatte ï pour St-Jean-de-Chambre;

M. Noé pour la Montagne ;

M. Armand pour les Hautes-Boutières.

I. Deux ans plus tard, Briatte exerçait son ministère en Picardie.

Tandis qu'après un demi-siècle de luttes le Dauphiné, le Vivarais, les Cévennes, le Languedoc, le Béarn, la Guyenne, la Saintonge et l'Angoumois, le Poitou et la Normandie terminaient en paix leur œuvre de réorganisation, peu à peu, sans avoir encore pris contact avec leurs coréligionnaires, confusément, mais pressentant déjà que leurs efforts ne resteraient pas isolés et qu'ils seraient soutenus.

Toujours pleins d'un refpedlueux attachement pour M. Peirot, & flattés de l'efpcrance de fon retour dans le fein de nos églifes, nous croyons devoir lui deftiner le quartier de St-Jean-de-Chambre, que M. Briatte lui cédera, fil veut bien l'accepter.

les autres religionnaires du Royaume qui avaient difficilement échappé à plus de cinquante années de persécutions, relevaient la tête et s'agitaient, eux aussi, pour reprendre corps, et se faire leur place.

En 1766, aux confins de la Picardie et de l'Artois, un protestant de Grouches (Somme), L. Duménil, accusé de tenir des assemblées religieuses, fut enlevé par lettre de cachet et jeté à Bicêtre.

Dès 1 763, dans l'Orléanais, à Marchenoir, on dénonçait un nommé Fauconnet, «qui est une manière de ministre »; et en 1769, quatre protestants de Mer étaient conduits à Bicêtre, «pour avoir tenu, avec autres personnes de la même religion, des assemblées au préjudice des défenses portées par les déclarations du Roi. »

Mais ce fut dans la Brie, en Thiérache, en Picardie, en Basse-Champagne, que ce réveil et ce renouveau jetèrent le plus d'éclat. En 1766, un prédicant, François Charmuzy, parcourait ces pays, comme on avait vu autrefois Antoine Court, Roger et Corteiz, parcourir le Dauphiné et le Languedoc. D'où venaitil ? quelles étaient ses origines ? On a peu de renseignements. Mais il avait déjà de l'autorité et il était connu, car dans une lettre de lui, du 8 mars 1766, on sent que sa direction était acceptée. Un nommé Martin, de Fublaines, (Seine-et-Oise) venait d'être emprisonné pour avoir tenu des assemblées. «Je me borne à présent, lui écrivait-il, à vous recommander d'agir avec beaucoup de prudence, et de ne pas trop vous exposer. Il faut aller tout doucement dans les commencements, et ne pas trop se précipiter si l'on veut réussir. Je crois que vous feriez fort bien à présent de ne pas vous assembler régulièrement, mais seulement de temps en temps; car je crois que vos ennemis sont en grand nombre et qu'ils épient de près vos démarches. Vous comprenez sans doute que, si vous ne vous assemblez pas régulièrement, ceux qui cherchent à vous nuire ne le pourront pas si facilement ; vous pourriez même vous contenter dans vos pieux exercices de lire les psaumes, de crainte que vous ne soyez découverts en les chantant. Au reste, mon cher frère, ce que je vous dis n'est pas pour ralentir votre zèle, mais seulement un conseil de prudence. Vous pouvez vous dispenser d'aller à Paris à Pâques, parce que je ne tarderai pas à vous aller voir, et à satisfaire au besoin de vos âmes. ....Charmuzy.» La même année, près de Meaux, àNanteuil, on vit une assemblée de 1 5oo protestants. On voulut les en décourager ; mais Court de Gébelin leur écrivit, de Paris, qu'on n'empêchait pas les assemblées ailleurs, que tout ce qu'on voulait, c'est qu'elles ne fussent pas si nombreuses, et qu'il ne fallait pas cesser ce qu'on n'avait pas officiellement défendu. La nouvelle en arriva dans le Bas-Languedoc, et Rabaut, tout ému, répondait à Gébelin: «J'avais fait une lettre pour ces bonnes gens de Nanteuil... Que n'avons-nous des missionnaires pour les provinces à défricher. Il faudrait savoir s'il ne se trouverait pas des sujets dans leur sein, et ne rien négliger pour les faire admettre au séminaire. Si on ne prend pas cette voie, les choses resteront comme elles sont, car les provinces, qui ont des sujets, les gardent et ne se mettent pas en peine des autres. » (Mss. Rabaut, 19 sept. 1766). Avant qu'il l'eût exprimé, son vœu était réalisé. Au nom de cinquante-six chefs de fomille, on avait demandé une place au séminaire de Lausanne pour un proposant. Le 2 5 mai 1766, un étudiant Poitevin, Jacques

SYNODES PROVINCIAUX

L'églife d'Annonay ayant demandé par fon député d'être jointe avec un des quartiers dont elle eft le plus voifine, la compagnie a reçu fa propofition avec beaucoup d'empreffement, & a décidé que ladite églife fera deffervie, depuis le premier janvier jufqu'à la fin de mars, par le pafteur de l'arrondiffement de la Montagne, le refte de l'année par celui de Boffres; & à l'égard de ce qu'elle fournira pour l'entretien du miniftère, elle en paiera les deux tiers au quartier de Boffres & l'autre tiers à celui de la Montagne.

Gibaud, dit Quasei, mandait en Poitou : « Nous sommes actuellement dix-sept compagnons, et la plupart nouvellement arrivés pour ainsi dire, car bientôt je serai le plus ancien. La province de Picardie qui [est] restée dans l'oubli jusqu'à présent, pour ainsi dire, a envoyé un jeune homme dans cette ville pour faire ses études et aller porter parmi eux la parole de l'Evangile, aussitôt qu'il en sera jugé capable. Ce jeune homme est entré dans notre séminaire. Il y jouit des mêmes privilèges que l'un de nous. J'ai eu occasion de m'entretenir avec lui quelquefois; je me suis informé de l'état des affaires de ce pays-là : il m'a dit qu'il y connaissait aux environs de douze cents réformés, et qu'ils s'assemblaient en société depuis une année, sans aucune menace de la part des papistes ; ce qui lui donne beaucoup d'espérance pour la suite de son ministère dans ce pays-là. » — Mss. de Melle.

En 1 769, malgré les menaces (Voy. Bidlet. t. VII, p. 44), le mouvement en avant se prononça : on recommençait, avec des ressources moindres, mais aussi en des circonstances moins critiques, ce qui avait été fait dans le Bas-Languedoc, au commencement du siècle. Un pasteur du Midi écrivait : «L'on a débité ici, comme le tenant de M. Pomaret, que quelques villages dans l'Orléanais s'étaient réformés» (Sept. 1769). Et quelques jours après, Gébelin mandait à Rabaut. «Il faudrait [des pasteurs] dans ces cantons qui sussent ménager les esprits, et conduire tout avec une prudence qui plût au Gouvernement. De trop nombreuses assemblées en Picardie et en Blaisois ont fait arrêter diverses personnes; cela m'occasionne beaucoup de mouvements, de soins et de courses; je les blâme fort; mais cependant il faut tâcher de les secourir. Il est étonnant combien ces contrées se remplissent de conversions, et de quel zèle et fermeté ils sont animés.» — Mss. Rabaut, III, D. p. 81.

On donne ici les actes et règlements qui ont été retrouvés. Actes de consistoire, lit-on; mais, en fait, actes constitutifs de petites églises qui allaient rentrer dans les cadres du protestantisme. Ces documents sont l'introduction naturelle au synode provincial qui groupa, en 1779, les églises de Thiérache, Picardie, Gambrésis, Orléanais et Berry.

Actes et règlements du consistoire de l'église de Lemé, rétablie par François Charmu^y, ministre du St-Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Au Désert.

Le 12 mars 1769, ont été nommés et confirmés pour anciens en la susdite église :

Jean Lorsignol, demeurant en la ville de Guise ; Quentin Loy, à la rue de Bohain, terre de Lemé (Aisne); Isaac Voreaux, idem; Isaac Very, idem; Abraham Gardien, demeurant aux Préaux, susdite terre de Lemé; Jessé Fourdrain, idem.

Un député, envoyé par l'cglife de Vais, ayant auffi demandé que cette églife pût faire corps avec un quartier de cette province, la compagnie, touchée du trille état où fe trouvent les fidèles de ladite paroiffe, voulant féconder leur zèle autant qu'il efl en fon pouvoir, a arrêté que le pafteur des Hautes-Boutières les viûtera huit fois par année.

Dans la fuppofition que les arrangements ci-deffus énoncés pourront avoir lieu, Meffieurs nos pafteurs étant réfolus à fe nourrir & à vivre en leur particulier, ont repréfenté à l'afTemblée que leurs honoraires ne fuffifaient point pour fournir à leur entretien & qu'ils défireraient d'en obtenir l'augmentation. La compagnie, voulant leur

Lesquels ont promis de s'acquitter dûment et fidèlement de leur charge, ainsi que cela leur est enjoint par la parole de Dieu et la discipline du Royaume de France.

Pareillement ont été reçus et confirmés pour diacres en la susdite église: Pierre Fourdrain, demeurant à la rue de Bohain, terre de Lemé; André Théodore Drucbert, idem ; Jean Louis Drucbert, idem ; Pierre Voreaux, demeurant aux Bouleaux, susdite terre de Lemé.

Lesquels ont promis de s'acquitter dûment et fidèlement de leur charge, ainsi que cela leur est enjoint par la parole de Dieu et la discipline du Royaume de France.

Fait à Lemé, en consistoire, le i6 mars 1769.

Jessé Fourdrain, ancien; Quentin Loy, ancien; Abrah. Gardien, ancien ; Isaac Voreaux, ancien ; Isaac Very, ancien; A. T. Drucbert, diacre; J. L. Drucbert, diacre; Pierre Voreaux, diacre; Pierre Fourdrain, diacre; Charmuzy, ministre du St-Evangile.

Actes et règlements du consistoire qui concerne les affaires de l'ancienne église réformée de Chalandos, qui se retire et assemble à Villeneuve-sous-le-bois, rétabli le vingt-huitième de mai mil sept cent soixante-huit^ par Fr. C. M. [Charmuzy], ministre du St-Evangile.

Le vingt-huitième mai mil sept cent soixante-huit, au Désert, ont été nommés et confirmés pour anciens en l'église ci-devant nommée : Daniel Ducorbier, Denis Jolly, Jean Jolly et Jean Gutel, pour les quartiers de Chalandos, St-Denis, Doue, ChaufTry (Seine-et-Marne), Doucy.

Et pour le quartier de Sacy ont été aussi nommés et confirmés pour anciens, les personnes de Jean Daniel Driot et Joseph Leroux, lesquels anciens susdits ont tous promis de s'acquitter dûment de leur charge, ainsi qu'il leur a été enjoint et suivant la parole de Dieu, et conformément à la discipline des églises réformées du Royaume de F'rance.

Pareillement ont été nommés, reçus et confirmés en ladite église pour diacres, le nommé Jean Moussot, pour le quartier de Chalandos; Pierre Gutel, pour le quartier de St-Dcnis; Philippe Liévin, pour le quartier de Sacy; et avons tous

SYNODES PROVINCIAUX. 4-75

témoigner fon attachement & fa reconnaiffancc, ordonne que chaque arrondiffement paiera à fon pafteur pour le moins 800 iiv. par année.

VIT

Mais comme la levée defdites fommcs a paru difficile à quelques anciens, pour féconder leurs bonnes intentions & prévenir tous les foupçons que cette levée pourrait faire naître dans l'efprit des gens malintentionnés, les deux anciens pafteurs font chargés de vifiter au plus tôt toutes les communautés & de faire la répartition defdites fommes en préfence des perfonnes qui doivent y contribuer.

promis de s'acquitter dûment, fidèlement, ainsi qu'il leur est enjoint par la parole de Dieu et conformément au règlement de la discipline des églises réformées de ce Royaume.

Consistoire du i3 novembre iy68

La compagnie a jugé à propos d'acheter une Bible réflexionnée pour faire la lecture dans l'endroit où l'on s'assemble; elle a consenti qu'elle serait payée des deniers que Pierre Gutel et Jean Moussot avons entre leurs mains, provenant des charités et libéralités de l'église; et en conséquence lesdits Gutel et Moussot [ont] donné chacun 18 liv. à Jean Gutel pour remettre à M. Guérout, qui avait vendu ladite Bible.

Consistoire du 12 mars 176g.

Ce jourd'hui, tous les chefs de famille assemblés, avons tous unanimement consenti qu'il était à propos de louer une chambre pour faire la lecture de la parole de Dieu; à cet effet, l'on a fait prix pour un an à raison de 2 5 liv. de loyer, d'une maison appartenant à Jean Jolly, du Ménillot, qui s'oblige de faire mettre une croisée à la fenêtre du devant et de faire une autre fenêtre : il sera remboursé par la compagnie du prix qu'elle lui coûtera.

Consistoire du 16 avril 176g.

Ce jourd'hui, la compagnie a élu, reçu et confirmé pour ancien, le nommé Pierre Denis Jolly, lequel a promis de s'acquitter dûment de sa charge, ainsi qu'il est enjoint par la parole de Dieu, et conformément aux règlements de la discipline des églises réformées de ce Royaume.

Le Ménillot était une manière d'ermitage, d'accès difficile, caché dans une forêt de chênes séculaires, qui avait été choisi pour les assemblées au Désert. Les réunions s'y multiplièrent pendant trois années. Malgré les précautions prises, les dragons de Coulommiers en surprirent une, en 1771, et firent de nombreux prisonniers {Le Protestantisme en Brie et Basse-Champagne , par M. E. Briet, Paris, i885.) On convint alors d'un autre lieu de réunion à Villeneuve, au cœur de ces églises. L'emplacement en fut arrêté en 1771, après la surprise des dragons. Quant à Charmuzy, après avoir pendant trois années présidé, en Brie et en Basse-Champagne, les assemblées au Désert, il fut arrêté à Nanteuil le jour de Pâques 1770, et jeté dans les prisons de Meaux où il mourut. Il allait être remplacé par Briatte.

L'inftrudion de la jeuneffe eft une des fondions des plus importantes du miniftère : cependant, par les malheurs du temps, elle a été fort négligée jufqu'à préfent. Pour remédier au mal & prévenir, fil eft poflible, tous ceux qui font les fuites ordinaires de l'ignorance, Meffieurs les pafteurs fe font engagés à donner auffi régulièrement qu'ils le pourront un jour de la femaine à l'explication du Catéchifme de M. Ofterwald, pour apprendre aux jeunes gens les vérités & les devoirs de la religion. Meffieurs les anciens feront au plus tôt un rôle exad des garçons & des filles de leurs communautés, depuis dix ans jufqu'à feize, & dorénavant on n'en recevra point à la Ste-Cène qui ne foient affez inftruits, autant du moins que leur état, leurs facultés & les circonftances le permettront.

Pour maintenir l'union entre les différents quartiers & empêcher qu'il ne f'y paffe rien de contraire au bien général de nos chères églifes, il a été convenu que Meffieurs nos pafteurs auront régulièrement tous les trois mois une entrevue, & cela tour à tour dans chaque arrondiffement.

Ainfi conclu & arrêté le jour & an que defl"us.

A. Vernet, pafteur & modérateur; Ben. Armand, pail""; Genolhac, part.; J. B. Briatte», p. fecrétaire.

I . Avant de se rendre en Picardie, Briatte s'arrêta à Lyon où il exerça pendant quelque temps son ministère. Cette église, où paraissaient de temps à autre des pasteurs, devenait d'année en année plus prospère. «Nos exercices, écrivait, cette année 1769, un nommé J. B. Brun à Rabaut, vont leur train, grâces à Dieu ! Le chant a lieu, et il y paraît toujours de nouveaux sujets; les étrangers, qui y assistent, témoignent leur contentement, ainsi que sur l'ordre et la décence qui y régnent. »

— Mss. Rabaut, III, D. p. 55 (1769).

SYNODES PROVINCIAUX

Synode de Saintonge, Angoumois et Bordelais.

Au nom de Dieu. Amen.

Les églifes de Bordeaux, Saintonge & Angoumois, alîemblées en lynode provincial les quatrième, cinquième & fixième juillet mil fept cent foixante-neuf % auquel ont affifté MM. Henry Cavalier, Dugas, Jean Martin, Jean Jaroufleau & Paul Marfoo, pafteurs, treize anciens, députés par lefdites églifes, & un ancien, député des églifes de la province d'Aunis, — après avoir imploré l'affiftance du St-Efprit, ont délibéré & arrêté ce qui fuit :

Ledure des lettres de députation ayant été faite, on a élu, à la pluralité des fuffrages, M. Dugas, modérateur; M. Cavalier, modérateur-adjoint; M. Martin, fecrétaire, & M. Marfoo, fecrétaire-adjoint.

Page 1