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dence, d’une manière constante, les preuves biologi-
ques de cette sensibilisation.
Dans un cas de syphilis maligne précoce secondaire de H. GouGEROT et PATTE (1), les intradermoréactions au sérum de cheval et à la luétine sont toutes restées négatives, sauf une; cette seule réaction positive, ainsi que la guérison de la malade, semblent bien témoigner d’un effort de défense du terrain. Il s'agirait donc
d’une anallergie spéciale.
En effet, dans les syphilis tertiarisées par l’arsenic, syphilis tertiaires anticipées (cas de H. GoUGERoT et BrouET) (2), on assiste à la naissance de ces réactions allergiques : elles n’existent pas au début, et elles n'apparaissent qu'avec les premiers symptômes de guérison. Cette observation est intéressante, car il s’agit d’une forme de transition entre les syphilis malignes précoces et les syphilis tertiaires vraies. Si les tests
protéiniques n’offrent pas toujours un parallélisme
(1) Arch. de la Clinique de l'hôpital Saint-Louis, N° 25, p. 114. (2) Ann. des Maladies vénériennes, janvier 1936, N°1; p. 38.
constant avec les phénomènes cliniques, ils gardent une valeur pronostique indéniable, car ils mesurent l’intensité de la défense du terrain à l’égard de la syphilis.
Si nous appliquons ces notions à nos malades, nous devons insister sur les faits suivants :
1° Le phénomène de Koch syphilitique. —"S; l'ulcération gommeuse banale n’est que comparable au phénomène de Koch, la gangrène syphilitique est identique à ce phénomène.
2° Allergie et Hyperergie. — Les syphilis tertiaires gangréneuses sont des formes hyperergiques ainsi que
le prouvent les fortes réactions au sérum de cheval et
à la luétine.
3° Allergie dissociée. — Notre malade N° 134.380, débilité, asthénique, a pu perdre ses réactions vis-à-vis de substances diverses, ne plus réagir à l’heure actuelle ni aux arsénicaux, ni au sérum de cheval malgré ses accidents antérieurs, tout en se sensibilisant de plus en plus au virus syphilitique (Luo-test fortement positif) ; ou, au contraire, comme il s’agit dans ce cas d’une syphilis tertiarisée par l’arsenic et non tertiaire, on peut se demander si l’on n’est pas en présence d’une forme anallergique en train de devenir allergique (négativité du protéino-&est moins spécifique, et posi-
tivité du luo-test), et si les affections cutanées qu'il a
CRETE Fa , ; PRESS S présentées re l’ont pas protège contre une manifes-
S tation plus grave de la syphilis.
4° Les variations suivant le siège. — Les différents
| foyers se comportent parfois diversement; tel guérit
pendant que l’autre récidive (obs. I); l’un n’est que
chimio-récidivant, l’autre demeure chimio-résistant.
£ On peut admetire qu’il se crée une sorte d’immunité | locale ou de sensibilisation locale, ce que semblent prouver les différences d’intensité des luo-tests qui se
montrent plus faibles en tissu cicatriciel qu’en peau
saine. =
o° Le dermotropisme. — La malignité et les réci- he
à dives peuvent être expliquées en partie par les erreurs 2 de thérapeutique et les modifications du terrain; mais Se < pourquoi nos malades n’ont-ils présenté que des loca- x: k
lisations cutanées et osseuses, et jamais d’atteintes nerveuses ou viscérales? Ce tropisme est peut-être dû à l'infection microbienne cutanée qui aurait « appelé » le virus syphilitique. DuJARDIN et DUMONT se servent d'arguments semblables dans les syphilis marocaines, lorsqu'ils insistent sur la fréquence des infections cutanées de toutes sortes chez les indigènes. Mais notre troisième malade ne présente aucune trace de surinfection.
En résumé, il s’agit d’un état de sensibilisation spé-
ciale : Le « Tertiarisme ». Il est intéressant d’assister
par les tests à la constitution de ce terrain, hypersen-
sible certes, mais qui tend à se défendre, et qui, lors-
qu'il finit par l’emporter, s’oppose nettement aux véritables formes anallergiques, comme la Paralysie générale par exemple. Mais il est des périodes, au cours
des syphilis malignes primaires ou secondaires et ter-
tiarisées, où il est difficile de savoir dans quel sens va
réagir le terrain; et c’est dans ces formes que le pro-
téino-pronostic prend toute sa valeur.
3° La SURINFECTION MICROBIENNE Elle doit être suspectée devant certains symptômes inhabituels dans la syphilis tertiaire, tels l’évolution suraiguëé l'intensité des phénomènes inflammatoires, la douleur, la fièvre; cependant cette dernière est un argument de moindre valeur, car elle a été d’une intensité variable chez nos malades, et elle n’est pas tellement rare dans les syphilis tertiaires communes. Nous pensons avoir pu prouver l’existence de cette surinfection dans deux de nos observations, mais quelle est sa nature et son rôle? Parmi les germes que nous avons trouvés, nous n’insistons que sur la pré-
sence des bacilles gram négatif pour plusieurs raisons :
1° Ils font partie de l’infection profonde; ils siègent là où les lésions s’accroissent, là où la syphilis est en pleine activité. Dès qu’un foyer guérit, ils disparaissent complètement et ne réapparaissent qu'avec l’élimination de séquestres profonds, détachés de lésions
encore en évolution;
2° Ils sont excessivement protéolytiques et possèdent un pouvoir pathogène certain : ils tuent l’animal à très faibles doses (un quart de cm° de bouillon de
culture de 24 heures pour la souris, un em° pour le
lapin), il suffit d’une goutte pour obtenir des ‘abcès
et des ulcérations cutanées;
3° Les inoculations faites avec la totalité des germes de surinfection n’ont pas été suivies d’accidentis plus graves. Il nous paraît logique d’admettre que les streptocoques, les staphylocoques associés ne constituent qu’une infection de surface; ce sont eux seuls que ; nous retrouvons après la guérison des lésions, ils ne
joueraient qu’un rôle de saprophytes.
4 Ces bacilles rappellent le Bacillus gangrenæ cutis de Mician et NATIVELLE, dont ils possèdent la morphologie et les caractères culturaux; mais nos essais de gangrène expérimentale n’ont pas donné de résultats probanis, puisque nous n’avons réussi à obtenir que de petites plaques de sphacèle limitées et encore par la voie intradermique. Voici résumé leurs
principaux caractères :
Souche I Souche II Potone re RrouDIe Trouble.
Gélose inclinée ... Colonies grimpan- Colonies grimpantes: LES:
Gélose Veillon ... Pousse sans gaz. Pousse avec gaz.
Gélatine ......... Liquéfaction ra- Liquéfactionlente. pide.
Sérum de bœuf coagulé ....... Digestion rapide. Pas d’attaque,
ES 7,062... 2100000 Coagule.