‹ Les Syphilides GangréneusesChapitre 6 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les syphilis avec gangrène de la peau sont heureusement fort rares de nos jours. Dans cette étude, nous avons exclu à dessein les gangrènes des extrémités, plus fréquentes et mieux connues, où le rôle de l’artérite syphilitique (qui souvent porte sur de gros troncs vasculaires) est facile à mettre en évidence, et nous n'avons considéré que les gangrènes cutanées avec escarre sèche, noire, insensible, aboutissant à la formation d’un sillon d'élimination. Ces syphilis constituent des formes redoutables, non seulement par les mutilations graves qu’elles sont susceptibles de provoquer (du nez ou de la verge, par exemple), mais aussi par leur évolution aiguë et leur retentissement sur l’état général. Elles appartiennent d'ordinaire au domaine de la syphilis tertiaire ou tout au moins tertiarisée; c’est dire qu’elles surviennent à tout âge et semblent frapper des sujets exempts de ioute tare

apparente. Leur mécanisme est loin d’être élucidé et

le problème se pose de nos jours comme le posait A. FOURNIER dans son Traité à propos du phagédénisme gangréneux : « Procède-t-il, comme on l’a dit, de thrombose et d’endartérite oblitérante ? ou bien est-il le résuliat d’une infection microbique surajoutée? » (A. FouRNIER, page 419.) Nous n’avons pas la prétention, à propos des trois cas que nous avons eu l’occasion d’étudier, de trancher définitivement ce problème; mais nous nous sommes efforcés, dans deux de ces observations, de faire, aussi impartialement que possible, la part et de la syphilis et de l'infection

microbienne associées.

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