‹ Les Syphilides Varioliformes: Étude CliniqueChapitre 8 sur 16 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

D'une manière générale, l'apparition, chez un syphihitique, d'une éruption secondaire pustuleuse doit faire prévoir une évolution plus sérieuse que s'il s'agissait de syphilides banales à forme sèche.

Les anciens auteurs. Bazin, notamment, avaient noté

ce pronostic relativement défavorable; et Bassereau assignait à ces syphilides, plusieurs mois de durée, méme lorsqu'un traitement mercuriel était institué. Les observateurs modernes (Balzer) estiment qu'il y a lieu de distinguer deux cas, suivant que ces syphilides disparaissent sans laisser de traces ou qu'elles aboulissent à des uleérations suivies de cicatrices.

Cette distinction, assez séduisante en théorie, est difficilement applicable en pratique, car les sYphilides varioliformes se prêtent assez mal à la schématisalion.

L'étude des observations, relativement nombreuses, que nous avons pu nous procurer, nous à montré, en effet, qu'il existe, au point de vue du degré de gravité de ces éruptions varioliformes, toute une gamme de cas intermédiaires entre la forme bénigne, évoluant sans phénomènes généraux marqués et sans ulcérations, et la forme grave, proche parente (sinon identique) de ‘l'une des variétés de la syphilis maligne précoce.

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Dans beaucoup de cas, d'ailleurs, on trouve chez le même sujet des éléments qui s'ulcèrent et d’autres qui se transforment en papules banales dont la surface est déjà cicatrisée au moment de la chute de la croûte.

Malgré ces difficultés, nous tacherons de tirer de nos observations quelques indications en ce qui concerne le pronostic. Pour cela, nous envisagerons d'abord le pronostie immédiat, puis le pronostie éloigné.

Pronostic immédiat

Il dépend du degré de gravité des lésions el surtout du traitement. |

La forme bénigne, dans laquelle aueun des éléments n'évolue vers l’ulcération, se rencontre rarement; elle comprend surtout des cas traités de bonne heure, dans lesquels l’éruption à été arrêtée dans son évolution. On. peut rencontrer cependant des cas chez lesquels cette évolution se produit spontanément. Le malade qui fait l'objet de notre Observation VI en est un exemple.

Dans ces cas, la syphilide varioliforme n'a pas plus de gravité que la syphilide à larges papules ou toute autre éruption syphilitique banale. Nous croyons que beaucoup de syphilides varioliformes ne donneraient Jamais lieu à des ulcérations si les traitements énergiques que nous possédons (arsénobenzols) leur étaient opposés dès le début,

La forme grave (qui comprend la plupart des cas décrits sous le nom d’ecthyma profond par les anciens auteurs), à été considérée comme la forme la plus grave des syphilides primitives (Cazenave).

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La fièvre, parfois élevée, les douleurs au niveau des ulcérations, l'état général tout entier gravement atteint, l'action souvent peu efficace des médicaments employés jusqu'à ces dernières années (Mercure, Iodure de Potassium), tous ces facteurs, auxquels se joignait une dépression morale quelquefois très accentuée, concou- ‘aient naguère à faire de ces malades des cachectiques.

Dans ces cas graves, l’arsénobenzol s'est montré un médicament merveilleux. Nous étudierons ses effets dans le chapitre suivant.

Aujourd'hui, on peut dire que le pronostic immédiat des syphilides varioliformes est fonction du diagnostic et du traitement.

à Pronostic éloigné #

Le pronostic éloigné est d'une étude difficile. Il est rare, en effet, que l'on puisse suivre de pareils malades pendant de nombreuses années, surtout en ce qui concerne la clientèle d'hôpital.

Parmi nos malades, le plus grand nombre n'a pu être suivi assez longtemps pour que nous puissions en tirer des conclusions relatives au pronostic ‘éloigné de l'affection qui nous occupe.

Le malade de l'Observation I fut revu, en‘1910, trois ans après la guérison de son éruption (syphilides varioliformes) -— il allait très bien. -— Nous avons appris dernièrement qu'il était mort en juin 1918, âgé de 55 ans. Il souffrait de douleurs dans les jambes et de crampes qui l’'empêchaient de temps en temps de travailler. Il mourut brusquement (sans doute, de sa syphilis).

Po | Re

La malade qui fait l'objet de l'observation Il, femme du précédent, fut revue également trois ans après son éruption varioliforme; elle se portait bien. A l'heure actuelle, treize ans après son éruption, elle ne parail pas souffrir de sa maladie.

Une troisième malade (Obs. IX), soignée, en août 1914, pour la même affection, a été traitée et rapidement guérie par des injections de 606 et de 914. De 1915 à 19148, elle eut à cinq reprises des accidents syphilitiques (papules et plaques muqueuses), traités par le 914 et l'Huile grise. La guérison se maintenait en septembre 1919, dernier séjour de la malade dans le service des Chazeaux (pour affections non syphilitiques, gale, leucorrhée).

Aucune conclusion ferme ne peut être tirée de ces faits trop peu nombreux.

Nous avons recherché dans la thèse de Goujat (1) qui a rassemblé un grand nombre de cas de syphilis méningée et qui pense «qu'il n’est pas rare de voir se produire simultanément la poussée méningée et une éruption cutanée plus ou moins sérieuse », si des cas de méningite syphilitique précédés où accompagnés d'une fruption varioliforme y étaient signalés. Nous n'en avons pas trouvé dans lesquels il soit fait mention d'une syphilide varioliforme.

En définitive, nous pensons que ce n'est qu'en rassemblant de nombreux faits que l’on pourra déterminer si vraiment une relation existe entre le mode éruptif

(4) Gouyar. Les méningites syphilitiques aiguës et subaiguës, Thèse de Lyon, 1910. | ï |

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