SPORE
retrouve d'une manière constante dans toutes nos observations.
De même, l'étude de tous les cas publiés qui nous sont connus, ne nous a jamais montré une éruption de syphilides varioliformes survenant chez un malade traité convenablement pour son accident primitif.
On peut se demander si les conditions se rapportent ‘au milieu exercent une influence sur la forme revêtue par les syphilides.
Hyde et Montgomery ont noté que presque toutes les éruptions pustuleuses de la syphilis s'observent à lhôpital. Pour eux, «c'est une occurrence des plus rares que de rencontrer des malades de la classe aisée, convenablement traités, présentant ces symptômes de la maladie ».
Rollet divise les conditions relatives au milieu en ingesta (alimentaires, toxiques, médicamenteux) k applicata (bains, traumatismes, malpropreté, vésication, parasitisme, etc.) et circumfusa (climat).
Rien à dire des premiers (ingesta), dans aucun cas l’éruption varioliforme présentée par nos malades n’a eu une origine de cet ordre (alimentaire, médicamenteux, etc.).
Pour certains (Hyde et Montgomerv), la cause occasionnelle des syphilodermies pustuleuses (c'est-à-dire toutes les lésions syphilitiques de la peau contenant du liquide) est un facteur accidentel : l'extrême saleté, par exemple, où encore les piqûres de parasites animaux (mouches, puces, punaises, ete.\. Ce facteur, absent dans foutes nos observalions, nous paraît devoir être rejeté.
Leds
L'Influence que peut exercer le climat sur l'évolution - de la syphilis est certaine. On sait depuis longtemps que la syphilis se traduit par des accidents cutanés plus graves dans certaines contrées, en particulier dans les pays chauds (Afrique du Nord). En ce qui concérne les syphilides varioliformes, les cas publiés qui sont venus à notre connaissance ne sont pas assez nombreux pour que nous puissions en tirer une conclusion relative à ce facteur. Le fait, cependant que la plupart des cas qui nous sont connus ont trait à des sujets vivant habituellement sous un climat tempéré, nous détermine à ne pas lui attribuer une grande importance.
En définitive, il nous paraît impossible d'attribuer l'apparition des syphilides varioliformes à tel ou tel facteur isolé. C’est en se combinant entre eux que ces facteurs créent chez chaque individu un ferrain particulier, sur lequel les manifestations syphilitiques évoluent, comme le disait Hutchinson (f), avec un caprice apparent dans leur gravité et leur nature. Cependant, de l'étude de nos observations, nous gardons l’impression que la plupart de nos malades présentaient un état général plus ou moins déficient au moment où ils ont contracté la maladie.
3° La Graine
Le Tréponème n'étant pas considéré comme pyogène, plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer la formation de pustules et d'ulcérations suppurantes au niveau de la peau.
(4) Congrès de Londres, 1881.
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Pour certains (Hyde et Montgomery, Bangs ELIHare daway (1) les organismes pyogènes (staphylocoques), jouent un grand rôle dans la formation de ces lésions et même, secondairement, dans la production des troubles fébriles si fréquents dans cette forme de syphilis.
Comme Balzer l’a montré, les pyogènes trouvés dans le liquide des pustules n'y apparaissent que secondairement. Au début, le liquide est stérile. On ne peut donc ‘attribuer à ces microbes une part importante en ce - qui concerne la production des lésions. Du reste, cette théorie est battue en brèche par le fait que le traitement spécifique est, à lui seul, capable de venir rapidement à bout des pustules et des uleéralions, sans aucun traitement local.
Le Tréponème existe-t-il au niveau des lésions ?
Doutrelepont (2) le rencontra dans les pustules syphilitiques, ainsi que Lipschütz qui examina à ce point de vue les syphilides varicelloïdes. Roscher (3) le trouva constamment dans 6 cas de pustules du cuir chevelu. Busche et Fischer (4) signalèrent les premiers l'absence de tréponème dans les lésions de syphilis maligne, malgré l’inoculation positive au singe. Herxheimer et iohn (5) cependant l’y rencontrèrent 5 fois sur 8. Pour Hecht (6), l'absence de tréponème au niveau des lésions
(1) Cités par Shillitoe.
(2) DOUTRELEPONT (Silzungsberichte- der Niederrhein Gess. f. natur. u Heilkunde zu Bonn, 1905).
(3) RoscHeR (Berlin. Klin. Woch., 1905, n° 44-46).
(4) BuscnE et Fiscner (Berlin. Klin. Woch., 1906, n° 13).
(5) HERXHEIMER el Con (Verhandlungen der Deutsch. Dermatol. Gess. IX° Congrès lenu à Berne, 1907). ù
(6) HECHT (Archiv. fur. Dermat. und SUD MAIS ET A 08 p: 381).
Sreéshts:
n'est pas un caractère constant de la syphilis maligne. Pour Queyrat (1), au contraire, le tréponème manque constamment dans la syphilis maligne précoce.
Nous avons examiné, à ce point de vue, les éléments varioliformes présentés par les deux malades que nous avons pu étudier.
Chez l'un (Obs. V), nous avons trouvé, par la méthode de Fontana-Tribondeau, des tréponèmes au niveau du fond de l’ulcération, mais non dans le liquide des pustules. Fe
Chez le second sujet (Obs. VI), déjà parvenu au stade croûteux, mais sans ulcérations marquées, l'examen de la sérosité résultant de l’arrachement des croûtes ne nous à pas permis de retrouver le parasite. Cette recherche a été faite, bien entendu, avant l'institution du traitement spécifique et sur de nombreux frottis.
Le Tréponème, existant au niveau des lésions, est-il identique à celui que l’on rencontre dans les manifestations banales de la syphilis ?
Est-il spécial à cette forme d’éruption ou n'est-il que simplement spécialisé ? Il est difficile de répondre actuellement à ces questions.
Pour les résoudre, il faudrait que la culture du tréponème soit d'une technique aisée, et que des expériences d'inoculation aux animaux puissent être entreprises.
La méthode des confrontations est la seule praticable actuellement.
(1) Queyrar (Bulletin de la Sociêlé de Dermatologie et de Syphiligraphir, 22 janv. .1920) 5
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Nos deux premières observations sont, à ce sujet, particulièrement intéressantes.
Il s'agit de deux sujets (mari et femme), contaminés l'un par l’autre, et qui présentèrent tous deux, à un mois d'intervalle, une éruption de syphilides varioliformes.
Nous ne conelurons pas de ce fait à une variété spéciale de tréponème; en effet, plusieurs objections se présentent à notre esprit :
a) Si les syphilides varioliformes étaient dues à un parasite spécial, les cas en seraient, sans doute, plus nombreux.
b) Les malades I et Il, mariés depuis 21 ans, peuvent n'avoir présenté une éruption de même type que parce qu'ils ont vécu au milieu de circonstances étiologiques identiques, dont ils ont subi simultanément l'influence. | ce) A côté de ce fait, il en est bien d'autres dans lesquels une syphilide varioliforme n'a pas eu pour source une forme de syphilis semblable,
Notre Observation VIT en est un exemple: le sujet atteint d'une éruption confluente de grosses papules dont quelques-unes varioliformes, reçut sa syphilis de sa femme qui n'avait présenté qu'une éruption papuleuse discrète.
Nous ne croyons donc pas qu'il s'agisse d'un tréponème spécial.