DIFFÉRENTES PRÉPARATIONS MERCURIELLES INJECTABLES
A. — Mercure métallique.
C'est Luton,quiexpérimenta le premier le mer- cure métallique en injections sous-cutanées, mais c'est Lang, en 1886, qui rendit réellement pratique ce procédé actuellement encore très préconisé. Il injectait le mercure après l'avoir incorporé dans de la lanoline et de l'huile d'amandes ou d'olives.
Mais la préparation se conservait mal, en raison de la décomposition rapide des corps gras. C’est pourquoi on préfère généralement la formule proposée par Neisser.
On dissout 20 grammes de- benjoin dans 40 grammes d'éther.
On ajoute : vaseline liquide, 15 grammes.
On prend 5 à 6 grammes de ce mélange et on y ajoute 20 grammes de mercure. |
On agite, puis le mercure étant réduit en pâte fine, on laisse reposer, on décante. :
__ On ajoute 30 grammes d'huile de vaseline et 10 grammes de vaseline ordinaire. On triture dans un mortier jusqu’à ce que le mercure soit bien divisé, enlevant de temps en temps-la partie supérieure du mélange, qui contient du mercure bien divisé et continuant à triturer le reliquat; Jusqu'à ce que tout le mercure soit réduit en très fines parcelles. Une seringue de Pravaz contient 0 gr. 36 de mercure.
Balzer injectait 0,25 de cette solution tous les 15 jours.
Brousse et Gay. emploient une solution un peu
plus forte.
. Mercure purifié....…. 20 grammes.
LEanobnes res Es) »
Vaseline liquide... 39 »
Brousse injecte 0,10 cent. de cette préparation.
Eudlitz conseille d'employer la formule de Neisser et d'injecter des doses de 0,05 à 0,10 au maximum,qu'on espacera tous les 5 jours. Letraitement ne devra pas être prolongé plus d’un MOIS à SIX semaines.
Les inconvénients de l'huile grise, sont la difficulté de sa préparation, qui exige 4 à 5 heures
+ de travail et de grandes précautions d’asepsie, sa lenteur d'action et peut-être sa toxicité ? (cas de Kaposi. Ant. J. Dermat. 1889. Hallopeau. Pulletin méd.1888.Kliev.Ein fall von Intoxication nach Injection von oleum cinereum. — Deutsch Méd.
Voch., n° 31, p. 745. 1893). Le dosage est difficile, on ‘est obligé d’agiter fortement le liquide avant de l’employer, il est vrai que MM. Feulard et Vigier expérimentent en ce moment une nouvelle composition d'huile grise, que la simple action de la chaleur de la main rend liquide.
Ses avantages réels sont le peu de douleurqu'elle provoque, la longue durée de son action (1).
Elle trouve encore actuellement de nombreux défenseurs, MM. Balzer, Le Pileur, Thibierge l’emploient couramment. :
B. — Oxydes et Sels insolubles I. Calomel.
Un des premiers sels employés, compte encore actuellement de très nombreux partisans, surtout
(1) Les auteurs sont cependant peu d'accord à ce sujet, L'examen des urines a montré à Hartung qu’elles contenaient du Hg trois jours après la première injection, et il en a retrouvé, trois mois après la dernière, tandis que Huot a décélé le Hg vingt-quatre heures après une injection de 0,25, et n’en a plus retrouvé de traces dix jours après.
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dans certaines formes de syphilis que nous étudierons plus loin. | À
On se sert du.calomel, préparé à la vapeur, tenu en suspension dans l'huile de vaseline ou l'huile d'olives stérilisées.
La solution est en général au 1 /10° (Formules de Balzer, Neisser). |
Neisser a préconisé la formule suivante :
Calomel:. ARTE aie
Chlorure de sodium, ....….
Eau dishléer #47 2. 50 —
Mucilage de gomme arabique. 2,5 —
Il employait le chlorure de sodium pour obtenir
âà o grammes.
une division plus fine du calomel, mais les résultats ont été peu satisfaisants, au point de vue des abcès et de la douleur, et Neisser lui-même a modifié sa formule, et préféré la suspension du calomel dans l'huile d'olives. |
On injecte de 5 à 10 centigrammes de calomel tous les 8 ou 15 jours environ.
Balzer conseille même de mettre un intervalle de 3 semaines entre les injections de 0,10. |
Toutes ces préparations du calomel ont un inconvément commun, c’est que le sel actif se précipite rapidement au fond du vaseet il faut violemment agiter avant de pouvoir utiliser la solution ; le dosage est donc un peu délicat. C’est du
ne
ASE reste un reproche déjà adressé à l'huile grise. Les autres imconvénients du calomel sont l'intensité de la douleur qu'il provoque, sa toxicité (voyez les faits publiés par Runeberg, mais en réalité il s'agissait là d'erreurs de dosage), la fréquence des nodi et quelquefois des abcès à la suite de son emploi.
Les abcès sont cependant très rares actuellement que le modus faciendi est mieux réglé.
Mais ces inconvénients sont compensés par de nombreux avantages qui expliquent qu'il ait survécu à toutes les attaques dirigées contre lui parles malades et les médecins qui se sont fait les échos
de leurs plaintes.
C’est un agent à action très rapide et très énergique, de plus cette action est assez persistante ; Wellander a retrouvé du mercure dans l’urine une heure et demie après une injection de calomel, Landeberg et Watraszewski en ont retrouvé dans certains cas, 2 et 13 mois après. Cette longue durée de l'élimination du Hg s'explique par l’enkystement du produit injecté, c’est pourquoi Neisser considérait les nodi comme nécessaires, pour que l’absorption soit lente et progressive.
Citons parmi les partisans actuels du calomel, dans certains cas au moins, MM. A. Fournier,
— {4 — Besnier, Thibierge, Ee Pileur, pe Portalier (1), Rey et Jullien.