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II. — Oxyde jaune

C’est l’oxyde obtenu par la voie humide, c'est-àdire en précipitant le chlorure mercurique par la potasse. Il est très peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool.

Les préparations sont à peu près les mêmes que celles du calomel, c’est-à-dire qu'il est tenu en suspension dans l’huile d'olive stérilisée ou dans lhuïle de vaseline au dixième. |

On injecte 0,05 tous les huit jours, Watraozewski conseille même de ne pas dépasser 0,04.

Les préparations à base d'oxyde jaune sont un peu plus stables que celles du calomel, il faut aussi les agiter énergiquement avant de faire l’in- Jection, mais le précipité est moins adhérent au fond du récipient, et, une fois le mélangeobtenu, il se maintient plus longtemps, on peut faire deux

({) Dans üne publication récente (Société de dermatologie 25 février 1896) Portaliér donne une formule d'injection dti contient 0,01 c. de cocaïne par cc., mais cette adjonction ne paraît pas avoir diminué la douleur; du reste, Rey et Jul: lien ont renoncé à la cocaïne qui, rarement utile, entraiñait

parfois dans la marche un engourdissement pénible et prolongé.

ou trois injections de suite sans être obligé d'agiter de nouveau le liquide, tandis que le calomel précipite dans la seringue même, si l’on ne se hâte de faire l'injection. Les injections d'oxyde jaune

sont douloureuses, la douleur apparaît le soir

même de l’injection, pour persister pendant les quatre où cinq jours qui suivent, les injections de calomel ne sont douloureuses en général que le lendemain ou surlendemain de l'injection, mais la douleur est beaucoup plus mtense.

Le nodiet les abcès ontété fréquemment signalés ; cependant ils sont peut-être plus rares que lorsqu'on emploie les injections de calomel. Enfin le mercure a toujours été retrouvé dans les premières 24 heures après l'injection et il persiste longtemps dans l'urine.

Ensomme, les avantagés de l’oxyde jaunesont : préparations relativement stables, douleurs peu intenses, nodi et abcès peu fréquents, c'est du moins ce qui ressort de sa comparaison avec le calomel. Mais si on le compare à l'huile grise, il apparaît comme de beaucoup inférieur, celle-ci provoquant moins de douleurs et de nodosités au dire de ses partisans.

Etudions maintenant d’autres inconvénients :

L'oxyde jaune à produit moins de cas graves

d'intoxication que le calomel, mais 1l a été beau-

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coup moins employé et par des observateurs déjà instruits, par les résultats qu'avait donnés le calomel. Expérimenté concurremment avec celui-ci, il a paru au moins aussi toxique. Huot sur 40 malades a vu 36 fois des accidents, Leloir et Tavernier sur 642 injections ont vu 26 fois des phénomènes d'intoxication variables, toujours légers, il est vrai, Lesser a vu l’oxyde jaune donner lieu à des troubles intestinaux et dans un cas provoquer de l’érythème mercuriel chez un malade qui n'avait rien éprouvé de semblable avec le calomel.

S'il est aussi toxique (1) que le calomel, l'oxyde jaune lui est inférieur comme énergie curatrice d’après la plupart des observateurs ; pour Kuhn 4 à 6 injections de calomel correspondent à 6 à 10 d'oxyde jaune. C’est là un sérieux inconvénient, qui explique que ce procédé de mercurialisation ne prend pas grande extension. L’oxyde jaune est en effet, une préparation intermédiaire entre l'huile grise et le calomel, celui-ci plus énergique et plus douloureux, celle-là peut être moins active, mais beaucoup mieux tolérée. Ses indications

(1) Pour la toxicité de l’oxyde jaune v. encore : O. Lewin. Zei Weitere Fælle von Intoxication nach der Injection vou unlœæslichen Quecbsilbersalzen. (Charité Annaler), t. XVII.

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Eyes sont donc peu nombreuses, comme nous le verrons plus loin (1).

ÎTT. —Salicylate de mercure.

Il en existe deux variétés : une basique et une neutre. Ce sont des corps blancs, amorphes, insolubles. |

On emploie généralement ces sels mercuriels en suspension dans l'huile de vaseline au 1710 c. 0,05 à O0 10 centigr. par semaine. Ils ont été jusqu'ici peu employés en France et il serait prématuré de se prononcer sur leur valeur réelle.

Disons cependant que d'après Windernitz ils s'éliminent très rapidement par les urines, ce qui tendrait à prouver que leur action serait rapide, énergique, mais passagère.

Ces présomptions sont d'accord avec les con-

(1) Cet article était écrit avant que A. Rey et L. Jullien, d'Alger, aient donné à la Société de Dermatologie (séance de février 96), le résultat de leurs expériences. Leurs conclusions ne diffèrent pas sensiblement des nôtres.

« C’est dans un but d'expérience que nous avons employé « l’oxyde jaune et nous avons constaté que s’il dispense à « peu près des nodosités, ce sel procure une disparition « beaucoup plus lente des accidents ; nous avons vu des « poussées sévères résister à l’oxyde jaune et progresser « même pour disparaître dès la « substitution du calomel.

LS clusions de Leichenstein et Eich qui ont trouvé que le salicylate de Hg agit rapidement, mais que son action.est peu durable, quoiqu'ils le trouvent supérieur à l'huile grise, soit comme intensité, soit comme sécurité d'action.

Galeniu, qui a étudié tout spécialement le salicylate de mercure dans le service de M. Balzer, a obtenu les résultats suivants : |

Il injectait habituellement à la fois cinq centigr. de salicylate de mercure.

L'intervalle qui séparait chaque injection a été en général de cinq jours.

Injecté dans les muscles le salicylate détermine une réaction inflammatoire très limitée sans dommage sérieux pour les tissus.

On retrouve le mercure dans les urines dès les premières 24 heures. (1)

La douleur de l'injection est modérée en général, mais elle semble être plus intense que celle produite par l'injection de l'huile grise.

Deux à quatre injections de 5 centigr. sont en général suffisantes pour traiter les accidents primitifs secondaires et tertiaires en cours d’évo-

(1) Linden et Windernitz insistent aussi beaucoup sur la rapidité d'élimination du salicylate de mercure, et sur la grande quantité de H£ que l’on trouve dans les urines dans les jours qui suivent immédiatement l'injection.

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lution. Ces injections sont donc très actives et peuvent à ce point de vue être placées sur le même rang que les frictions. Elles paraissent plus actives que les injections d'huile grise et peu vent être considérées comme à peu près aussi efficaces que les injections de calomel.

Ce sont là des qualités qui placeraïent le salicylate au premier rang, mais les observations de M. Galeniu sont en trop petit nombre pour imposer la conviction. Linden qui a expérimenté comparativement le calomel et le salicylate, se montre aussi très partisan du salicylate ; néanmoins, il est d'avis que les injections de calomel ont en général une action plus rapide que celle de salicylate, aussi le traitement avec la première préparation exige-t-1l moins de temps. Il reconnaît du reste que le salicylate exposé moins aux récidives tardives, aussi, Cconcluerons-nous que le salicylate est une très bonne préparation dont il serait bon d’étendre les usages. Citons cependant à son actif un cas d'intoxication aiguë (P. Glagoleff, Journal de Médecine militaire russe, mai 1894) fqui survint à la suite d’une seule injection, 0 gr. 04 centigrammes.

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