‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 22 sur 51 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Les syphiloses ostéo-géodiques se présentent en clinique sous des aspects variés qui correspondent dans l’ensemble à ceux qu’on a décrits dans les kystes osseux de l’adolescence. Mais un examen complet découvre presque toujours d’autres lésions osseuses en des points où rien n’attirait cliniquement l’attention et surtout révèle avec certitude la syphilis qui est à l’origine de ces lésions.

Le diagnostic de ces formes particulières de syphilis osseuse se pose dans 2 grands ordres de circonstances :

19 Le plus souvent, c’est à propos de douleurs rhumatoïdes peu précises, mais tenaces, qui attirent l’attention sur un point limité du squelette où l’on trouve soit une tumeur osseuse circonscrite, soit peu de modifications à l’examen physique, mais une image caractéristique de géode osseuse à la radiographie.

Parfois les douleurs sont très atténuées et c’est la tumeur osseuse qui attire la première l'attention.

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20 Il est plus rare que le diagnostic soit porté à l’occasion d’une complication :

Il peut s’agir d’une manifestation articulaire de voisinage, arthropathie sèche et surtout avec épanchement ;

Il s’agit parfois d’une déformation du membre dont la croissance ne s’accomplit pas normalement ;

Mais surtout, l’accident révélateur” peut être une fracture pathologique provoquée par un traumatisme minime et qui fait pratiquer une radiographie qui vient faire découvrir le diagnostic, — ou des fractures itératives, — ou encore plus exceptionnellement la constitution d’un cal vicieux consécutif à une fracture qui avait pu être méconnue ou avait semblé banale et n’avait pas été contrôlée radiologiquement, au moment où elle s’était produite.

Nous allons envisager successivement ces diffé rents cas.

DANS LE CAS LE PLUS HABITUEL, avons-nous dit, ce sont les Douleurs qui sont le signe révélateur. Elles siègent dans la région juxta-épiphysaire d’un os long, en général à l’une des extrémités du fémur, à l'extrémité supérieure du tibia ou de l’humérus. Elles ne sont pas toujours bien définies et leur siège

n’est pas toujours précisé très exactement par le malade.

Habituellement peu intenses, cés douleurs ont une tendance à se manifester surtout le soir, à la fatigue. Le repos les calme, mais souvent incomplètement. Elles peuvent même être plus vives la nuit, malgré le décubitus et gêner le sommeïl en prenant un earactère ostéocope qui est bien évocateur de la syphiis.

Mais ce qui est surtout net, c’est leur évolution par poussées. Au début elles apparaissent pendant quelques jours ou quelques semaines, puis se calment pour reprendre après une période de latence plus ou moins longue. Cependant, elles récidivent toujours dans la même région, parfois pendant des années, car elles sont surtout extrêmement tenaces. Elles résistent en effet à toutes les thérapeutiques antralgiques habituelles, appliquées spontanément par le malade, et ne se calment qu'avec la fin de la poussée qui les a déclanchées.

A côté des douleurs, les autres troubles fonctionnels n’ont qu'une importance minime. Il est sans doute fréquent d'observer un certain degré d’impotence fonetionnelle, mais qui est avant tout la conséquence de la douleur : si le malade souffre du membre supémeur, il peut commettre des maladresses, laisser échapper des objets et s'il fait un travail de force, peut être obligé à le cesser momentanément. Si Ia douleur atteint l’un des membres inférieurs, 1l existe fréquemment de la claudication : le malade traîne la

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jambe et peut, là encore, être gêné dans son travail professionnel.

Parfois ces douleurs résument tout le tableau clinique ; l'examen reste négatif et ce n’est que si l’on songe à pratiquer la radiographie qu’on pourra mettre en évidence l’image géodique caractéristique.

Mais il est plus fréquent que l’examer physique découvre dans la région douloureuse une tumeur osseuse, dont 1l précisera tous les caractères.

A l'inspection — la région peut-être déformée par la tuméfaction quitend à effacer saillies et méplats normaux et qui se perd vers l’articulation voisine, alors qu’elle a parfois une limite plus nette vers la diaphyse de l’os malade.

Cette tumeur osseuse siège en effet au niveau du bulbe d’un os long des membres, en général du côté de l’épiphyse fertile : « près du genou, loin du coude ». Cependant, au niveau du fémur, l’extrémité supérieure et surtout la région trochantérienne sont presque aussi souvent atteintes que l’extrémité inférieure. D'autre part la clavicule est également un siège assez fréquent. :

Mais même dans les cas où l’os présente un volume suffisant pour frapper dès la simple inspection de la région douloureuse, les téguments restent toujours normaux à son niveau ; — la peau présente un aspect et une coloration ordinaires sans aucune circulation veineuse sous-cutanée visible.

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Bien souvent cependant, la tumeur osseuse est encore plus volumineuse. Elle n’est pas nettement visible et ne peut alors être rendue perceptible que par la palpation.

Au palper, d’ailleurs, les téguments sont souples jamais adhérents aux plans sous-jacents sur lesquels ils ghssent facilement.

Plus profondément, on perçoit la tumeur qui présente un caractère du dureté osseuse et fait corps avec l’os. Parfois celui-ci paraît augmenté dans son ensemble et régulièrement. D’autres fois au contraire son augmentation de volume est plus circonscrite mais dans l’ensemble los est régulièrement hypertrophié ; en général en effet on ne constate pas d’épaississement du périoste, encore que cette affirmation ne présente rien d’absolu.

C’est surtout à la palpation qu’on pourra préciser exactement les dimensions de la tumeur ; on la délimite mal vers l’articulation, mais 1l est fréquent de percevoir une limite assez nette du côté diaphysaire. Son volume est variable : c’est habituellement celui d’une noix, d’un œuf, rarement plus. f

Toute l’exploration de la région n’est nullement douloureuse ou très peu. Elle permettra en outre de constater que la consistance est égale en tous points, qu'il n'existe en particulier aucune zone ramollie, fluctuante. On a cépendant parfois une impression de fausse fluctuation.

J.-L. Dubois. 3

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