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se trouve beaucoup plus irrégulièrement répartie. Il peut survenir des poussées de périostite indépendantes de toute modification osseuse. Enfin le canal médullaire est rempli par de l’os néoformé.
Au contraire, dans la syphilose ostéo-géodique, la moelle est transformée en tissu fibreux qui peut résorber l’os au moyen de myéloplaxes et il n’y a pas de nécrose osseuse. De même, si le périoste est atteint, ce qui est assez rare, sa réaction est strictement parallèle en importance à la réaction de la corticale voisine et ne peut évoluer sans elle. Enfin, le canal médullaire est élargi et rempli de moelle graisseuse et rouge.
Il faut encore insister dans l’ostéo-dystrophie sur l'importance des lésions vasculaires que Reckzine- HAUSEN, Looser avaient déjà signalées (55, 56 et 35). Rappelons d’ailleur avec quelle fréquence l’ouverture chirurgicale de la géode osseuse donne issue à un liquide séro-sanguinolent ou même franchement hémorragique. Mais il n’y a rien là qui soit particulier à la syphilis, car on retrouve les mêmes lésions dans toute ostéo-dystrophie fibro-géodique.
Cependant, à côté de ces lésions banales, d’autres lésions ont pu être rencontrées dans des cas de syphi” lose ostéo-géodique et constituent un énorme argument en faveur de la nature syphilhtique de ces ostéopathies chroniques.
Berarp prétend avoir obtenu dans son cas (7) « une biopsie qui affirmait la nature syphilitique »
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des lésions. Mais il n’en donne aucun détail et nous n'avons personnellement pas pu obtenir de renseignements complémentaires.
Par contre l’excellente observation de MM. Tou- RAINE & Rigapeau-Dumas nous apporte des précisions à ce sujet. Une biopsie de la clavicule put être pratiquée.
À l'examen histologique, elle révéla : « Un tissu très dense et riche en faisceaux de fibres conjonctives, très pauvres en cellules à noyaux rond ou allongé. Ce tissu envoie des bourgeons arrondis à l’intérieur des quelques éléments lamellaires de tissu osseux qui persistent, mais ces bourgeons restent pauvres en cellules. Nulle part on ne trouve ni tissu adipeux ni éléments cellulaires d’ordre médullaire (myélocytes, hématies nucléées, etc.) En quelques points, on note des cellules isolées, plus volumineuses que les autres, mais qui paraissent presque toutes multinuclées ». C’est en somme un aspect d’ostéite fibreuse nette avec probablement présence de myé- loplaxes.
Mais ce qui est bien en faveur de la syphülis, et paraît assez particulier à elle, c’est «l’existence d’une péri et surtout d’une endartérite chronique assez marquée. Au voisinage des vaisseaux, il n’est pas rare de voir des nodules bien limités par des trousseaux conjonctifs d'infiltrats de petites cellules rondes ». C’est bien l’allure des nodules plasmolymphocytiques péri-artériels qu’on est accoutumé à voir dans toutes les localisations de la syphilis.
Ï est probable que de nombreuses images analogues seront observées lorsqu'il arrivera de pratiquer de nouvelles biopsies pour confirmer un diagnostic hésitant.
On voit donc que schématiquement on trouve :
— macroscopiquement : des aspects de kystes osseux, souvent multiloculaires, et à contenu hématique ;
—— microscopiquement : des lésions banales d’ostéite fibreuse, mais auxquelles paraissent s’adjoindre des lésions endo et périartérielles propres à la syphilis.
Nous verrons d’ailleurs l'importance que l’on peut tirer de l’étude de ces lésions pour tenter d’en comprendre la pathogénie.