‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 31 sur 51 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

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Dans l’ensemble, l’anatomie pathologique des syphiloses ostéo-géodiques rappelle celle de toutes les ostéo-dystrophies géodiques de quelque nature qu’elles soient, mais avec quelques particularités.

Les lésions siègent généralement dans la région juxta-épiphysaire des os longs, dans la région du bulbe, au voisinage du cartilage fertile : loin du coude, près du genou.

Cependant, on peut observer avec une certaine fréquence des localisations sur le grand trochanter, sur la clavicule et sur les os de l’avant-bras.

Il est beaucoup plus rare que le siège des lésions soit diaphysaire et dans ce cas cette localisation est rarement isolée.

Dans l’ensemble en effet les lésions ne sont pas toujours uniques. Parfois elles s'étendent alors à une partie importante de l’os, envahissant toute l’épiphyse et une partie de la diaphyse voisine. Mais le plus souvent, on trouve plusieurs foyers, 2, 3, 4, 5, très rarement davantage, qui d’ailleurs ne se révèlent pas toujours cliniquement, mais qu’on met en

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évidence facilement par l’examen systématique du squelette à l’aide de la radiographie.

Cet examen montrera d’ailleurs un fait important, à savoir que le reste de l’os, en dehors de l’extrémité atteinte est normal et nullement décalcifié, de même que les autres os, où n’existe aucune lésion géodique. Tout ce qu'il peut révéler, ce sont d’autres lésions de syphilis osseuse nan géodique, qui viennent d’aild’ailleurs, ainsi que nous l’avons vu, aider au diagnostic.

Nous avons réuni dans un tableau d’ensemble les localisations des géodes osseuses que nous avons trouvé signalées dans les observations que nous avons pu réunir.

Sur un total de 73 localisations, nous avons trouvé

4 localisation diaphysaires : 2 sur le fémur ; 1 sur l’humérus ; 1 sur le tibia.

64 localisations au niveau du bulbe des os longs des membres ; se décomposant comme suit :

Dans 4 cas une des extrémités de la elavicule était atteinte ;

Dans 5 cas c'était l’acromion ;

Dans 9 cas l’extrémité supérieure de l’humérus ;

Dans 3 cas l’extrémité supérieure de l’humérus ;

Dans 3 cas l’extrémité inférieure ;

Dans 5 cas l'extrémité supérieure du cubitus ;

Dans 3 cas l'extrémité supérieure du radius ;

Dans 7 cas l'extrémité inférieure du radius ;

Dans 3 cas les os de la main ; |

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Dans 3 cas l’extrémité supérieure du fémur ; Dans 10 cas l’extrémité inférieure ;

Dans 7 cas l’extrémité supérieure du tibia ; Dans 1 cas l’extrémité inférieure ;

Dans 2 cas l’extrémité inférieure ;

Dans 2 cas l’extrémité supérieure du péroné ; Dans 2 cas les ds du pied. PA

Enfin dans 5 cas, la lésion avait atteint les os plats : Le crane était atteint 2 fois

Le sternum était atteint 2 fois

Les côtes étaient atteintes 1 fois

L’os 1haque était atteint 1 fois.

L'aspect macroscopique de la lésion est bien connu et a été vérifié au cours des interventions chirurgicales.

19 Le contenu de la géode est rarement un liquide clair. Le plus fréquemment c’est un liquide sérohématique, parfois visqueux et brunâtre ou même du sang pur.

Nous verrons l’importance de ces caractères sur la façon dont on peut concevoir la pathogénie de ces lésions.

29 Les parois de la géode osseuse sont rarement lisses et régulières. En général, elles sont plutôt anfractueuses, comme si elles résultaient de la juxtaposition de plusieurs foyers voisins qui auraient conflué. De petits replis osseux s’élèvent du fond

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de la cavité et contribuent à donner l’image radiologique d’une géode multiloculaire que nous avons vu être fréquente, alors qu’en réalité, il s’agit bien souvent d’une cavité irrégulière avec des replis et des diverticules en tous sens.

Dans quelques cas cependant, il existe plusieurs cavités complètement séparées et il faut efflondrer de petites cloisons osseuses au cours de l’intervention pour en évacuer le contenu.

La corticale est amincie, peu à peu refoulée par l’extension de la géode, mais jamais envahie ni rompue. C’est là un grand signe, visible sur la radiooraphie, qui différencie ces ostéoses bénignes des sarcomes dont on connait la gravité.

30 Enfin l'os est souvent à peu près normal au pourtour des lésions. Un certain degré de périostite peut exister, mais elle est toujours proportionnelle et d'évolution parallèle aux lésions osseuses.

Par contre, le cartilage de conjugaison reste presque toujours indemne. Tout au plus, chez l’enfant en pleine période de croissance peut-il subir une irritation qui excite son activité ostéo-formatrice (Bain).

Quelques observations permettent peut-être de saisir le début de formation de ces géodes.

Parfois, en effet, l’image géodique n'existe qu’à la radiographie, alors qu’à l’intervention ou à l’autopsie, il n’y a pas de cavité osseuse, mais seulement un foyer cireonscrit unique ou plus rarement multiple d’ostéite fibreuse non cavitaire qui est perméable aux rayons X.

J.-L. Dubois. 5

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Ménarp cite ainsi le cas d’un enfant envoyé à Berck avec un état général très mauvais. La mort fut rapide.

L’autopsie révéla toute une série de lésions. Il y avait une caverne dans le cubitus gauche qui s'était ouverte dans Particulation du coude et renfermait un séquestre. tes Ft

L’humérus gauche, renflé en fuseau dans la 1/2 inférieure de sa diaphyse, fut coupé par une section sagittale qui permit de constater « en plein tissu spongieux une trainée blanc-jaunâtre, vrai cylindre de tissu fibroïde » qui tranchait par sa couleur et sa consistance sur le tissu spongieux de la moëlle.

Une coupe analogue révéla des lésions de même genre, mais moins avancées du coude droit. Dans le cubitus existait, là aussi, un cylindre de ce même tissu fibroïde, long de 4 centimètres, arrivant jusqu’au dessous du cartilage olécranien; deux ilôts analogues existaient dans l’humérus. |

La diaphyse des 2 tibias était également atteinte : à droite, 1l y avait 5 petits ilots séparés et à gauche un long cylindre de tissu blanc-jaûnâtre occupant le canal médullaire.

En somme, ce cas de MÉNARD se rapproche d’autres cas analogues, mais dont l’étiologie reste incertaine et sur lesquels à insisté Nove-JosseranD (47). Cette désintégration du tissu osseux normal par une masse fibreuse transparente aux rayons X, véritable fibrôme de l’os, n’est probablement que le 1€7 stade d’une ostéite fibro-céodique qui se ramollira ensuite.

BeNazeT, à propos des cas qu’il a observés, insiste sur le fait que la géode parait débuter en effet par de petites taches claires qui «ne sont pas franchement médianes et ne répondent pas à la situation du canal médullaire. Il ne peut donc s’agir que d’une dystrophie osseuse lacunaire ».

Il différencie ces taches claires correspondant à celles qui nous occupent de 2 autres aspectsidentiques et que déterminent : les unes (une échappée de vue sur la clarté naturelle du canal médullaire, au travers de l’os compact, épaissi », — et les autres une formation d’os nouveau non encore calcifié, au voisinage d’anciennes hyperostoses.

Du point de vue histologique, on constate les lésions banales de toutes les ostéites fibreuses, façon commune pour l’os de réagir à des causes pathogènes variées, puisqu'on les rencontre dans toutes les ostéopathies chroniques : kystes osseux idiopathiques ; maladie de Recklinghausen, maladie de Paget et leontiasis ossea.

Nous n’insisterons guère sur ces lésions d’ostéite fibreuse car elles ne présentent rien qui soit caractéristique de la syphilis:

Elles se traduisent surtout par un bouleversement général de toute l’architecture normale de Pos : les travées osseuses sont déchiquetées et ont perdu toute amellisation. Les bords de ces travées sont érodés

et ainsi se trouvent formées des lacunes où l’on voit de grosses cellules multinuclées : les myéloplaxes. On les considère maintenant non plus comme des éléments particuliers permettant d'identifier certaines ostéopathies, naguère encore appelées tumeurs à myéloplaxes, mais comme des éléments banaux qu’on peut rencontrer dans tout processus de remaniement osseux depuis les tumeurs les plus bénignes, jusqu'aux ostéosarcomes les plus authentiques.

A ce bouleversement général de l’os vient s’adjoindre une métaplasie de la moelle osseuse qui ne possède plus de cellules graisseuses, mais paraît se transformer en un tissu formé de nombreuses cellules fusiformes, les fibroblastes et de très nombreuses fibres conjonctives enchevêtrées en tourbillon.

Mais ces lésions de dégénérescence fibreuse de la moelle aboutissant à une véritable métaplasie du tissu osseux en tissu ostéoïde, séparent complètement, comme Prex (53) et Francenueim (16) l’ont bien montré, l’ostéo-dystrophie fibro-géodique syphilitique et la syphilis osseuse à forme hyperostosante et gommeuse.

Dans l’ostéite syphilitique, la moelle est transformée en un tissu de granulation qui accompagne la résorption et la néoformation osseuse. On note en outre des nécroses de la substance osseuse elle-même, par ailleurs, la participation du périoste au processus morbide est indépendante en degré et en étendue de l’importance des lésions corticales et

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