CONCLUSIONS
1) La syphilis joue un rôle à l’origine d’un certain nombre d’ostéo-dystrophies fibro-géodiques localisées (kystes des os, tumeurs à myéloplaxes, formes localisées de la maladie de Recklinghausen). Elle mérite d’être recherchée attentivement dans chaque cas.
2) Ces géodes osseuses sont parfois une manifestation de syphilis acquise ancienne. Beaucoup plus souvent, elles sont une manifestation d’hérédo-syphilis tardive, ce qui explique leur fréquence chez l'adolescent et chez l’adulte jeune.
3) Chiniquement, les ostéo-dystrophies syphilitiques se révèlent par des troubles fonctionnels, parmi lesquels prédominent les douleurs. Localement, en général dans la région juxta-épiphysaire des os longs, se développe une tumeur osseuse, dont la radiographie affirme la nature géodique, uni ou surtout multiloculaire.
4) L'évolution spontanée se fait par poussées, à l’occasion desquelles peut survenir une fracture spontanée, ou peuvent apparaître de nouveaux foyers géodiques, mais dont le nombre reste toujours minime. Le traitement spécifique arrête par contre rapidement ces poussées et calme les douleurs, mais la recalcification des géodes est très lente et exige des mois ou même une année.
J.-L. Dubois. 8
5) Au point de vue physio-pathologique, ces lésions osseuses ne s’accompagnent d'aucun trouble, ni d'aucune lésion des glandes endocrines, en particulier des parathyroïdes.
6) Leur nature syphilitique paraît indubitable. Elle s’appue en effet sur :
— des arguments cliniques et thérapeutiques ;
— des arguments sérologiques ;
— des arguments anatomiques.
7) Une étude biologique précise montre en effet, outre les lésions habituelles de toute ostéo-dystrophie fibro-géodique, des lésions d’endo et de périartérite syphilitiques.
8) La formation de ces lésions géodiques des os ne nous à pas paru être la conséquence d’une ostéite syphilitique banale, mais bien plutôt d’une dystrophie, d’origine vraisemblablement artérielle.
9) Undividualisées par ces différents caractères, ces géodes syphilitiques nous semblent constituer un nouveau chapitre de syphilis osseuse méritant d’être individualisé et auquel nous proposons de donner le nom de syphilose ostéo-géodique.
Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de la thèse, BALTHAZARD. CH. ACHARD.
Vu ET PERMIS P'IMPRIMER :
Le Recteur de l’Académie de Paris, CHARLÉT Y.