DU SYSTÈME NERVEUX AUTONOME
Nous étudierons, dans ce chapitre, quelques modifications des chronaxies nerveuses secondaires à di-
verses agressions physiques.
La section.
La section du nerf lingual (121) détermine une augmentation de sa chronaxie qui est environ doublée. La section agit de même sur la chronaxie du nerf hypogastrique (4). Il s’agit dans ces deux cas d’une séparation des centres.
Au contraire, la vagotomie double (127) détermine une diminution de la chronaxie du pneumogastrique
centripète inhibiteur de la respiration.
Les répercussions.
1° Des lésions centrales.
La décérébration détermine un redressement subit de la courbe des intervalles des pupillo-dilatateurs (124). L’ablation de l'écorce cérébrale entraîne une augmentation de chronaxie du pneumogastrique et des fibres pupillo-dilatatrices (275).
20 Des lésions périphériques.
a. Sur le neurone périphérique.
La section du grand splanchnique détermine un
abaissement de la chronaxie du pneumogastrique
moteur de l'estomac et du grèle (37) qui passe de 2 à 1 sigma environ.
La stimulation du sympathique diminue la chronaxie de la corde du tympan (112) et du vague inhibiteur cardiaque (138). L’irritation des voies respiratoires profondes (120) produit une augmentation de la chronaxie du pneumogastrique centripète inhi-
biteur de la respiration.
A. et B. Chauchard (108) expérimentant sur le réflexe inhibiteur de la respiration « montrent que l’excitabilité d’un neurone centripète est susceptible d’être influencée à distance par des excitations portées sur d’autres neurones, qu'il s'agisse de stimuli temporaires ou de lésions définitives. Ces perturbations se manifestent par des augmentations ou des diminutions de la chronaxie et par des modifications des lois d’excitabilité des centres. Dans tous les cas que nous avons observés jusqu'ici, ces modifications ont présenté un caractère transitoire ».
b. Sur le centre réflexe.
Des excitations ou des lésions à distance peuvent agir sur les lois de sommation. Ainsi, l'irritation des voies respiratoires profondes (120) provoque un aplatissement de la courbe des intervalles du réflexe inhibiteur de la respiration. La vagotomie modifie les lois
d’excitabilité du réflexe respiratoire (39).
c. Sur l’organe d’aboutissement.
De nombreuses expériences mettent en évidence l'effet de la stimulation des nerfs végétatifs sur la chronaxie de l’organe d’aboutissement. En excitant les nerfs par le courant faradique, on constate que : le pneumogastrique cervical diminue la chronaxie (185, 186, 189, 192, 265, 174) du myocarde, le sympathique accélérateur cardiaque l’augmente (205). (Il augmente aussi le temps de sommation cardioinhibiteur qui passe de 3 à 8 secondes (138)),
le pneumogastrique diminue la chronaxie de l’estomac, le sympathique l’augmente (179),
le nerf splénique diminue la chronaxie de la rate(187),
le sympathique augmente le temps de sommation du système corde du tympan-glande sous-maxillaire et par conséquent la chronaxie de la glande.
Pour A. et B. Chauchard (112), il diminue le temps de sommation du système et aplatit la courbe des intervalles.
Sans doute, dans ce dernier cas, s'agit-il de « métachronoses» d'un mécanisme particulièrement simple à saisir : elles ne font pas moins apercevoir l'énorme complexité à laquelle se heurte l'exploration dans ce
domaine du système nerveux autonome.
role