‹ Les systèmes socialistes et l'évolution économiqueChapitre 14 sur 143 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Conclusion; le collectivisme et la liberté.

Le collectivisme radical, avec son mode de production administrative et son régime de valeur fixée suivant le temps de travail d'intensité moyenne, investit fEtat d'un immense pouvoir, qui embrasse tous les domaines de l'activité individuelle. Il impose à l'Administra tion, composée d'innombrables organes entretenus par les ressources publiques, une tâche surhumaine et une responsabilité écrasante.

Il lui confie toutes les fonctions économiques de la nation, tout le service de la production, du transport, de l'emmagasinage et de la distribution, la gestion du logement comme celle des subsistances et des autres fournitures. Il lui donne le pouvoir exclusif de taxer les services et les produits, après des calculs inextricables de mo3^ennes sociales, et lui confère la charge d'une comptabilité prodigieusement compliquée, dont les erreurs peuvent compromettre l'existence nationale. L'autorité publique, responsable des chômages, est tenue de procurer à chacun un emploi conforme à ses aptitudes. L'État, employeur unique de millions de travailleurs, supporte tout le fardeau des fautes et des injustices qui peuvent se commettre dans la répartition des tâches, le calcul des tarifs ou la réception des produits. Le gouvernement économique, disposant des citoyens à la fois comme consommateurs et comme producteurs, est sans cesse exposé à succomber sous le poids des responsabilités.

Le progrès matériel et le développement des forces productives n'ont d'autre garantie que le zèle des fonctionnaires électifs et le dévouement des travailleurs. Il faut qu'en dehors de tout avantage personnel, la passion désintéressée du bien les détermine à adopter

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