‹ Les systèmes socialistes et l'évolution économiqueChapitre 30 sur 143 · Y. Annexe, II, 1", Allemagne · texte numérisé non relu

Y. Annexe, II, 1", Allemagne

France et en Allemagne, le nombre des compagnies d'assurances sur la vie reste stationnaire, ou s'accroît à peine depuis de longues années, tandis que le chiffre de leurs affaires progresse rapidement; aussi la moyenne des capitaux assurés, par compagnie, a-t-clle presque doublé en France, et plus que triplé en Allemagne depuis 1880; de grandes compagnies y ont absorbé des sociétés moindres. Aux États- Unis, le nombre des sociétés d'assurances sur la vie est tombé de 71 en 1870 à 37 en 1899, et la moyenne par société des sommes assurées a sextuplé, passant de 140 à 84o millions de francs. L'actif des sociétés d'assurance-vie s'élève à 11,3 milliards de francs aux États- Unis, 7,2 milliards en Angleterre, 2,1 milliards en France, celui des sociétés d'assurance de toute nature monte à 5 milliards en Allemagne; les grands établissements d'assurances, devenus d'immenses réservoirs de l'épargne privée, disposent par là d'une puissance financière considérable *.

La concentration a eu deux conséquences naturelles, que les statistiques nous permettent de saisir : l'agglomération des capitaux dans les sociétés par actions, et la décroissance continue de la proportion des entrepreneurs vis-à-vis des salariés.

Dans l'industrie manufacturière, les mines, les chemins de fer, la navigation, le commerce, la banque, les assurances, etc., les entreprises les plus considérables ont dû, pour la plupart, se conslilucr en sociétés par actions. En France (1899), le capital de ces sociétés monte à 13 milliards 1/2, non compris 22 milliards en obligations. | Pour l'Angleterre (1904), leur capital s'élève à 70 milliards 1/2 de francs, y compris celui des compagnies de chemins de fer. En x\Ilemagne (1896), capital et réserves des sociétés par actions montent à 10 milliards de francs, sans compter 8 milliards en obligations. Aux États-Unis (1900) les sociétés par actions fournissent 59,5 p. 100 du produit total de l'industrie; la proportion s'élève même à 81,4 p. 100 dans l'industrie chimique, à 89,9 p. 100 dans celle du coton, et 93, G p. 100 dans celle du fer et de l'acier^.

L'industrie, à mesure qu'elle grandit, devient une propriété impcr-

Page 1