Voir Annexe I
2. Bulletin d>; statistique et de lérjislation comparée, inail901,p.o00. — Statistical Abxtract fo7- the United Kinrjdom from iS90 to i904, p. 236 et 243. — lîandwôrterbucli der Staatswissenschaften, 2^ éd., v° AktiengeseÙschaflen, p. 194. — Twel/th Ceiisiis of llie United States 1900, t. VII, p. lxvi et Lxvir. — D'après le Recensement professionnel allemand {Gew. u. Hand. im D. R. I89,ï, p. 184), les entreprises collectives en Allemagne, y compris celles de l'Élat et des municipalités, emploient 33,1 p. 100 du personnel total de l'industrie et du commerce en 1895, au lieu de 30,3 p. 100 en 1882.
sonnelle, monnayée sous forme de titres mobiliers. A ce degré, elle subit de plus en plus la domination de la haute finance. Les grandes entreprises ne peuvent plus se passer du concours des maisons de banque, soit pour rémission de leurs titres, soit pour des avances et des commandites. L'influence de la finance sur l'industrie est surtout sensible à l'égard des trusts et des cartels, qui sont formés et crédités par la haute banque.
Il résulte aussi de la centralisation industrielle et commerciale que la proportion des patrons indépendants diminue vis à vis du nombre sans cesse grossissant des salariés. La diminution est particulièrement sensible en Allemagne : si l'on mot de côté les travailleurs isolés, la proportion des entrepreneurs dans l'ensemble du personnel des exploitations tombe, entre 1882 et 1895, de 17,3 à 12,2 p. 100 dans l'industrie, et de 26,3 à 22,9 p. 100 dans le commerce. En Belgique, dans l'industrie, la chute est moins rapide, parce que le développement industriel y est plus ancien; néanmoins, au lieu d'une proportion de 1 patron pour 1,8 ouvrier en 1846, on n'y trouve plus en 1896 que 1 patron pour 3 ouvriers. En France, de 1896 à 1901, la proportion des chefs d'établissement reste fixée à 17 p. 100 dans l'industrie, et 23 p. 100 dans le commerce et les transports, chiffres qui s'élèvent à 20 et 38 p. 100 si l'on tient compte des travailleurs isolés '.
En même temps que diminue le nombre des entrepreneurs relativement aux salariés, le capital des entreprises, principalement le capital fixe, augmente plus vite que le personnel salarié. L'évolution industrielle a donc pour conséquence d'amoindrir l'importance relative des facteurs personnels à l'égard des facteurs matériels dans le procès de production.
La cause du mouvement universel de concentration capitaliste est bien connue; c'est la supériorité des grandes entreprises dans la concurrence qui le provoque, avec la force irrésistible d'une loi naturelle.
Considérons l'industrie. Une grande entreprise, disposant de larges capitaux, peut se procurer les meilleures machines, et tenir sans cesse son outillage à hauteur des inventions les plus récentes; elle achète les brevets pour Texploitation des procédés les plus perfectionnés; elle attire les directeurs et ingénieurs les plus capables, les ouvriers les plus habiles et les plus laborieux par des salaires plus élevés et des journées plus courtes. Dans les ateliers, le travail est organisé de