ACTE TROISIEME
CARDONAT.
Qui, depuis hier, est un des administrateurs de notre société.
Lui! Jordaneî... Il vous a prêté son nomi
CARDONAT.
Ce matin même, il a passé trois heures dans mes bureaux, il a fait acte d'administrateur. Nos actions montent dans des proportions inattendues, et M. de Jordane aura réalisé demain des bénéfices considérables. Je pourrais vous en indiquer le chiffre approximativement.
BRIDIER.
C'est inutile. M. de Jordane sait-il que vous aviez conservé toutes vos actions et que vous prépariez une hausse d'un jour pour vous en débarrasser?
CARDONAT.
C'est un coup de bourse élémentaire et très licite.
BRIDIER.
Môme quand on est sûr de ruiner ses actionnaires, puisque vous avez la preuve que votre société sera arrêtée à son début par les puissances intéressées?
CARDONAT.
La haute influence de nos administrateurs nous fera gagner du temps et la société sera vendue...
BRIDIER.
C'est bien, monsieur. Je n'ai plus rien à vous demander.
CARDONAT.
Maintenant, c'est une condamnation.
BRIDIER.
Je sais, monsieur, qu'on n'ose guère à notre époque
condamner ce qu'on réprouve, et ce qui fausse la conscience publique, c'est la facilité qu'ont les honnêtes gens à ne voir en tout que des faiblesses... Moi, je ne transige pas.
Geneviève et Clarisse entrent par la gauche.