ACTE PREMIER
VALENTINE
Ah ! oui ! n'est-ce pas, ce tic-tac et cette aiguille qui marche...
JORDANE.
C'est horrible!
Que de fois je l'ai vue avancer lentement quand j'étais seule par hasard avec mon mari !
JORDANE.
Par hasard est adorable.
VALENTINE, vivement.
Et cependant M. de Folny avait quelquefois de l'esprit.
JORDANE.
n l'a bien prouvé le jour de sa mort.
VALENTINE
Vous n'êtes pas sérieux. (Se penchant àfion oreille.) VoUS UC
vous êtes occupé à table que de la belle Moldave.
JORDANE.
Madame Cardonatl Elle dîne ici pour la première fois.
VALE])[TINE
Bon apôtre! — Quand je pense que vous avez une femme adorable!
JORDANE.
Adorable et parfaite!
VALENTINE
Voilà bien son tort. — Elle vous a épousé par admiration.
JORDANE.
C'est mon plus beau triomphé.
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i4 LES TAPAGEURS
VALENTINE
Mais vous ne lui en savez aucun gré. Non, non. Les hommes peuvent s'étonner quelquefois, — rarement, — qu'oji les aime, jamais qu'on les admire. A la place de Clarisse, je supprimerais l'admiration.
JORDANE.
Et VOUS m'aimeriez pour moi-même.
VALENTINE
Je ne dis pas cela.
AGATHE, à Raoul.
Vous avez pu dîner?
RAOUL
Très bien, je vous assure.
AGATHE
Vous devriez, au moins, paraître ému.
RAOUL
Je le serai même, si vous me dites pourquoi ?
AGATHE
Tout le monde sait que vous êtes le cavalier servant de mademoiselle Nadine, cette brillante étoile de l'opérette.
RA^UL
Il me serait difficile de le cacher.
AGATHE
On raconte que vous êtes amoureux.
RAOUL
Amoureux est sévère pour moi... Je crois que je vais rompre.
AGATHE
Alors, vous êtes cause de tout. Elle ne joue pas ce soir^