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SCÈNE IX CLARISSE, GENEVIÈVE

CLARISSE, allant s^asseoir sur le canapé.

Asseyez-vous près de moi, Geneviève. Avec vous, n'estce pas, on peut tout de suite aller au but. Savez-vous la nouvelle que donnent les journaux d'aujourd'hui?

GENEVIÈVE

On me marie.

Avec Raoul.

J'ai vu cela .

CLARISSE

GENEVIÈVE

CLARISSE

Et quelle a été votre impression?

GENEVIÈVE

J'en ai été très contrariée. J'en ai pleuré, mais...

CLARISSE

Mais quoi?

GENEVIÈVE

Je savais depuis longtemps que M. Raoul m'aimait.

CLARISSE, étonnée.

Il vous l'a dit?

GENEVIÈVE

Non. Il est trop bien élevé pour me le dire, et je ne 'aurais pas permis. Mais il a tout fait pour me le prouver. Vous n'avez pas remarqué comme il s'occupe de moi?

CLARISSE

Peut-être se serait-il cru autorisé à se prononcer davantage, s'il avait espéré que vous pourriez l'aimer.

GENEVIÈVE

II l'a bien vu, que je l'aimais!

CLARISSE

Vous le pensez?

GENEVIÈVE

Comment aurais-je pu accueillir ses prévenances de tous les jours, si je ne l'aimais pas?

CLARISSE

Depuis l'âge de quinze ans, vous êtes une véritable maîtresse de maison, très mondaine, très gracieftse, aimable envers tout le monde.

GENEVIÈVE

Oh I quelle différence ! si vous m'entendiez causer avec M. de Saint-Chamas, par exemple, ou M. Valajol, ou tous les autres!

CLARISSE

Alors vous vous attendiez à ce que Raoul ferait demander votre main?

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