‹ Les tapageurs: comédieChapitre 126 sur 144 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

RAOUL, CLARISSE, puis JORDANE.

Vous venez de causer avec Geneviève ; sait-elle le bruit qu'on fait courir?

CLARISSE

Oui.

RAOUL

Et qu'en pense-t-elle?

i84 LES TAPAGEURS

CLARISSE

Elle pense que rien n'est plus naturel, puisque vous Faimez.

RAOUL

Gomment ?

CLARISSE

Et qu'elle vous aime.

RAOUL

Moi! Geneviève...

Jordane entre par la porte du fond sans qu^on s'en aperçoive. Il reste un instant sans parler.

CLARISSE

Vous avez ime très grande fortune personnelle. Votre père vous laissera cent mille livres de rentes. Geneviève Bridier n'est pas riche. Vos assiduités près d'elle ont pu servir de prétexte à la fausse nouvelle qu'on répand, elle s'y est trompée elle-même, et elle vous aime ! Je ne me permettrais pas de vous donner-un conseil.

JORDANE, s^avançant.

Ton devoir est tracé, Raoul.

CLARISSE

Vous étiez là?

Mon devoir!

RAOUL

JORDANE.

Bridier est mon ami. 11 a été le tuteur de madame de Jordane. Un démenti dans les journaux le blesserait profondément. Geneviève te plaît, et on t'a dit qu'elle n'avait pas de fortune. Tu ne peux pas hésiter !

RAOUL

Mais, mon père, je suis bien jeune, je n'ai jamais songé à me marier, je n'y songe pasl

Page 1