ACTE PREMIER
MADAME PUYJOLET.
Est-ce possible ?
CARDONAT.
C'est fait.
PUYJOLET, ahuri.
Quoi?
MADAME PUYJOLET.
Oh! monsieur!
Ils remontent.
CLARISSE, qui s'était rapprochée.
Voilà de braves gens qui vont lâcher la proie pour rombre.
Je vous avoue que je suis tombée des nues en apprenant que je dînerais chez vous avec M. et madame Cardonat.
CLARISSE
Mon mari les a connus chez les de Voyenne, et il prétend que ce sont les grands financiers qui doivent relever , notre pays.
VALENTINE
Le métier a du bon. Il est vrai que puisque vous deviez avoir madame Descourtois...
CLARISSE
Là, je suis seule coupable. M. Descourtois m'accablait de prévenances, me parlant toujours de sa femme; j'en ai été attendrie.
VALENTINE
Moi, je ne la reçois pas. Vous savez l'histoire de son mariage ?
CLARISSE
Un oui solennel qui est venu un peu tard. On pouvait dire : Amen. — Nous sommes exposées à côtoyer si souvent des femmes légères !
VALENTINK.
Ce n'est pas la même chose... Madame de Balistrac, par exemple.
CLARISSE, vivement.
Agathe! Elle est charmante et si ingénue! Elle n'a pas l'air de tromper son mari. On dirait que c'est elle qui se trompe.
VALENTINE
En en aimant un autre... Ce n'est pas si bête.
Le docteur entre, Raoul va à lui.
RAOUL
Je viens d'envoyer chez Nadine ; il parait qu'elle est très souffrante. Docteur, mon petit docteur, ma voiture est en bas, elle vous attend, vous en avez pour cinq minutes. Allez voir Nadine.
LE DOCTEUR
Je vous assure qu'elle exagère.
RAOUL
Mais non, elle ne joue pas.
LE DOCTEUR
On la remplace ?
RAOUL
On fait relâche, et ce sera demain un tapage dans tous les journaux.
LE DOCTEUR
J'y vais.