‹ Les tapageurs: comédieChapitre 17 sur 144 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

JORDANE, BALISTRAC, CLARISSE.

BALISTRAC, s'eraparant de Jordane.

Cher ami, vous me disiez que ce serait un dîner intime?

JORDANE.

Eh bien! Balistrac, douze couverts, c'est de l'intimité.

BALISTRAC.

Avec Descourtois, qui est homme politique ?

JORDANE.

De la classe des muets.

BALISTRAC.

Et Cardonat ! Je le connais, Cardonat. Il voudra que tout Paris sache demain qu'il a dîné chez vous.

JORDANE, souriant.

Y vovez-vous un inconvénient ?

BALISTRAC

Pour lui, non, au contraire, mais pour moi...

JORDANE, étonné.

Pour vous ?

BA.LISTRAC.

Je croyais vous avoir laissé entrevoir que je me ralliais.

CLARISSE, qui a ODteDda.

Vous nous abandonnez?

BALISTRAC.

Oh! madame, ne m'accablez pas. Je ne peux pas m'habituer à n'être plus rien, c'est incompatible avec ma nature.

CLARISSi:.

Vous voulez devenir ministre ?

BALISTRAC.

Oh! non, non, pas encore! mais je rêve une grande situation... pour être indépendant.

JORDANE et CLARISSE.

Bah !

BALISTRAC.

Oui... une grande situation, c'est la fortune, et la fortune, vous le savez, c'est l'indépendance.

JORDANE.

Vous avez trouvé là un nouveau point de vue ; allez de l'avant, Balistrac, allez.

BALISTRAC, avec effusion.

Vous avez toujours été excellent pour moi. (il le quitte.) Je vais prendre du café.

Il va au salon à gauche.

JORDANE.

Il est si bête qu'il en est sincère !

CLARISSE, indignée.

Un homme que vous aviez fait préfet, un homme qui vous doit tout 1

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